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La minoterie de La Roche-Blanche

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Situation et plan

 

La minoterie de La Roche-Blanche n'apparaît pas sur le cadastre napoléonien de Plouneventer en 1828. Et pour cause, elle fut construite par les frères Huyot, Paul et Isidore, en 1845. Le plan ci-après donne son aspect tel qu'on peut le voir aujourd'hui.

La minoterie est située, sur l'Elorn, au bord de la D712, à égale distance entre "Les Plants" (qui dépendent maintenant de la commune de La Roche) et "La Fonderie" (celle-ci, comme la minoterie, dépend toujours de la commune de Plouneventer).
 


Plouneventer - Plan du cadastre rénové 229 W 166 - 1936 - Minoterie de La Roche Blanche

 

Les propriétaires

 

1845-1865 Les frères Huyot,
Paul et Isidore
Bâtisseurs du moulin.
" Le moulin de La Roche-Blanche et les autres édifices qui en dépendent ont été construits par M. Paul Huyot, pendant son association avec M. Louis Etienne Isidore Huyot, son frère, sur des terrains faisant partie des n° 111, 112, 113, 114 et 115 de la commune de Plouneventer, acquis des consorts Le Hideux, suivant contrat du 17 juillet 1845 au rapport de M. Mallejac, notaire à Landerneau.
Par ce même acte Messieurs Huyot achetèrent le droit d'adosser un barrage contre les pièces de terres figurant à la section A du plan cadastral de La Roche-Maurice sous les n° 661 et 662.
La société Huyot frères a été dissoute le 1er janvier 1865 et la liquidation et le partage en ont été faits par acte du 30 mars 1865 au rapport de Me Robert, notaire à Landerneau. au terme de cet acte il a été abandonné par M. Isidore Huyot à M. Paul Huyot ... toutes les valeurs sociales en dépendant ... (source acte de vente à d'Audibert de Lavillasse)

La famille Huyot est présentée dans le chapitre sur "les meuniers".
1865-1868Paul Huyot et son épouse
1868-1870Mme Ollivier, fille des précédents, et son épouxMme Ollivier s'en est rendue adjudicataire le 29 juin 1868, aux termes d'un procès-verbal d'adjudication, rapporté par Me Robert, notaire. Mme Ollivier, née Céline Marie Huyot, achetait ainsi la part de sa mère, de sa soeur et de sa nièce.
1870-1890Louis Marie Léon d'Audibert de Lavillasse et son épouseVoir acte de vente par les précédents le 14 janvier 1870.
Il installera son frère Paul comme minotier dans ce moulin.

Pour plus de précisions sur Louis Marie Léon d'Audibert de Lavillasse, qui fut maire de La Roche, et sa famille, voir ICI.
1890-1893Edouard RollandLe 10 juillet 1890, Edouard Rolland  , banquier à Morlaix, acquiert par adjudication, au nom du "comptoir de Morlaix", la minoterie et dépendances, pour la somme de 25.400 francs.
Il se rendra également acquéreur, le 3 décembre 1890, d'une maisonnette et ses terres, présente sur l'autre rive de l'Elorn. Cette maisonnette faisait autrefois partie de la ferme de Kerfeunteun. Cette acquisition se fait au prix de 9.700 francs.

Edouard Rolland était un ancien notaire, cousin d'Albert Le Roux de Brezal. Il entra dans la banque d'Albert à Morlaix en 1878 et lui succéda quand Le Roux décida de se retirer à Brezal en 1882. Fermer X

1893Jean-Marie CannLe 8 juin 1893, Edouard Rolland vend à Jean-Marie Cann, les biens qu'il avait acquis en 1890, pour la somme de 40.000 francs.
Le droit de passage, qui existait précédemment, par le PN 290 et à travers la propriété de Kerfeunteun, pour accéder à partir du moulin à la route vicinale entre Pont-Christ et La Roche, est transféré à J.M. Cann. Il en aura l'entretien exclusif.

Avant cette acquisition, Jean-Marie Cann était minotier à Pont-ar-Bled. Il y sera remplacé par son neveu François Cann. Notons que la famille Cann est une grande famille de meuniers. A la fin du 19è et au début du 20è, outre nos deux meuniers précédents, on trouve Maurice Cann, le père de François et le frère de Jean-Marie, au moulin de Brezal-Constançou et Joseph Cann, frère de François, au moulin de Lansolot en St-Derrien.

