L'école de La Roche - Les enseignants

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Autres chapitres sur l'école de La Roche
- La construction des écoles
- Les élèves
- L'enseignement au temps de N. Cornec
- Vers le bilinguisme
L'organisation de l'enseignement au 19è siècle

Le comité local

La loi du 28 juin 1838 avait institué des Comités Locaux d'Instruction primaire. Le comité local devait être composé du maire ou adjoint, président ; du curé et d'un ou plusieurs habitants notables désignés par le comité d'arrondissement.

" Le comité communal a inspection sur les écoles publique ou privées de la commune ; il veille à la salubrité des écoles et au maintien de la discipline, sans préjudice des attributions du maire, en matière de police municipale. Il s'assure qu'il a été pourvu à l'enseignement gratuit des enfants pauvres. Il arrête un état des enfants qui ne recoivent pas d'instruction primaire. Il fait connaître au comité d'arrondissement les divers besoins de la commune sous le rapport de l'instruction primaire. ... ...

Le comité aura une séance ordinaire par mois. Chaque membre a le droit, et c'est même un devoir, de visiter seul et souvent les écoles de la commune ".

Dès le 5 juin 1834, le comité d'instruction primaire d'arrondissement, présidé par le sous-préfet Cocagne, avait désigné Jean-Baptiste Lamarque, maire de La Roche, M. de Lavillasse, propriétaire, M. Yves Coloigner et M. Le Menn, propriétaire, pour composer le comité local de la commune.

Le 25 septembre 1838, Yves Bloch  , le recteur de La Roche, sera également nommé par le sous-préfet pour faire partie du comité. Et ensuite son successeur, Elie Combot, le remplacera (sources ADQ 1 Z 182).

On trouvera quelques rapports du comité dans le chapitre sur "L'enseignement au temps de Nicolas Cornec".

X

La Roche, 16 8bre 1838.

Monsieur le sous-préfet,

J'ai l'honneur de vous informer que le 15 du courant, j'ai reçu votre circulaire en date du 25 septembre dernier, qui me nomme membre du comité de surveillance locale à l'école communale de La Roche, et que j'accepte avec reconnaissance le titre que la loi m'accorde. J'apprécie les avantages immenses qu'une école communale peut produire chez un peuple entièrement privé jusqu'ici de ce bienfait : ces avantages ne sauroient manquer de se réaliser, si l'instruction est basée sur les principes religieux, et dans la ferme confiance qu'il en sera ainsi, je promets d'avance d'employer tous mes soins et mes efforts pour hâter les progrès de cette institution.

Recevez, Monsieur le sous-préfet, l'assurance de mon bien sincère dévouement.

Le desservant de La Roche, Bloch.

Le règlement du sous-préfet de l'arrondissement

Le sous-préfet de Brest, Cocagne, avait rédigé en tant que président du comité d'instruction primaire d'arrondissement, un réglement des écoles primaires en 27 articles (à rechercher aux archives). En 1842, l'instituteur de La Roche, Nicolas Cornec, fera devant le comité local un long exposé de la manière dont il applique lui-même ce règlement.

L'inspection

Nous avons deux rapports d'inspection faits en 1839 par M. Lemarchand. Bien que très synthétiques, ils décrivent bien la classe de Nicolas Cornec.

L'année scolaire

Au milieu du 19è siècle, l'année scolaire comportait quatre trimestres. Les vacances d'été avait été fixées, par le comité d'arrondissement, du 31 août au 1er octobre, dans l'article premier du règlement. Elles ne duraient donc qu'un seul mois. Ces vacances pouvaient exceptionnellement être prolongées de deux semaines (cf lettre du sous-préfet au maire de La Roche le 27/7/1840). Il s'est trouvé qu'en 1842 les instituteurs ayant eu des conférences début août, les vacances ont duré du 1er août au 15 septembre.

"Les congés ordinaires ont lieu le samedi excepté la première semaine de chaque mois où ils se tiennent le jeudi, jour de la foire". (Cornec le 10/1/1842). Par un courrier du 19/7/1844, le comité d'arrondissement rappelle que ses statuts du 25/4/1834 fixent le jeudi comme jour de congé hebdomadaire.

Ecole de La Roche

Les écoles au début du 20è siècle.
1 Première école, garçons et filles. 2 Ecole des filles. 3 Nouvelle école des garçons. Afficher/ Effacer les repères sur la photo.


