blason de La Roche

La fromagerie Sainte-Anne

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Situation et plans

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Fromagerie

La fromagerie Ste-Anne, entre la route et l'Elorn.

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... Moulin de Kerigeant en 122
Kerlys
Fromagerie

La fromagerie Ste-Anne, resituée sur le cadastre napoléonien : Je ne la vois pas du tout dans la parcelle 104 mais dans la parcelle 107,
l'explication tient peut-être à ce que les lieux ayant été considérablement modifiés avec le moulin depuis l'élaboration du cadastre ancien,
le report sur les n° de parcelle s'en est trouvé un peu décalé.

Voici, sur les tableaux qui suivent, un extrait des fiches de propriétés bâties de Plouneventer, correspondant au plan du cadastre ancien :

case 105, case de l'ancienne matrice 83

(Cadastre, propriétés bâties, Plouneventer 1911-1935 - ADQ 3 P 205/8)

EntréeTiré deNatureRevenuRev. 1926Nb ouvertures imposables
         Le Clair Vincent, époux Fortin, à Lannion (1910)
1914 Audibert de Lavillasse Pedro, négociant, place du Champ de Bataille Brest
1929 Frasquier Georges, époux Prévost, fromager à Ste Anne
1931 Rébillat Jean Louis, fromage à Sainte-Anne
1934 Société Anonyme "Fromagerie Elevage Ste Anne" à Kerigeant
F 13K/igeantmaison375,001125,001 et 33
F 13    id.maison105,00175,006
1922C.N.F 103 104Ste Annefromagerie1320,002100,0032
1926C.N.F 103id.porcherie180,00360,00 

Bâtiment n° 148 sur le plan
du cadastre rénové de La Roche - 1936 - ADQ 229 W 197

Histoire

Création le 1/7/1920 :

La fromagerie est créée par Pedro d'Audibert de Lavillasse sur la prairie qui fait partie du domaine de Kerlys, entre la route nationale et l'Elorn, et qui a parfois été appelée le "Petit Kerigeant". Il en confie la construction à Emile Salaun, entrepreneur à Landerneau, qui demande l'autorisation à la préfecture le 18 décembre 1919. Il précise qu'il s'agit d' "établir des constructions à destination de remises, hangars et fromagerie". L'autorisation lui est accordée le 8 janvier 1920 (ADQ 2 S 48).

Un spécialiste compétent en prend la direction, il était responsable auparavant d'une des plus grandes fromageries normandes. L'un des ouvriers fromager est Yves Couchouron, né au bourg de La Roche-Maurice en 1896. (cf recensements de Plouneventer de 1921 et 1926).

Le quotidien La Dépêche fait une description remarquable de cette nouvelle entreprise : "Une industrie nouvelle dans la région brestoise. En un site ravissant de la verdoyante vallée de l'Elorn, à quelques centaines de mètres à peine de la halte de La Roche, il nous a été donné de visiter l'établissement modèle portant le nom de Grande fromagerie Sainte-Anne, dernier cri de l'industrie laitière, dont l'ouverture a eu lieu le 1er juillet. Machinerie, matériel, procédés de fabrication et de conservation, tout répond aux dernières exigences du progrès industriel le plus moderne. Partout règne le confort, la propreté, l'observance minutieuse de l'hygiène et de la salubrité. Sous l'habile direction d'un spécialiste compétent qui, pendant vingt ans, fit ses preuves à la tête d'une des plus grandes fromageries normandes, la Grande fromagerie Sainte-Anne offre au consommateur la garantie certaine d'un produit absolument pur et hors de pair. Résultats : débouché assuré et rémunérateur pour les producteurs de lait de la région ; aisance et diminution du coût de la vie par l'augmentation économique de la production. Nous souhaitons longue vie et plein succès à la Grande fromagerie Sainte-Anne". (source La Dépêche du 14/7/1920).

Un peu plus tard, avant 1924, André Rageot de la Touche  , un lointain cousin de Pedro de Lavillasse sera le dirigeant de la fromagerie. Mais pas pour longtemps, il fera faillite en 1927.