En ce qui concerne plus précisément le moulin de La Roche-Blanche, on trouvera la famille Cann-Martin au chapitre des "meuniers".

Le 30 juillet 1936, Jacques Cann fit donation d'un certain nombre de ses biens à ses deux filles, à titre de partage anticipé. La minoterie fut attribuée à Mme Emmanuel Martin.

Remarque : à l'état-civil, les personnes de la famille sont identifiées sous le patronyme "Cann". Par contre, dans les actes concernant la minoterie, on trouve très souvent le nom "Le Cann".
1916Jacques Cann,
fils de Jean-Marie
1936Jeanne-Marie Cann, épouse d'Emmanuel Martin,
fille de Jacques

 

Les meuniers

 

Ce chapitre présente uniquement les patrons du moulin. Il y eut, bien sûr, dans une minoterie de cette importance de nombreux employés, non cités ici. Nous essayerons plus tard de les retrouver. Il y avait aussi des personnes liées contractuellement au moulin pour "le transport de blé, son ou farine, provenant de la minoterie de La Roche-Blanche ou devant y être transportés" (cf par exemple le contrat du 28/2/1919 entre Jacques Cann d'une part et Mme Rosalie Le Hir, veuve de Guy Prigent, et Louis Prigent, de La Martyre, d'autre part).
 

1845-1851Paul et Isidore Huyot Etienne Marie Nicolas HUYOT, né le 28 août 1768, St-Louis, Brest, décédé le 6 mars 1837, Brest (à 68 ans).
Marié avec Marie-Françoise LACOVEILLE, dont
  • Jeanne Françoise HUYOT, née vers 1794, Brest, décédée le 5 avril 1867, Brest (à l'âge de peut-être 73 ans).
  • Jeanne Virginie HUYOT, née vers 1795, Brest, décédée le 10 octobre 1865, Brest (à l'âge de peut-être 70 ans).
  • André François Paul HUYOT, né le 8 octobre 1797, Brest, décédé le 12 mars 1868, Brest (à 70 ans), entrepreneur de travaux publics, puis minotier à La Roche Blanche.
    Marié le 14 avril 1828, Châteaulin, avec Amélie LE BRETON, née le 21 août 1800, Châteaulin, dont
    • Céline Marie HUYOT. Mariée avec Yves Isidore Marie OLLIVIER.
    • Amélie Stéphanie HUYOT, décédée en 1865, Brest.
      Mariée avec Arthur LE BESCOND de COATPONT, dont
      • Marguerite Marie Amélie LE BESCOND de COATPONT.
  • Louis Etienne Isidore HUYOT, né en juillet 1803, Brest, décédé le 3 août 1872, Brest (à 69 ans), minotier à La Roche Blanche.
1845-1868Paul Huyot
1872Pas de meunier résident au moulin dans le recensement
1876-Paul de LavillassePaul d'AUDIBERT de LAVILLASSE, né le 12/3/1839, Pontois, La Roche-Maurice, décédé le 13/7/1884, Landerneau (à 45 ans), minotier à La Roche-Blanche.
Marié le 24/9/1865, Landerneau, avec Nathalie BELHOMMET, née le 4/8/1842, Landerneau, décédée le 23/1/1887, Landerneau (à 44 ans), dont
  • Marie Louise d'AUDIBERT de LAVILLASSE, née le 17 juillet 1866, Kernevez, La Roche-Maurice, décédée en mars 1906 (à 39 ans).
    Mariée le 18 juillet 1887, Landerneau, avec Jean François Marie LAOUENAN, né le 17 octobre 1862, Brest.
  • Nelly Jeanne d'AUDIBERT de LAVILLASSE, née le 20 juin 1868, Manoir de Kernevez, La Roche-Maurice.
    Mariée le 18/7/1887, Landerneau, avec François Marie Joseph DELESTRE, né le 29/2/1860, Paris, décédé le 12/3/1923, Paris (à 63 ans).
1881
1886
1891
Pas de meunier résident au moulin dans les recensements
1893-1965 caFamille Cann-MartinJean-Marie CANN, né le 16/10/1839, Kerillien, Plouneventer, décédé le 5/12/1925, Leur ar Moris, Plouneventer (à 86 ans), minotier à La Roche Blanche.
Marié avec Françoise ARGOUARCH, née vers 1837, Plouzevede, décédée le 9/11/1866, Mestual, Landivisiau (à 29 ans), cultivateur, dont
  • Jacques CANN, né le 22/6/1863, Moulin de Penhoat, Plouneventer, décédé le 23/3/1938, La Roche-Blanche (à 74 ans), minotier.
    Marié le 9/5/1905, Plougar, avec Thérèse Marie Perrine LE GOFF, née le 21/12/1885, Plougar, décédée le 9/4/1917, La Roche-Blanche (à 31 ans), dont
    • François Louis Marie CANN, né le 16/11/1906, La Roche-Blanche, décédé le 6/12/1908, La Roche-Blanche (à 2 ans).
    • Jeanne CANN, née le 11/7/1908, La Roche-Blanche, décédée le 20/4/1987, Lourdes (à 78 ans).
      Mariée le 27/11/1928, Plounevez-Lochrist, avec Emmanuel MARTIN, né le 19/9/1903, Plounevez-Lochrist, décédé en 1986 (à 83 ans), minotier à La Roche-Blanche, éleveur
    • Aline Marie Louise CANN, née le 13/3/1910, La Roche-Blanche, décédée le 12/4/1915, Plouneventer (à 5 ans).
    • Francis Jean Marie CANN, né le 6/10/1912, La Roche-Blanche, décédé le 21/12/1912, La Roche-Blanche (à 2 mois).
    • Marie Louise Francine CANN, née le 12/11/1914, La Roche-Blanche, décédée le 6/12/1987, Rennes (à 73 ans).
      Mariée le 23/11/1938, Plouneventer, avec Jean Louis Marie PEDEN.
  • Joseph Louis CANN, né le 5/7/1865, Penhoat, Plouneventer.
Marié le 29/1/1870, Plouedern, avec Marie-Yvonne CORBE, née vers 1837, décédée le 8/7/1875, Penhoat, Plouneventer (à 38 ans), dont
  • Maurice Marie CANN, né le 5 décembre 1870, Moulin de Penhoat, Plouneventer.
  • Yves-Marie CANN, né le 27 février 1872, Penhoat, Plouneventer.
  • Marie-Louise CANN, née le 7 septembre 1873, Penhoat, Plouneventer.

