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Le moulin de l'Elorn

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Situation et plans

 


A gauche de la carte : sous l'intitulé "Fabr. Ty Colo" qui désigne l'établissement présent de l'autre côté de l'Elorn en Plouedern.
(ne pas confondre "Le moulin de l'Elorn" avec "Milin an Elorn", qui est maintenant la crêperie installée dans le moulin de Kerigeant)

 

cadastre napoléonien de La Roche en 1811
NomTraductionPropriétaireNature
18Traoñ Roc'h - Stang a lochOllivier de LanderneauT. Lab.
19Traoñ Roc'h - Stang a lochOllivier de LanderneauLande
20Traoñ Roc'h - Goarem coatLa garenne du boisOllivier de Landerneau 
20 bisGoarem coatLa garenne du boisOllivier de LanderneauTaillis
173K/aoul - Foennec an hent cozLa prairie du vieux cheminOllivier de LanderneauPré
174Pontois - Clos nevezClos neufGuimard de QuimperTaillis
175Pontois - Clos nevezClos neufGuimard de QuimperLande

 

Le plan du cadastre napoléonien de la Roche, établi en 1811, montre qu'il n'y avait alors aucun moulin à cet emplacement.

Les bâtiments du moulin de l'Elorn seront construits sur les parcelles 21 à 27 et 176 de la section dite "B 1 de Keraoul". En outre, la création du bief d'amenée nécessitera l'utilisation de certaines parcelles plus au nord.

En 1811, au lieu dit le "Clos-Neuf", les propriétaires étaient les suivants :

NomTraductionPropriétaire
21Ar yeunLe maraisOllivier de Landerneau
22Ar yeunLe maraisidem
23Parc ar vernLe champ de l'aulnaieidem
24Parc bihanPetit champidem
25Parc rivierLe champ de la rivièreidem
26Parc brasGrand champidem
27FoennecPrairieidem
176Goarem brasLa grande garenneGuimard de Quimper

Commentaires :

"Ollivier de Landerneau" était Yves Bonaventure OLLIVIER, ancien avocat au Parlement de Bretagne, membre d'une famille de juristes de l'ancienne juridiction de la Principauté de Léon à Landerneau.

"Guimard de Quimper" n'était autre que Denis Marie GUYMAR de COATIDREUX, ancien maire de La Roche, propriètaire du domaine du Pontois, qui avait été nommé, en 1811, vice-président du tribunal de Quimper.

Les parcelles plus au Nord par où passera le bief, appartenaient aussi à Ollivier de Landerneau.
On remarque cette longue allée (parcelle n° 37), "ar valli", qui se dirige vers l'Elorn et le champ (n° 38) appelé "parc pont". Ces éléments sont la preuve qu'il y avait là un pont avant 1811 : c'était "Pont-ar-Bled", bien sûr.
De l'autre côté, l'allée se dirigeait vers le moulin de La Roche. Le pont était majoritairement emprunté par les mouteaux qui allaient y faire moudre leurs grains, d'où son nom de "pont du blé". C'était à une époque où le moulin de Pont-ar-Bled en Plouedern n'existait pas encore.


Stangolc'h (à gauche du plan) est écrit "Stang a loc'h" dans le document d'archives qui liste des parcelles. C'est intéressant pour comprendre l'étymologie de ce nom de lieu.

Cette orthographe pourrait-elle détrôner la version "Stangolc'h" : D'un équivalent de kanndi, "buanderie", guolchti, formé avec le vieux breton guolch, "laver", aujourd'hui disparu de la langue (il existe en revanche en gallois sous la forme golchdy), on n'a qu'une unique attestation... Il ne semble pas que le terme ait même laissé une quelconque trace dans les noms de lieux... sauf à La Roche, un hameau se nomme stangolc'h. (Mélanges offerts à J. Tanguy, p. 30)

Pont-ar-Bled : On peut lire sur le site officiel de la mairie de Plouedern (http://www.plouedern.fr/index.php/plouedern/histoire), le texte suivant :

"Pont ar Bled : ce nom "bled", avec un "d" final articulé, doit être la bretonnisation de l'ancien français "bleds" (avec un "d" non articulé) prononcé "blés". C'était le lieu où était le pont par lequel passait sans doute le blé porté au moulin banal du château de Roc'h Morvan et imposé à tous les habitants des environs : Le pont des blés". Je suis tout à fait d'accord. J'ajoute que le mot "bleds", à l'époque, englobait toutes les céréales moulues au moulin.

