L'enseignement au temps de Nicolas Cornec

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Autres chapitres sur l'école de La Roche
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- Vers le bilinguisme

Nous avons lu les rapports du comité local de l'enseignement et les comptes-rendus de l'instituteur à ce comité pour découvrir les aspects de la vie scolaire dans l'école de La Roche à cette époque. Certains nous ont surpris par rapport à certaines habitudes que nous avons connues en plein 20è siècle. Surtout dans une école publique, pour certains de ces aspects : religion (prière avant les cours, catéchisme), acceptation de la langue bretonne... et un fléau, l'absentéisme récurrent.

Voici d'abord une synthèse de cette lecture, suivi des documents originaux et de quelques notes pour expliquer les méthodes utilisées au milieu du 19è siècle.

Synthèse des constats issus des rapports du comité local et de ceux de l'instituteur (1838-1848)

X

On pourra lire l'évolution de l'enseignement de la langue bretonne, jusqu'à nos jours, dans un chapitre intitulé "Vers le bilinguisme à l'école de la Roche".

Rapports de l'inspecteur Lemarchand en 1839

OBJETS DE L'INSPECTION22/7/183922/11/1839Observations de l'inspecteur
1° Nombre d'élèvesTotal : 43Total : 64

En juillet : aucune.

En novembre :

La tenue de l'école m'a paru bonne. Les élèves montrent plus d'assiduité que l'année dernière

Il serait à désirer que l'on pût fournir à l'école des cartons pour les tableaux de lecture, deux tableaux noirs mobiles de grandeur moyenne et un grand, ainsi que des ardoises pour les commençans.

    Garçons payants820
    Garçons gratuits2020
    Filles payantes810
    Filles gratuites714
2° Nombre d'enfants apprenant à
    Lire43Tous
    Ecrire2730
    L'arithmétique79
    Le système légal des poids et mesures010
    Les éléments de la langue française79
3° L'instituteur donne-t-il l'instruction morale et religieuse ?OuiOui
4° A quelle heure commence la classe ?8 h le matin, 1 h le soir9 h le matin, 1 h le soir
5° Quelle est sa durée ?3 h le matin, 3 h le soir3 heures
6° Y a-t-il récréation ?NonOui
7° Les enfants sont-ils surveillés pendant la récréation ?Sans objetOui
8° Sont-ils vêtus proprement ?OuiOui
9° Veille-t-on à ce qu'ils aient en classe la tête découverteOuiOui
10° Se fait-il une prière avant et après la classe ?OuiOui
11° Les élèves font-ils des progrès ?--J'ai remarqué quelques progrès
12° Quelle est la méthode de l'instituteur ?SimultanéeMutuelle pour la lecture
Simultanée pour l'écriture
13° Est-elle exactement suivie ?OuiOui
14° La tenue de l'instituteur est-elle convenable ?OuiOui
15° Jouit-il de la considération publique ? OuiOui
16° Est-il assidu à remplir ses devoirs ?OuiOui
17° Quels sont les livres en usage dans l'école ?Alphabet de Firmin Didot & Hachette
Grammaire de Lhomond
--
18° Tous les enfants en sont-ils pourvus ?OuiOui
19° La commune en fournit-elle aux enfants indigentsDes alphabets seulementOui

Rapports du comité local (1839-1840)

Rapport du comité local du 11/4/1839 (ADB 592 E DEPOT 41)

A Messieurs les membres du comité, nommé par vous à votre dernière réunion pour surveiller l'école de La Roche pendant le mois écoulé et une partie du présent, je viens vous rendre compte de ma mission :

La tenue de l'école est bonne et je dois rendre justice au zèle de Monsieur L'instituteur ; je l'ai engagé à continuer à exiger de la part des élèves une tranquillité et une obéissance satisfaisante. Sous ce rapport-là, il n'y a qu'à continuer.

Les progrès des élèves ne sont pas très rapides, mais cependant eu égard au peu de temps qui s'est écoulé depuis l'ouverture de l'école, on ne peut pas exiger plus.

L'enseignement a lieu suivant la méthode simultanée, les élèves sont divisés par classes sur les mêmes bancs, et chaque élève suit à vois basse sur son livre la leçon d'un des élèves du même banc qui est interrogé par l'instituteur et qui lit à haute voix. L'instituteur fait ainsi étudier tous les élèves de chaque banc et à chacun leur tour. Le reste du temps les élèves étudient leur leçon.

Ici, je trouve l'occasion de vous soumettre une observation : je crois qu'il serait avantageux, surtout lorsque les élèves auront fait encore quelques progrès, de faire commencer l'écriture même aux plus jeunes élèves, car ces enfants étant obligés de rester un temps assez long les yeux fixés sur leur livre, pendant que le professeur interroge les autres bancs, finissent par se fatiguer et sont moins tranquilles que s'ils étaient occupés à un autre exercice ; je pense qu'on remédierait à cela en les faisant écrire sur des ardoises pour commencer ; car dans mon opinion cela les délasserait et contribuerait à les maintenir plus attentifs et plus silencieux.

Je dois aussi appeler votre attention sur un autre objet. Je veux parler des absences fréquentes des élèves qui sous un motif plus ou moins spécieux sont retenus chez eux et manquent leur école. Si cela était toléré, ce serait très fâcheux pour l'instruction des élèves. Voilà donc, Messieurs les membres du comité, le résultat de mes observations dont voici le résumé : zèle et soins de la part de l'instituteur, tenue assez bonne de la part des élèves, mais absences très fréquentes de leur part à l'école.

Veuillez, Messieurs les membres du comité recevoir l'assurance de ma parfaite considération. Le membre chargé de la surveillance pour le mois de mars. L: Bazin. La Roche, le 11 avril 1839.

Rapport du comité local du 16/5/1839 (ADB 592 E DEPOT 41)

Chargé par le comité d'instruction locale de La Roche de la surveillance, depuis le 11 avril jusqu'au 16 mai, de l'école primaire qui y est établie, je m'y suis rendu durant ce laps de temps à diverses reprises et à des heures différentes.

J'ai toujours trouvé Mr l'instituteur occupé et me paraissant pénétré de l'importance de ses devoirs, quant aux élèves l'institution est trop récente pour qu'on puisse espérer de leur part des progrès bien sensibles, quelques uns d'eux sont cependant désignés pour mieux profiter que les autres et comme on doit l'attendre, ce sont ceux dont l'assiduité est la plus constante.

L'inexactitude avec laquelle plusieurs d'entre eux suivent l'école les prive de participer à ces progrès. Dans le commencement de la période de ma surveillance, les classes ont été moins fréquentées, mais un motif louable en était la cause, c'était la retraite à l'église de La Roche pour la communion des enfants. Si donc, cette circonstance justifie la non fréquentation de l'école, il n'en est pas moins vrai qu'à toute autre époque Mr l'instituteur se plaint de l'absence fréquente de plusieurs enfants et de l'insouciance de leurs parents. On remarque que les moins assidus se trouvent parmi les non payants, tandis que ceux qui se font remarquer pour leur exactitude sont ceux dont les parents payent une rétribution, motif soit dit en passant qui doit rendre plus difficile sur les exemptions de cette rétribution, puisqu'elle semblerait avoir un résultat contraire au motif qui la fait accorder.

Le but de cette exemption est louable en lui-même, puisqu'il tend à étendre l'instruction à une plus grande masse d'individus, mais peut-être s'en écarteront en l'accordant légèrement sans motifs légitimes, tels qu'une pauvreté bien constatée, ce qui a déjà lieu semblant prouver que les parents qui payent ont un intérêt de plus à mieux assujettir leurs enfants aux classes et à les mieux faire profiter de l'instruction qu'on met à leur portée.

Il est difficile de remédier à cette insouciance des parents et des élèves. Mr l'instituteur me parlait d'une amende infligée aux absents, sans entrer dans les inconvénients qu'une pareille mesure pourrait entraîner dans son application. On pourrait craindre qu'elle ne remédie pas ou mal, puisque les payants fréquentent l'école et que ce sont les non payants contre lesquels il existe peu de moyen d'action qui la désertent le plus souvent.

Il parlait encore du renvoi pour un certain temps d'un des moins assidus pour frapper un exemple, mais si à raison de l'intention on ne trouvait pas que ce fut s'écarter jusqu'à un certain point du but de l'institution dans l'emploi d'un tel châtiment on ait le droit et qui peut l'exercer. Je soumets mes doutes au conseil qui avisera dans sa sagesse aux moyens les plus propres à remédier à cet inconvénient. Je dois ajouter que la simple menace de renvoi faite par l'instituteur lui a paru avoir produit quelqu'effet sur les élèves les moins asssidus.

Mr l'instituteur réclame toujours des tableaux mobiles ils sont de deux sortes :
les 1ers pour la lecture, destinés à être placés contre les murs, enlevés et remplacés à volonté, seraient en grandeur de moins de la moitié de ceux existants pour l'arithmétique et au nombre de 40 environ, on doit y coller des imprimés, de sons simples, de sons composés, de mots, etc... afin de parler aux yeux de tous les enfants à la fois et réveiller leur intelligence et leur attention qui peut se fatiguer de l'étude dans leur livre.
les 2èmes pour l'écriture à peu près de la taille de ceux pour l'arithmétique faits pour être placés entre les bancs devant recevoir des exemples pour toute une section de la classe, pour l'instant deux suffiraient.

Ces tableaux devant faciliter le travail de l'instituteur, propager plus rapidement l'instruction aux élèves, et ne devant pas entraîner une dépense importante, il serait à souhaiter que la situation de la caisse de la commune permet de les fournir.

Mr l'instituteur m'a judicieusement observé que pour diminuer la dépense de la commune, on pourrait suppléer aux tableaux pour la lecture, qui sont ordinairement en bois, par des cartons qui ne s'élèveraient qu'au prix de 10 à 15 centimes chaque, ce qui dans la suppposition qu'il en fallut quarante formerait une dépense d'environ 5 à 6 francs, et qu'il n'y aurait plus qu'à établir sur bois les deux tableaux qu'il demande pour l'écriture, d'où il résulte qu'effectivement la dépense serait modique et qu'il doit être facile à la commune d'y faire face.

A La Roche, le 16 mai 1839. D'Audibert de Lavillasse.

Rapport du comité local du 9/4/1840 (ADB 592 E DEPOT 41)

Sur la désignation du comité, j'ai surveillé l'école primaire de La Roche pendant la durée du premier trimestre de l'année courante.
J'ai de nouveau reconnu et me plais à rendre justice à l'assiduité, à l'aptitude et à l'application de Mr l'instituteur à ses devoirs. Il doit en résulter des progrès pour les élèves, qui suivent exactement les classes et les négligents ne pourront attribuer qu'à eux-mêmes le peu de profits qu'ils retirent de l'ouverture de l'école.

Sur soixante élèves environ des deux sexes, il m'a paru que les plus avancés, et qui soutiennent le mieux leur supériorité, sont assez généralement ceux qui ont eu des prix à la distribution qui a eu lieu.

Les classes commencent et se terminent par la prière, à ces pratiques toujours utiles, Mr l'instituteur ne manque pas d'ajouter l'instruction chrétienne, qui trace aux hommes leurs principaux devoirs envers eux-mêmes, les autres et la société dont ils sont membres, et une heure de chaque jour y est consacrée.