Le 31 mars 1930, une société en nom collectif fut créée entre Jacques Cann et Emmanuel Martin pour exploiter la minoterie. Elle fut dissoute le 3 septembre 1936, mais l'usine continua de fonctionner sous la direction de Martin.

 

Description du moulin

1 - Projet de construction en 1845 :


Plan du 4 juin 1845 : emplacement de l'usine
 


Plan du 4 juin 1845 : début du canal d'alimentation en amont

Voici le projet des frères Huyot, établi par l'ingénieur le 4 juin 1845 (ADQ 54 S 12). Le sud en est en haut. La propriété est bordée, au nord donc en bas, par la RN12. Au sud, la voie de chemin de fer sera construite plus tard, juste avant 1865.

 

On constate que l'orientation de cette minoterie sur le projet, perpendiculaire au canal d'amenée, ne correspond pas à l'orientation actuelle. Aujourd'hui, et tel qu'on le voit sur le plan du cadastre rénové de 1936, le bâtiment est dans l'axe du canal. La description de 1870 et celle de 1886 (voir plus bas) correspondent à la situation actuelle. La minoterie aurait-elle été radicalement transformée entre 1845 et 1870 ? ou le projet aurait-il été modifié dès 1845 ?

 

Le projet ne présente que l'emplacement de l'usine sans plus de précisions. Le fait que l'usine ait été construite dans une autre orientation ne changeait rien par rapport au "règlement d'eau". On peut donc considérer que le bâtiment a été construit à l'origine comme nous le voyons aujourd'hui, cette disposition étant nettement plus favorable sur un petit terrain coincé entre la rivière et l'ancienne R.N. 12.

 

A l'origine, le début du canal d'amenée de la minoterie se trouvait en aval du canal de fuite du moulin à papier. La création d'un barrage en travers de l'Elorn fut nécessaire à cet endroit pour permettre cette prise d'eau.

 

Comme on le voit sur le plan, il y avait là un gué qui permettait de traverser la rivière pour rejoindre le chemin de Pont-Christ à La Roche. Ce gué était donc à modifier. Plus tard, il fut remplacé par un pont au niveau de la minoterie.

A propos de gué, il y en avait un aussi à l'emplacement du moulin de Kerigeant.
 

