blason de La Roche

Le moulin de l'Elorn

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Situation et plans

 


A gauche de la carte : sous l'intitulé "Fabr. Ty Colo" qui désigne l'établissement présent de l'autre côté de l'Elorn en Plouedern.
(ne pas confondre "Le moulin de l'Elorn" avec "Milin an Elorn", qui est maintenant la crêperie installée dans le moulin de Kerigeant)

 

cadastre napoléonien de La Roche en 1811
NomTraductionPropriétaireNature
18Traoñ Roc'h - Stang a lochOllivier de LanderneauT. Lab.
19Traoñ Roc'h - Stang a lochOllivier de LanderneauLande
20Traoñ Roc'h - Goarem coatLa garenne du boisOllivier de Landerneau 
20 bisGoarem coatLa garenne du boisOllivier de LanderneauTaillis
173K/aoul - Foennec an hent cozLa prairie du vieux cheminOllivier de LanderneauPré
174Pontois - Clos nevezClos neufGuimard de QuimperTaillis
175Pontois - Clos nevezClos neufGuimard de QuimperLande

 

Le plan du cadastre napoléonien de la Roche, établi en 1811, montre qu'il n'y avait alors aucun moulin à cet emplacement.

Les bâtiments du moulin de l'Elorn seront construits sur les parcelles 21 à 27 et 176 de la section dite "B 1 de Keraoul". En outre, la création du bief d'amenée nécessitera l'utilisation de certaines parcelles plus au nord.

En 1811, au lieu dit le "Clos-Neuf", les propriétaires étaient les suivants :

NomTraductionPropriétaire
21Ar yeunLe maraisOllivier de Landerneau
22Ar yeunLe maraisidem
23Parc ar vernLe champ de l'aulnaieidem
24Parc bihanPetit champidem
25Parc rivierLe champ de la rivièreidem
26Parc brasGrand champidem
27FoennecPrairieidem
176Goarem brasLa grande garenneGuimard de Quimper

Commentaires :

"Ollivier de Landerneau" était Yves Bonaventure OLLIVIER, ancien avocat au Parlement de Bretagne, membre d'une famille de juristes de l'ancienne juridiction de la Principauté de Léon à Landerneau.

"Guimard de Quimper" n'était autre que Denis Marie GUYMAR de COATIDREUX, ancien maire de La Roche, propriètaire du domaine du Pontois, qui avait été nommé, en 1811, vice-président du tribunal de Quimper.

Les parcelles plus au Nord par où passera le bief, appartenaient aussi à Ollivier de Landerneau.
On remarque cette longue allée (parcelle n° 37), "ar valli", qui se dirige vers l'Elorn et le champ (n° 38) appelé "parc pont". Ces éléments sont la preuve qu'il y avait là un pont avant 1811 : c'était "Pont-ar-Bled", bien sûr.
De l'autre côté, l'allée se dirigeait vers le moulin de La Roche. Le pont était majoritairement emprunté par les mouteaux qui allaient y faire moudre leurs grains, d'où son nom de "pont du blé". C'était à une époque où le moulin de Pont-ar-Bled en Plouedern n'existait pas encore.


Stangolc'h (à gauche du plan) est écrit "Stang a loc'h" dans le document d'archives qui liste des parcelles. C'est intéressant pour comprendre l'étymologie de ce nom de lieu.

Cette orthographe pourrait-elle détrôner la version "Stangolc'h" : D'un équivalent de kanndi, "buanderie", guolchti, formé avec le vieux breton guolch, "laver", aujourd'hui disparu de la langue (il existe en revanche en gallois sous la forme golchdy), on n'a qu'une unique attestation... Il ne semble pas que le terme ait même laissé une quelconque trace dans les noms de lieux... sauf à La Roche, un hameau se nomme stangolc'h. (Mélanges offerts à J. Tanguy, p. 30)

Pont-ar-Bled : On peut lire sur le site officiel de la mairie de Plouedern (http://www.plouedern.fr/index.php/plouedern/histoire), le texte suivant :

"Pont ar Bled : ce nom "bled", avec un "d" final articulé, doit être la bretonnisation de l'ancien français "bleds" (avec un "d" non articulé) prononcé "blés". C'était le lieu où était le pont par lequel passait sans doute le blé porté au moulin banal du château de Roc'h Morvan et imposé à tous les habitants des environs : Le pont des blés". Je suis tout à fait d'accord. J'ajoute que le mot "bleds", à l'époque, englobait toutes les céréales moulues au moulin.

En outre, un paragraphe de l'acte notarié du 27 juillet 1821, cité plus bas, confirme cela avec des précisions : "Monsieur Ollivier est propriétaire de la terre du Closneuf que borde la rive gauche de la rivière sur la commune de La Roche ; cette dernière terre est traversée par un ancien chemin vicinal conduisant de La Roche à Plouedern, pour la fréquentation duquel, depuis que le pont était tombé en ruine, on passait la rivière à gué, ce chemin dont Monsieur Ollivier avait fait une avenue, a été maintenu par arrêté de la Préfecture du Finistère". Voir sur le plan d'assemblage du cadastre napoléonien de La Roche de 1811, ci-dessous :

 X

Famille Ollivier

Yves OLLIVIER, né vers 1695, décédé le 23 décembre 1767, St-Houardon, Landerneau (à 72 ans), Maître procureur, notaire, de la Principauté de Léon à Landerneau.
Marié le 6 février 1725, St-Louis, Brest, avec Marguerite GUILLOTOU, décédée le 29 janvier 1757, St-Houardon, Landerneau, dont X

 

Les origines : le moulin à huile... et à blé

 

Comme pour les autres moulins de La Roche, on trouve différentes dénominations à ce "moulin de l'Elorn" : "moulin de Ty-Ruz", "moulin Bazin", "moulin Le Verge". Le nom de "Milin eol", que l'on lit sur une carte postale, présentée plus bas, appelle quelques commentaires.
 