 

Les enseignants : instituteurs et institutrices

 

Liste non exhaustive  de  à 
| 1838
| 1850
| 1875
| 1900
| 1925
| 1950
| 1975
Nicolas Cornec   18381873
Denis Cornec   18731876
Amélie Goujon, ép. Denis Cornec   18731876
Joseph Jan, ép. Marie Michelle Danze   18761878
Anna André   18761881
Guillaume Carré   18771881
Justin Marec, ép. Louise Balay   18811888
Etiennette Potin   18811891
Elisabeth Mormant   18831883
Marie-Françoise Bars   18881888
François Rumeur, ép. Marie Le Mercier   18881890
Maurice Rannou, ép. Etiennette Potin   18881891
Jean Pierre Jouve   18901893
Zoé Laouenan, ép. Alexis Boujard   18911891
Maurice Huet   18911891
Louise André   18911891
Olivier Rolland   18951910
François Plantec   18961901
Marie Siou, ép. René Lautrou   18961907
Marie Josèphe Gouriou   18921896
Clémentine Girard   19011901
Guillaume Stéphant   19061906
P. Grall   19061906
Le Henaff   19071907
Laurent Beullier   19101911
Jeanne Marie Pilvin, ép. Daniou    19081913
Louis Le Faou, ép. Françoise Piver   19101926
Henri Le Pichon   19081910
Marie Anne Balé   19091911
Jeanne Yvonne Parc, ép. François Guillerm   19111927
Marie Begot   19111911
Auguste Berthou   19131920
Paule Le Roux, ép. Le Corre   19171917
Emilie Chapalain   19211921
Yvonne Le Chuiton   19201927
Jeannie Cadoret   19131921
Françoise Piver, ép. Louis Le Faou   19151926
François Guillerm, ép. Jeanne Yvonne Parc   19271927
Louis Le Bras   19311938
Paule Moalic   19311937
Marie Favennec   19311931
Gabriel Goïc, ép. Adèle Jeanne Provost   19311936
Adèle Jeanne Provost, ép. Gabriel Goïc   19311936
Marie-Louise Bacus   19361936
Joséphine Balan   19361946
Marie Billon   19461946
Marie-Louise Heliez   19461962
Marie-Claire Auffret   19461962
Anne-Marie Coat   19461962
Michel Pennamen   19461946
Pierre Helou   19511951
André Cam   19551955
Hélène Picard, ép. Alain Sibiril   19621968
Louis Saunier   19621962
Jeanine, ép. Louis Saunier   19621962
Andrée Michel   19621962
Anne-Marie Le Bras   19681979
Hervé Le Bras   19682000
 
| 1838
| 1850
| 1875
| 1900
| 1925
| 1950
| 1975

La période indiquée comme présence de l'enseignant à l'école doit être considérée comme la période minimale, car il n'a pas été
possible de consulter toutes les archives pour obtenir la date de nomination et celle du départ (à complèter).

Les rentrées scolaires

Les descriptions des rentrées scolaires, rapportées dans la presse ou mémorisées dans les archives, nous permet aussi de connaître le nom des enseignants et les classes présentes ces années-là. Voici quelques exemples :

La rentrée 1839 (source Archives de la sous-préfecture - ADQ 1 Z 182)

Dès le mois de décembre 1838, les habitants de La Roche attendaient avec impatience l'ouverture de l'école. Ils disaient "C'est quoi cette école qu'on nous a construite sans personne dedans". Aussi dès début janvier, le maire décide de l'ouvrir sans attendre la décision des autorités supérieures, et envoie cette lettre au sous-préfet à Brest :

La Roche, le 13 janvier 1839.

Monsieur le sous-préfet,

J'ai l'honneur de vous informer que nous n'avons pu retarder plus longtemps l'ouverture de l'école à l'empressement des habitants qui l'ont fortement sollicitée et l'affluence prouve le désir de faire instruire les enfants. Déjà le nombre a dépassé cinquante et chaque jour il en vient des nouveaux.