A - Barrage à construire
B - Ancien gué
C - Nouveau gué avec la passerelle ajoutée sur le
     canal d'alimentation
D - Moulin à papier de Brezal.

 

Rappel : On est en 1845, la route royale n° 12 (future RN12 et D712) venait d'être construite. Le train n'arrivera qu'en 1865, le chemin de Pont-Christ à La Roche, au sud immédiat de l'Elorn, existe encore.

 

La minoterie de La Roche-Blanche a été autorisée par une ordonnance royale du 16 février 1846.

 

On peut noter quelques fait marquants dans son évolution :

  1. Construction par les frères Huyot
  2. Ajout probable d'un quatrième étage mansardé : cf la description de 1890 vs celle de 1870, et la photo du pignon Est plus bas.
  3. Remplacement des meules montées à l'anglaise par des cylindres  : il se serait fait entre 1899 et 1916, si l'on se réfère aux documents statistiques collectés pour cette minoterie. Mais, il faut signaler que le contrat d'assurance de 1886, signale déjà "un appareil à cylindres". Peut-être n'était-il là que pour expérimentation et que sa généralisation n'a été faite qu'une quinzaine d'années plus tard.
    Meules montées à l'anglaise :

    La mouture économique, qui permet une farine plus blanche et de meilleure qualité, se répand en France après 1817, date d'importation du système du "moulin à l'anglaise" mis au point par le mécanicien américain Oliver Evans entre 1780 et 1790.

    Le moulin à l'anglaise utilise les mêmes procédés techniques que le moulin classique en ce qui concerne le nettoyage du blé, les passages successifs sur la meule et le blutage. Son amélioration réside dans une gestion optimisée de l'énergie. cylindres de minoterie  En effet, ce système permet à une seule roue hydraulique d'entraîner plusieurs paires de meules, grâce à un assemblage de charpente - appelé beffroi - qui les supporte et des organes de transmission désormais en fonte. Cette innovation est rendue possible par le développement des fonderies industrielles fournissant des engrenages de tous types et de toutes dimensions. La rationalisation de la meunerie se poursuit dans la deuxième moitié du 19e siècle avec l'automatisation du transport des produits d'une machine à l'autre, par l'installation de chaînes à godets.
    (source https://inventaire.poitou-charentes.fr/operations/le-patrimoine-industriel/125-decouvertes/860-les-moulins-a-l-anglaise-les-debuts-de-la-rationalisation-de-la-meunerie).


    Cylindres (voir schéma ci-contre) :

    Les cylindres de minoterie sont des cylindres métalliques entre lesquels passe le grain lors de sa mouture dans les meuneries industrielles. Ces cylindres remplacent les meules à grains qui étaient utilisées auparavant.

    Le système de mouture sur cylindres, qui semble s'installer en France à partir de 1885, s'impose ensuite rapidement. Cette nouvelle technique permet d'accroître considérablement la capacité de production des moulins et fait entrer la meunerie dans l'ère industrielle ; ces moulins deviennent alors des minoteries.

    Fermer X

  4. Surélévation du barrage en travers de l'Elorn de 0,25 m., demandée par Jean-Marie Cann en 1913 (surélévation indispensable en saison sèche). Un arrêté préfectoral du 2 juillet 1914 autorisera de relèvement de 0,25 mètre de la crête du barrage, pendant la période comprise entre le 1er juillet et le 31 octobre. En fait, Jean-Marie Cann ne fait que remettre en vigueur une autorisation qui existait précédemment.
  5. Raccordement des canaux des deux moulins et réparation du barrage en amont du moulin à papier, demandés le 14/6/1926 par Jacques Cann, probablement réalisés en 1932 (cf une autorisation de délai du 2/8/1932).
  6. Arrêt de la minoterie vers 1965.

Les détails suivent.

2 - Description du moulin en 1870, lors de son achat par Léon de Lavillasse (d'après l'acte de vente):

" La minoterie de La Roche-Blanche consistant en un vaste bâtiment renfermant le mécanisme et servant de magasin, bordant la route impériale n° 12 de Paris à Brest. Ce bâtiment est élevé de trois étages sur rez-de-chaussée. Le mécanisme se compose de 8 paires de meules, montées à l'anglaise avec tous leurs accessoires, mûes par une turbine de la force de 50 chevaux, alimentée par un canal ayant sa prise d'eau sur la rivière d'Elorn au moyen d'un barrage qui se trouve à l'extrémité de la propriété.