En outre, un paragraphe de l'acte notarié du 27 juillet 1821, cité plus bas, confirme cela avec des précisions : "Monsieur Ollivier est propriétaire de la terre du Closneuf que borde la rive gauche de la rivière sur la commune de La Roche ; cette dernière terre est traversée par un ancien chemin vicinal conduisant de La Roche à Plouedern, pour la fréquentation duquel, depuis que le pont était tombé en ruine, on passait la rivière à gué, ce chemin dont Monsieur Ollivier avait fait une avenue, a été maintenu par arrêté de la Préfecture du Finistère". Voir sur le plan d'assemblage du cadastre napoléonien de La Roche de 1811, ci-dessous :

 X

Famille Ollivier

Yves OLLIVIER, né vers 1695, décédé le 23 décembre 1767, St-Houardon, Landerneau (à 72 ans), Maître procureur, notaire, de la Principauté de Léon à Landerneau.
Marié le 6 février 1725, St-Louis, Brest, avec Marguerite GUILLOTOU, décédée le 29 janvier 1757, St-Houardon, Landerneau, dont X

 

Les origines : le moulin à huile... et à blé

 

Comme pour les autres moulins de La Roche, on trouve différentes dénominations à ce "moulin de l'Elorn" : "moulin de Ty-Ruz", "moulin Bazin", "moulin Le Verge". Le nom de "Milin eol", que l'on lit sur une carte postale, présentée plus bas, appelle quelques commentaires.
 

Moulin à huile industriel du 19è siècle

La gravure, ci-dessus, représente un moulin à huile industriel au 19è siècle. Mais celui de l'Elorn avait été conçu, quant à son mécanisme interne, sur un principe beaucoup plus novateur, cf le brevet exposé plus bas.

Eol ? faut-il lire "heol" (soleil) ou bien "eoul" (huile) ? L'éditeur de la carte postale a choisi de traduire "Moulin du soleil". Pourquoi y aurait-il un soleil remarquable à cet endroit ? De plus, pour être correct en breton du point de vue grammatical, il faudrait dire "Milin an heol" pour traduire "Le moulin du soleil" !
Par contre, "milin eoul", selon l'orthographe actuelle, est tout à fait correct. Ce terme est orthographié "milin eol" dans le dictionnaire manuscrit de Brezal et dans d'autres dictionnaires  , et sa traduction est, bien sûr, "moulin à huile". Il a donc, bien, commencé sa carrière avec cette utilisation, comme le suggérait Roger Bras (La Roche, il y a 50 ans - site internet).

"Milin eol" se trouve aussi dans le dictionnaire de Grégoire de Rostrenen, dans celui de Le Gonidec, ... etc
"Milin eaul" dans les Colloques de Quiquer (1633), cf le dictionnaire diachronique du breton par Martial Ménard.
"A Pleyber-Christ, le cadastre de 1837 ... parle de 'MOULIN EAUL', moulin à huile (EOL), alors en ruine (section A N° 768) ... Ce moulin de Buzulzo fabriquait, très probablement, de l'huile de lin, la graine provenait des cultures du pays", nous explique l'abbé Feutren, ancien curé de Pleyber. X

D'ailleurs en 1823, on trouve des actes de naissance à La Roche où les personnes citées sont :  :

En 1824, un autre acte de naissance de La Roche cite, en tant que témoin, le "Sieur Etienne Victor CAILLAUX minotier 24a du moulin de Lhorne".
En 1822, le 15 mai, dans un acte de naissance de Landerneau, le témoin Jean-Baptiste Frimot est qualifié de "fabricant".

La présence de Jean-Baptiste Frimot dans l'équipe des fabricants d'huile nous incite à penser que la conception de l'architecture exterme du moulin a pu être l'oeuvre de Jacques Frimot.