Nous avons cru devoir céder à cet élan et l'instituteur exerce en attendant qu'il soit installé. Pour cet effet nous nous sommes procurés des livres chez le libraire de Landerneau, qui sont imprimés à Brest. En conséquence de cette provision, je vous prie de retrancher de moitié la demande que j'eus l'honneur de vous faire. Si toutefois vos intentions sont de m'obliger, de me faire cet envoi, il faudrait des tableaux pour les places dans la salle de classe. Il nous faudrait aussi un règlement.

J'ai l'honneur de vous saluer, votre très humble et obéissant serviteur, le maire de La Roche, Lamarque.

La rentrée 1982 (source Roc'h Morvan, périodique de l'opposition)

Ecole primaire du Morbic : Directeur M. Hervé Le Bras
- CP - CE1  M. Hervé Le Bras 28 élèves (12 CP + 16 CE1)
- CE2 Mme Josette Bras24 élèves
- CM1 Melle Dominique Coathuel   28 élèves
- CM2 M. Jacques Le Moal 24 élèves
TOTAL  104 élèves
Ecole maternelle du bourg : Directrice Mme Michèle Le Bras

172 élèves sont
donc scolarisés
à La Roche
- Petite section  Mme Le Bras31 élèves
- Moyenne section Mme Stourm19 élèves
- Grande section 18 élèves
TOTAL  68 élèves

La rentrée 2001 (source Bulletin municipal)

Ecole élémentraire : 112 élèves
- CP  Mme Portanguen25 élèves
- CE1 Mme Gouez23 élèves
- CE1/CE2 M. Lamezec et Mme Le Gall7 CE1 + 15 CE2 = 22
- CE2/CM1 Mme Philippe et M. Vinchon   9 CE2 + 15 CM1 = 24
- CM2 M. Milet 18 élèves
Ecole maternelle : 83 élèves
195 élèves sont
donc scolarisés
à La Roche
- Petite section  Adeline Poulmarch32 élèves inscrits
- Moyenne section Marie-France Boulch26 élèves inscrits
- Grande section Anne Gaëll Bohec25 élèves inscrits

La rentrée 2020 (source Le Télégramme du 1er septembre 2020)

Les projets d’école pour l’année scolaire sont axés sur la musique et, en nouveauté, le projet de construction de jeux de bois pour la cour. Les temps forts sont renouvelés. Serge Milet, adjoint au maire, a accompagné ce lundi la rentrée de l’équipe éducative. La municipalité y a associé le personnel communal.

L’école publique de La Roche-Maurice enregistre à ce jour l’inscription de 169 élèves, dont 59 en maternelle et 110 en élémentaire.

L’école maternelle : Une nouvelle directrice en maternelle. Estelle Kerbrat est la nouvelle directrice de l’école maternelle. Elle a en charge les 21 élèves de MS-GS. Nathalie Guéret, elle, s’occupe des 16 élèves en TPS-PS. La classe bilingue des TPS-PS-MS-GS compte 22 élèves, gérés par Barbara Pion.

L'école élémentaire : Cécile Le Guirriec est la directrice de l’école élémentaire et a en charge la classe de CE2-CM1. La décharge de direction est assurée le jeudi par Maïwenn Fily. La classe bilingue de Thibaut Pape, qui accueille les CP-CE1-CE2-CM1, reprend. Corinne Signor et Maïwenn Fily enseigneront en CP-CE1, Nathalie Tanné en CE1-CE2, Cécile Le Guirriec, la directrice, en CM1, et Corinne Cotten en CM2.

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont Florence Petton, Gaëlle Pérès et Nathalie Person. Les enfants sont accueillis à la garderie, à 7 h 30 et jusqu’à 19 h.

L’équipe éducative de l’école et le personnel - Photo Le Télégramme


Complément : En 2020, la filière bilingue breton compte 46 élèves (22 en maternelle, 24 en élémentaire). Elle a été créée à la rentrée 2016-2017 en maternelle.

La rentrée 2021 (d'après Le Télégramme du 2 septembre 2021)

 De gauche à droite : Bruno Tanguy, Estelle Colas, Thibaut Pape, et Klervie Boissard.

L’école du Pontois s’apprête à accueillir 67 élèves en maternelle, soit 3 de plus que l’an dernier, et 105 enfants en primaire, soit 5 de moins. Des effectifs qui s’équilibrent cette année, avec quelques changements à noter au sein de l’équipe pédagogique.