Cour devant le moulin ; dans la cour une grande écurie avec grenier à fourrages au-dessus et une maison de meuniers sous même couverture ; remise et appentis aux pignons de l'écurie et de la maison de meuniers. Entre la rivière et l'écurie et adossé contre cette dernière, un appentis à fourrage. Plus, une maison d'habitation avec jardin. Séparé du jardin par le canal, entre ce dernier et la rivière, un autre jardin dans lequel se trouve un cellier.

3 - Description du moulin en 1886 (d'après le contrat d'assurance) :

Légende du plan :

1 A - Habitation
2 B - Moulin à blé
3 C - Forges
4 D - Magasin
5 E - Habitation d'ouvriers    
6 F - Ecurie
7 G - Remise
8 H - Hangar
9 I  - Cave - Bûcher

Le moulin (2 b) est construit en pierres, moellons, briques, pans de bois et plâtre, couvert en ardoises, renfermant 6 paires de meules et un appareil à cylindres, et une petite scierie mécanique pour les besoins exclusifs de l'établissement, le tout mû par l'eau. Toutefois l'assuré déclare qu'il s'y trouve deux autres paires de meules qui sont dans l'impossibilté absolue de travailler et qu'il les considère, en égard à la présente assurance, comme étant sans valeur.

Le hangar (4 H) est à usage de magasin contigu avec communication au moulin

La construction (3 C) est à usage de forge

Le bâtiment (1 A), construit en pierre, moellons, pans de bois et plâtras, couvert en ardoise, est loué à un tiers et sert d'habitation et de bureau.

Les constructions n° 5, 6 et 7 à usage d'habitation d'ouvriers, écurie, remise, hangar et débarras sont de même construction et couverture que le bâtiment n° 1.

 

4 - Description faite pour l'adjudication publique de 1890 :

Minoterie de la Roche-Blanche, située sur la rivière de l'Elorn, bordant la route nationale, n° 12, de Paris à Brest, entre Landerneau et Landivisiau, à 1.500 mètres de la voie ferrée, disposant de huit paires de meules, mues par moteur hydraulique et avec tous ses tournants, vissants travaillants, bluteaux, vannes et ustensiles servant à son exploitation, et les dépendances de cette minoterie, composée comme suit, en la commune de Plounéventer :

Un vaste bâtiment construit en maçonnerie et couvert en ardoises, comprenant rez-de-chaussée, trois étages et quatrième étage mansardé ;
au rez-de-chaussée, une scie à bordage, une scie à feuilles avec accessoires, une scie circulaire, une meule à aiguiser, turbine de moulin et son mouvement ;
au premier étage huit paires de meules, appareil pour lever les meules, une bascule et marteau de meules ;
au deuxième étage, un ventilateur, ribots à bluteries et bascules ;
au troisième étage, quatre bluteries et un appareil de nettoyages ;
enfin au quatrième étage, un tire-sac, et quatre refroidisseurs.

vue aérienne aujourd'hui - IGN

Vue aérienne aujourd'hui, vers 2010 - IGN. On remarque que la minoterie n'a plus de toit.

Adossé à l'ouest dudit bâtiment, un hangar à usage de magasin en briques et couvert en zinc, ayant servi autrefois pour une machine à vapeur, et communiquant avec ledit bâtiment ; à l'est de ce même bâtiment, une construction en briques couverte en ardoises, servant de forge et ayant un foyer, un soufflet, une enclume et un étau,

cour devant les immeubles ci-dessus désignés ;
au sud de cette cour, une remise construite en maçonnerie et couverte en ardoises ;
adossée à cette remise, à l'ouest, une écurie en pierres et couverte en ardoises ;
au sud, un hangar, aussi construit en maçonnerie et couvert en ardoises ;

à l'ouest de l'écurie, une maison d'habitation, construite et couverte comme ces derniers édifices, composée d'une pièce à feu et d'un cabinet au rez-de-chaussée, premier étage, servant de grenier à fourrage, deux mansardes à feu ; au deuxième étage, à la façade nord, pigeonnier couvert en ardoises ;
contre le pignon ouest de cette maison, un hangar, et contre ce hangar, une crèche à vaches, couverts tous deux en ardoises ;