Les tableaux mobiles pour la lecture sont placardés dans l'école. Mr l'instituteur parait toujours désirer ceux pour l'écriture que j'ai mentionnés dans mon précédent rapport. En général l'école est en bonne main et établie sur un bon pied, et tout annonce qu'ellle doit procurer en grande partie les avantages qu'on peut s'en promettre.

A La Roche, le 9 avril 1840. D'audibert de Lavillasse

Rapport du comité local du 9/7/1840 (ADB 592 E DEPOT 41)

Messieurs les membres du comité local de la commune de La Roche-Maurice, nommé par vous pour exercer la surveillance de l'école pendant le trimestre écoulé, je viens vous rendre compte de mes observations :

De la part de l'instituteur, il y a comme précédemment zèle et louables efforts pour instruire les enfants qui lui sont confiés et si les progrès de tous ne répondent pas à ses soins, on ne saurait lui en faire de reproches.

Pour ce qui concerne les progrès, je dois dire que je les trouve un peu lents, mais il y en a un peu, et j'ai remarqué que pour l'écriture surtout il y en avait de sensibles.

En général la tenue des élèves m'a paru bonne, leur docilité assez satisfaisante, mais je dois signaler aussi à mes collègues, ce qui a déjà été observé par plusieurs d'entre eux, que plusieurs des élèves ne suivent pas assiduement l'école, et c'est surtout dans la catégorie des non payants que cette absence se fait remarquer le plus souvent. J'engage tous mes collègues à user de leur influence personnelle, toutes les fois qu'ils le pourront, près des parents pour leur faire sentir l'avantage qu'il y aurait pour eux à envoyer leurs enfants à l'école ; en effet, Messieurs, au lieu d'envoyer leurs enfants de temps à autres suivre l'école de loin en loin, il leur faudroit la moitié moins de temps pour acquérir les notions nécessaires, s'ils suivoient assiduement les cours. Il est fâcheux d'avoir à constater de tels résultats, mais ceux-là mêmes, qui devraient bénir le ciel de leur avoir accordé l'instruction gratuite pour leurs enfants, sont les premiers à négliger de profiter de ce bienfait.

Espérons que mieux inspirés et se rendant à l'exhortation que leur en a fait notre digne vice-président, ils s'empressent l'année prochaine d'envoyer avec plus d'assiduité leurs enfants à l'école.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. Le président du comité, chargé de la surveillance. L: Bazin. La Roche, ce jour 9 juillet 1840.

Rapport du comité local du 14/1/1841 (ADQ 1 Z 182)

L'an 1841, le 14 janvier, à deux heures du soir, le comité local de cette commune réuni sous la présidence de Monsieur Lucien Bazin, Maire, assemblé dans la salle de la mairie, lieu ordinaire de ses séances. Présents : MM. Bloc'h, vice-président, Joseph Le Menn et le secrétaire M. de Lavillasse.

M. le Président donne lecture du rapport trimestriel de l'instituteur et décide que ce rapport sera transmis au comité supérieur avec une expédition du présent procès-verbal. La conduite de l'instituteur continue à lui mériter la confiance des autorités locales et de ses supérieurs.

M. Bloc'h, chargé de la surveillance de l'école pendant le dernier trimestre, qui rend à l'instituteur toute la justice que lui mérite son exactitude et son zèle, désirerait dans l'intérêt des élèves que son action sur eux pût s'étendre hors des classes pour les empêcher de se livrer à des désoeuvrements déplacés et à l'inobservation de leurs devoirs religieux. Mais à cet égard le conseil a reconnu qu'il lui était difficile de les contenir hors du moment des classes, temps pendant lequel ils rentrent plus sous la direction de leurs parents que sous la sienne. Toutefois le conseil engage l'instituteur à employer tous les moyens qui dépendront de lui pour y parvenir, soit par représentation, soit par punition quand il pourra les trouver en défaut. Le conseil nomme pour surveillant de l'école pendant le premier trimestre de l'année courante Monsieur de Lavillasse qui a accepté. Faite en la mairie, le 14 janvier 1841.

Réunion extraordinaire du comité local le 12/10/1843 (ADQ 1 Z 182)

L'an 1843, le 12 octobre à 3 heures après-midi, le comité local d'instruction de la commune de La Roche, réuni au lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de M. Lucien Bazin, Maire, présents MM. Coloigner, De Lavillasse et Le Menn. Cette réunion ayant pour but de répondre à la demande faite par Monsieur le sous-préfet de Brest par sa lettre du 7 courant n° 7079, 1er bureau, afin d'obtenir des renseignements sur la conduite de M. l'instituteur de cette commune.

Le comité après en avoir délibéré,
1° ne peut que donner des éloges à M. l'instituteur, et son approbation à la conduite qu'il a constamment tenue pendant la durée de l'année scolaire.
2° Il s'est acquitté de ses devoirs non seulement avec assiduité, mais avec zèle, et la bonne tenue de l'école, comme le progrès des élèves qui la fréquentent, lui sont particulièrement dus ; il a à lutter contre la négligence et l'insouciance des parents et des élèves, et le fait avec succès.
3° Sa conduite publique et privée, étant celle d'un honnête homme et d'un bon père de famille, ne peut qu'être appréciée.
4° L'école est tenue avec propreté et les heures des classes son régulières.
5° Et malgré tous les obstacles que rencontre l'enseignant dans une localité où, jusqu'à ce jour on n'a été dans le cas d'en apprécier le mérite, ls élèves font des progrès qui en présagent d'autres.

Le comité local verra avec satisfaction que la bonne volonté et l'application de M. l'instituteur à ses devoirs le fassent participer à la distribution des récompenses promises aux instituteurs dévoués.

Copie du présent procès-verbal sera transmise à Monsieur le sous-préfet de Brest.

Fait à La Roche, les jour, mois et an que devant. Ainsi signé au registe : De Lavillasse, Coloigner, Le Menn et le président L: Bazin.

Rapports de l'instituteur (1839-1848)

... adressés à M.M. les membres du comité local

Résumé trimestriel de l'état de l'instruction 1839-1840 (ADQ 1 Z 182)

2è trimestre 1839

Messieurs, j'ai l'honneur de vous faire part du peu de satisfaction que j'ai éprouvée dans mon école pendant ce trimestre. En effet, je crois avoir remarqué que mes élèves ont fait quelques progrès dans l'instruction morale et religieuse ; un peu, moins si vous voulez, dans les principes de notre langue ; mais, sous le rapport de la lecture, de l'écriture et du calcul, ils ont, selon moi, fait tous les progrès que j'en pouvais désirer ; il en est de même sous le rapport de l'application, du goût du travail, de la propreté, il s'en faut bien que je sois au comble de mes désirs sous ce dernier rapport :

Je crois, Messieurs, avoir déjà dit un mot à quelques uns de vous de cette maladie cutanée (la gale) assez commune parmi mes élèves ; plusieurs s'en sont guéris, il est vrai, mais d'autres qui doutent de son existence chez eux n'ont, ou du moins paraissent n'avoir, rien fait pour arriver à ce but. Il me coûte, Messieurs, de faire ici cette observation. Cependant, après avoir fait tant de vains efforts, je pense que vous ne trouverez pas mauvais que je la soumette à votre circonspection, afin de m'aider, lors de vos visites, à persuader ces enfants, et de la présence de la maladie, et de la nécessité de s'en guérir.

Agréez, Messieurs, l'assurance de mon attachement à votre service. L'instituteur communal, Cornec Ns Mie. La Roche, ce jour 6 juillet 1839.

Dernier trimestre 1840 (octobre à décembre)

Messieurs, je viens de remplir un de mes devoirs, le plus essentiel peut-être, mais, sans contredit le plus pénible de tous. En effet, je ne trouve pas de tâche plus difficile que celle où l'on est obligé de s'établir son propre juge. Quoiqu'il en soit, je vous dirai avec une franchise ordinaire que mes élèves n'ont, pour la plupart, fait que bien peu de progrès pendant les trois mois qui viennent de s'écouler.

Cependant, je crois avoir toujours employé dans mes leçons le même zèle, la même douceur et la même persuasion que par le passé. Si pour le maintien de la discipline, je me montre un peu plus sévère, c'est que je le dois, par la raison que ceux qui ont déjà fréquenté ma classe pendant deux ans, doivent aujourd'hui savoir s'y conformer. Douceur, sévérité quand il le faut, je l'emploie dans mes instructions avec le plus grand discernement possible. En conséquence, d'un côté, comme ce sont ceux que je punis le moins qui font le peu de progrès qu'on y fait, je ne peux attribuer à l'excès de ma douceur le défaut de progrès chez les autres. D'un autre côté, comme ceux qui ont été le plus souvent et le plus grandement punis sont assez assidus à venir à l'école, je ne puis regarder comme provenant d'un excès de sévérité la désertion de quelques élèves qui se sont retirés sans motif qui me soit connu, si ce n'est à l'égard de l'un d'eux, celui d'éviter une petite punition qu'il avait bien méritée.

Ce à quoi j'attribue donc le peu de progrès dans ma classe, pendant ces trois mois, c'est la nonchalance avec laquelle eut lieu la rentrée des élèves après les vacances.

Je ne saurais terminer cet état sans témoigner au comité combien je suis surpris de voir qu'il n'a pas plu à l'administration supérieure d'accréditer pour l'exercice courant la dépense votée par le conseil municipal pour achat de prix pour les élèves de mon école. Je ne puis m'en rendre compte qu'en jetant un coup d'oeil sur le dernier paragraphe de mon dernier état où, Messieurs, je vous signalais la jalousie des élèves qui n'avaient pas eu de prix, non dans le dessein de voir priver mon école de ce puissant moteur, mais bien dans l'espoir qu'il plût à chacun de vous de m'aider, le cas échéant, à retirer ces enfants de l'erreur où les avait jeté leur amour propre. En conséquence, Messieurs, j'ai l'honneur de vous prier d'user de votre crédit auprès du conseil municipal et ensuite auprès de l'autorité supérieure pour que ladite dépense soit accréditée.

Agréez, Messieurs les membres du comité, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec.

3è trimestre 1841

Messieurs, c'est avec le plus grand regret que je vous le dis : depuis mon dernier rapport jusqu'au 31 juillet, c'est-à-dire jusqu'aux vacances, les progrès dans toutes les branches de l'enseignement ont été si peu satisfaisants pour moi que je ne saurais en faire le détail. La nonchalance s'est manifestée au point que je m'en suis trouvé quasi au désespoir. En été, j'ai vu tant sommeiller à la fois, qu'il m'aurait fallu quasi autant de bras que d'élèves pour empêcher de dormir pendant que je m'occupais surtout du catéchisme.

J'ai eu aussi à annoter plus d'absences que jamais, et c'est, peut-être la cause du découragement chez ceux que les parents obligeaient sans doute, pour ainsi dire, de venir en classe. Car il est à remarquer que les absences ont toujours été plus nombreuses de la part de ceux qui fréquentent gratuitement l'école, et que rien n'est plus propre à faire tomber un enfant dans un certain ébahisssement que de se voir séparé de son camarade de jeu, et obligé de venir prendre ses livres, pendant qu'il sait qu'un tel ou un tel du même quartier que lui sont, à l'heure même, à s'amuser fort agréablement. Ce qui est encore plus désolant dans tout cela, c'est que les parents cachent sur leurs enfants. Il m'est arrivé de m'en convaincre plus d'une fois. Un jour entr'autres, j'ai vu un élève qui avait déjà manqué à quelques classes jouer avec les autres en récréation ; j'en demandai la raison à ses parents. On me dit aussitôt qu'il ne se portait pas bien. Je n'ai pas besoin de vous dire jusqu'à quel point j'ai ajouté foi à cette réponse. Comment malade pour l'école et bien portant pour le jeu.