Coté maternelle, Bruno Tanguy fait son retour à la direction. Il est en charge de la classe de moyenne et grande section, qui comptabilise 20 enfants. Il sera entouré de Nathalie Gueret, institutrice des 21 élèves de très petite, petite et moyenne sections.
Barbara Pion, quant à elle, poursuit sa gestion de la classe bilingue, qui regroupe tous les niveaux de maternelles.
« Pour les maternelles, le thème sera celui de la mer. Nous prévoyons une sortie à Océanopolis ainsi qu’une sortie pêche à pied », explique Bruno Tanguy.

Du côté des primaires, Thibaut Pape fait sa troisième rentrée au sein de l’école du Pontois, avec la classe bilingue de CP et CE1, qui comptabilise 14 élèves. Ce dernier aura une nouvelle casquette, car il assurera également le remplacement de Cécile Le Guirriec au poste de directeur, côté élémentaire.
« Afin de lutter contre les échecs scolaires, nous mettons en place un livret de réussite pour le cycle 3, dans le but que l’élève se rende compte par lui-même de ses compétences », explique Thibaut Pape.

Une troisième bretonnante : L’ouverture de la troisième classe bretonne se fera également lors de cette rentrée. Klervie Boissard vient compléter l’équipe bilingue. Elle est en charge des 14 élèves de CE2, CM1 et CM2.

En attendant le retour de Cécile Le Guirriec, c’est Estelle Colas qui s’occupera des 24 élèves de CE2 et CM1. Pour les autres classes, Corinne Cotten a en charge les 20 élèves en CM1 et CM2, Karine Signor les 12 élèves de CP, et Nathalie Tanné les 21 élèves de CE1 et CE2.

La filière bilingue compte donc 28 élèves sur 105 en primaire, et une vingtaine environ sur 67 en maternelle.

 

Nicolas Cornec, le premier instituteur

 

 Nicolas Marie CORNEC, né le 7 juillet 1803, Landerneau, décédé le 31 mars 1885, Bourg, Taulé (à 81 ans), instituteur communal à La Roche.
Marié le 11 août 1835, Daoulas, avec Marie Jeanne Céleste BERGOT, née le 21 mai 1807, Lesneven dont
Emploi du temps des 3 classes +

Nicolas Marie Cornec est né le 7 juillet 1803 à Landerneau, de Nicolas, cultivateur, et de Constance Madec.
Il commençe sa carrière d'instituteur public en 1827 à Plomodiern.
En 1833, il est nommé à Dirinon.
Le 11/08/1835, à Daoulas, alors âgé de 32 ans, il épouse Marie Jeanne Céleste Bergot, âgée de 28 ans, originaire de Lesneven, fille de Yves Marie, greffier, et de Marie Françoise Jacquette Roire.
Il continuera à enseigner à Dirinon jusqu'à sa nomination à La Roche.

En 1838, le 11 décembre, le maire de La Roche reçoit une lettre de la sous-préfecture de Brest, signée "le sous-préfet Cocagne", lui annonçant que "le sieur Cornec [a] été nommé aux fonctions d'instituteur communal à La Roche par le comité supérieur de l'arrondissement".

Et, de ce fait, le conseil municipal est convié à "déterminer par une délibération pour l'année scolaire 1838 à 1839, le taux de la rétribution mensuelle à payer par les élèves" et à "établir en même tems l'état des enfans qui devront être admis à l'école gratuitement pendant ladite année". Tout ceci en suivant les instructions que le sous-préfet a décrites dans son mémorial n° 185 et celui portant le n° 162.

Monsieur Cornec sera donc ainsi instituteur et directeur de l'école de La Roche. Et ne tardera pas à devoir s'occuper à lui tout seul de trois classes. Il explique, dans la note ci-contre (cliquer sur + pour agrandir), comment il procède pour diriger ces trois groupes d'élèves. Autant dire qu'il fait cela de main de "maître".

On constate, en outre, que chaque session du matin et du soir commence et se termine par la "prière". Il y a même un temps réservé au "catéchisme". Ces deux points peuvent surprendre aujourd'hui dans une école publique. Mais nous sommes avant la vague de laïcisation de 1886, avant la guerre scolaire qui la suivit et avant la séparation de l'église et de l'état de 1905. C'était l'époque bénie où il n'y avait pas encore de laïcards forcenés ni de religieux extrémistes.

Et puis, il y avait la remise des prix... Voir l'exemple de l'année scolaire 1840-1841.