Tribunal de Commerce de Morlaix - Liquidation judiciaire Rageot de la Touche : Par jugement en date du 12 septembre 1927, le Tribunal a homologué le concordat passé le 3 septembre 1927, entre M. André Rageot de la Touche, industriel à Plounéventer et ses créanciers. Pour avis. Le Greffier : A. CARTIER. (source La Résistance de Morlaix du 17 septembre 1927).

Carrière d'André Rageot de la Touche (source pierfit sur geneanet) :

André Rageot de la Touche était un lointain cousin de Pedro d'Audibert de Lavillasse. Cependant cette parenté doit expliquer son arrivée à La Roche :

Cyprien Henry Joseph d'AUDIBERT de LAVILLASSE, né le 16/9/1748, Vaison, décédé le 26/11/1832, Carpentras (Vaucluse) (à 84 ans), lieutenant de vaisseau.
Marié le 10/8/1779, Toulon, avec Marie Claire Charlotte d'ISNARD de LHERY, née le 23/3/1760, Ste-Marie, Toulon, décédée le 22/5/1851, Toulon (à 91 ans), dont

Publicité en 1920 et 1921 :

L'établissement à peine créé, il faut en faire la publicité dans le journal régional et recruter des représentants et des dépositaires (voir la presse  ). On y trouve des noms de produits, Camembert Sainte-Anne, Petit suisse "Le délicieux", et les premiers dépositaires.

Grande Fromagerie Sainte-Anne - La Roche (Finistère) - Téléphone 2. Nous avons l'honneur de prévenir MM. les négociants et commerçants de Brest et des environs que la GRANDE FROMAGERIE SAINTE-ANNE est à même de livrer, à partir de ce jour, toutes les commandes qui lui seront adressées. Demandez le Camembert Sainte-Anne. Le goûter c'est l'adopter. Avis aux gourmets : Entrepositaire : NICOLAS, 5, rue Frézier.
ON DEMANDE des représentants pour la banlieue de Brest et des entrepositaires pour Morlaix et Quimper. (La Dépêche du 31/7/1920).

Grande fromagerie Sainte-Anne - Camemberts extra - Exigez la marque "Sainte-Anne" - Le goûter, c'est l'adopter. (La Dépêche du 22/8/1920).

Petit suisse "Le Délicieux" - Vente directe aux crémiers, hôteliers, établissements de bains de mer, par postaux de 3, 5 et 10 kg. S'adresser à la Grande Fromagerie Sainte-Anne, La Roche (Finistère), et pour Brest, à M. Bonizec, halles Saint-Louis. Vente en gros et au détail. Expédition tous les jours. (La Dépêche du 13/6/1921)

LA GRANDE FROMAGERIE DE SAINTE-ANNE a l'honneur d'informer sa clientèle qu'à partir du 1er janvier, elle livrera à domicile les mardi et vendredi de chaque semaine ses camemberts Lys d'Or et Bienvenu et que sa voiture de livraison passera chez tous les commerçants qui en feront la demande à l'usine de La Roche (La Dépêche du 27/12/1923). Fermer X

Participation à des concours et récompense en 1923

Echo du Concours-Foire de Brest : L'un des stands qui a flatté le plus agréablement la vue est, sans contredit, le coquet Chalet suisse, qui renferme les nombreux produits de la Grande fromagerie Sainte-Anne, La Roche (Finistère). Nous y avons dégusté un camenbert exquis : le Lys d'Or, qui avec son goût fin de terroir, est appelé à figurer sous peu sur toutes les tables. Près de lui voisinent des Bienvenu, des Pont-l'Evêque, des Port-Salut, dont nous avons pu apprécier également la qualité vraiment supérieure. Que dire enfin des Petits suisses et demi-sel du domaine de la Falaise ? Aussi ne sommes-nous pas surpris que la Grande Fromagerie Sainte-Anne ait obtenu la médaille d'or pour ses excellents produits. (La Dépêche du 23/06/1923).

Voir autre article sous couvert du petit livre vert  .

Ce nom de Lys d'Or n'est pas sans évoquer le nom de Kerlys et celui du premier magasin de Marie-Louise Minguy, Au Lys, à Brest. Voir le chapitre dédié à Kerlys.