Moulin à huile industriel du 19è siècle

La gravure, ci-dessus, représente un moulin à huile industriel au 19è siècle. Mais celui de l'Elorn avait été conçu, quant à son mécanisme interne, sur un principe beaucoup plus novateur, cf le brevet exposé plus bas.

Eol ? faut-il lire "heol" (soleil) ou bien "eoul" (huile) ? L'éditeur de la carte postale a choisi de traduire "Moulin du soleil". Pourquoi y aurait-il un soleil remarquable à cet endroit ? De plus, pour être correct en breton du point de vue grammatical, il faudrait dire "Milin an heol" pour traduire "Le moulin du soleil" !
Par contre, "milin eoul", selon l'orthographe actuelle, est tout à fait correct. Ce terme est orthographié "milin eol" dans le dictionnaire manuscrit de Brezal et dans d'autres dictionnaires  , et sa traduction est, bien sûr, "moulin à huile". Il a donc, bien, commencé sa carrière avec cette utilisation, comme le suggérait Roger Bras (La Roche, il y a 50 ans - site internet).

"Milin eol" se trouve aussi dans le dictionnaire de Grégoire de Rostrenen, dans celui de Le Gonidec, ... etc
"Milin eaul" dans les Colloques de Quiquer (1633), cf le dictionnaire diachronique du breton par Martial Ménard.
"A Pleyber-Christ, le cadastre de 1837 ... parle de 'MOULIN EAUL', moulin à huile (EOL), alors en ruine (section A N° 768) ... Ce moulin de Buzulzo fabriquait, très probablement, de l'huile de lin, la graine provenait des cultures du pays", nous explique l'abbé Feutren, ancien curé de Pleyber. X

D'ailleurs en 1823, on trouve des actes de naissance à La Roche où les personnes citées sont :  :

En 1824, un autre acte de naissance de La Roche cite, en tant que témoin, le "Sieur Etienne Victor CAILLAUX minotier 24a du moulin de Lhorne".
En 1822, le 15 mai, dans un acte de naissance de Landerneau, le témoin Jean-Baptiste Frimot est qualifié de "fabricant".

La présence de Jean-Baptiste Frimot dans l'équipe des fabricants d'huile nous incitait à penser que la conception de l'architecture externe du moulin avait pu être l'oeuvre de Jacques Frimot, la suite nous démontrera que c'est bien le cas.

Jacques Frimot était le frère de Jean-Baptiste. Jacques était ingénieur des Ponts et Chaussées et s'installa à Landerneau le 17 juin 1820. Il va créer une usine qui sera un modèle et produira des machines à vapeur en 1826.
Il est moins connu pour avoir établi les plans du moulin de Kerigeant et du Frout en 1827 et ceux du nouveau pont de Pont-Christ en 1822 et en 1832.

Jean-Baptiste suivait, en quelque sorte, les traces de son frère, car il fut architecte, et devint plus tard conducteur de travaux des Ponts-et-Chaussées. C'est peut-être lui qui a participé à la conception externe du "moulin (à huile) de l'Elorn" et avec l'aide de Jacques.

Le moulin a été construit, à partir de 1821, à la demande de Jean Moliné, comme maître d'ouvrage et futur exploitant. C'est ce que révèlent plusieurs actes notariés du début du 19è siècle.

Déjà, une lettre du sous-préfet au maire de La Roche, datée de 1843, nous avait laissé supposer une construction en 1821 (La Roche - Travaux publics, voirie, moyens de transports, régime des eaux - ADB 592 E DEPOT 37). Les nouveaux documents collectés confirment cette date.X

Voici quelques dates importantes :

1816 : Dans le Bulletin des lois de la République française de juillet 1816, on apprend que Moliné, horloger de profession, a déposé un brevet d'invention appliqué aux moulins à huile : "Le Sr Moliné (Jean)  , demeurant à Auch, département du Gers, auquel il a été délivré, le 16 juillet dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention de quinze ans, pour une machine propre à broyer les plantes oléagineuses et à extraire l'huile". C'est donc ce type de mécanisme qu'il a, plus que certainement, implanté à La Roche. D'ailleurs, cela est confirmé par le rapport de Frimot : "les cylindres employés dans les huilerie et blanchisserie".

Quelques glânes sur Jean Moliné :

Jean MOLINE, horloger, manufacturier, mécanicien au moulin du Clos-Neuf de La Roche. Marié avec Anne Angélique BARCIET, dont X

1818 : Jean Moliné est à Landerneau. En effet, le 4 septembre Réné Bazin, propriétaire à Landerneau, lui loue "une maison d'ardoises près le pont à bascule, avec un champ, un moulin nommé 'Moulin Neuf' près le pont de La Palue et une maison qui sera bâtie par Bazin, le tout pour 1.200 fr. par an" (source répertoire du notaire Onfrey - ADQ 4 E 97/165).