En résumé, avant les vacances point de progrès.

Depuis l'ouverture des classes, il n'en est pas de même ; je vous dirai avec satisfaction que j'ai remarqué chez la plupart des éléves plus d'activité. Les leçons sont mieux apprises. Les progrès se font en conséquence un peu sentir, surtout en lecture, en grammaire et en arithmétique ; quant à l'écriture, je n'y remarque point ou quasi point de progrès, soit que les uns en aient perdu l'habitude, soit que les autres aient leurs mains appesanties par les travaux de la récolte.

En résumé, depuis la rentrée des élèves, qui pourtant a été traînante, je suis généralement plus content de leur travail, surtout de celui des élèves de la troisième classe qui ont retourné ; le progrès parmi eux est bien marqué. En terminant ce rapport, je demanderais au comité son avis sur une chose qui occupe ma pensée depuis quelques jours. C'est de savoir combien de fois, je dois recevoir dans mon école un enfant qui, l'ayant fréquentée par plusieurs reprises, s'en sera toujours retiré sans motif légitime. Mais pour que le comité soit bien éclairé sur cette demande, je lui dirai qu'elle m'est principalement provoquée par la conduite d'un élève qui a fréquenté mon école au moins par 4 ou 5 reprises, sous peine de fouiller dans mes registres, et qui le 4 de ce mois ayant emporté son livre à mon insu, l'a perdu et n'a plus reparu depuis. J'en ai parlé à la mère qui m'a répondu d'une manière peu satisfaisante. En conséquence, je prierais également le comité de voir si la perte de ce livre doit être réparée par l'élève ou par moi (le livre appartient à la commune). Ce n'est pas que je sois grandement en peine du prix, qui est de 0,55 franc seulement, mais c'est que je désirerais en prévenir le retour, s'il était possible.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 2 8bre 1841.

Application du règlement des écoles primaires par l'instituteur en 1842 (ADB 592 E DEPOT 41)

Il faudra rechercher et trouver le réglement du sous-préfet de Brest, auquel fait référence Nicolas Cornec. En attendant voici, sous couvert du petit livre vert, ce qu'on trouve dans Les Cahiers de Dourdon n°14 dans le chapitre qui porte sur l'école de Ploudiry

Résumé fait par Nicolas Cornec sur son exécution du règlement des écoles primaires de l'arrondissement de Brest,
pour ce qui concerne l'école de cette commune, adressé par le soussigné à MM. les membres du comité local.

10/1/1842

Art. 1er - Du temps des classes et de vacances

Il est vrai, Messieurs, que d'après cet article, je ne devais ouvrir ma classe que le 1er octobre dernier, pendant que je l'ai ouverte le 15 septembre. La raison est que les conférences, devant avoir lieu le 1er août, Monsieur le Recteur de l'académie a décidé que les vacances, pour les instituteurs qui suivraient ce cours, s'ouvriraient à cette époque. Le comité supérieur jugeant que cette mesure devait être générale, a ensuite porté que partout les vacances s'ouvriraient le 1er août. Le comité local ayant aussi adhéré à ces décisions a prolongé les vacances jusqu'à l'époque précitée (15 7bre) et je me suis conformé à cette mesure encore que je visse bien qu'elle devait m'être préjudiciable par la lenteur que mettent les parents à envoyer leurs enfants à l'école, après la récolte. En effet, je vous laisse à juger des progrès des élèves dans une classe où la rentrée se fait aussi nonchalemment qu'elle s'est opérée dans la mienne cette année, sans parler de la peine que l'instituteur est obligé de se donner à chaque instant avec les retardataires.

Art. 2 - Des congés

Il est de votre connaissance, Messieurs, que pendant le dernier trimestre, je n'ai eu aucun congé extraordinaire, si ce n'est que le 31 Xbre, Monsieur le Maire, par le besoin qu'il avait de moi, m'autorisa à fermer mon école du soir un peu plus tôt qu'à l'ordinaire.

Les congés ordinaires ont lieu le samedi excepté la première semaine de chaque mois où ils se tiennent le jeudi, jour de la foire.

Art. 3 - De la durée des classes.

La classe du matin commence, en cette saison, à 8 heures 1/2 et finit à 11 heures, et la classe du soir, à 1 heure 1/2 pour finir à 4 heures. En été, elles commencent une heure plus tôt. Quant à l'exactitude des enfants à y venir, je vous dirai qu'il résulte de mon registre, pour l'an passé, que j'ai trouvé bien des enfants qui dans le courant de l'année scolaire ont manqué à la classe 77, 87, 101, 131 et jusqu'à 137 fois. C'est à peu près le quart de l'année, en admettant 44 classes par mois. Il est vrai que tous ne se ressemblent pas, et que je trouve dans mon relevé, un enfant qui n'a manqué qu'à deux classes et un autre qui n'a manqué qu'à 3.

Art. 4 - Des prières qui ouvrent et ferment les classes.

La prière, recommandée par cet article, est celle que j'ai constamment dite dans ma classe, tant pour la clôture que pour l'ouverture. Je l'ai toujours dite moi-même de manière que les élèves n'ont à répondre que "Ainsi soit-il".

Art. 5 - De l'indication du travail.

Chaque branche de l'enseignement ayant ses jours et ses heures fixes, et les devoirs de chaque classe étant donnés à l'avance ou écrits sur le tableau noir, chacun sait ce qu'il a à faire. Je n'ai donc qu'à éveiller l'attention des paresseux.

Art. 6 - Des compositions et de la classification des élèves.

Ici on pourrait croire que je m'écarterais du règlement de ce que je ne fais faire à mes élèves à proprement parler, qu'une composition par quinze jours. Néanmoins je les classe par huit jours, car par seconde semaine, les places se donnent par ordre de mérite ou de sagesse. Par exemple, les élèves qui ont été exacts à venir à l'école et qui s'y sont bien comportés obtiennent les premiers rangs ; ceux qui ont manqué à l'école et ceux qui s'y sont mal comportés obtiennent leurs places d'après le nombre de fois qu'ils ont manqué aux cours ou qu'ils ont été punis. C'est une application de l'art. 18 du règlement.

Depuis l'ouverture de mon école à La Roche, j'ai toujours fait suivre le même enseignement à tous mes élèves. J'ai été quitte en perdant quelques uns qui voulaient que je leur eusse appris ou le calcul des nombres complexes exclusivement à tout autre ou la lecture seule du latin ou du breton.

Art. 7 - De l'emploi des livres.

Les livres dont font usage mes élèves sont tous autorisés ; mais pour ce qui concerne la conformité des éditions, je vous dirai que je n'ai pas toujours réussi à l'avoir dans ma classe. Ce serait pour moi chose impossible, attendu que je n'ai pas assez d'aisance pour faire une provision assez grande pour plusieurs années, et que les éditions, encore qu'elles sortent de chez les mêmes libraires, s'altèrent ou s'améliorent plus ou moins en se succédant. Dans un tel état de chose, je ne puis que désirer l'emploi des mêmes livres dans toutes les écoles d'une certaine circonscription, et qu'il y ait une librairie ad hoc où tous les instituteurs vinssent prendre les livres dont manqueraient leurs classes.

13/4/1842

Art. 8 - Calcul verbal.

Vous verrez, Messieurs, que je ne néglige rien pour arriver au but que propose cet article. En effet, dès qu'un enfant se présente à l'école, mon premier soin est de lui apprendre à compter jusqu'à cent, de dix en dix, de cinq en cinq, etc, puis quand il est un peu plus avancé, je lui fais décliner le nombre cent, de dix en dix et de cinq en cinq, l'initiant ainsi à la numération parlée, puis à l'addition, à la soustraction, etc. Quand l'élève sait un peu écrire, je lui fais faire ces exercices tant sur son cahier que sur le tableau noir, mais il est à regretter que ce tableau soit trop petit.

Art. 9 - Mesures usuelles.

Autant qu'il a été en moi, j'ai supplée au défaut des tableaux mobiles dont ma classe est dépourvue, en traçant sur la cloison les mesures usuelles dont j'ai besoin.

Art. 10 - Livres latins.

Comme je commence par apprendre d'abord la lecture française à mes élèves, je n'ai garde de les livrer trop tôt à la lecture latine qui se fait le vendredi matin par les enfants qui lisent déjà passablement le français, et comme cet exercice ne dure qu'une heure, je ne puis outrepasser la prescription de cet article.

Art. 11 - Propagation de la langue française.

Je sais que quelques grands qu'aient toujours été mes efforts à ce sujet, le résultat a été à peu près nul dans les premiers temps. Aujourd'hui encore ce résultat est fort médiocre, et je n'ose trop m'applaudir encore d'avoir vaincu cette antipathie qu'on a par ici pour le français. Ici l'émulation n'ayant pu prendre, j'ai été obligé de recourir à la punition, qui consiste aujourd'hui après plusieurs autres tentatives, à porter un écriteau, pendant un quart d'heure ou plus, à la principale porte d'entrée de la maison d'école.

Art. 12 - Registre de l'école pour les punitions, récompenses, etc.

A défaut du registre mentionné par cet article, j'en ai ouvert un moi-même. Il a été visé par M. le Maire et j'y annote jour pour jour les retards, les absences, les punitions et les récompenses de chaque élève.

Art. 13 - Arrivée tardive d'un enfant à l'école.

Quand un enfant manque à l'école ou qu'il est dans l'habitude d'y arriver tard, j'appelle quelqu'un des parents, ou je vais les trouver ; mais il n'est pas toujours facile de découvrir la pure vérité à ce sujet, tant les parents, du moins en partie, cachent les défauts de leurs enfants. Souvent j'ai eu occasion de voir qu'il y a dans ces cas, autant et plus de la faute des parents que de la faute de l'enfant, les uns me disent qu'ils en ont eu besoin à la maison, les autres que l'enfant a été malade, d'autres même m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas s'en faire obéir, etc.

Mais comme je vois qu'il y a abus, et que cet abus ne peut que nuire à la bonne tenue de l'école, je prie le comité local de déterminer le nombre de fois qu'un enfant pourra manquer l'école, par mois ou par semaine, avant que je puisse provoquer son renvoi définitif. Car c'est une mesure à laquelle je me vois forcé de recourir, et je craindrais de me livrer à un acte arbitraire, en le faisant sans cette détermination du comité, qui d'après mon registre pourra toujours voir si j'aurai eu lieu ou non de le faire.

Art. 14 - Nombre d'élèves à admettre à l'école.

La classe étant bien grande, je ne pense pas que je puisse me trouver jamais dans le cas d'enfreindre cet article.

Art. 15 - Propreté de la classe.

Au lieu de faire balayer la classe par les élèves à tour de rôle, je la fais balayer par ceux qui ont été retenus en punition soit pour être arrivés tard, soit pour s'être mal comporté durant les exercices ; c'est pour eux une addition de punition, mais je l'applique plus particulièrement aux nonchalants, pour tâcher de les en faire sortir. Je ne puis laver ma classe et les bancs que quand le temps est au sec et lors des belles saisons, et je l'ai fait toutes les fois que j'ai pu, il en est de même de l'ouverture des fenêtres.

Art. 16 - Fourniture de certificats.