à l'est de la cour, une maison de maître, comprenant un salon, une salle â manger, une cuisine, une arrière-cuisine, une laiterie et trois cabinets au rez-de-chaussée ; cinq chambres à feu, deux cabinets et un cabinet d'aisance au premier étage et cinq mansardes au-dessus ;

au nord de cette maison, le canal d'alimentation de la minoterie ; au sud, allée sablée et plantes diverses ; à l'est, jardin anglais et à l'ouest, une petite pelouse ;
derrière ce canal et contre le mur â l'est, une serre ; à l'ouest de la serre, une bande de terrain sous jardin ; à l'ouest de l'article précédent, un bâtiment construit en pierres et briques, servant de caves, bûcher et décharge ; à l'ouest de ce bâtiment, couche avec châssis.

Tous ces immeubles sont bornés au nord par la route nationale n° 12, et au sud par l'Elorn. Ils figurent au plan cadastral de la commune de Plounéventer, sous les n° 113, 113 bis, 113 ter, de la section F pour une contenance de 43 a. 40 c ; une parcelle de terre bornée au sud par l'Elorn, et traversée au nord sur le bord de la route nationale, n° 12, par un canal servant à l'alimentation de ladite minoterie ; elle est actuellement sous pâture et allée, conduisant à cette minoterie, et figure au plan cadastral de ladite commune, même section F, sous les n° 114P et 115P, sous les noms de Champ-Neuf et Champ des Landes, pour une contenance de 34 a. 57 c. Mise à prix fixée par le surenchérisseur, treize mille deux cents francs, ci 13.200 fr. (source La Dépêche de Brest du 14/06/1890)

5 - Surélévation du barrage en 1914 :

La demande de surélévation, faite par Jean Marie Cann, est reçue au service hydraulique à Morlaix, le 26/2/1913. Le sous-ingénieur subdivisionnaire transcrit la pétition du minotier de la façon suivante :
" ... M. de LAVILLASSE, autrefois propriétaire tant de ce moulin que de celui anciennement désigné sous le nom de "Moulin à papier", puis sous celui de "Fonderie de Brézall", aujourd'hui démoli, avait fait insérer lors de la vente de ses biens, dans le procès-verbal d'adjudication du 16 mai 1890 (en vertu duquel M. CORNEC devint propriétaire de la Fonderie de Brézall) que l'acquéreur de la minoterie aurait le droit d'exhausser de 25 cm le niveau du déversoir du 1er juillet au 31 octobre de chaque année, sans que l'acquéreur de la Fonderie pût se plaindre ni exercer aucune action à cet égard. ... "

L'autorisation préfectorale est signée le 2 juillet 1914.

6 - Modification du canal d'amenée : réunion des 2 chutes d'eau de la Roche-Blanche - 1926 :


Plan de modification du canal d'amenée - Règlement d'eau, usines et moulins, barrages, curages - Plouneventer (ADQ 7 S 26)
 

Legende :   A - Barrage de l'ancienne "fonderie de Brezal" ou de l'ancien moulin à papier
B - Vannage du canal de décharge à restaurer
C, C' - Bâtiments desdites usines, lesquels n'existent plus depuis longtemps
D - Barrage du moulin de "La Roche-Blanche" comprenant 3 vannes à décharge de 1 mètre chacune
E - Moulin de "La Roche-Blanche"
F - Passage à poissons
G - Mur projeté pour boucher l'échancrure existant existant actuellement entre les parcelles 92 et 115 lesquelles appartiennent à M. J. Le Cann, pétitionnaire
H - Emplacement du vannage à reconstruire

7 - Plans de reconstruction du barrage en amont du moulin à papier - 1931 (ADQ 7 S 26)

Les plans de cette reconstruction sont présentés ci-après. On peut en voir le résultat dans le chapitre consacré à l'Elorn. Le barrage est communément appelé le "barrage Jouan" du nom d'un locataire de l'ancienne Fonderie de Brezal, il constitue un obstacle intéressant pour les descentes de kayaks en hiver.
 