1821, en janvier : Moliné envoie sa pétition à la préfecture pour demander l'autorisation de construire son moulin et réclamer la visite des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées pour déterminer la hauteur du barrage qu'il doit construire sur l'Elorn. L'affichage de sa pétition à la mairie de La Roche ne donne lieu à aucune contestation ni observation, et le maire, Jean-Baptiste Lamarque, communique au sous-préfet son accord de principe le 9 mars.

1821, le 5 mai : Jean Moliné signe, avec Yves Bonaventure Ollivier de Landerneau, pour les terres et édifices dépendants de la métairie du Clos-Neuf à La Roche, un bail de 18 ans et pour 550 francs par an, dont les caractéristiques principales sont les suivantes :

Cela explique qu'en 1823 et 1824 on trouve un minotier, Victor Caillaux, dans ce "milin-eoul".X

Terrains de Gillard
//
o
o
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o
o
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o
o
o
o
Terrains de
Le Bourg

1821, le 30 juin : L'ingénieur Jacques Frimot établit un rapport sur le projet de Moliné, alors que la réalisation a visiblement déjà commencé. Ce rapport est très intéressant car tout en décrivant le futur ouvrage et en donnant préconisations techniques, il apporte des justifications économiques liées à la situation de ce début de siècle (voir plus bas).

1821, le 27 juillet : un acte notarié nous apprend que Jean Moliné a bien commencé les travaux de construction de son moulin. "Il a voulu établir et a même commencé à élever sur ce terrain une usine considérable. Pour la mettre en mouvement, il a ouvert un canal d'environ 5 mètres de largeur sur une longueur de plus de 500 mètres. Ce canal ou biez de dérivation  tendant nécessairement à baisser extrêmement le niveau actuel des eaux de la rivière et même à changer entièrement son lit, au moins dans les tems de sécheresse". (D'où le conflit qui s'est élevé entre Jean Moliné et Charles Le Bourg, propriétaire des terrains de la rive droite de l'Elorn : deux personnes que le notaire doit essayer de concilier).

Bief de dérivation : Il s'agit du canal qui alimentera aussi plus tard la minoterie et que l'on voit encore sur la carte de l'IGN au début de ce chapitre. On comprend qu'un tel canal a eu tendance à transformer, sur toute sa longueur, l'ancien lit de la rivère en bras mort.X

1821, le 1er décembre : "La construction du Moulin d'Elorn en la commune de La Roche-Maurice ayant nécessité l'établissement sur la rivière de ce nom d'un barrage déversoir, Monsieur GILLARD, propriétaire des terrains de la rive droite, permet au Sieur MOULINE, entrepreneur dudit moulin, d'appuyer le barrage sur cette rive, à la charge par ce dernier ou par ses successeurs d'indemniser M. Gillard et ses fermiers toutes les fois que ledit barrage viendrait à leur causer le mondre préjudice, ce à quoi ledit Sieur MOULINE s'était engagé par acte du 1er décembre 1821..." (source Mme Bazin dans L'Echo des Moulins, n° 42).

   Sur le plan ci-contre : le barrage (//) et le bief (o o o o) de Moliné.
Notons en passant que Pierre Gabriel Gillard, avocat à Landerneau, possédait aussi le lieu de Valy-Cloître, car il avait épousé Marie Charlotte Larcher, la fille de Yves François Larcher de Kerascoët, autrefois procureur fiscal et intendant de Brezal.

1822 : Notons aussi qu'en 1822, Moliné est témoin sur l'acte de naissance de Anastasie Augustine Lamarque, fille du maire de La Roche, qui résidait au château du Pontois. Sur cet acte, Jean Moliné est qualifié de "mécanicien au moulin du Clos-Neuf".

1826, le 9 septembre : les héritiers de Yves Bonaventure Ollivier, ses petits-enfants Thiberge et Rosalie Adélaïde Ollivier, vendent à Jeanne Suzanne Drant, épouse de Michel Bazin-Drant, "le lieu du Clos-Neuf avec les bâtiments et terres qui s'y trouvent actuellement, ainsi que le tout est affermé à Monsieur Jean Moliné". Il est stipulé au contrat de vente que

1827 : Le cadastre désigne toujours les Ollivier, Thiberge et Rosalie Adélaïde, comme propriétaires, et précise que suite à une nouvelle construction le revenu estimé du moulin (parcelle B 21) passe de 14.312 F à 14.712 F soit une augmentation de 400 F. (cf Cadastre, propriétés bâties et non bâties - La Roche 1823-1914 - ADB 592 E DEPOT 16)

 

Il est donc probable qu'en 1827 Jean Moliné exploitait encore son moulin à huile... et ses deux moulins à blé.
Les Bazin ont peut-être exploité le moulin de l'Elorn à partir de 1829, date du paiement du solde du prix de vente conclu en 1826.

(voir plus bas la minoterie Bazin)

 

Le brevet de Jean Moliné

 

Le mode de fonctionnement était de broyer d'abord les graines à l'aide du moulin, de type nouveau, et de presser ensuite le produit obtenu, la "farine" ou plutôt la pâte, avec un pressoir, également novateur. L'innovation présente dans le moulin consistait dans l'utilisation de cylindres pour broyer les graines, principe proche de ce qui se fera plus tard dans les minoteries pour le blé, mais ici dans chaque couple de cylindres les deux ne tournent pas à la même vitesse.