Je n'ai commencé que cette année à me conformer à cet article du règlement. Encore tous les certificats qu'on m'a présentés ne sont pas peut-être trop en bonne forme, mais j'ai cru devoir ne pas les rejeter pour la première fois et procéder ainsi par gradation.

Art. 17 - Propreté des élèves.

Comme j'ai beaucoup d'indigents dans ma classe, je n'ai pas été bien exigeant en ce qui regarde le vêtement. Mais pour le reste, j'ai toujours été de la plus grande exigence, passant à chaque classe la revue de propreté, et envoyant, sur le champ, se laver ou se peigner les élèves mal propres ou mal peignés. Tous les enfants mâles ont également, en classe, la tête découverte et portent les cheveux courts.

Art. 18 - Emulation.

Pour exciter chez les enfants l'émulation, pour leur faire travailler plutôt par l'appât des récompenses que par la crainte des punitions, j'ai d'abord distribué à mes élèves des bons points, auxquels j'attachais des récompenses ; mais la jalousie ayant pris parmi eux plutôt que l'émulation, j'ai cru devoir cesser mes petits sacrifices ; de sorte que toutes les récompenses de la classe consistent aujourd'hui dans les croix pour les garçons et dans les médailles pour les filles, ou du moins à peu près en tenant compte de quelques images que je donne encore aux petits, et aux éloges que je donne aux grands qui ont bien rempli leurs devoirs.

Autre séance (suite)

Art. 18 - Des récompenses.

Messieurs, j'ai fait et je fais encore mon possible pour exciter de l'émulation chez mes élèves. Aussi je ne suis pas avare des éloges lorsqu'on en mérite, et je parle souvent à tous des prix qu'ils auront à la fin de l'année, s'ils se comportent bien, et s'ils travaillent de même. La première année que j'ai ouvert mon école, j'ai voulu donner des bons points à mes élèves, et j'ai pour cela fait quelques sacrifices inutiles : car les enfants les considérant comme un bien frivole me les perdaient en grand nombre ; de sorte que, vu la modicité de mes émoluments, j'ai reculé devant cette dépense. Restent donc aujourd'hui, pour récompense dans ma classe quelques images que je distribue une fois le temps aux meilleurs élèves, les bonnes notes, deux croix pour les garçons et deux médailles pour les filles, puis les prix à la fin de l'année.

Art. 19 - Des punitions.

Quand un enfant est indocile, je commence par le mettre à genoux ; s'il persiste dans son indocilité, je le renvoie au mur, puis à la porte, et ensuite dehors (renvoi provisoire). Selon les circonstances, j'emploie aussi les tâches extraordinaires pour les devoirs mal faits ou pour les leçons mal apprises. Dans tous les cas, l'élève flétri se voit toujours mal noté, à la fin de la classe, sur le registre journalier. En général, je ne fais pas porter d'écriteaux que pour avoir parlé breton. J'ai été obligé d'arriver à cette rigueur pour forcer mes élèves à parler français.

Art. 20 - Renvoi provisoire.

De mon côté, j'ai toujours eu soin de faire ce qui m'est prescrit par cet article, et j'ai eu garde d'outrepasser le temps marqué pour la durée du renvoi ; mais les enfants ont quelquefois pris sur eux de le prolonger.

Art. 21 - Exclusion de l'école

Jusqu'à présent tous mes élèves ont pu se préserver de la punition portée par cet article. Je n'ai pas rencontré de cas où j'eus besoin de l'infliger.

Art. 22 - Surveillance des enfants.

Tous les enfants se retirent chez eux après la classe. De cette manière ma surveillance devient inutile en récréation, si ce n'est quelques instants avant l'ouverture des classes, lorsqu'ils s'assemblent pour y entrer, auquel cas j'ai soin de l'y faire intervenir, dès que je la sens nécessaire.

Art. 23 - Respect pour la religion, attachement à la charte, etc

Tel a toujours été mon but, en instruisant les enfants que l'on m'a confiés, et si je n'ai pas encore réussi à les rendre polis et honnêtes envers tous leurs supérieurs, ce n'est pas pour ne les avoir pas mis sur la voie, toutes les fois que j'ai eu occasion de le faire je leur ai souvent démontré combien les défauts de ce genre sont odieux, en tout âge, et surtout pendant qu'on est encore en enfance.

Art. 24, 25, 26 et 27.

Quant à ce qui est prescrit par ces articles, je vous laisse, Messieurs, à décider de la manière plus ou exacte dont je m'y conforme. Seulement j'ajouterai que la lecture dudit règlement a été faite assez régulièrement dans ma classe, le premier lundi de chaque mois, ainsi qu'il est dit en l'article 27.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur de La Roche, Cornec.

Résumé trimestriel de l'état de l'instruction 1842-1848 (ADB 592 E DEPOT 41)

3è trimestre 1842

Messieurs, j'avais remarqué, et je dois aujourd'hui vous le dire avec satisfaction, que mes élèves, pour la plupart, avaient fait à l'approche des vacances, quelques progrès en grammaire, en arithmétique et surtout dans la langue française à laquelle ils commençaient à se livrer avec moins d'indifférence, à ce que je trouvais. Il est vrai de dire que pour les y contraindre, je me suis vu dans la nécessité d'employer les punitions les plus sévères, telles que l'obligation de porter un écriteau, et de se tenir à la porte d'entrée ou même dehors avec cette enseigne. Néanmoins tout me portait à croire que le français allait s'introduire parmi mes élèves d'une manière plus efficace, et vous pouvez penser que je ne compte pas peu sur cette partie de l'enseignement pour faire faire à mes élèves des progrès plus rapides dans les autres branches. Les derniers temps de l'année scolaire 1841-1842 ont été assez satisfaisants pour moi, à part le petit nombre d'enfants qui suivaient alors les cours. Mais pendant un certain temps encore, l'instituteur, je pense, aura le désagrément de voir que très souvent les enfants qui auront le plus réclamé ses soins, se retireront au moment qu'il aura commencé à les dégrossir, et cela pour s'amuser pendant la belle saison ; c'est la faute des parents, et je ne puis le cacher.

Quant à la distribution des prix, tout a été, à peu près, selon mon désir ; car je n'ai point remarqué, cette année, cette jalousie qui les autres fois contrebalançait, pour ainsi dire, les avantages d'une si bonne institution. Les progrès faits depuis l'ouverture de l'école sont encore imperceptibles. Cependant, je trouve que l'attention des élèves est plus soutenue, de sorte que je compte cette année sur des progrès plus sensibles que ceux des années précédentes. Mon école est beaucoup plus suivie que les années antérieures, et si cela est, je dois ici témoigner ma reconnaissance aux membres de mon comité, pour le zèle qu'ils ont montré à la faire fleurir, et j'ose prier encore le même comité d'user de son influence auprès des parents pour les persuader des avantages de l'assiduité, ainsi que pour hâter un enclos où je puisse réunir tous mes élèves en récréation.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec.

1er trimestre 1843

Messieurs, comme je viens me conformer à l'art. 25 du règlement des écoles primaires, vous ne trouverez pas mauvais que je me borne à vous dire que tous les progrès que j'ai remarqués dans ma classe pendant le trimestre qui vient de s'écouler consistent 1° en lecture, pour la première classe seulement ; 2° en écriture, pour les deux autres, mais surtout pour la seconde, et 3° en grammaire et en arithmétique pour la troisième classe où, enfin, quelques élèves paraissent prendre goût pour ces deux branches. Sous le rapport du catéchisme, j'ai été généralement content de mes élèves, il en est de même sous le rapport de la langue française qu'ils parlent aujourd'hui avec moins, je trouve, d'indifférence ; et c'est surtout sur cette branche que je compte pour les progrès à obtenir dans les autres. Une autre chose que j'ai remarquée, et qui ne me console pas peu, c'est de voir que le nombre de mes élèves se soutient mieux que les autres années. En effet, s'il en était ainsi jusqu'aux vacances, j'aurais lieu d'espérer que l'émulation se maintiendra mieux parmi mes élèves, et que, par conséquent, les progrès deviendront plus sensibles.

Agréez, Messieurs les membres du comité, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 avril 1843.

2è trimestre 1843

Conformément à l'art. 25 du règlement de l'école primaire, je viens vous faire savoir que j'ai été assez content de mes élèves pendant le trimestre qui vient de s'écouler, surtout sous le rapport de leur maintien en classe. En effet, les autres années, ma plus grande occupation était de les empêcher de dormir. Jusqu'à aujourd'hui, à peine ai-je vu 3 ou 4 qui voulussent sommeiller. La désertion de la classe n'a pas non plus été si grande que d'ordinaire à pareille époque, d'où je conclus que l'utilité de l'instruction commence à être mieux sentie. Les progrès n'ont pas été bien sensibles ; cependant j'ai cru remarquer que les élèves de la 3è classe en ont fait un peu en arithmétique et en écriture ; ceux de la 2è classe, en écriture principalement, et ceux de la 1ère classe, en lecture et en calcul. Le catéchisme est généralement bien su, excepté par les élèves de la 1ère classe. Malgré mes réprimandes et malgré même les punitions que j'inflige, quelques élèves sont peu recommandables sous le rapport de la propreté ; aussi, sont-ce eux qui se font remarquer plus par leur indolence que par leur application.

Agréez, Messieurs les membres du comité, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 12 juillet 1843.

3è trimestre 1843

Ce que je pourrais vous dire aujourd'hui, en conformité de l'art. 25 du règlement des écoles primaires, a tant de rapport avec le résumé que je vous ai adressé il y a trois mois, qu'il me suffirait quasi de le transcrire ici en entier. Je vous dirai donc que les progrès ont été les mêmes dans les trois classes, et j'ajouterai qu'une certaine émulation s'est éveillée parmi mes élèves, à l'approche des vacances, et je ne puis que l'attribuer aux prix que l'on a coutume de distribuer à la fin de l'année scolaire. C'est un puissant aiguillon qui ne manquerait pas d'avoir ses effets même auprès des enfants qui en seraient privés, si les parents moins jaloux (car je crois que nous sommes encore là) savaient profiter de cette privation pour jeter la faute plutôt sur les enfants que sur le maître. Il est évident que ce dernier ne peut accorder le prix de sagesse à celui qui a été le plus méchant à l'école, non plus que le prix d'assiduité à celui qui aura le plus souvent manqué à la classe. Enfin, je dois dire avec satisfaction que le chiffre des élèves s'est passablement soutenu jusqu'aux vacances, à laquelle époque je comptais encore 51 élèves, et j'aurais maintenant une assez bonne opinion de ma classe si surtout la rentrée se faisait de manière plus prompte.

Agréez, Messieurs les membres du comité, l'assurance de ma parfaite considération, l'instituteur comunal, Cornec. La Roche, le 10 8bre 1843.

4è trimestre 1843

Messieurs, le temps ne me permettant pas de m'étendre aujourd'hui sur ce résumé, je me bornerai à vous dire que, cette année, la rentrée des élèves après les vacances s'est opérée d'une manière plus satisfaisante ; car à l'exception de quelques-uns, j'en ai vu la réunion dans le premier mois. Le mouvement n'est pas non plus, pour encore, aussi grand que les autres années ; je ne vois pas aujourd'hui tant d'allants et de venants. Quant au progrès, sous tous les rapports, ils sont à peu près les mêmes, c'est-à-dire peu sensibles. Quelques élèves, mais en petit nombre, ont un peu amélioré leur écriture ; d'autres se sont corrigés de quelques défauts en lecture. En arithmétique, deux ou trois promettent de s'y appliquer avec plus de goût. Enfin, ce dont je suis le plus content, depuis quelques semaines surtout, c'est la tenue des enfants en classe. En général, ils y sont plus tranquilles et plus obéissants.