Jacques Frimot était le frère de Jean-Baptiste. Jacques était ingénieur des Ponts et Chaussées et s'installa à Landerneau le 17 juin 1820. Il va créer une usine qui sera un modèle et produira des machines à vapeur en 1826.
Il est moins connu pour avoir établi les plans du moulin de Kerigeant et du Frout en 1827 et ceux du nouveau pont de Pont-Christ en 1822 et en 1832.

Jean-Baptiste suivait, en quelque sorte, les traces de son frère, car il fut architecte, et devint plus tard conducteur de travaux des Ponts-et-Chaussées. C'est peut-être lui qui a participé à la construction du "moulin (à huile) de l'Elorn" et avec l'aide de Jacques.

Cependant, quel que soit l'ingénieur qui réalisa les plans externes du moulin et de son environnement, celui-ci a été construit, à partir de 1821, à la demande de Jean Moliné, comme maître d'ouvrage et futur exploitant. C'est ce que révèlent plusieurs actes notariés du début du 19è siècle.

Déjà, une lettre du sous-préfet au maire de La Roche, datée de 1843, nous avait laissé supposer une construction en 1821 (La Roche - Travaux publics, voirie, moyens de transports, régime des eaux - ADB 592 E DEPOT 37). Les nouveaux documents collectés confirment cette date.X

Voici quelques dates importantes :

1816 : Dans le Bulletin des lois de la République française de juillet 1816, on apprend que Moliné, horloger de profession, a déposé un brevet d'invention appliqué aux moulins à huile : "Le Sr Moliné (Jean), demeurant à Auch, département du Gers, auquel il a été délivré, le 16 juillet dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention de quinze ans, pour une machine propre à broyer les plantes oléagineuses et à extraire l'huile". C'est donc ce type de mécanisme qu'il a, plus que certainement, implanté à La Roche.

Quelques glânes sur Jean Moliné :

Jean MOLINE, horloger,manufacturier, mécanicien au moulin du Clos-Neuf de La Roche. Marié avec Anne Angélique BARCIET, dont X

1818 : Jean Moliné est à Landerneau. En effet, le 4 septembre Réné Bazin, propriétaire à Landerneau, lui loue "une maison d'ardoises près le pont à bascule, avec un champ, un moulin nommé 'Moulin Neuf' près le pont de La Palue et une maison qui sera bâtie par Bazin, le tout pour 1.200 fr. par an" (source répertoire du notaire Onfrey - ADQ 4 E 97/165).

1821, le 5 mai : il signe, avec Yves Bonaventure Ollivier de Landerneau, les terres et édifices dépendants de la métairie du Clos-Neuf à La Roche, un bail de 18 ans et pour 550 francs par an, dont les caractéristiques principales sont les suivantes :

Cela explique qu'en 1823 et 1824 on trouve un minotier, Victor Caillaux, dans ce "milin-eoul".X

Terrains de Gillard
//
o
o
o
o
o
o
o
o
o
o
o
o
o
Terrains de
Le Bourg

1821, le 27 juillet : un acte notarié nous apprend que Jean Moliné a bien commencé les travaux de construction de son moulin. "Il a voulu établir et a même commencé à élever sur ce terrain une usine considérable. Pour la mettre en mouvement, il a ouvert un canal d'environ 5 mètres de largeur sur une longueur de plus de 500 mètres. Ce canal ou biez de dérivation  tendant nécessairement à baisser extrêmement le niveau actuel des eaux de la rivière et même à changer entièrement son lit, au moins dans les tems de sécheresse". (D'où le conflit qui s'est élevé entre Jean Moliné et Charles Le Bourg, propriétaire des terrains de la rive droite de l'Elorn : deux personnes que le notaire doit essayer de concilier).