8 - Informations complémentaires issues des statistiques départementales :

 

Photos



Pignon est - 14/11/2005 - Photo A. Croguennec
 
Pignon ouest - 14/11/2005 - Photo A. Croguennec
 
Le pont sur l'Elorn, accès au chemi de servitude vers le PN 290 - 14/11/2005 - Photo A. Croguennec
 
La maison de maître - 14/11/2005 - Photo A. Croguennec
 


Le bief, canal d'amenée - 14/11/2005 - Photo A. Croguennec

Le canal de fuite - 24/3/2013 - Photo A. Croguennec



En direction de La Roche, vers l'aval : le canal de fuite à droite et l'Elorn à gauche - 24/3/2013 - Photo A. Croguennec

 

Documents d'archives

 

MINOTERIE DE LA ROCHE-BLANCHE
===================
Enquête concernant la construction de la minoterie Huyot 14/3/1845 (La Roche ADB 592 E DEPOT 37)


Commune de La Roche-Maurice
Enquête de commodo et incommodo concernant la demande formée par MM. Huyot frères tendant à obtenir l'autorisation de
construire une minoterie sur la rivière de l'Elorn en la commune de Plouneventer, entre les moulins des sieurs Morvan et Lehideux.


Nous, Maire de la commune de La Roche-Maurice, canton de Ploudiry, arrondissement de Brest, Département du Finistère
Vu la lettre de Monsieur le Sous-Préfet de Brest en date du 11 courant N° 490 N nous faisant part de la nomination de M Mallegol en qualité de commissaire enquêteur ;
Vu le bulletin administratif du 2 7bre 1825 n° 195 ;
Vu l'avis à nous donné par M. le Commissaire Enquêteur ;
Vu la demande adressée par MM. Huyot frères le 25 février dernier à M. le Préfet du Finistère, et qui est ainsi conçue :

" Monsieur le Préfet du Finistère,
Nous venons d'acquérir sur la rivière l'Elorn entre les moulins Morvan et Lehideux une chute d'eau. Désirant appliquer cette chute à une minoterie nous vous adressons, ci-joint, un plan des lieux avec indication des deux endroits où nous projettons d'établir le déversoir.
Nous venons donc vous prier, monsieur le Préfet de vouloir bien faire procéder le plus tôt possible à notre règlement d'eau.
Nous avons l'honneur d'être, avec respect, vos très humbles serviteurs. Signé : Huyot frères."

Avons l'honneur de prévenir le public que ladite enquête est ouverte à ce jour seize mars à onze heures du matin pour être close le 5 avril à onze heures du matin et que pendant sa durée toutes personnes intéressées pourront se présenter chez M. Mallejac, commissaire enquêteur demeurant rue de la fontaine blanche à Landerneau, où les papiers et le registre à ce destiné sont déposés, pour y formuler leur oppositions ou observations. Le présent avis sera lu à l'issue de la messe paroissiale les dimanches compris dans les délais de l'enquête et un exemplaire restera affiché à la porte de la Mairie pendant sa durée.

En mairie à La Roche ce jour 14 mars 1845 Le maire, L:Bazin


Seconde enquête / la construction de la minoterie Huyot 25/6/1845 (La Roche ADB 592 E DEPOT 37)
 

Département du FinistèreCommune de La RocheArrondissement de Brest

Seconde enquête de commodo et incommodo concernant la demande formée par MM. Huyot frères dans le but d'obtenir l'autorisation de
construire une minoterie sur la rivière de l'Elorn en la commune de Plouneventer, entre les moulins des sieurs Morvan et Lehideux.
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Avis au public

Vu la demande adressée le 25 février dernier par MM. Huyot à M. le Préfet du Finistère et dont la teneur a été consignée dans l'avis publié pour la première enquête ;
Vu la lettre du Sous-Préfet de Brest, en date du 20 de ce mois, annonçant que M. le Maire de Plouneventer a été autorisé à ouvrir cette seconde enquête de quinzaine, après annonces et affiches préalables ;
Ouï M. le Maire de cette dernière commune ;
Après avoir consulté le bulletin administratif du 2 7bre 1825 n° ___

Nous, Adjoint-Maire de la commune de La Roche, délégué par l'absence du Maire à remplir ses fonctions, prévenons le public qu'à partir de ce jour, mardi 24 juin 1845 neuf heures du matin jusqu'au mardi 8 juillet même année même heure, il sera procédé à cette seconde enquête dans la commune de Plouneventer où se trouvent déposées, à la mairie, toutes les propositions de MM. les ingénieurs au sujet du projet de MM. Huyot ; qu'en conséquence, chaque jour de la quinzaine, de six heures du matin à six heures du soir, toute personne intéressée sera admise à en prendre connaissance, et à formuler ses oppositions ou ses observations sur le procès-verbal d'enquête ouvert à cet effet. Le présent avis publié aujourd'hui le sera encore, à l'issue de la messe, les deux dimanches qui incombent dans la quinzaine ci-dessus fixée, et une affiche sera conservée pendant tout ce temps à la porte de la mairie.