Agréez, Messieurs les membres du comité, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 janvier 1844.

1er trimestre 1844

Messieurs, j'ai l'honneur de conformer à l'art. 25 du règlement des écoles primaires de cet arrondissement, et de vous donner le plus succintement possible le résumé de l'état de l'instruction dans ma classe pendant le premier trimestre de cette année. La direction de l'école, à l'envisager sous le rapport de la discipline, a été un peu plus satisfaisante ; car, en général, les élèves ont été plus dociles, et par là même, un peu plus studieux. Aussi ai-je cru remarquer chez eux quelques progrès en lecture et en écriture ; quelques élèves surtout s'y sont appliqués, sinon d'une manière tout à fait satisfaisante, du moins d'une manière plus consolante que d'ordinaire. En arithmétique et en grammaire les progrès ont été moins sensibles. Quant au catéchisme, les progrès sont assez satisfaisants, tous les élèves paraissent s'y livrer avec goût. Quoiqu'il en soit, je suis encore loin de voir, parmi mes élèves, une émulation soutenue prendre entièrement la place de cette espèce d'antipathie dont ils n'ont jusqu'à ce jour donné que trop de preuves. Cet état de choses ne saurait cesser si tôt, attendu que les parents envoient aujourd'hui leurs enfants à l'école, et les retirent demain, pour les y envoyer de nouveau, un mois ou deux plus tard.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 avril 1844.

2è trimestre 1844

Messieurs, conformément à l'art. 25 du règlement des écoles primaires, j'ai l'honneur de vous adresser quelques lignes sur l'état de l'instruction dans ma classe pendant le trimestre qui vient de s'écouler.

J'ai trouvé que les élèves ont été un peu plus dissipés que pendant l'autre trimestre. Cependant des progrès en lecture et en écriture se sont fait remarquer chez quelques élèves, surtout de la première et de la troisième classe : quelques élèves de la seconde classe ont fait aussi des progrès, mais seulement en écriture.

En grammaire et en arithmétique, les progrès ont été à peu près insensibles. Je terminerai ce rapport en signalant au comité la négligence avec laquelle quelques élèves gratuits fréquentent l'école et la manière dont quelques autres la quittent. En effet, dans le courant de juin dernier, j'avais infligé une punition à un élève, mais il s'est contenté de rester à la maison. J'ai été trouver ses parents pour en connaître la raison. Ils m'ont dit qu'ils en avaient grand besoin. Si cela est vrai, il n'y a rien à dire, mais si, comme j'ai été tenté de la croire, ils lui ont permis de rester chez lui, et cela pour éviter la punition, je ne puis que blâmer la conduite de ces parents, parce qu'elle ne peut que contribuer à rendre de plus difficile en plus difficile le maintien de la discipline dans l'école.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 juillet 1844.

3è trimestre 1844

Messieurs, j'ai l'honneur de vous adresser le présent rapport conformément à l'art. 25 du règlement des écoles primaires. Je ne puis guère m'étendre sur les progrès qu'auraient faits ou que n'auraient pas faits mes élèves. La raison est que les vacances sont venues interrompre le cours. Ce laps de temps a suffit pour rendre chaque élève plus faible dans toutes les facultés. Aussi ai-je trouvé que depuis l'ouverture des classes, la plupart des enfants ont fait des progrès très sensibles sous tous les rapports si ce n'est sous celui de la discipline : car je les trouve bien dissipés. Sous le rapport de la langue, j'en suis cependant bien satisfait : j'ai vu avec plaisir que cette année, en entrant même à l'école, on l'a parlée bien volontiers ; pendant que les autres années je n'atteignais ce but qu'avec beaucoup de peine.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, ce jour 8 9bre 1844.

4è trimestre 1844

Messieurs, appelé par l'art. 25 du règlement des écoles primaires à vous faire un rapport sur l'état de l'instruction dans ma classe pendant le dernier trimestre, j'ai l'honneur de vous faire connaître que j'ai été assez satisfait de mes élèves, pendant ce temps, sous le rapport des progrès dans toutes les branches de l'enseignement. Il est vrai que quelques élèves doivent être exceptés ; et comment ne devraient-ils pas l'être, puiqu'il y en a d'entr'eux qui ne paraissent venir à l'école que quand ils sont las de se voir oisifs chez eux. Deux de mes élèves qui ont quitté l'école, 8 jours à peu près avant le premier de l'an, à l'époque du calanna, n'y sont pas encore rentrés. C'est donc quinze jours qu'ils manquent à l'école. Comment peuvent-ils faire des progrès en agissant de la sorte ? Dois-je les blâmer ou blâmer leurs parents ? Si je m'adresse aux enfants ils me diront, devraient-ils mentir, que leurs parents les ont retenus ; si je m'adresse aux parents, ils m'allègueront mille excuses qui, pour la plupart, seront, peut-être, mensongères. En vérité, Messieurs, je ne sais si je dois les admettre de nouveau dans ma classe, en cas qu'ils s'y présentent, ou si je dois leur en refuser l'entrée. En conséquence, je vous laisse à décider quel parti je dois prendre à leur égard, et je vous serai très obligé de me faire connaître votre volonté à ce sujet. Il est évident que des absences de cette nature ne sont propres qu'à empêcher les progrès d'une classe.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 8 janvier 1845.

1er trimestre 1845

Conformément à l'art. 25 du règlement des écoles primaires de l'arrondissement de Brest, je vous ferai connaître que l'état de l'instruction dans ma classe pendant le dernier trimestre a été assez satisfaisant sous le rapport des élèves qui ont fréquentés l'école. Mais il n'en est pas tout à fait de même sous le rapport du progrès. Il est vrai que quelques-uns en font, et même de bien sensibles, mais malheureusement c'est le petit nombre. Il en est d'autres qui n'en font pas du tout, et comment en feraient-ils ? Aujourd'hui à l'école, souvent punis, demain à la maison, sans rien faire, il est impossible que ces enfants prennent jamais du goût, ni pour les livres, ni pour aucun travail continu, habitués qu'ils sont à une vie vagabonde, toute occupation tant soit peu sérieuse ou assidue devient pour eux un véritable enfer, les bancs de l'école brûlent ces sortes d'enfants. Aussi, ai-je toujours crié sur les parents d'occuper leurs enfants, serait-ce à des ouvrages inutiles, persuadé que je suis qu'ils ne pourraient que gagner pour l'avenir. Une chose qui a dérangé beaucoup la classe pendant ce trimestre, c'est le catéchisme de l'église qui s'est fait juste au milieu des cours. J'aurais désiré que M. le recteur l'eût pu mettre à une heure qui précédât ou qui suivit celles de la classe, aurais-je dû moi-même en avancer ou en reculer l'heure ? Comme je le lui ai dit : il est évident que la perte n'est pas pour moi, mais bien pour mes élèves.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 9 avril 1845.

2è trimestre 1845

Messieurs, l'art. 25 du règlement des écoles primaires de cet arrondissement m'appelle à vous donner un résumé de l'état de l'instruction dans ma classe pendant le dernier trimestre écoulé. En conséquence, j'ai l'honneur de vous dire que je n'y ai remarqué que bien peu de progrès dans chaque branche de l'enseignement que je me suis efforcé à donner à mes élèves. Du côté de la dissipation les progrès ont été plus sensibles ; les punitions ayant été plus fréquentes, mon registre peut faire foi de ce que j'avance. Il semble que plus l'on tâche de les stimuler au bien, plus ces enfants se portent au mal. Car, croyant les engager à s'appliquer davantage, j'ai, contre mon aisance, distribué plus de récompenses que jamais. Je dois, en conséquence, vous faire observer que tous ne sont pas dissipés au même point, ce qui me console un peu et me donne lieu de croire que ce n'est pas tout à fait de ma faute, mais aussi de la faute de ces parents qui, sous prétexte que leurs enfants sont à l'école, ne daigneraient pas leur donner un seul bon avis. Dans cette circonstance, je ne puis que prier le comité d'user de son influence auprès des pères de famille pour les engager à venir un peu à mon aide pour l'éducation de leurs enfants.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 9 juillet 1845.

3è trimestre 1845

Messieurs, j'ai l'honneur de vous adresser le présent rapport conformément à l'art. 25 du règlement des écoles primaires de cet arrondissement. Il vous fera connaître que les progrès des élèves ont été à peu près les mêmes que par le passé, c'est-à-dire quasi insensibles chez la plupart d'entre eux. Quelques uns, il est vrai, ont fait des progrès, et surtout en écriture. Sous le rapport de la langue, j'en ai été à peu près satisfait ; encore que les élèves ne la parlent pas bien, j'ai remarqué qu'ils commencent à n'y plus mettre cette indifférence répugnante qu'ils affectaient à l'ouverture de l'école, ce qui fait espérer que le temps approche où nos leçons seront suivies avec plus de goût et aussi avec plus de fruit. Il est cependant une chose, et je dois en parler, encore qu'elle appartienne plus spécialement au trimestre où nous sommes, oui, il est une chose qui longtemps encore paralysera les efforts des instituteurs de campagne, et les empêchera d'obtenir les résultats qu'on est en droit d'attendre d'eux, c'est la lenteur avec laquelle s'opère la rentrée des élèves après les vacances. En effet, voilà déjà huit jours que j'ai ouvert ma classe et, à peine, puis-je y compter 33 élèves ; ce n'est sûrement pas le nombre d'enfants qui doivent suivre les cours pendant l'année, si au moins je puis me baser sur les dit-on, ou même sur les années antérieures. (Note personnelle : effectivement dans ces années-là les élèves était plutôt une soixantaine.)

Vous pouvez juger, Messieurs, dans quel embarras cette lenteur doit jeter l'instituteur, quand il s'agit classer ses élèves ; car, à l'égard de ceux qui ont déjà suivi la classe ce sont ceux qui devraient y rentrer les premiers (les plus faibles) qui y rentrent souvent les derniers, et à l'égard de ceux qui y viennent pour la première fois, comment les mettre au rang de ceux qui la suivent depuis huit jours, quinze jours et souvent depuis un mois. Ceci tend ou à obliger l'instituteur à refuser les enfants qui s'y présenteraient tardivement ou à violer les règlements de son école en y établissant plus de classes ou plus de divisions qu'il ne convient d'en établir. Cette lenteur est bien préjudiciable à l'ordre de la classe et à l'instruction même. Elle l'est encore aux intérêts des familles. En conséquence, Messieurs, je vous prie de vouloir bien voir si vous pourriez y porter remède, et d'agréer l'assurance de mes sentiments les plus respectueux. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 8 8bre 1845.