Bief de dérivation : Il s'agit du canal qui alimentera aussi plus tard la minoterie et que l'on voit encore sur la carte de l'IGN au début de ce chapitre. On comprend qu'un tel canal a eu tendance à transformer, sur toute sa longueur, l'ancien lit de la rivère en bras mort.X

1821, le 1er décembre : "La construction du Moulin d'Elorn en la commune de La Roche-Maurice ayant nécessité l'établissement sur la rivière de ce nom d'un barrage déversoir, Monsieur GILLARD, propriétaire des terrains de la rive droite, permet au Sieur MOULINE, entrepreneur dudit moulin, d'appuyer le barrage sur cette rive, à la charge par ce dernier ou par ses successeurs d'indemniser M. Gillard et ses fermiers toutes les fois que ledit barrage viendrait à leur causer le mondre préjudice, ce à quoi ledit Sieur MOULINE s'était engagé par acte du 1er décembre 1821..." (source Mme Bazin dans L'Echo des Moulins, n° 42).

   Sur le plan ci-contre : le barrage (//) et le bief (o o o o) de Moliné.
Notons en passant que Pierre Gabriel Gillard, avocat à Landerneau, possédait aussi le lieu de Valy-Cloître, car il avait épousé Marie Charlotte Larcher, la fille de Yves François Larcher de Kerascoët, autrefois procureur fiscal et intendant de Brezal.

1822 : Notons qu'en 1822, Moliné est témoin sur l'acte de naissance de Anastasie Augustine Lamarque, fille du maire de La Roche, qui résidait au château du Pontois. Sur cet acte, Jean Moliné est qualifié de "mécanicien au moulin du Clos-Neuf".

1826, le 9 septembre : les héritiers de Yves Bonaventure Ollivier, ses petits-enfants Thiberge et Rosalie Adélaïde Ollivier, vendent à Jeanne Suzanne Drant, épouse de Michel Bazin-Drant, "le lieu du Clos-Neuf avec les bâtiments et terres qui s'y trouvent actuellement, ainsi que le tout est affermé à Monsieur Jean Moliné". Il est stipulé au contrat de vente que

1827 : Le cadastre désigne toujours les Ollivier, Thiberge et Rosalie Adélaïde, comme propriétaires, et précise que suite à une nouvelle construction le revenu estimé du moulin (parcelle B 21) passe de 14.312 F à 14.712 F soit une augmentation de 400 F. (cf Cadastre, propriétés bâties et non bâties - La Roche 1823-1914 - ADB 592 E DEPOT 16)

 

Il est donc probable qu'en 1827 Jean Moliné exploitait encore son moulin à huile... et ses deux moulins à blé.
Les Bazin ont peut-être exploité le moulin de l'Elorn à partir de 1829, date du paiement du solde du prix de vente conclu en 1826.

(voir plus bas la minoterie Bazin)

 

Le brevet de Jean Moliné

 

Le mode de fonctionnement était de broyer d'abord les graines à l'aide du moulin, de type nouveau, et de presser ensuite le produit obtenu, la "farine" ou plutôt la pâte, avec un pressoir, également novateur. L'innovation présente dans le moulin consistait dans l'utilisation de cylindres pour broyer les graines, principe proche de ce qui se fera plus tard dans les minoteries pour le blé, mais ici dans chaque couple de cylindres les deux ne tournent pas à la même vitesse.

Signature de Jean Moliné

"Avec mon moulin, écrit Jean Moliné, on a l'avantage de pouvoir se dispenser de tamiser la farine, parce qu'une graine ne peut passer entre les cylindres sans être parfaitement moulue et broyée, au lieu qu'avec une meule ordinaire on est obligé de tamiser et de rapporter les graines qui n'ont pas été atteintes et réitérer cette opération jusqu'à ce que les graines aient été brisées.

Cependant, je dois dire que pour briser la graine de lin il faut un roulage de cylindres différent que pour les graines de colza, rave et autres dans ce genre, en ce que la pellicule est beaucoup plus tendre ou cassante que celle du lin, qui est très coriace.

Il faut pour la graine de lin que le cylindre qui est mené par la roue du manège fasse trois révolutions pendant que le second n'en fait qu'une. Pour cela, je mets une lanterne de 6 fuseaux ajustée carrément au bout du pivot du cylindre mené par la roue du manège et à celui qui lui est parallèle, une roue de 18 dents, ajustée de même manière que le précédent. Par ce moyen, le premier fait trois révolutions pendant que le second n'en fait qu'une. Pour le colza et autres graines rondes, il suffit que le premier cylindre fasse deux révolutions pendant que le second n'en fait qu'une".