Signature de Jean Moliné

"Avec mon moulin, écrit Jean Moliné, on a l'avantage de pouvoir se dispenser de tamiser la farine, parce qu'une graine ne peut passer entre les cylindres sans être parfaitement moulue et broyée, au lieu qu'avec une meule ordinaire on est obligé de tamiser et de rapporter les graines qui n'ont pas été atteintes et réitérer cette opération jusqu'à ce que les graines aient été brisées.

Cependant, je dois dire que pour briser la graine de lin il faut un roulage de cylindres différent que pour les graines de colza, rave et autres dans ce genre, en ce que la pellicule est beaucoup plus tendre ou cassante que celle du lin, qui est très coriace.

Il faut pour la graine de lin que le cylindre qui est mené par la roue du manège fasse trois révolutions pendant que le second n'en fait qu'une. Pour cela, je mets une lanterne de 6 fuseaux ajustée carrément au bout du pivot du cylindre mené par la roue du manège et à celui qui lui est parallèle, une roue de 18 dents, ajustée de même manière que le précédent. Par ce moyen, le premier fait trois révolutions pendant que le second n'en fait qu'une. Pour le colza et autres graines rondes, il suffit que le premier cylindre fasse deux révolutions pendant que le second n'en fait qu'une".

 

1- Le moulin à graines
  Moulin à huile industriel de Jean Moliné

Moulin à huile industriel de Jean Moliné

Figure 1ère (ci-dessus) : cette figure représente le plan de 4 jeux de cylindres servant à moudre les graines propres à faire de l'huile.

Légende d'un jeu de cylindres (ci-contre)

aa Semelle
bb Traverses qui lient les semelles
cc Montans
dd Traverses supérieures qui lient les montants & où
     viennent s'assembler par le haut les jambes de force
ee Jambes de force
ff  Pièces transversales qui lient la charpente des 4 jeux de cylindres et reçoivent les pivots des lanternes, ainsi que le pivot de la roue de manège G
     G Roue de manège qui met en mouvement les 4 jeux de cylindres
     n Lanterne
     o Axe en fer arrondi en devant de la lanterne afin que l'on puisse faire marcher un ou deux ou trois ou quatre jeux si l'on veux ou séparément, au moyen d'un verrou qui engege ou dégage chaque lanterne à volonté
hh Cylindres en fer
ii Coussinets qui rapprochent ou éloignent les cylindres au moyen d'une vis de pression
kk Boulons qui consolident le bâti de la charpente, soutiennent les pièces transversales ff et servent de coulisse aux coussinets
Lanterne ou pignon qui porte 6 fuseaux et engrène dans la roue m de 18 dents
Roue

 

Figure 2è (ci-contre) : elle représente l'élévation d'un jeu de cylindres servant à moudre la même graine.

a Semelle
bbb Expriment en lignes ponctuées le bout des traverses qui lient les montants cc
cc Montants
Autre traverse qui lie les montants
ee Jambes de force
ff  Pièces transversales qui lient la charpente des 4 jeux de cylindres
hh Cylindres
ii Coussinets grnis en cuivre où roulent les colets des cylindres lesquels rapprochent ou éloignent les cylindres au moyen de la vis de pression p
Vis de pression qui porte une embasse qui sert de point d'appui contre les montants de la charpente et entre dans une écroue x entaillée dans l'épaisseur des coussinets qui rapproche ou éloigne à volonté les deux cylindres , en p elle porte un carré afin de recevoir une clef pour la tourner à droite ou à gauche
kk Boulons qui consolident le bati de la charpente, soutiennent les pièces tranversales ff et servent de coulisse aux coussinets
Trémie
 
Moulin à huile industriel de Jean Moliné

2 - Le pressoir à huile horizontal
  Pressoir à huile de Jean Moliné

Figure 3è - Plan d'un pressoir horizontal composé de 12 presses
Poutre qui reçoit toutes les pièces
BB Coulisses qui reçoivent les pièces de pression
CC Pièces de pression où sont assemblés les tampons
DD Tampons qui pressent la farine dans l'auge
EE Auges en bois de chêne garnies de 3 forts cercles de fer chacune, qui reçoivent la farine
FF Vis en fer qui forment T à leur tête
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener les pièces de pression lorsqu'on desserre la presse
II Boulons qui fixent les colliers HH sur les pièces de pression
KK Demi-cercles en fer qui supportent les auges.
Figure 4è - Elévation de la presse horizontale dans laquelle on n'a pas indiqué la pièce de pression au milieu pour faire voir les auges, le trou d'une vis et la tête T de celle du côté opposé.
LL Semelles
Traverse a T qui lie les 2 semelles
NN Indiquent 2 pieds placés aux deux extrémités, assemblés par leur bout à la semelle et se joignantsous la poutre A comme l'indique la figure 5è
Poutre qui reçoit toutes les pièces
BB Coulisses qui reçoivent les pièces de pression
CC Pièces de pression
EE Auges qui reçoivent la farine
FF Têtes de vis de la presse
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener la pièce de pression lorsqu'on la desserre
II Têtes des boulons qui fixent les coliers H sur la pièce de pression
KK Demi-cercles en fer qui supportent les auges.
Figure 5è - Coupe en travers de la presse horizontale.
Semelle
NN Pieds qui supporte la poutre
Poutre qui reçoit toutes les pièces
CC Pièces de pression
DD Tampons qui pressent la farine dans l'auge
EE Auges qui reçoit la farine
FF Vis en fer de la presse
GG Ecrous en cuivre
HH Colliers en fer qui servent à ramener la pièce de pression lorsqu'on la desserre
TT Têtes de vis formant un T afin de présenter obstacle pour que la vis ne suive pas lorsqu'on serre la presse (voyez la figure 4è)