Concours-Foire de Brest

Le jury, réuni sous la présidence de M. paul Coëlenbier, vice-président du comité d'initiative, a, hier, décider d'accorder les récompenses suivantes aux exposants ci-après dont les produits n'avaient pas encore été examinés par lui : Hors concours, maison Catuelle, pompes ; médaille d'or M. Kerneis, machines agricoles. Le jury a décidé d'adresser ses félicitations à M. Kerneis pour sa charrue simple bissoc, avec butoir, son invention.

Une erreur s'est produite dans le procès-verbal qui a été rédigé par le jury lors de ses opérations générales. La fromagerie Sainte-Anne, de La Roche-Maurice, a obtenu une médaille d'or et non une médaille de vermeil.

Le Concours-Foire ferme ses portes ce soir, à sept heures. (La Dépêche 21/6/1923). Fermer X

Changement de propriétaire en 1927 :

Le 5/11/1927, Pedro d'Audibert de Lavillasse et Marie-Louise Minguy cèdent la fromagerie qu'ils exploitaient à M. Georges Frasgnier et Madame Charlotte Marie Armandine Prévost, demeurant à Dinan  .
Georges Frasgnier (photo plus bas) était né le 27 mars 1868 à Giroux (Indre). Il avait été maire de Bréteil en Ille-et-Vilaine de 1908 à 1919. Ces nouveaux dirigeants vont poursuivre l'effort publicitaire réalisé par leurs prédécesseurs dans La Dépêche. Voir ici l'encart très volontaire du 5/2/1928.

Etude de Me MAUGUIN, notaire à Brest. Suivant acte reçu par Me Mauguin, notaire à Brest, le 27 octobre 1927, enregistré à Brest (actes civils) le 5 novembre 1927, volume B, folio 32, case 149, et sur les négociations de MM. Boré et Portal, à Paris, rue Turbigo 14, Monsieur Pèdre Léon Gaston Marie d'Audibert de Lavillasse, propriétaire et Madame Marie-Louise Minguy, son épouse, demeurant ensemble à Plounéventer (Finistère) au lieu de Ker Lys, ont cédé à M. Georges Frasgnier et Madame Charlotte Marie Armandine Prévost, son épouse, demeurant ensemble à Castel Fleuri, rue La Chalotais à Dinan (Cotes du-Nord), l'établissement industriel et commercial connu sous le nom de «Fromagerie de Sainte-Anne» ou de la «Vallée de l'Elorn», exploité par les cédants au lieu dit Kérigeant, en la commune de Plounéventer. Les oppositions devront être faites dans les dix jours du renouvellement de la presente insertion, à Plounéventer, au siège de l'établissement cédé où domicile a été élu. Pour première insertion, A. MAUGUIN. (source L'Eclaireur du Finistère de novembre 1927).


Grande Fromagerie Ste-Anne - La Roche (Finistère) - Bretons ! Soyez fiers de vos produits, un camenbert breton vaut un camembert normand. Specialité de camemberts d'après la méthode normande 1/2 camemberts Port Salut, pâtes fermes, Petits suisses du domaine de la Falaise G. FRASGNIER Industriel - Propriétaire R.C. Morlaix 6.720 - Tél. 6, La Roche - Prix de gros par caisse, de 1/2 gros par colis postaux (La Dépêche du 5/2/1928) Fermer X

Difficultés diverses (avec les fournisseurs, avec le livreur) :

Faire fonctionner une fromagerie n'est pas forcément une activité sans anicroches et sans problèmes à résoudre. Les responsables de l'établissement en ont rencontré quelques uns :

Des problèmes avec les fournisseurs :

Lait écrémé. - Alain Rungoat, 54 ans, cultivateur à La Roche-Maurice, et sa fille Marie Rungoat, femme Brennant, sont les fournisseurs habituels de la fromagerie de M. de Lavillasse. Ce dernier ayant constaté à différentes reprises la mauvaise qualité de la marchandise livrée, faisait faire, le 9 décembre dernier, un prélèvement. Soumis à l'analyse, ce lait qui était vendu comme lait pur, fut reconnu écrémé dans la proportion de 75 %. M. de Lavillasse, par le ministère de Me Le Calloch, avoué, se porte partie civile et demande 5.000 francs de dommages et intérêts. Me Bodet a plaidé pour la partie civile, et Me Feillard a présenté les défenses des deux inculpés. Le jugement est remis à huitaine. (La Dépêche du 29/4/1922).