 

1- Le moulin à graines
  Moulin à huile industriel de Jean Moliné

Moulin à huile industriel de Jean Moliné

Figure 1ère (ci-dessus) : cette figure représente le plan de 4 jeux de cylindres servant à moudre les graines propres à faire de l'huile.

Légende d'un jeu de cylindres (ci-contre)

aa Semelle
bb Traverses qui lient les semelles
cc Montans
dd Traverses supérieures qui lient les montants & où
     viennent s'assembler par le haut les jambes de force
ee Jambes de force
ff  Pièces transversales qui lient la charpente des 4 jeux de cylindres et reçoivent les pivots des lanternes, ainsi que le pivot de la roue de manège G
     G Roue de manège qui met en mouvement les 4 jeux de cylindres
     n Lanterne
     o Axe en fer arrondi en devant de la lanterne afin que l'on puisse faire marcher un ou deux ou trois ou quatre jeux si l'on veux ou séparément, au moyen d'un verrou qui engege ou dégage chaque lanterne à volonté
hh Cylindres en fer
ii Coussinets qui rapprochent ou éloignent les cylindres au moyen d'une vis de pression
kk Boulons qui consolident le bâti de la charpente, soutiennent les pièces transversales ff et servent de coulisse aux coussinets
Lanterne ou pignon qui porte 6 fuseaux et engrène dans la roue m de 18 dents
Roue

 

Figure 2è (ci-contre) : elle représente l'élévation d'un jeu de cylindres servant à moudre la même graine.

a Semelle
bbb Expriment en lignes ponctuées le bout des traverses qui lient les montants cc
cc Montants
Autre traverse qui lie les montants
ee Jambes de force
ff  Pièces transversales qui lient la charpente des 4 jeux de cylindres
hh Cylindres
ii Coussinets grnis en cuivre où roulent les colets des cylindres lesquels rapprochent ou éloignent les cylindres au moyen de la vis de pression p
Vis de pression qui porte une embasse qui sert de point d'appui contre les montants de la charpente et entre dans une écroue x entaillée dans l'épaisseur des coussinets qui rapproche ou éloigne à volonté les deux cylindres , en p elle porte un carré afin de recevoir une clef pour la tourner à droite ou à gauche
kk Boulons qui consolident le bati de la charpente, soutiennent les pièces tranversales ff et servent de coulisse aux coussinets
Trémie
 
Moulin à huile industriel de Jean Moliné

2 - Le pressoir à huile horizontal
  Pressoir à huile de Jean Moliné

Figure 3è - Plan d'un pressoir horizontal composé de 12 presses
Poutre qui reçoit toutes les pièces
BB Coulisses qui reçoivent les pièces de pression
CC Pièces de pression où sont assemblés les tampons
DD Tampons qui pressent la farine dans l'auge
EE Auges en bois de chêne garnies de 3 forts cercles de fer chacune, qui reçoivent la farine
FF Vis en fer qui forment T à leur tête
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener les pièces de pression lorsqu'on desserre la presse
II Boulons qui fixent les colliers HH sur les pièces de pression
KK Demi-cercles en fer qui supportent les auges.
Figure 4è - Elévation de la presse horizontale dans laquelle on n'a pas indiqué la pièce de pression au milieu pour faire voir les auges, le trou d'une vis et la tête T de celle du côté opposé.
LL Semelles
Traverse a T qui lie les 2 semelles
NN Indiquent 2 pieds placés aux deux extrémités, assemblés par leur bout à la semelle et se joignantsous la poutre A comme l'indique la figure 5è
Poutre qui reçoit toutes les pièces
BB Coulisses qui reçoivent les pièces de pression
CC Pièces de pression
EE Auges qui reçoivent la farine
FF Têtes de vis de la presse
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener la pièce de pression lorsqu'on la desserre
II Têtes des boulons qui fixent les coliers H sur la pièce de pression
KK Demi-cercles en fer qui supportent les auges.
Figure 5è - Coupe en travers de la presse horizontale.
Semelle
NN Pieds qui supporte la poutre
Poutre qui reçoit toutes les pièces
CC Pièces de pression
DD Tampons qui pressent la farine dans l'auge
EE Auges qui reçoit la farine
FF Vis en fer de la presse
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener la pièce de pression lorsqu'on la desserre
TT Têtes de vis formant un T afin de présenter obstacle pour que la vis ne suive pas lorsqu'on serre la presse (voyez la figure 4è)