Figure 6è - Plan et détail des leviers pour serrer les presses.
Q Roue de bois de 4 pouces d'épaisseur garnie de deux forts cercles de fer ; entre les deux cercles sont placées 18 dents aussi de fer, de 10 lignes d'épaisseur sur 15 lignes de largeur ; elles entrent dans le bois de 3 pouces 1/2 de profondeur, elles y sont chassées à grands coups de marteux, afin qu'elles aient la plus grande solidité. au centre de la roue est un trou carré pour y loger l'écrou G
S Levier de bois garni par un petit cercle de fer    trous qui reçoivent deux chevilles de fer pour consolider la pièce X aussi de fer ; cette dernière est mobile en V sur un pivot de fer, lrquel set de point d'appui au levier, ce pivot a 16 lignes de daiamètre, il est fixé très solidement à la pièce de pression.
y Cliquet de fer qui appuye contre les dents de fer de la roue ; ce dernier est mobile ; il est poussé par un petit ressort pour le ramener contre la roue lorsqu'on met le levier en mouvement.

L'auge qui est au-dessus de la pièce A figure 4è du plan est en disposition pour enlever le pain qui a été pressé.
3 Levier ou barre de bois qui sert à enlever le pain
4 Coussinet ou point d'appui du levier
5.5 Crochet qui est fixé par un piton à vis sur la pièce A qui retient l'auge pendant qu'on force le levier 3 pour enlever le pain.

Nota. Sur le plan, figure 4è, le defaut d'espace n'a pu permettre d'indiquer que les crochets 5 qui retienne l'auge.

 

Le rapport de Jacques Frimot

 

Rapport du 30/6/1821 (source ADQ 7 S 27)

Arrondissement de Landerneau 
Département du Finistère

Rapport sur le projet d'établissement d'un moulin à eau à construire dans la commune de La Roche
sur la rivière de L'Elorn et dans la propriété appartenant à Mr Olivier, dite du Clos Neuf.

Description générale de l'établissement et de ses dépendances

L'établissement que le Sr Moliné se propose d'élever sur les bords de la rivière de l'Elorn sur la propriété du Sr Olivier, sise dans la commune de La Roche, consiste
en une minoterie à trois tournants, en un moulin à huille à deux tournants, en une blanchisserie qui occupera un tournant. Les six roues servant à mettre en mouvement les trois jeux de meules à farine et les cylindres employés dans les huilerie et blanchisserie seront établies dans un bâtiment de forme circulaire figuré au plan ci-annexé.

Ces roues seront horizontales et recevront l'eau de cylindres verticaux adaptés à un plancher sur lequel elle se trouvera à une hauteur d'environ 60 centimètres. L'huilerie occupera le premier étage du bâtiment circulaire et les presses seront placées dans un hangard adjacent. Les trois jeux de meules à farine occuperont le deuxième étage de ce bâtiment et les cribles, meules en bois, &ca pour purger les grains, se trouveront au-dessus, dans les mansardes. Enfin, la blanchisserie sera établie dans un deuxième hangard, au nord de l'édifice principal, où par le moyen d'engrenages l'on transmettra le mouvement de la roue motrice.

Plan réalisé par l'ingénieur Jacques Frimot

Pour afficher les légendes cliquer ICI, pour les effacer cliquer LA

C'est par un canal de dérivation de 830 mètres de longueur traversant la propriété du Sr Olivier, que l'on amène les eaux de la rivière d'Elorn dans le réservoir ménagé dans la tour où son placés les tournans. Ce canal a moyennement 5 mètres de largeur en cuvette ; il a été creusé de façon que dans les tems ordinaires l'eau ne s'y élevât qu'à une hauteur de 60 centimètres. A son embranchement avec le chemin de Plouedern, il a été établi un pont en maçonnerie de moëllons, solidement construit, en amont duquel seront placés les vannes destinées à règler le volume d'eau qui sera nécessaire à la dépense de l'établissement. Ce pont est élevé au-dessus des plus grandes eaux pour garantir la partie inférieure du canal et diminuer la hauteur des digues.

Le niveau des eaux ordinaires en amont à l'embouchure du canal se trouve à 3,18 mètres au-dessus du radier de fuite du moulin ; ainsi la chute serait suffisante sans l'accroissement qui résultera de la construction d'un barrage dans la rivière de l'Elorn. Ce barrage n'aura que 50 centimètres au-dessus du lit de cette rivière dans le point le plus élevé de sa longueur, et le repère invariable auquel est rapportée sa hauteur, ou la crète du couronnement, est le radier en maçonnerie des arceaux d'aval du moulin. Le plan supérieur de ce barrage sera élevé de 3,35 mètres au-dessus des pierres formant ce radier. C'est la différence de la cotte A du profil de nivellement à la cotte B (Ndlr : schéma non publié ici).