La fromagerie Sainte-Anne et ses fournisseurs. Ils sont six inculpés qui, tour à tour, défilent devant le tribunal ; Joseph Vern, 54 ans ; Pierre Gouriou, 36 ans; Jean Vern, 51 ans; Marie Guillerm, 34 ans ; François Corre, 52 ans, et Eugénie Péran, 30 ans. Ils sont tous cultivateurs ou cultivatrices de Plounéventer, sauf Marie Guillerm, qui est de Saint-Méen, et inculpés de fraude sur le lait.

Le 24 mars dernier, un prélèvement était fait dans les bidons de chacun des inculpés, fournisseurs de la fromagerie Sainte-Anne, à Plounéventer, actuellement en liquidation judiciaire. L'analyse révéla pour les quatre premiers un écrémage variant entre 30 et 35 %. Dans le bidon de Corre, le lait fut reconnu écrémé à 70 %, et celui de Eugénie Péran, à 78 %.

Si les six inculpés ont écrémé leur lait, c'est qu'ils en avaient eu l'autorisation de l'ancien propriétaire de la fromagerie, il y a quelque cinq ou six ans. Mais ce dernier nie énergiquement ce fait. Il a seulement autorisé le mélange de la traite du soir avec, celle du matin. Le deuxième témoin, ancien employé de la fromagerie, vient confirmer les dires de son patron.

Il est surpris d'avoir été convoqué pour cette affaire, attendu qu'il a quitté la fromagerie depuis cinq ans. Deux autres témoins, deux fournisseurs, ont aussi entendu l'ancien propriétaire dire qu'ils pouvaient écrémer leur lait. Malgré l'autorisation du commerçant, ils ne l'ont pas fait. Je ne suis pas écrémeur, ajoute l'un d'eux.

M. Picart, procureur de la République, demande alors à l'un des témoins si l'employé de la fromagerie ne l'a pas, avant les débats, sollicité pour dire ou ne pas dire telle ou telle chose. J’ai entendu leur conversation, déclare le procureur de la République. L'ancien employé veut, prendre la parole mais Me Bodet, défenseur des accusés, intervient. Le laitier, après quelques hésitations, reconnaît qu'en effet l'employé lui a parlé. L'incident est clos.

Un dernier témoin, Mme veuve Le Bars, a également entendu dire qu'elle pouvait écrémer son lait. Je ne l'ai jamais écrémé, affirme-t-elle.

Réquisitoire de M. Picart et plaidoiries de Me Bodet, pour chacun des inculpés. Ils s'ont tous acquittés du chef d'avoir mélangé leur lait. En ce qui concerne l'écrémage, le tribunal condamne: Joseph Vern, Pierre Gouriou, Jean Vern, Marie Guillerm, à 50 francs d'amende chacun. François Corre, à 150 francs d’amende, et Eugénie Péran à 200 francs de la même peine. (source La Dépêche du Samedi 19 Novembre 1927). Fermer X

Des problèmes avec le livreur :

Depuis quelques jours un bruit filtrait, en ville. Il s'agissait d'une grave affaire de détournements, découverte à la fromagerie de Saint-Anne, dont le siège est route de Morlaix, en Plounéventer, à 7 kilomètres environ de Landerneau. Comme aujourd'hui, l'affaire est connue d'une grande partie de la population landernéenne et de celle de la région, nous croyons devoir la porter à la connaissance de nos lecteurs.

Voici ce que nous avons appris à ce sujet : Depuis plusieurs mois, M. R[ébillat], propriétaire de la fromagerie Sainte-Anne, s'apercevait que, malgré ses importantes ventes et l'extension de son commerce, ses affaires ne prospéraient pas. La cause, pourtant, lui échappait, malgré toutes ses recherches. Enfin, il crut découvrir quelques irrégularités dans les comptes de son chauffeur-livreur, le nommé Le R... habitant à La Roche-Maurice, et il réclama les services de la brigade mobile de Rennes pour éclaircir ses soupçons.

Un commissaire spécial et un inspecteur vinrent à la fromagerie et, pendant de longs jours, ils s'attachèrent aux basques du garçon livreur. L'enquête permit de découvrir le pot aux roses. Le R... effectuait des livraisons de fromage, encaissait leur valeur et il omettait les inscriptions sur les carnets spéciaux qui lui étaient remis par son patron, cela presque journellement.