4è trimestre 1845

Messieurs, conformément à l'art. 25 du règlement des écoles primaires de l'arrondissement, je viens vous faire un rapport succinct sur l'état de l'instruction dans ma classe, pendant le dernier trimestre de 1845. D'après mes observations, j'ai remarqué que sous le seul rapport de l'ordre et de la docilité, les élèves ont fait quelques progrès. En lecture et en écriture surtout, j'ai également découvert quelques progrès, mais un peu moins en grammaire et en calcul. Pour cette dernière faculté surtout, les élèves pour la plupart continuent à montrer beaucoup d'indifférence. Je ne saurais d'où cela proviendrait ? Est-ce par mes élèves de me comprendre assez bien, ou bien est-ce faute par eux de vouloir en connaître les avantages, ou enfin, ce que je croirais plutôt, est-ce parce qu'il s'obstinent à craindre de mettre au jour le peu qu'ils savent ? Quoiqu'il en soit les progrès ont été lents en cette partie. Il n'en a pas été de même sous le rapport de l'instruction religieuse. Dans cette partie les progrès ont été assez satisfaisants. Enfin, Messieurs, j'ai lieu de croire, et c'est pour moi une consolation de vous dire, que pour la fin de l'année, j'aurai une certaine satisfaction de la part de quelques-uns de mes élèves.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 janvier 1846.

1er trimestre 1846

Messieurs, je viens me conformer au n° 25 du règlement de l'école primaire, et autant qu'il est en moi aux prescriptions du n° 383 du mémorial de la sous-préfecture.

En conséquence, Messieurs, vous saurez que dans la 4è division les élèves, pendant le dernier trimestre, se sont occupés, sans beaucoup de succès, du catéchisme, de la lecture courante, de l'écriture ronde, de la grammaire, des quatre opérations d'arithmétique, de quelques petits problèmes, et du système en ce qui regarde le mètre.

Dans la 3è division, aussi du catéchisme, de la lecture courante, de l'écriture cursive, du nom et de l'article, des deux premières opérations l'arithmétique, et aussi du système.

Dans la 2è et dans la première division, du catéchisme, de la lecture des mots et des syllabes, ainsi que l'alphabet.

Se sont fait remarquer par leur application, les dénommés Toullec Yves et Huet Eugène, pour les garçons, et Coloigner Marie-Anne du côté des filles.

Pendant ce trimestre, il n'y a eu que 453 absences, savoir : 94 en janvier, 226 en février et 133 en mars. Quelques unes de ces absences ont été occasionnées par de légères indispositions, d'autres par les marchés de Landerneau et par le travail ; mais la plupart ont leur origine dans le jeu, ou l'insouciance des parents.

Le 31 janvier ma classe a été inspectée par Monsieur le Sous-Inspecteur à qui j'ai omis d'exhiber mon registre d'inspection.

Depuis fort longtemps on sent bien que la petite série de poids et mesures est assez nécessaire dans une école. Aussi, tout en témoignant ma reconnaissance à M. le Ministre pour les livres dont il dota ma classe en octobre dernier, j'aurais préféré la voir dotée de la série dont je parle. En effet, j'aurais été dispensé de la dépense que j'ai faite pour compléter le déficit que ces ouvrages y apportaient.

Quant aux autres questions traitées dans le mémorial sus-relaté, on sentira assez combien il serait déplacé pour moi de les traiter. Agréez, Messieurs l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 8 avril 1846.

Tableau dressé conformément au n° 383 du mémorial
DivisionNb d'élèvesNombres des fautes commises,
pour le 1er mardi du 1er mois, par
Nombres des fautes commises,
pour le 3è mardi du 2è mois, par
Nombres des fautes commises,
pour le dernier mardi du 3è mois, par
le 1erle dernierle 1erle dernierle 1erle dernier
Garçons 
4033859
9032181,525
903512340
1ère101438220
Filles
702416411
904628135
1ère3026929

Le présent tableau certifié véritable par l'instituteur soussigné. La Roche, ce jour 8 avril 1846.
L'instituteur communal, Cornec

3è trimestre de l'année 1845-46

Messieurs, conformément à l'art. 25 du règlement d'école primaire de l'arrondissement, j'ai l'honneur de vous informer
Que la 4è division a vu

  1. En grammaire, jusqu'aux participes, et ses devoirs ont été sur l'accord du verbe avec son sujet, sur quelques verbes irréguliers, et sur les règles des participes,
  2. En arithmétique, les 4 premières opérations avec quelques problèmes à résoudre,
  3. En système, le mètre linéaire et le mètre carré avec l'are,
  4. En écriture, la ronde et la cursive (méthode Bouilly),
  5. En catéchisme, les péchés capitaux et les devoirs du chrétien. Il en est de même de la 3è et de la 2è division pour cette partie de l'enseignement.

Que la 3è division a vu

  1. En grammaire, les 5 premières parties du discours, et que ses devoirs ont été de la conjugaison de quelques verbes, de l'emploi de l'article devant le nom et de l'accord de l'adjectif avec le nom,
  2. En arithmétique, la numération écrite, l'addition et la soustraction,
  3. En système, le mètre linéaire,
  4. En écriture, la moyenne et la fine cursive (même méthode )

Que la 2è division s'est principalement occupée de la lecture et de l'écriture en ce qui concerne la composition et la décomposition des mots et la formation des lettres ordinaires,

Et que la 1ère division a appris l'alphabet et ses syllabes avec le tracé des lignes obliques sur l'ardoise.

Vous saurez de plus, Messieurs, que la 4è et la 3è division se sont aussi occupées de la lecture dans des cahiers lithographiés par M. Hachette.

Il est douloureux pour moi de vous dire que les absences ont été bien considérables pendant ce trimestre ; elles montent à 718 dont 320 en avril, 154 en mai et 244 en juin. Il m'est impossible d'en signaler toutes les causes, les unes ont leur source dans le besoin que les parents ont de leurs enfants, mais la plupart d'elles ont leur véritable source dans le peu de cas que l'on fait de l'instruction dans les campagnes. En classe, les élèves n'ont pas été absolument méchants, cependant j'ai cru devoir prononcer deux renvois provisoires, dont l'un pour avoir frappé et l'autre pour être trop paresseux.

Ma classe a été visitée par M. le Maire le 21 avril et par M. l'Inspecteur le 23 mai. Aucun de ces Messieurs n'a consigné ses observations sur le registre d'inspection.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 8 juillet 1846.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 7 avril 1846Composition du 19 mai 1846Composition du 30 juin 1846
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
44Morale114Grammaire1114Lecture française214
39Morale116Grammaire952Lecture française411
29Morale35Grammaire112Lecture française330
110Morale424Ecriture114Lecture française215
Filles
37Morale014Grammaire741Lecture française210
29Morale223Grammaire15Lecture française436
13Morale218Ecriture15Lecture française312

4è trimestre de l'année 1846

Messieurs, dans ce résumé je vous ferai savoir ques les élèves de la 4è division ont jusqu'au mois d'août une récapitulation des devoirs et des leçons qu'il avaient eu pendant le dernier trimestre, 1° sur la grammaire, 2° sur l'arithmétique, 3° sur le système, 4° sur l'écriture et 5° sur le catéchisme. plus ce qui nous restait à voir de ce dernier livre.

Que les devoirs de la 3è division ont été aussi les mêmes jusqu'aux vacances et qu'il en est de même des élèves de la 2è et de la 1ère division en ce qui regarde la lecture et le calcul ; seulement à l'égard des élèves de cette dernière division, quelques uns d'entre eux ont passé à l'écriture sur papier.

Depuis les vacances, dans la 3è division, nous ne nous sommes occupés que des verbes de la 1ère conjugaison, de l'addition des nombres entiers, du mètre, de la lecture dans la doctrine chrétienne et des principes de la cursive. Quant à la 2è division, elle n'a vu que le tracé de chiffres, le calcul verbal, la grosse moyenne cursive et la lecture de l'histoire de France. Dans la 1ère classe, aussi du calcul verbal, le tracé des jambages sur l'ardoise, l'alphabet et quelques syllabes de Hachette, et aussi de Peigné, pour empêcher qu'on se livre à la routine.

Dans la 3è et dans la 2è division, nous avons vu la catéchisme jusqu'au devoir des pères et mères envers leurs enfants, et dans la 1ère division nous avons vu le "pater" et le "credo" en breton.

Les absences ont été fort considérables en juillet, elle montent à 276. Depuis les vacances les élèves ont été assez assidus à l'école. Il n'y a eu que 11 absences en septembre.

Les enfants, pour encore, sont plus dociles en classe ; s'ils continuent à se comporter ainsi, les progrès seront plus sensibles. Mon école n'a pas été visitée pendant ce trimestre.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 8bre 1846.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 7/7/1846Composition d'août 1846Composition de septembre 1846
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
44212Pas de compositionPas de composition
39518Pas de compositionPas de composition
212525Pas de compositionPas de composition
15011Pas de compositionPas de composition
Filles
37617Pas de compositionPas de composition
29536Pas de compositionPas de composition
15612Pas de compositionPas de composition

Dressé à La Roche, le 10 octobre 1846 par moi instituteur. Cornec.

1er trimestre de l'année 1846-47

Messieurs, par ce premier résumé que je vous adresse, pour l'année scolaire de 1845-1847, vous verrez que pendant le trimestre qui vient de s'écouler nous nous sommes occupés, dans la 3è division :

  1. En grammaire, des temps primitifs et de la formation des temps dérivés avec la conjugaison de verbes qui ne présentent pas d'irrégularités ;
  2. En arithmétique, des deux premières opérations avec quelques petits problèmes ;
  3. En système, du mètre linéaire seulement avec ses multiples et ses sous-multiples ;
  4. En écriture, de la cursive (méthode Bouilly) en ce qui concerne les lettres de l'alphabet ;
  5. En catéchisme, depuis les sacrements jusqu'à la fin du livre, et ensuite, des trois premières leçons ;
  6. En lecture, pour le français, la doctrine chrétienne, et pour le latin, les petites heures de notre Dame par Desmoulins.

Dans la 2è division :

  1. De la lecture dans l'histoire de France et les susdites heures ;
  2. De l'écriture cursive en ce qui regarde le tracé des lettres ;
  3. Du calcul verbal avec le tracé des chiffres ;
  4. Du catéchisme, comme la 3è division.

Et dans la 1ère division :

  1. De la lecture des syllabes et de quelques petits mots suivant Peigné ;
  2. Du tracé des lignes obliques sur ardoises ou sur papier avec le tracé des premières lettres ;
  3. Du calcul verbal avec le tracé des chiffres ;
  4. De l'oraison dominicale, du credo et du confiteor en breton.

Les progrès ont été peu sensibles ; cependant je dois dire que les absences et la dissipation n'ont pas été fort considérables : les chiffres des premières montent à 425 et le nombre des punitions à 180 ; peu de récompenses ont été décernées, il n'y a eu aucun renvoi provisoire, et ma classe a été visitée le 16 8bre par M. le Maire qui a consigné ses observations sur mon registre, et le 4 décembre par M. Miossec qui n'a rien écrit sur mon registre d'inspection.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 janvier 1847.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 6/10/46Composition du 17/11/46Composition du 29/12/46
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
311Lecture1146Mémoire110Grammaire057
26Lecture816Mémoire17Ecriture18
114Lecture114Mémoire024Ecriture111
Filles
37Lecture719Mémoire17Grammaire1956
25Lecture620Mémoire15Ecriture14
19Lecture29Mémoire424Ecriture110

Dressé à La Roche, le 10 janvier 1847 et certifié véritable par moi, instituteur. Cornec.

2è trimestre de l'année 1846-47

Messieurs, il me serait inutile d'entrer pour ce résumé dans des détails superflus, aussi je me contenterai de vous faire savoir que les devoirs, pour chaque division, ont été les mêmes que pour le trimestre précédent ; seulement je vous dirai que nous avons ajouté aux matières que nous avions vues dans ce trimestre :
1° En grammaire, quelques petites dictées,
2° En système, le mètre carré ;
3° En écriture, quelques mots faciles, par exemple, des mots où entrent principalement les lettres m,n et o ;
4° La lecture des cahiers lithographiés.