Avantages de l'établissement par rapport au commerce et à l'agriculture

Les armements qui ont lieu dans le port de Brest exigent, surtout en tems de guerre, des approvisionnements considérables de farines dites de minot ; les moulins d'où on l'extrait encore présentement sont ceux de Moissac, Montauban, &ca établis dans le midi de la France ; et les transports à Brest de ces farines, qui peuvent encore devenir très difficiles, sont toujours dispendieux. En effet, on expédie à Bordeaux, à Moissac &ca des bords des côtes de la Bretagne des blés qui sont propres à faire de la farine de minot ; puis on rapporte cette farine au lieu du départ augmentée d'un double prix de transport payé par le premier vendeur et le consommateur. Le nouvel établissement qui s'élève évitera ces frais inutiles ; l'agriculteur vendra plus cher ses grains de première qualité, et le consommateur payera moins cher la fleur de farine. Un autre avantage non moins incontestable qu'il procurera, sera de fournir à tous les agriculteurs voisins des blés purgés de graines étrangères, des blés d'égale grosseur et bien pleins pour les semences dont le produit dépend nécessairement de la qualité du grain nourricier. Il est des contrées où l'on prend tant de soins pour cet objet que l'on y applique les enfants à trier, grain à grain, le blé de semence. Par le moyen des meules en bois et des cribles, un hectolitre de grain est mieux purgé, nettoyé et préparé en quelques minutes que par le plus minutieux procédé.

Convertir en huile sur les lieux, par les moyens les plus économiques, les graines de lin et de chanvre dont le pays abonde et que l'on exporte au loin, pour en rapporter les produits à Brest et dans les autres villes du département, c'est encore payer inutilement des frais qui pèsent et sur le producteur et sur le consommateur : or, personne ne peut nier qu'il se fait journellement des exportations de ces sortes de graines des ports de la Bretagne ; qu'elle reçoit de l'huile, par importation du nord de la France ; il est donc prouvé que le département du Finistère paye, sur cet objet, un double tribut aux autres départements. Une huilerie capable de produire par jour 1.000 kg d'huile, et placée à la proximité de Brest, peut devenir fort utile aux approvisionnements de ce port lorsque les communications par mer sont difficiles, et tout tems elle doit favoriser l'agriculture ; car, on ne saurait trop le répéter, l'industrie et la prospérité d'un pays perdent beaucoup si la fabrication sur les lieux des matières encombrantes qu'il produit n'est pas égale à sa consommation, et la société entière est privée du travail inutile employé aux transport et retour de ces objets.

La blanchisserie adjacente au moulin ne présente pas des avantages moins réels que l'huilerie et la minoterie. Pour les bien apprécier il suffit d'observer que la fabrication des toiles est l'une des principales branches de l'industrie manufacturière dans ce département. La plus grande partie des toiles qui s'y fabriquaient étaient encore récemment exportée en Espagne ; mais depuis l'adoption, dans ce pays, du système prohibitif des produits étrangers, les toiles écrues ne peuvent y être introduites que par fraude et en petite quantité. Les toiles blanches y sont admises ; mais le blanchîment sur les prés, le seul qui soit en usage dans le département du Finistère, est trop lent pour suffire à un grand commerce ; ce procédé a d'ailleurs le désavantage de détruire la solidité des toiles. On a donc été réduit à la consommation intérieure, et le commerce des toiles blanches en Espagne se fait maintenant par l'Etranger. Lorsque l'on blanchira les toiles en quinze jours dans ce pays, on commencera à les exporter et leur fabrication, par l'encouragement des bénéfices, pourra s'améliorer et accroître encore la prospérité de ce département.

Construction d'un barrage dans la rivière d'Elorn, pour faire refluer ses eaux dans le canal de dérivation du moulin

Le barrage à construire sera élevé à la hauteur de 50 centimètres au-dessus du lit de la rivière ; à cette hauteur son couronnement se trouvera à 3,35 mètres au-dessus du radier de fuite du moulin, c'est-à-dire au-dessus des dalles des arceaux d'aval de la tour ronde du moulin.

Jusques à l'endroit où le gonflement occasionné par ce barrage se fait sentir, et même bien au-delà, les terrains qui bordent la rive gauche de la rivière d'Elorn sont du même héritage ; ainsi les dommages qui pourraient résulter de cette construction (il n'y en aura pas) n'amèneront aucune contestation ; quant aux terrains de la rive droite, ils sont partout élevés de 80 centimètres au moins au-dessus du niveau exhaussé des eaux, et ils ne produisent que quelques landes à travers des blocs de quartz qui la recouvrent en grande partie : le propriétaire de ces terrains consent, en outre, à ce que l'on appuye le barrage sur sa propriété qui ne peut être submergée durant l'hyver puisque les crues ordinaires de la rivière n'élèvent son niveau que de 60 centimètres, hauteur moindre que celle du sol de ce terrain au-dessus des eaux ordinaires. Ce n'est qu'à une grande distance en amont que l'on trouve des moulins sur la rivière d'Elorn, ils ne peuvent donc être gênés par le gonflement de ses eaux ; il ne sera pas plus nuisible au moulin de La Roche, construit sur un petit ruisseau qui débouche au-dessus du barrage, à cause de son éloignement et de la pente qui existe jusques à son radier de fuite laquelle est de plus de 2 mètres.