Le montant des omissions ainsi découvertes atteindrait une somme de 40.000 à 50.000 francs. Comme il y a eu plainte à la justice, l'affaire suit actuellement son cours et viendra ensuite devant le tribunal de Morlaix, d'où dépend la commune de Plounéventer. (source La Dépêche du samedi 28 Février 1931).

TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN. M. R[ebillat], propriétaire de la Grande Fromagerie de Sainte-Anne, en Plouneventer, nous demande de faire connaître qu'aucune plainte n'a été déposée par lui au parquet et que l'affaire dont nous avons parlé s'est terminée par un accord. Aucune poursuite judiciaire ne sera exercée. (La Dépêche du 3/3/1931). Fermer X

Changement de propriétaire en 1931 :

En 1931, la fromagerie est rachetée par Jean-Lucien Rébillat. La date de 1931 est celle du cadastre mais on sait que les dates du cadastre sont celles de la constatation d'un événement, plus que celles de l'événement lui-même. Il est donc probable que Rébillat a acquis la fromagerie en 1930, car début 1931, il est tout à fait opérationnel (voir l'affaire du livreur).

En 1931, le recensement de Plouneventer inventorie à Kerigeant dans la même maison : Jean Rebillat, né en 1901 à Arcomps, fromagerie, Georges Philippon, né en 1903 à Orcenais, domestique, et la famille d'Yves Couchouron, né en 1896 à La Roche, fromager.

Malgré des noms de communes de naissance très mal orthographiés pour les deux premières personnes, dans ce recensement, une recherche dans les archives en ligne de plusieurs départements nous a permis d'identifier nos fromagers comme :

On remarquera plus bas dans le paragraphe concernant la fromagerie de Kerlarret à Lanneuffret, que son patron, Henri Vachon, était aussi originaire d'Orcenais dans le département du Cher. Il ne fait donc aucun doute qu'il connaissait Rebillat et Philippon et que c'est grâce à lui que ceux-ci sont venus s'installer à La Roche.

Liquidation judiciaire en 1934 :

Jean Rébillat ne sera pas resté longtemps patron de la fromagerie. La liquidation judiciaire a lieu au début de l'année 1934. A cette occasion on apprend que la fromagerie comportait une annexe, une porcherie notée sur le cadastre (voir plus haut), où elle nourrissait des cochons, sans doute avec les déchets laitiers entre autres. La fromagerie de Kerlarret, aussi, employait un porcher (cf plus bas).

Concernant Sainte-Anne, le dimanche 4 février 1934 a lieu la vente aux enchères de 63 cochons, truies pleines, porcelets et deux verrats.

Vente fourgon Renault : A VENDRE fourgon Renault O.S. 2 1500 km, entièrement révisé. - S'adresser Fromagerie Sainte-Anne, La Roche (La Dépêche du 3/8/1933).

Liquidation judiciaire : "Tribunal de commerce de Morlaix - Liquidation judiciaire Rébillat Jean-Lucien - Fromagerie Sainte-Anne à Plounéventer : Par jugement en date du 18 janvier 1934, le tribunal a ordonné la liquidation judiciaire du sieur Rébillat Jean-Lucien, Fromagerie Ste Anne, à La Roche en Plouneventer. M. BARBIER, membre du Tribunal, a été nommé juge commissaire, et Me CROISSANT, avoué à Morlaix, liquidateur provisoire. Les créanciers présumés sont invités à se réunir au Tribunal le samedi 3 février 1934, à 8 h 30. Le Greffier : F. ABGRALL" (source La Tribune de Morlaix du 20/1/1934).

Vente de cochons : Vente après liquidation judiciaire Rebillat, fromagerie Sainte-Anne, à Kerijean, en Plounéventer. Le dimanche 4 février, à 13 heures, Me Abgrall, greffier du tribunal de commerce de Morlaix, procèdera à la vente aux enchères de 63 cochons, truies pleines, porcelets et deux verrats. Au comptant, frais en sus. (source La Dépêche du 28/1/1934)

Liquidation judiciaire : "Tribunal de commerce de Morlaix - Liquidation judiciaire REBILLAT Fromagerie Sainte-Anne Plounéventer - Le samedi 21 avril, à 9 heures, réunion de concordat. Le greffier : F. Abgrall." (source La Tribune du 7/4/1934) Fermer X

Repreneur de 1934 à 1938 :

Le repreneur est la Société Anonyme "Fromagerie Elevage Ste Anne". Mais elle fermera ses portes en 1938.