Figure 6è - Plan et détail des leviers pour serrer les presses.
Q Roue de bois de 4 pouces d'épaisseur garnie de deux forts cercles de fer ; entre les deux cercles sont placées 18 dents aussi de fer, de 10 lignes d'épaisseur sur 15 lignes de largeur ; elles entrent dans le bois de 3 pouces 1/2 de profondeur, elles y sont chassées à grands coups de marteux, afin qu'elles aient la plus grande solidité. au centre de la roue est un trou carré pour y loger l'écrou G
S Levier de bois garni par un petit cercle de fer    trous qui reçoivent deux chevilles de fer pour consolider la pièce X aussi de fer ; cette dernière est mobile en V sur un pivot de fer, lrquel set de point d'appui au levier, ce pivot a 16 lignes de daiamètre, il est fixé très solidement à la pièce de pression.
y Cliquet de fer qui appuye contre les dents de fer de la roue ; ce dernier est mobile ; il est poussé par un petit ressort pour le ramener contre la roue lorsqu'on met le levier en mouvement.

L'auge qui est au-dessus de la pièce A figure 4è du plan est en disposition pour enlever le pain qui a été pressé.
3 Levier ou barre de bois qui sert à enlever le pain
4 Coussinet ou point d'appui du levier
5.5 Crochet qui est fixé par un piton à vis sur la pièce A qui retient l'auge pendant qu'on force le levier 3 pour enlever le pain.

Nota. Sur le plan, figure 4è, le defaut d'espace n'a pu permettre d'indiquer que les crochets 5 qui retienne l'auge.

 

La minoterie Bazin

 

Certains textes, voir ci-après, laissent supposer une création de la minoterie Bazin en 1825, mais on a vu que le moulin a été créé en 1821 par Jean Moliné, et que les Bazin n'en furent réellement propriétaires qu'en 1829. Il reste à écrire l'évolution du moulin lors de son exploitation par la famille Bazin

 

"La grande minoterie de La Roche-Maurice (actuelle minoterie Le Verge) existait déjà en 1825 et Gilbert Villeneuve cite ce moulin moderne à plusieurs "tournants" qui fournissait à la ville de Brest une grande partie de sa belle farine blutée qu'on était autrefois obligé d'aller quérir jusqu'à Nantes". (source Landerneau, ancienne capitale de la principauté de Léon par Jehan Bazin - 1962).
Texte original : "A peu de distance de La Roche, en descendant la rivière, on remarque un superbe moulin, à plusieurs tournans, de construction nouvelle. La ville de Brest consomme les belles farines de cette usine, qui l'affranchit du tribut qu'elle payait à la ville de Nantes, depuis longues années en possession de procurer à la consommation du Finistère les farines blutées. Les tounans sont mus par une prise d'eau de la rivière, conduite par un canal de dérivation. On regrette que l'ingénieur habile qui construisit ce bel établissement n'ait pas pris le soin d'élever sur le bord de la grande route un parapet qui rassurât les voyageurs contre la crainte d'une chute possible dans la profondeur effrayante de la vallée". Itinéraire descriptif du département du Finistère par Gilbert-Villeneuve, avocat à Brest - 1828.