En amont du barrage, il n'y aura aucun préjudice, aucune servitude résultant de sa construction pour les propriétés riveraines, mais à quelque distance, en aval, le propriétaire des terrains bordant la rive droite, qui avait d'abord désiré que l'établissement dont il est question eû lieu sur sa propriété, qui ensuite en avait reconnu l'impossibilité, qui a consenti à ce que le moulin fut construit sur l'héritage opposé appartenant à Mr Olivier, qui a rédigé la transaction de ce dernier avec l'impétrant, le Sr Moliné, et qui n'a fait aucune réclamation lors de la publication par affiche pour l'enquête du commodo et de l'incommodo, vient de faire part à l'ingénieur soussigné de la résolution qu'il a prise de s'opposer à l'achèvement du nouvel établissement déjà fort avancé, en faisant valoir son droit comme riverain au partage des eaux dont il ne peut ni ne veut disposer même pour des irrigations. Cette opposition, fondée sur la crainte que le nouvel établissement ne diminue la valeur des moulins voisins qui ne font qu'une mouture ordinaire, paraissant du ressort judiciaire, l'ingénieur, soussigné, n'en fait mention que pour donner tous les renseignements qui se rattachent à cette affaire et mieux éclairer la décision de l'autorité.

Conclusion et avis

L'ingénieur, soussigné, considérant que le nouvel établissement que le Sr Moliné a entrepris de construire sur les bords de la rivière d'Elorn, dans l'héritage du Sr Olivier, doit être favorable à l'agriculture et à la fabrication des toiles dans l'arrondissement de Brest, considérant que les constructions à faire pour cet établissement n'occasionneront aucun dommage, aucune servitude aux propriétés riveraines, tant en ammont qu'en aval du barrage, est d'avis que le Sr Moliné soit autorisé à construire ce barrage en maçonnerie ou en pierres sèches, selon qu'il jugera convenable, pourvu que le plan supérieur de cet ouvrage ne s'élève qu'à 3,35 mètres au-dessus du radier des arceaux d'aval du moulin projeté.

Fait à Landerneau, le 30 juin 1821. Frimot.


Arrondissement de Landerneau 
Département du Finistère
 

Supplément au rapport en date du 30 juin 1831, dressé par l'ingénieur ordinaire, soussigné,
et relatif à la pétition du Sr Moliné tendant à obtenir l'autorisation de construire un barrage dans la rivière d'Elorn,
pour dériver ses eaux et les employer à fare mouvoir les tournans d'une minoterie et d'une huilerie.

Monsieur le Directeur général ds Ponts-et-Chaussées ayant ordonné l'exécution d'une ventellerie  de fonds dans le barrage que le Sr Moliné avait sollicité l'autorisation de construire, l'ingénieur, soussigné, en a fait part aux propriétaires actuels desdits moulins, le Sr Bazin-Drant et compagnie, qui se sont empressés d'exécuter cette ventellerie qu'ils en avaient déjà reconnu la nécessité durant l'hyver dernier. Le barrage construit dans la rivière d'Elhorn, perpendiculairement aux deux rives, en amont du canal de dérivation indiqué sur le plan ci-joint, se compose présentement de deux murs construits avec moëllon et mousse, comme les barrages sur la rivière d'Aulne, et de quatre vannes ayant chacune deux mètres de largeur et 80 centimètres de hauteur, afleurant lesdits murs (formant déversoir) dont le couronnement est établi à 3,35 mètres au-dessus de la naissance des arcades de fuite de la tour ronde. La naissance de ces arcades est un repère invariable ; c'est pour cette raison que l'ingénieur, soussigné, l'avait indiqué dans son premier rapport du 30 juin 1821. C'est au moyen d'une crémaillière et d'un pignon portant manivelle qu'on lève les vannes lorsque les eaux de la rivière viennent à gonfler.

Vantellerie = vannage. "Ensemble des vannes ou vantelles destinées à faire entrer, retenir, ou libérer l'eau, dans les sas des écluses".X

Le pont éclusé, indiqué dans le plan ci-joint, est fermé par des vannes qui servent à empêcher les eaux de s'élever dans le canal, à une trop grande hauteur, durant les fortes crues de la rivière, et à prévenir les dégradation des digues. Ce régulateur dispense des vannes de décharge en amont de l'usine.

Tous les terrains bordant la rive gauche de la rivière, dans la partie correspondant au canal, qui sert à conduire les eaux aux moulins, appartiennent au même propriétaire le Sr Olivier ; les terrains de la rive droite sont aux Srs Lebourg et Gillart.

Fait à Landerneau, le 28 octobre 1822. Frimot.