La fromagerie, la maison d'habitation de l'autre côté de la route et quelques terres attenantes sont mises en vente (cf encarts du 16/1/1938 et 29/5/1938 dans La Dépêche),    
ainsi qu'un important matériel, dont plusieurs moteurs. Mais le manque de surveillance des lieux à la fermeture de l'établissement laissa la porte ouverte à plusieurs vols.

Remarque : En 1936, le recensement de Plouneventer inventorie à Ste Anne dans la même maison (sans doute la maison d'habitation de l'autre côté de la route, n° 149 sur le cadastre rénové) :
Léontine Le Marchand de Trigon, née en 1860 à La Roche, chef de ménage,
et Emilie Audibert de Lavillasse, née en 1865 à La Roche, sa cousine. Les deux "sans profession".

Pour les situer, voir le chapitre dédié à la famille de Lavillasse et Le Marchant de Trigon.

La fromagerie comme lieu d'habitation :

Par la suite, la fromagerie Sainte-Anne sera utilisée comme lieu d'habitation. Roger Bras a noté dans son histoire de La Roche sur Internet : "La plupart des ouvriers occupent des appartements exigus, appartenant à de riches citadins. Certaines maisons abritent plusieurs ménages, telle l'ancienne fromagerie Ste Anne, située aux Plants qui abrite 3 ménages de 3 enfants chacun, au 1er étage à raison d'une pièce par famille." (La Roche, il y a 50 ans)

Les trois familles logent donc à l'étage. Cela semble dire que le rez-de-chausée, auparavant utilisé pour fabriquer le fromage, n'avait pas été réhabilité.

Dans les années 1964-1967, Charles Lyvolant était recteur de La Roche et note dans son carnet que les personnes résidant dans la fromagerie sont les familles Le Borgne et Le Bihan, ainsi que M. Morvan et M. Peden. Nous ajouterons que la famille Le Borgne en question est celle qui habitait auparavant au Frout.

Des vols importants à la fromagerie Sainte-Anne :

Depuis déjà plusieurs mois, l'importante fromagerie Sainte-Anne (fabrique de camembert), sur la route de Morlaix, à 7 km de Landerneau, a fermé ses portes, laissant un très important matériel en place. Certains écumeurs avaient dû remarquer le fait, aussi sachant qu'aucune active surveillance n'existait autour de l'établissement, ils ne se gênaient pas pour y pénétrer la nuit et faire main-basse sur de nombreux objets.

Mais tout a une fin et l'un de nos concitoyens s'étant rendu acquéreur de la maison et du matériel il y a 48 heures, après inventaire, ne fut pas peu surpris, ce matin, de constater que pendant la nuit dernière, un moteur valant plusieurs milliers de francs et pesant plusieurs centaines de kilos avait disparu.

Faisant une rapide enquête dans les environs, le nouveau propriétaire apprit que depuis quelques temps, des individus suspects rôdaient autour de la fromagerie et il y a tout lieu de croire qu'ils ne seraient pas étrangers aux vols commis dans cet établissement.

Plainte a été portée à la gendarmerie. Espérons que bientôt les coupables et les recéleurs seront découverts.

Etude de Me Manach, notaire à Landerneau.
AVIS. L'adjudication prévue pour samedi 11 juin 1938 n'aura pas lieu, les biens en faisant l'objet ayant été vendus.