Les progrès ont été peu sensibles, selon moi, et à l'exception de la lecture dans la première classe et de l'écriture chez quelques élèves des deux autres, j'aurai pu les considérer à peu près commes nuls.

Les absences ont été très nombreuses, puique j'en compte 564, savoir : 75 en janvier, 219 en février et 276 en mars. Il est vrai de dire que plusieurs de ces absences ont été occasionnées par des maladies et d'autres par le mauvais temps. Les punitions ont été moins nombreuses ; le chiffre est de 186 pour tout le trimestre. Il n'y a point eu de renvoi provisoire et ma classe n'a eu pendant le trimestre d'autre visite que celle de l'inspecteur.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, 8 avril 1847.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 5/1/47Composition du 16/2/47Composition du 30/3/47
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
311Arithmétique28Lecture latine419Morale29
28Arithmétique49Lecture latine1036Morale110
114Arithmétique115Lecture française07Morale09,5
Filles
37Arithmétique413Lecture latine618Morale04,5
25Arithmétique25Lecture latine1024Morale010
18Arithmétique110Lecture française114Morale0,512

Dressé à La Roche, le 8 avril 1847 et certifié véritable par moi instituteur. Cornec.

3è trimestre de l'année 1846-47

Messieurs, par ce résumé vous apprendrez que pendant le 3è trimestre de l'année scolaire 1846-1847, les élèves de la 3è division ont vu
1° En grammaire, le nom, l'article et l'adjectif avec des devoirs sur ces trois parties du discours ;
2° En arithmétique, la multiplication avec la répétition des deux premières opérations ;
3° En système, le mètre cube, le stère et le litre ;
4° En écriture, la méthode cursive (méthode Bouilly) et la ronde ;
5° En lecture, la méthode Peigné aux tableaux et les cahiers lithographiés aux bancs, avec les heures de Notre-Dame pour la lecture latine.

Que les élèves de la seconde division ont travaillé,
1° Sur la lecture dans le nouveau testament, et sur les sus-dites heures de Notre-Dame,
2° Sur l'écriture cursive, d'après la méthode Bouilly et sur le tracé des chiffres ;
3° Sur la composition et la décomposition des nombres (calcul verbal).

Enfin, que dans la première division, les élèves se sont occupés,
1° de la lecture française seulement, dans les livres de Hachette et Firmin aux bancs, et de la méthode Peigné aux tableaux ;
2° Du tracé de quelques jambages et de quelques lettres cursives sur papier ;
3° Du tracé des chiffres et du calcul verbal.

Enfin, Messieurs, vous saurez que les absences qui sont au nombre de 257, et les punitions qui sont au nombre de 98 ont été plus rares. Cependant, je n'ai pas remarqué que les élèves aient fait beaucoup de progrès. Je me suis vu obligé de prononcer un renvoi provisoire contre une fille qui depuis a cessé de suivre mes leçons. Ma classe n'a reçu aucune visite pendant ce trimestre.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 7 juillet 1847.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 7/4/47Composition du 18/5/47Composition de juin 1847
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
310Instruction religieuse2,522Système1123Ecriture110
27Instruction religieuse210Calcul25Ecriture111
115Instruction religieuse012Calcul115Ecriture111
Filles
37Instruction religieuse621Système1217,5Ecriture16
25Instruction religieuse09Calcul0,55Ecriture18
17Instruction religieuse07Calcul16Ecriture13

Dressé à La Roche, le 7 juillet 1847 et certifié véritable par moi instituteur. Cornec.

4è trimestre de l'année 1846-47

Messieurs, j'ai l'honneur de vous faire savoir dans ce résumé que pendant le 4è trimestre de 1846-1847, les élèves de la troisième division n'ont vu,
1° En grammaire, que le pronom, tant en leçons qu'en devoirs de dictées ;
2° En arithmétique, seulement la multiplication avec quelques leçons sur la division ;
3° En système métrique, encore le mètre cube avec le stère, le litre, le gramme et le franc ;
4° En écriture, aussi la ronde et la cursive (méthode Bouilly) ;
5° Peigné aux tableaux, et les cinquante sortes d'écriture aux bancs, pour ce qui concerne la lecture.

Que les élèves de la seconde division n'ont vu, pour la lecture, l'écriture et le calcul, que ce qu'ils ont vu dans le dernier trimestre, mais avec un peu d'extension en ce qui regarde le calcul verbal.

Enfin, que les élèves de la première division ne se sont également occupés que de lecture dans les Alphabets de Hachette et Firmin et sur les tableaux de Peigné, du tracé des jambages et de la formation des premières lettres cursives, selon Bouilly, et enfin du tracé des chiffres avec le calcul verbal.

Dans le mois de juillet il y a eu beaucoup d'absences dont la majeure partie se doit à la foire de La Martyre. Les punitions n'on pas été bien nombreuses, et ma classe n'a reçu aucune visite pendant ce trimestre. Je joins au présent une liste, en double expédition, des élèves qui ont eu des prix à la dernière distribution.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. Du 12 8bre 1847.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 6/7/47Août 1847Septembre 1847
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
310Grammaire0,567On n'a pas composéOn n'a pas composé
211Ecriture111On n'a pas composéOn n'a pas composé
111Ecriture111On n'a pas composéOn n'a pas composé
Filles
36Grammaire352On n'a pas composéOn n'a pas composé
28Ecriture18On n'a pas composéOn n'a pas composé
13Ecriture13On n'a pas composéOn'a pas composé

Dressé à La Roche, le 12 octobre 1847 et certifié véritable par moi instituteur. Cornec.

1er trimestre de l'année 1847-48

Messieurs, en résumant l'état de l'instruction dans ma classe pour le premier trimestre de l'année scolaire de 1847-1848, j'ai l'honneur de vous informer que les élèves de la 3è division ont repassé
1° En grammaire, le 4 premières parties du discours avec quelques conjugaisons et quelques dictées sur l'accord de l'adjectif avec le nom, et sur l'accord du verbe avec son sujet,
2° En arithmétique, l'addition et la soustraction avec quelques petits problèmes,
3° En système, le mètre linéaire accompagné de petits problèmes,
4° En écriture, la cursive et la ronde (méthode Bouilly),
5° En lecture, Peigné au tableau et les 50 sortes d'écritures aux bancs, avec les heures de Notre-Dame pour la lecture latine,
6° Les six premières leçons du catéchisme de Léon.

Que les élèves de la seconde division ont vu
1° En lecture, le nouveau testament, et le premier livre de lecture de Hachette et Firmin avec les heures de Notre Dame pour la lecture latine,
2° Le tracé des lettres pour l'écriture cursive (dite méthode de Bouilly),
3° Le calcul verbal avec le tracé des chiffres et de petits additions,
4° Le catéchisme comme la 3è division.

Que dans la première division les élèves ont vu
1° Leurs lettres dans l'alphabet de Hachette et Firmin et sur les tableaux de Peigné avec la lecture des syllabes,
2° Le tracé des jambages obliques sur l'ardoise et de quelques lettres cursives sur papier,
3° Aussi, le calcul verbal, les noms des jours de la semaine et ceux des mois de l'année,
4° La récitation des prières et le catéchisme comme les deux autres divisions.

Je crois avoir remarqué quelques progrès parmi mes élèves, ce que j'attribue à un petit surcroit d'application de leur part ; je trouve en effet qu'ils sont moins dissipés que par le passé, aussi les punitions ont été plus rares et les absences moins fréquentes. J'ai donné quelques petits livres et quelques images en récompenses. Un renvoi provisoire a été prononcé contre un élève qui ne venait que rarement à l'école, sans motifs bien valables de s'en abstenir. La classe a été inspectée cinq fois pendant le trimestre, Monsieur le Maire seul a consigné ses observations sur le registre d'inspection.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 12 janvier 1848.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 5/10/47Composition du 16/11/47Composition du 28/12/47
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
36Lecture française518Mémoire16Grammaire624
212Lecture française426Mémoire19Grammaire07
110Lecture française1830Mémoire1019Lecture216
Filles
35Lecture française48Mémoire15Grammaire519
27Lecture française920Mémoire17Grammaire07
110Lecture française2530Mémoire13Lecture015

Dressé à La Roche, le 12 janvier 1848 et certifié véritable par moi instituteur. Cornec.

2è trimestre de l'année 1847-48

Messieurs, par ce résumé je dois vous faire savoir que pendant le dernier trimestre écoulé, les élèves de la 3è division ont vu
1° En grammaire, les quatre conjugaisons avec la formation des temps dérivés et quelques devoirs sur l'accord du verbe avec son sujet,
2° En arithmétique, la multiplication et la division avec quelques problèmes,
3° En système, le mètre carré avec problèmes aussi,
4° En écriture, toujours la cursive et la ronde, selon Bouilly,
5° En lecture, Peigné aux tableaux, la Doctrine Chrétienne aux bancs, avec les 50 sortes d'écriture et les heures de Notre-Dame pour le latin,
6° En catéchisme, jusqu'aux fins dernières de l'homme.

Que les élèves de la 2è division ont vue
1° En lecture, Peigné aux tableaux, quelques leçons de la Doctrine Chrétienne et des heures de Notre Dame aux bancs,
2° La moyenne cursive, méthode Bouilly,
3° La numération parlée et la numération écrite avec quelques additions,
4° En catéchisme, comme la 3è division.

Que les élèves de la 1ère division ont vu
1° Leurs syllabes d'après Peigné aux tableaux, et d'après Hachette et Firmin aux bancs,
2° Le tracé des jambages et la formation des premières lettres cursives selon Bouilly, les uns sur ardoises, les autres sur papier,
3° Le calcul verbal avec la division du temps,
4° Les prières pour les plus petits et le catéchisme, comme les autres, pour les plus grands.

L'application et les progrès ont été, à peu près, comme pendant le dernier trimestre. Un seul s'est distingué par des progrès assez rapides. Les absences, les punitions et les récompenses ont été aussi comme par le passé, et je n'ai rien à ajouter à ce que j'en ai dit dans mon dernier résumé, si ce n'est qu'il y a eu un renvoi provisoire. Ma classe n'a reçu aucune visite pendant ce trimestre.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 10 avril 1848.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 4/1/48Composition du 15/2/48Composition du 28/3/48
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
38Arithmétique1026Lecture latine518Morale06
221Arithmétique916Lecture latine220Morale08,5
110Lecture013Lecture09Morale04
Filles
35Arithmétique224Lecture latine412Morale03
211Arithmétique513Lecture latine525Morale05,5
113Lecture015Lecture18Morale2,59

Certifié véritable par l'instituteur soussigné. A La Roche, ce jour 10 avril 1848. L'instituteur comunal. Cornec.


3è trimestre de l'année 1847-48

Messieurs, dans ce résumé que je dresse pour le 3è trimestre de 1847-1848, j'ai l'honneur de vous informer que pendant ledit trimestre les élèves de la 3è division ont vu :

  1. En grammaire, l'accord du verbe avec le sujet, les règles des participes avec des dictées et des analyses à ce sujet ;
  2. En arithmétique, des problèmes sur les 4 premières opérations ;
  3. En système, le mètre cube avec le reste des autres poids et mesures ;
  4. En écriture, la cursive et la ronde (méthode Bouilly) ;
  5. En lecture, la doctrine chétienne et les cahiers lithographiés pour le français, et les heures de notre Dame pour le latin ;
  6. En catéchisme, des quatre fins dernières de l'homme jusqu'à la fin, puis ils l'ont entièrement repassé.