 

La minoterie Bazin

 

Certains textes, voir ci-après, laissent supposer une création de la minoterie Bazin en 1825, mais on a vu que le moulin a été créé en 1821 par Jean Moliné, et que les Bazin n'en furent réellement propriétaires qu'en 1829. Il reste à écrire l'évolution du moulin lors de son exploitation par la famille Bazin

 

"La grande minoterie de La Roche-Maurice (actuelle minoterie Le Verge) existait déjà en 1825 et Gilbert Villeneuve cite ce moulin moderne à plusieurs "tournants" qui fournissait à la ville de Brest une grande partie de sa belle farine blutée qu'on était autrefois obligé d'aller quérir jusqu'à Nantes". (source Landerneau, ancienne capitale de la principauté de Léon par Jehan Bazin - 1962).
Texte original : "A peu de distance de La Roche, en descendant la rivière, on remarque un superbe moulin, à plusieurs tournans, de construction nouvelle. La ville de Brest consomme les belles farines de cette usine, qui l'affranchit du tribut qu'elle payait à la ville de Nantes, depuis longues années en possession de procurer à la consommation du Finistère les farines blutées. Les tounans sont mus par une prise d'eau de la rivière, conduite par un canal de dérivation. On regrette que l'ingénieur habile qui construisit ce bel établissement n'ait pas pris le soin d'élever sur le bord de la grande route un parapet qui rassurât les voyageurs contre la crainte d'une chute possible dans la profondeur effrayante de la vallée". Itinéraire descriptif du département du Finistère par Gilbert-Villeneuve, avocat à Brest - 1828.

 

"Michel Bazin a créé une minoterie, sur l'Elorn, dans la commune de La Roche-Maurice, en 1825. Quand il décède, la société du « Moulin de l'Elorn » est devenue la plus importante minoterie du département. Lucien-Gabriel Bazin, beau-frère de Balcam, est maire de La Roche-Maurice, et dirige la société familiale. En introduisant des techniques modernes, la société du Moulin de l'Elorn favorise les projets de boulangerie sociétaire à Brest et Landivisiau, en 1847." (source : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=1151&resumer=oui&lang=fr&var_recherche=brest)

 

Achat du Clos-Neuf et du moulin de Jean Moliné aux héritiers Ollivier :

Le 9 septembre 1826, le lieu du "Clos-Neuf" et dépendances sera acheté par l'épouse de Michel Bazin-Drant, cf le répertoire de Me Onfrey, notaire à Landerneau :
"Vente du lieu du Clos-Neuf et dépendances, commune de La Roche, par Mlle Adélaïde Rosalie Ivonne Ollivier, propriétaire, et Mr Thiberge Ollivier, ancien officier de cavalerie, demeurant à Landerneau, à Dame Jeanne Suzanne Drant, propriétaire, épouse autorisée de Mr Michel Bazin-Drant, négociants tous deux, de Landerneau, pour 20.000 francs sous la caution de Mr Yves Nicolas Marie Guiastrennec, neveu, négociant et propriétaire, demeurant aussi à Landerneau".

Mais le contrat de vente prévoyait un paiement différé au 29 septembre 1829
(voir plus haut dans le paragraphe "les origines du moulin").

 

Achat d'une portion de chemin à M. d'Audibert de Lavillasse :

" Le 16 septembre 1833, acte de vente entre : M. Joseph Marie François Etienne d'AUDIBERT DE LAVILLASSE, domicilié au Manoir du Pontois en la commune de La Roche-Maurice et M. Michel BAZIN-DRANT, négociant domicilié en cette ville de Landerneau, quai St-Thomas. Lequel dit sieur d'AUDIBERT DE LAVILLASSE a vendu... au sieur BAZIN-DRANT... en la commune de La Roche-Maurice :
1) La portion, appartenant au vendeur, du chemin conduisant du moulin du sieur BAZIN-DRANT à la grande route de Landerneau, tel qu'il existe aujourd'hui et qui a été pris sur le bois-taillis d'un terrain marécageux dépendant de la terre du Pontois.
2) Le terrain marécageux situé sur la rivière d'Elorn et à droite du susdit chemin en allant du moulin à Landerneau;
Lesquelles portions de chemins et terrains marécageux constituent environ 10 ares et sont bornés au nord par la rivière, à l'est par les propriétés du Sieur d'AUDIBERT DE LAVILLASSE et se prolongent le long des prairies du sieur BAZIN-DRANT " (source Mme Bazin dans L'Echo des Moulins, n° 42).

Par ce texte, on apprend donc que le chemin, que Jean Moliné prévoyait de créer pour rejoindre directement, au niveau de Stangolc'h, la vielle route de La Roche à Landerneau, a été réalisé. Et que Michel Bazin régularise cette appropriation auprès de M. d'Audibert de Lavillasse du Pontois, le propriétaire qui a succédé à Guymard de Coatidreux. Ce chemin évite donc un accès difficile par les terres du Clos-Neuf.
Il n'est pas encore question de la future nouvelle RN 12 qui ne sera créée sur la rive opposée de l'Elorn en 1843, ni du chemin de fer qui passera au ras du moulin en 1865.

 

Remarque : La rédaction de la suite, que j'ai réalisée en février 2016, attendra quelques recherches complémentaires aux archives pour être diffusée...

(A SUIVRE...)

 

Quelques photos

 

Milin-Eol - le barrage

Le barrage de Jean Moliné, entretenu et légèrement modifié par la famille Bazin depuis.
Pendant la dernière guerre, le dimanche, une partie de la population de La Roche se retrouvait sur ces berges, "au barrage".
Les plages en bord de mer étaient minées.
 

Milin-Eol

Sur cette carte postale ancienne, le moulin Bazin est dénommé "Milin-Eol". Mais sa traduction est erronée, comme nous l'avons expliqué plus haut : il ne s'agit pas du "Moulin du Soleil" mais du "Moulin à huile". Passons sur le "e" qui s'est transformé en "c" chez l'imprimeur. Attention : à l'époque de la carte postale, le moulin à huile est devenu une minoterie.

 

 

Source des informations

 

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper


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