(source La Dépêche du 9/6/1938)

Vol d'un moteur :

Le 7 juin [1938], M. François Le Scour, commerçant, rue du commerce, à Landerneau, avait acheté, lors d'une vente judiciaire, un lot à la fromagerie Sainte-Anne, en bordure de la route nationale n° 12, en Plounéventer. Le 6 juin, ayant examiné le lot en question, il y avait remarqué plusieurs moteurs, dont un moteur "Japy" de 8 à 10 chevaux. Le 7 juin le moteur s'y trouvait encore lorsqu'il en fit l'acquisition. Or, le 8 juin, quand M. Quiguer, beau-frère de M. Le Scour, vint clôturer le lot, il constata la disparition du moteur qui pesait au moins 200 kilos et valait 2000 francs. Les gendarmes de Landivisiau, saisis d'une plainte, ont ouvert une enquête. Des traces de pas ont été relevées sur les lieux du vol. (La Dépêche du 13/6/1938). Fermer X

 

Autres fromageries proches de La Roche

Fromagerie de Kerlarret en Lanneuffret

Avant 1924, elle était tenue par Emile Fretaud et son beau-frère Ambroise Cann. En 1924, Emile Fretaud cède la moitié indivise de l'affaire à son beau-frère,pour poursuivre cette activité à Plounerin. En 1929, il vend l'établissement de Plounerin et on le retrouvera, minotier au moulin de Pont-ar-Bled (voir ce moulin).

Le 1er août 1931, la fromagerie de Kerlarret sera rachetée par Henri VACHON, époux de Mme Marcelle Narbouton, demeurant à Braize (Allier).

Gustave Henri Jean VACHON, né le 17 novembre 1902, Orcenais (Cher), décédé le 18 septembre 1982, St-Amand-Montrond (Cher), à 79 ans, fromager.
Marié le 20 août 1929, Morlac (Cher), avec Marcelle NARBOUTON, née le 8 novembre 1906, Morlac (Cher), décédée le 2 août 1988, St-Amand-Montrond (Cher), à 81 ans.

Le recensement de 1936 à Lanneuffret (Kerlarret Vian) montre le type de métiers nécessaires au fonctionnement de la fromagerie. La liste n'est doute pas exhaustive dans la mesure où tous les employés ne résidaient peut-être pas sur place :

N° d'ordre NomPrénomNaissance RelationMétier
28 34 136VachonHenri1902Orcenais (Cher)Chef de ménageFromager patron
28 34 137NarboutonMarcelle1906Morlac (Cher)Epouse
28 34 138RichardGeorgette1916Orcenais (Cher)CousineCuisinière Vachon
28 34 139TigreatMarie Josèphe1911St-DerrienEmployéeCouturière Vachon
28 34 140BerrouJeanne Louise1917LanhouarneauEmployéeEmballeuse Vachon
28 34 141SaliouNoël1893PlouneventerEmployéFromager Vachon
28 34 142PodeurJean Marie1890PlouneventerEmployéPorcher Vachon
28 34 143ColliouJean Marie1912St-DerrienEmployéLaitier Vachon
28 34 144HamonouLouis1918LanhouarneauEmployéFromager Vachon
28 34 145MonyJean1915St-ServaisEmployéLaitier Vachon

D'après les recensements de Lanneuffret et d'autres informations, on peut dire que la fromagerie de Kerlarret Vian a été créée entre 1901 et 1906, car on y localise en :

On trouvera quelques informations complémentaires sous couvert du petit livre vert  .

Tribunal correctionnel - Fraude sur le lait. - M. Jean P... , âgé de 46 ans, cultivateur à Ploudiry, est poursuivi pour avoir vendu à M. Vachon, fromager à Lanneufret, du lait écrémé comme du lait pur. Le président fait observer que ce lait se révéla, une fois, comme ne renfermant que 4,5 grammes de beurre.

__

Le prévenu fait observer qu'il fournissait M. Vachon depuis deux ans, que c'est M. Vachon, lui-même, qui fixait le prix. Tous les quinze jours, M. P... recevait sous enveloppe le produit de sa vente.

Le Président. - M. Vachon vous achetait-il du lait pur ou du lait écrémé ?
P... - Du lait écrémé. J'étais payé en conséquence. M. Vachon pesait le lait quand bon lui semblait. Ces temps derniers, le litre n'était payé que 0,75 fr.
Me Le Goc (défenseur). - Et vous connaissez le prix courant ?
M. Vachon déclare qu'il avait demandé à P... de lui livrer "du lait" et non du lait écrémé.
- Je savais, dit-il, que ce lait était pauvre en matières grasses. Je le payais moins cher, non pas au degré de matières grasses, mais en suivant le cours du beurre.
Me Le Fèvre se porte partie civile au nom de M. Vachon. Celui-ci, dit-il, a subi un gros préjudice. Le lait de P... était parfois écrémé à 85 %. Or, M. Vachon eut des ennuis avec le service des fraudes parce que certains fromages n'étaient pas suffisamment riches en matières grasses. P... a vendu à M. Vachon 21.134 litres de lait. La partie civile indique que M. Vachon demande 5.000 francs de dommages-intérêts.