 

"Michel Bazin a créé une minoterie, sur l'Elorn, dans la commune de La Roche-Maurice, en 1825. Quand il décède, la société du « Moulin de l'Elorn » est devenue la plus importante minoterie du département. Lucien-Gabriel Bazin, beau-frère de Balcam, est maire de La Roche-Maurice, et dirige la société familiale. En introduisant des techniques modernes, la société du Moulin de l'Elorn favorise les projets de boulangerie sociétaire à Brest et Landivisiau, en 1847." (source : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=1151&resumer=oui&lang=fr&var_recherche=brest)

 

Achat du Clos-Neuf et du moulin de Jean Moliné aux héritiers Ollivier :

Le 9 septembre 1826, le lieu du "Clos-Neuf" et dépendances sera acheté par l'épouse de Michel Bazin-Drant, cf le répertoire de Me Onfrey, notaire à Landerneau :
"Vente du lieu du Clos-Neuf et dépendances, commune de La Roche, par Mlle Adélaïde Rosalie Ivonne Ollivier, propriétaire, et Mr Thiberge Ollivier, ancien officier de cavalerie, demeurant à Landerneau, à Dame Jeanne Suzanne Drant, propriétaire, épouse autorisée de Mr Michel Bazin-Drant, négociants tous deux, de Landerneau, pour 20.000 francs sous la caution de Mr Yves Nicolas Marie Guiastrennec, neveu, négociant et propriétaire, demeurant aussi à Landerneau".

Mais le contrat de vente prévoyait un paiement différé au 29 septembre 1829
(voir plus haut dans le paragraphe "les origines du moulin").

 

Achat d'une portion de chemin à M. d'Audibert de Lavillasse :

" Le 16 septembre 1833, acte de vente entre : M. Joseph Marie François Etienne d'AUDIBERT DE LAVILLASSE, domicilié au Manoir du Pontois en la commune de La Roche-Maurice et M. Michel BAZIN-DRANT, négociant domicilié en cette ville de Landerneau, quai St-Thomas. Lequel dit sieur d'AUDIBERT DE LAVILLASSE a vendu... au sieur BAZIN-DRANT... en la commune de La Roche-Maurice :
1) La portion, appartenant au vendeur, du chemin conduisant du moulin du sieur BAZIN-DRANT à la grande route de Landerneau, tel qu'il existe aujourd'hui et qui a été pris sur le bois-taillis d'un terrain marécageux dépendant de la terre du Pontois.
2) Le terrain marécageux situé sur la rivière d'Elorn et à droite du susdit chemin en allant du moulin à Landerneau;
Lesquelles portions de chemins et terrains marécageux constituent environ 10 ares et sont bornés au nord par la rivière, à l'est par les propriétés du Sieur d'AUDIBERT DE LAVILLASSE et se prolongent le long des prairies du sieur BAZIN-DRANT " (source Mme Bazin dans L'Echo des Moulins, n° 42).

Par ce texte, on apprend donc que le chemin, que Jean Moliné prévoyait de créer pour rejoindre directement, au niveau de Stangolc'h, la vielle route de La Roche à Landerneau, a été réalisé. Et que Michel Bazin régularise cette appropriation auprès de M. d'Audibert de Lavillasse du Pontois, le propriétaire qui a succédé à Guymard de Coatidreux. Ce chemin évite donc un accès difficile par les terres du Clos-Neuf.
Il n'est pas encore question de la future nouvelle RN 12 qui ne sera créée sur la rive opposée de l'Elorn en 1843, ni du chemin de fer qui passera au ras du moulin en 1865.

 

Remarque : La rédaction de la suite, que j'ai réalisée en février 2016, attendra quelques recherches complémentaires aux archives pour être diffusée...

(A SUIVRE...)

 

Quelques photos

 

Milin-Eol - le barrage

Le barrage de Jean Moliné, entretenu et légèrement modifié par la famille Bazin depuis.
Pendant la dernière guerre, le dimanche, une partie de la population de La Roche se retrouvait sur ces berges, "au barrage".
Les plages en bord de mer étaient minées.
 

Milin-Eol

Sur cette carte postale ancienne, le moulin Bazin est dénommé "Milin-Eol". Mais sa traduction est erronée, comme nous l'avons expliqué plus haut : il ne s'agit pas du "Moulin du Soleil" mais du "Moulin à huile". Passons sur le "e" qui s'est transformé en "c" chez l'imprimeur. Attention : à l'époque de la carte postale, le moulin à huile est devenu une minoterie.

 

 

Source des informations

 

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper


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 A. Croguennec - Page créée le 12/2/2016, màj le 22/4/2017.