Nicolas Cornec était aussi secrétaire à la mairie et rédigeait, entre autres, les compte-rendus des réunions du conseil municipal.

Après une carrière si bien remplie, en menant de front trois classes de niveaux différents, et, peut-être en s'occupant le soir de la formation des adultes, Nicolas Cornec, fit donc valoir ses droits à la retraite pour ancienneté de service. Par décret du président de la République Française du 10 avril 1873, publié dans le Bulletin des lois de la Republique Francaise Nicolas Marie Cornec, né le 7 juillet 1803 à Landerneau, instituteur public, durée des services : 45 ans et 4 mois, obtient une pension de 236 F. avec une prise d'effet le 1/1/1873.

Par la suite, il se retire à Taulé où son fils continuait sa carrière d'instituteur.

Nicolas Cornec nous a laissé des archives inestimables, notamment ses rapports trimestriels au comité local de l'enseignement.

Quelques rapports d'inspection à La Roche

Les premiers rapports de 1839 portent peu de jugements sur l'instituteur, ils sont plutôt axés sur la méthode d'enseignement et les élèves.

Rapport du 26/4/1870 : Nicolas Cornec a 67 ans, il enseigne depuis 41 ans.

Nombre d'élèves :
 - Inscrits :garçons57 
filles24
 - Présents :garçons56
filles23
Classe :
  Longueur 10,30 m.
  Largeur  6,30 m.
  Hauteur  3,30 m.

1° Registres bien tenus. Tenue générale de la classe très convenable. Propreté et discipline satisfaisantes.

2° Enseignement bien donné. Trois divisions. Instituteur assez capable, ayant conservé, malgré son âge, de l'énergie et de l'activité, écoutant les conseils et s'efforçant de les mettre en pratique.
Lecture courante (71 élèves) : bien, convenablement expliquée, les enfants répondent avec netteté et précisions.
Ecriture (71 élèves) : bien, cahiers propres, corrections bien faites.
Français - Dictée (25 élèves) : bien, prix d'orthographe au dernier concours cantonal.
Grammaire (25 élèves) : apprise d'une façon pratique, presque tous les élèves comprennent et parlent le français.
Calcul (25 élèves) : assez bien, 7 élèves seulement connaissent les 4 règles et le système métrique. Calcul oral : très bien.
Histoire sainte (25 élèves) : bien.
Histoire de France et géographie : les élèves n'ont encore reçu sur ces deux matières que des notions insignifiantes. Avons recommandé à l'instituteur de s'en occuper sans tarder.
En résumé : bonne école.
Les travaux à l'aiguille sont dirigés par la fille de l'instituteur, Mlle Reine Cornec, qui ne touche aucun traitement.

3° Moralité et tenue de l'instituteur, ses rapports avec les autorités et les familles, considération dont il jouit : très bien dans tous les rapports indiqués.

4° Salle d'école convenablement disposée pour la tenue d'une école mixte, mais insuffisante pour recevoir les deux sexes. Manque au mobilier : des cartes de géographie, un tableau des poids et mesures, une armoire bibliothèque, les tables n'étant pas munies de casiers pour recevoir les livres et les cahiers.
Logement de l'instituteur convenable. Jardin bien tenu. Inventaire du mobilier régulièrement dressé.

Rapport du 17/7/1871 :

Nombre d'élèves :
 - Inscrits :garçons55 
filles32
 - Présents :garçons48
filles26
Classe :
  Longueur 10 m.
  Largeur  6 m.
  Hauteur  3,20 m.

1° Registres bien tenus. Tenue générale de la classe très bonne. Propreté et discipline très satisfaisantes. L'instituteur est aimé de ses élèves, pour lesquels il a des procédés tout paternels.

2° Enseignement méthodique et raisonné. Trois divisions. Instituteur encore très actif malgré son âge, comprenant les besoins de l'enseignement et se tenant au courant des progrès. Bon résultats.
Lecture : bonne, peu d'accent et explications nombreuses, bien comprises et passablement retenues.
Ecriture : soignée, cahiers propres.
Français : très bien, grammaire bien apprise.
Calcul : bien.
Histoire et géographie : Encore peu de résultats en histoire et géographie. L'étude de ces deux matières est introduite depuis peu de jours dans l'école.
En résumé : bien.