Que les élèves de la 2è division ont vu :

  1. En grammaire, les deux verbes auxiliaires ;
  2. En arithmétique, l'addition ;
  3. En système, le mètre linéaire ;
  4. En écriture, la moyenne cursive, méthode Bouilly ;
  5. En lecture, comme les élèves de la 3è division ;
  6. En catéchisme, aussi comme ceux de la 3è division.

Enfin, que les élèves de la première division ont vu :

  1. En lecture, Hachette et Firmin avec une partie du catéchisme historique ;
  2. En écriture, le tracé de quelques lettres avec des mots faciles, selon Bouilly ;
  3. Le calcul verbal ;
  4. Les prières.

Les progrès n'ont pas été bien sensibles, si ce n'est de quelques uns de la 1ère et de la 2è division. il y a eu beaucoup d'absences et de punitions, mais peu de récompenses. Je n'ai prononcé aucun renvoi provisoire. Ma classe, pendant le trimestre, n'a eu aucune visite qui soit consignée dans le registre de classe.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération. L'instituteur communal, Cornec. La Roche, le 16 juillet 1848.

DivisionNb moyen
d'élèves
Composition du 4/4/48Composition du 16/5/48Composition du 27/6/48
Nb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernierNb de fautes du1erdernier
Garçons
38Catéchisme518Système020Ecriture28
221Catéchisme011,5Système013Ecriture342
110Catéchisme124Lecture18Ecriture19
Filles
35Catéchisme612Système218Ecriture38
211Catéchisme0,510Système011Ecriture418
113Catéchisme124Lecture318Ecriture110

Certifié véritable par l'instituteur soussigné. A La Roche, le 16 juillet 1848. L'instituteur communal. Cornec.

Annexe - explication des méthodes citées dans les rapports

1 - Méthode Bouilly pour l'écriture

La méthode Bouilly (voir sur Gallica) expose les sujets suivants :

Jean-Nicolas Bouilly (1763-1842) est un écrivain, librettiste et dramaturge français et connu surtout à ce titre pour ses oeuvres littéraires (théâtre, contes). Une de ses pièces, Léonore, ou l'Amour conjugal, est à l'origine du livret de Fidelio de Beethoven.

Mais, aux commencements de la Révolution, il remplit diverses fonctions administratives à Tours, puis après la chute de Robespierre (9 Thermidor an II - 27 juillet 1794), il est nommé membre de la commission chargée de rédiger un plan d'éducation pour la jeunesse française, mais donne sa démission lorsqu'il est question de soumettre cette commission aux investigations de la police. C'est certainement en tant que membre de cette commission qu'il élabore sa méthode.

X

Il faut se rappeler qu'avant 1850 on écrivait encore à la plume d'oie.

PLUMES ET PLUMIERS
Avant l'introduction de la plume métallique au milieu du XIXè siècle, dans les petites écoles on écrit à la plume d'oie. Des plumes qui selon la Conduite des écoles chrétiennes, "ne doivent être ni trop menues ni trop épaisses, mais rondes, fermes, claires et sèches". Ces plumes doivent être très soigneusement taillées avec une fente sur le dos et une ouverture sur le ventre, une taille qu'il faut en permanence "rafraîchir" afin que ces plumes ne "crachent" pas sur le papier. Un travail complexe, dangereux et fastidieux à la charge du maître, qui y occupe l'essentiel de son temps pendant la classe. autre inconvénient de la plume d'oie, la lenteur d'exécution de l'écriture qu'elle impose à l'élève.

Avec l'arrivée de la plume métallique dans les écoles, on passe de l'écriture calligraphiée et parfois indéchiffrable, à une écriture beaucoup plus rapide et surtout plus lisible. La plume métallique, le porte-plume et le plumier deviennent les trois outils d'écriture désormais indispensables. Leur introduction dans les écoles va intéresser les fabricants de matériel scolaire. Aussi, ces outils d'écriture vont-ils devenir, au fil des années, de plus en plus attrayants et de mieux en mieux réalisés.

La plume métallique prend le relais de la plume d'oie vers 1850, simplifiant notablement les préparatifs aux séances d'écriture. La plume métallique était auparavant un quasi-monopole des manufacturiers anglais tels que Gillot, Mason, Perry ou Mitchell. En France, la fabrication industrielle va faire son apparition à Boulogne, où les établissements Blanzy-Poure ouvrent leur porte en 1846, suscitant rapidement des émules, à Boulogne même avec Baignol-et-Farjon en 1875, ainsi qu'à Paris et à Laigle. Les innombrables petites boîtes contenant chacune une "grosse", 12 douzaines, soit 144 plumes, popularisent les noms de ces fabricants. A partir de 1860, leur présentation devient moins austère, l'image s'impose et des séries iconographiques sont spécialement destinées aux écoliers.

L'industrie offre aux utilisateurs une variété considérable de modèle. Il en existe pour les graphismes, de la cursive à l'anglaise, de la coulée à la ronde, la bâtarde ou la gothique. On préfère pour les écoliers des plumes souples, bien moins dures que les célèbres sergent-major. L'emballage des plumes s'orne parfois de vignettes instructives ou récréatives destinées aux plus jeunes.

ENCRE VIOLETTE ET BUVARDS
L'encre ne doit être "ni bourbeuse ni trop blanche, mais bien colorée, bien nette et coulante". Cette recommandation de "L'Ecole paroissiale" est rarement de mise dans les petites écoles car l'encre est généralement de fabrication artisanale, faite à la maison soit par le maître avant la classe. Une encre souvent de mauvaise qualité avec laquelle il est difficile d'éviter les « pâtés ». Fabriquée à l'origine avec les baies cueillies le long des haies du chemin de l'école par les enfants et apportées au maître dans une sorte de cornet, l'encre devient très vite industrielle. Avant d'être livrée en bouteille, l'encre violette est commercialisée sous forme de grains solubles dans l'eau. Ainsi avant chaque classe, l'instituteur prépare la quantité d'encre nécessaire en remplissant un à un les encriers de porcelaine blanche, ou parfois en verre, emprisonnés dans le bois des pupitres, à portée de main des élèves. Quant à l'encre rouge, c'est l'apanage du maître qui trace en rouge les modèles d'écriture des cahiers journaliers et inscrit les corrections et les notes en marge des exercices. Autre difficulté pour les jeunes « écrivains », éviter les taches sur les cahiers et avec elles le courroux, voire les punitions du maître. Pour sécher et « boire » au mieux cette encre capricieuse, on utilise tour à tour toutes sortes de produits : des poudres d'origines diverses comme du sable ramassé sur le chemin de l'école, du « vermoulu » récupéré sur des poutres des masures du village, de la sciure de bois, de la craie broyée et bien plus tard du « papier brouillard », dont une feuille souvent de couleur rose est glissée dans les cahiers d'écriture. Puis apparaîtront sur ces buvards des « réclames » qui vanteront les qualités de produits souvent destinés aux écoliers. Des buvards qu'on collectionne et qu'on s'échange à la récré.

Source Les livres de nos cartables par Daniel Durandet, Ed. du Layeur - 2006

2 - Méthode Peigné pour la lecture

Les tableaux de lecture de M.A. Peigné (édition de 1850) : voir sur Gallica.

Principe énoncé par Peigné : L'écriture étant la représentation de la parole, chaque signe, ou lettre, devrait figurer uniquement tel ou tel son, telle ou telle articulation. Personne n'ignore que ce principe fondamental est violé à chaque instant dans notre langue écrite : or, c'est uniquement de cette violation que découlent les immenses difficultés qui hérissent l'étude de la lecture. Il ne suffit donc pas de connaître les lettres. Cette vérité bien évidente et la nécessité de supprimer l'EPELLATION par LETTRES DETACHEES, ont été mon point de départ.

Michel-Auguste Peigné, grammairien et homme de lettres français, est né à Mézières, le 6 octobre 1799, et mort à Paris, le 21 mars 1869.

Choisi comme secrétaire particulier par Guizot, alors grand-maître de l'Université, il contribue à l'organisation de l'enseignement primaire. Mais il a bientôt avec le ministre de vives discussions au sujet de la liberté de conscience, il résilie ses fonctions et quitte définitivement l'administration centrale en 1838.

A partir de 1835, il publia plusieurs ouvrages qui témoignaient d'une connaissance approfondie des besoins de l'enseignement primaire. Ce furent d'abord les 46 Tableaux de lecture, couronnés le 21 octobre 1835 par la Société pour l'instruction élémentaire.

3 - Alphabet et premier livre de lecture par Louis Hachette

Voir sur Gallica

 

Louis Hachette, né à Rethel (Ardennes), le 5 mai 1800, mort le 31 juillet 1864, a été le fondateur de la grande maison de librairie qui porte son nom.

Lorsque parut la loi du 28 juin 1833, il en comprit toute la portée : « En 1834, a-t-il écrit dans une des trop rares brochures signées de son nom, l'instruction primaire n'existait pour ainsi dire pas en France : il n'y avait ni maisons d'école, ni maîtres, ni livres. Les maisons d'école ne sortent pas de terre au commandement ; les écoles normales ne s'organisent pas en un jour. Les livres seuls peuvent se produire rapidement. »

De concert avec MM. Firmin Didot, Jules Renouard, Pitois-Levrault, Louis Hachette livra au gouvernement, pour les préfectures et sous-préfectures, qui les distribuaient gratuitement dans les écoles, des masses considérables de livres élémentaires, dont plusieurs étaient excellents, et qui sont longtemps restés les seuls classiques de l'école.

4 - Choix gradué de 50 sortes d'écritures

Ce manuel d'école primaire des années 1840 était destiné à entraîner les enfants de dix ans à la lecture des textes écrits du XVIIè au XIXè siècle. Les maîtres savaient qu'à l'exception de quelques rares livres et journaux imprimés l'essentiel de ce que les enfants rencontreraient au cours de leur vie d'adulte serait manuscrit. Aussi était-il essentiel de les habituer très tôt à déchiffrer puis à lire facilement tous les types d'écritures.

L'ouvrage contient ainsi 100 leçons avec un "choix gradué de 50 sortes d'écritures", pour mener progressivement l'élève de la lecture la plus simple au déchiffrage le plus complexe. Il avait un autre usage, car il servait aussi de manuel de cours.

Ces textes nous offrent un résumé des savoirs inculqués à cette époque dans les classes d'enseignement primaire - c'est-à-dire les savoirs de base, à une époque où les enfants scolarisés n'allaient guère au-delà de ces quelques années d'études. On y retrouve les éléments les plus variés :

L'ouvrage est consultable sur Gallica, dans sa version intégrale.

A cette époque, le procédé utilisé pour dupliquer ces pages manuscrites et créer plusieurs exemplaires de cet ouvrage, c'était la "lithographie", ainsi que nous le suggère Nicolas Cornec dans ses rapports quand il parle des "cahiers lithographiés".

La première édition comportait 4 cahiers composés chacun de 32 pages in-8°.

Sources des informations

ADB = Archives Départementales à Brest
ADQ = Archives Départementales à Quimper


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 André Croguennec - Page créée le 11/9/2020, mise à jour le 25/10/2020.

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