A La Roche, en mairie, ce jour vingt-quatre juin 1845 / Le Maire absent, L'Adjoint-maire délégué J:Elleouet


Contrat de transport Cann / Prigent le 28/2/1919 (Fonds Cozic-Landuré : Cann-Martin - 1844-1939 - AML 9 S 47)
 

Entre les soussignés. Mr Jacques LE CANN, minotier, demeurant à La Roche-Blanche en Plouneventer, d'une part.
Mme Rosalie LE HIR, veuve de Guy Prigent, cultivatrice au bourg de La Martyre, et Louis PRIGENT, célibataire majeur, cultivateur domicilié et demeurant au bourg de La Martyre, comparant solidaires, d'autre part.

A été convenu ce qui suit :
Mme veuve Guy PRIGENT et Mr Louis PRIGENT, s'engegent pour 3 ans du 29 septembre 1925 au 29 septembre 1928, à première réquisition de Mr Jacques LE CANN à faire le charroi des marchandises provenant de la minoterie de La Roche-Blanche, ou devant y être transportées et ils devront posséder les hommes, chevaux et charrettes nécessaires à cet effet.

Comme prix de ces transports de blés, son ou farines, les consorts PRIGENT percevront de Mr LE CANN
50 centimes par 100 kilos, aller retour du moulin à Landivisiau,
75 centimes par 100 kilos, aller retour du moulin à Lesneven,
pour les autres localités non indiquées au présent accord le transport se fera dans les proportions de distance.

Les consorts PRIGENT auront en outre le pouvoir de se procurer chaque semaine à la minoterie de La Roche-Blanche, 3 sacs de son de bonne qualité de 50 kilos chaque, par deux chevaux servant au transport, ce son leur sera livré par Mr LE CANN au prix de 10 francs les 50 kilos et devra être employé à la nourriture des animaux des consorts PRIGENT, les toiles de sacs seront à retourner.

Les consorts PRIGENT seront responsables des marchandises avariées ou perdues en cours de route.
Ils ne pourront formuler aucune réclamation pour le cas où Mr Jacques LE CANN viendrait à céder son commerce ou à le cesser ; dans ce cas le présent marché serait résilié de plein droit et sans indemnité et le prix de location de la ferme de Kergornec-nevez qui a été louée aux consorts PRIGENT par Mr Jean Marie LE CANN, père, pour 9 ans du 29 septembre 1919 au 29 septembre 1928 suivant bail reçu ce jour par Me des DESERTS, notaire à Landerneau, et qui est actuellement de 750 francs, serait porté à 1.000 francs à compter de la Saint-Michel suivant la date de la cessation du commerce.

A la demande du survivant ou des héritiers dans les trois mois suivant ce décès, le bail de Kergornec-nevez serait légalement résilié à la Saint-Michel qui suivrait la résiliation du marché.

Les consort PRIGENT ne pourront rien réclamer à Mr LE CANN si ce dernier vend des marchandises directement de son moulin à des cultivateurs ou commerçants, ou s'il leur en achète rendues au moulin.

Mr LE CANN paiera chaque semaine ou tous les 15 jours les charrois faits dans la semaine ou la quinzaine écoulées.

Les consorts PRIGENT s'engagent à faire les marchés et à vider les sacs des clients, ainsi qu'à manipuler le blé se trouvant dans les magasins de Mr LE CANN à raison de 2 francs par marché. Ils devront prendre les sacs vides chez les boulangers et les rendre au moulin sans indemnité, sous leur responsabilité. Le mercredi, jour de marché à Landivisiau, les employés de Mr LE CANN devront décharger les charrettes après 6 heures.

Pour la perception des droits d'enregistrement et sans tirer à autre conséquence les parties évaluent à 3.000 francs par an le montant du présent marché. Les frais d'enregistrement et autres résultant des présentes seront supportées par moitié entre les parties contractantes.

Telles sont les conventions des parties. Fait triple et de bonne foi à Landerneau le 28 février 1919.
Prigent Louis - Rosalie Le Hir - J. Le Cann.

 

 

Sources des informations

 

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper
AML = Archives Municipales de Landerneau


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