= = =

M. Demangeat, ministère public, prononce un réquisitoire très modéré.
- M. Vachon, dit-il, a fait preuve d'imprudence et de légèreté. Il savait que ce lait était écrémé. S'il a été trompé, il fut lui-même l'artisan de la tromperie. Il n'en reste pas moins que l'inculpé a commis un délit en mettant en vente un lait écrémé. Il sera condamné pour ce délit.

Me Le Goc présente enfin la défense de P...
- M. Vachon, dit-il, payait pour ce qu'il recevait. Il connaissait la qualité des laits qu'il achetait. A la même époque, il payait le litre : 0,75 fr. aux uns ; 0,90 et 1,00 fr. à d'autres. Me Le Goc termine en demandant au tribunal de rejeter purement et simplement la demande la partie civile. Le jugement est mis en délibéré.

= = =

Mme Barbe Couloigner, âgée de 71 ans, cultivatrice à La Roche-Maurice, fournit également du lait à M. Vachon. Ce lait lui est payé 0,95 fr le litre.
- Ce n'est pas cher ! dit Me Kerneis, défenseur.
Il est reproché à Mme Couloigner d'avoir écrémé son lait à 40 %. La bonne vieille n'a que trois vaches.
Parfois, dit-elle, j'enlevais un peu de crème avec une cuillère, pour la mettre dans mon café...
Me Kerneis reprend dans sa plaidoirie plusieurs des arguments qui ont été présentés par le précédent défenseur. Il indique de plus que le lait en question n'était pas destiné à la consommation directe, mais exclusivement à être traité en usine pour faire du fromage.

Le tribunal condamne la prévenue à 25 francs d'amende.

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Autre affaire du même ordre : Catherine Saliou, née Kervran, cultivatrice à Lanneufret, également fournisseur de M. Vachon, a livré le 30 janvier un lait qui se révéla à l'analyse écrémé à 60 %. Mme Saliou affirme qu'elle n'a pas écrémé son lait. Mais le 30 janvier, elle se crut en retard pour sa livraison au camion de la fromagerie. Les vaches furent mal traites.

Me Simon présente la défense de Mme Saliou, qui est condamnée à 25 francs d'amende. (La Dépêche de Brest du 25/3/1939)


Arbre de Noël de la fromagerie Vachon. - Samedi dans l'après-midi avait lieu, au café Yvinec au bourg de La Roche-Maurice, l'arbre de Noël de la fromagerie Vachon. Celui-ci était présidé par M. Jean-Marie Thépaut, assisté de son adjoint M. Antoine Lesven. Le personnel au grand complet ainsi que les familles étaient présents à cette réunion où règnait la plus grande joie des petits et des grands. Les chants et monologues furent très appréciés. Puis M. Thépaut remis les jouets aux enfants et les surprises furent nombreuses. Tout ce petit monde manifesta une grande joie devant les jouets et les friandises. Les voitures, chars, tracteurs (miniature) défilèrent dans tous les sens. MM. Thepaut et Lesven se dirent très heureux de se trouver dans une si bonne ambiance. On se quitta dans la soirée en se donnant rendez-vous à 1969. Nous devons féliciter les membres du personnel de la maison qui décorèrent avec aussi bon goût la salle Yvinec.
(Le Télégramme des 28 et 29/12/1968)    Fermer X

Fromagerie de Kerbeneat en Plouneventer

Du temps des moines, à la fin du 19è siècle en tout cas, le gagne-pain est assuré par la culture et la vente des asperges, la fabrication d'un fromage, genre Port-Salut, que la publicité qualifie de "pâte fine et onctueuse, agréable au goût et de bonne conserve." (source Le monastère de Kerbeneat par l'abbé André ABERE, sur le site de Plouneventer).

Sources des informations

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper
AD18 = Archives Départementales du Cher
AD36 = Archives Départementales de l'Indre


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 André Croguennec - Page créée le 15/5/2019, mise à jour le 17/8/2019.

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