3° Tenue et moralité excellentes. Bons rapports avec les familles et avec le maire, un peu froids avec le recteur. Très considéré. Je n'ai pu voir les autorités.

4° Installation convenable. Murs à recrépir. Plancher à réparer. Manque de cartes et un tableau de système métrique. Pas de bibliothèque. Archives en leur état. Jardin très bien tenu.

 

Denis Cornec, 2è instituteur, fils du précédent

Yves Marie Denis Cornec est né à La Roche le 9 septembre 1847, et sa carrière peut être retracée ainsi :

LieuxFonctionDate de début  |  LieuxFonctionDate de début
RennesElève Maître    9 septembre 1867  |  La Roche    Instituteur    18 mars 1873

Il a fait valoir ses droits à la retraite le 1er janvier 1904.

BrestInstituteur26 août 1869  |  RiecInstituteur7 janvier 1876
Clohars-Fouesnant    Instituteur29 octobre 1872  |  TauléInstituteur27 août 1878

Rapport du 19/5/1873 : Denis Cornec a 25 ans, il enseigne depuis 5 ans.

Nombre d'élèves :
 - Inscrits :garçons57 
filles29
 - Présents :garçons51
filles26
Classe :
  Longueur 10,60 m.
  Largeur  6,30 m.
  Hauteur  3,30 m.

1° Les registres sont très bien tenus. La tenue générale de la classe est bonne. Les cahiers des élèves laissent à désirer sous le rapport du soin et de la propreté. Les filles sont plus propres que les garçons. La discipline est bonne.

2° L'enseignement est en souffrance, mais on ne doit pas l'attribuer à l'instituteur actuel, qui ne dirige l'école que depuis très peu de temps. La classification des élèves est bonne. M. Cornec ne me semble pas d'une grande capacité ; mais il a du zèle, et il n'y a lieu d'espérer qu'il obtiendra de bons résultats. Dans ce moment, on nepeut que constater des résultats à peu près négatifs. Très peu d'élèves commencent à savoir lire ; l'écriture est médiocre chez les élèves les plus avancés ; les connaissances en calcul sont presque nulles ; les élèves les plus avancés essayent de faire l'addition ; le système métrique est inconnu ; la grammaire et l'orthographe n'ont produit aucun résultat appréciable ; l'histoire et la géographie ne sont connues que de nom.

Les travaux d'aiguille ont été jusqu'à présent, complètement négligés : Mme Cornec commence à s'en occuper ; mais elle rencontre une grande indifférence de la part des parents.

En résumé, l'école de La Roche est actuellement une mauvaise école ; mais une école qui a de l'avenir.

3° Aucune observation à faire sur la moralité et tenue de l'instituteur. Ses relations avec les autorités me paraissent bonnes ; mais je n'ai pas pu voir le maire ni le curé. Le premier étant trop éloigné du bourg et le curé était absent.

4° La maison d'école appartient à la commune. La salle de classe est assez vaste, mais le plancher est en mauvais état. Le mobilier scolaire est médiocre et incomplet : il n'y a point de cartes de géographie, ni rien pour l'enseignement pratique du système métrique.

La commune a formé le projet de séparer les deux sexes et de confier l'instruction des filles à Mme Cornec. A cet effet, on a construit un mobilier neuf, et l'on va établir la nouvelle classe dans les combles de la maison. Cette installation ne sera pas commode, directement sous le toit et sans plafond ; elle pourra cependant être tolérée provisoirement jusqu'au moment où l'on pourra établir l'école dans un autre local, que la commune devra louer.

Il n'y a pas de bibliothèque ; les archives de l'école sont en ordre ; le jardin est très bien tenu.

Observations et conclusions : pour porter un jugement exact sur l'école de La Roche et sur les projets que l'on a formés en vue de la transformer, il faut attendre. Lanneuffret est annexé à La Roche, mais n'y envoie aucun enfant à l'école. La séparation de ces deux communes est absolument nécessaire.

L'inspecteur de l'Instruction primaire, Charles.

Rapport du 30/7/1875 : Denis Cornec a 28 ans.

Classe :
  Longueur 10,60 m.
  Largeur  6 m.
  Hauteur  3,25 m.
Nombre d'élèves :
 
 - Inscrits :garçons et filles 71 
 - Présents :garçons et filles56

1° Tenue des registres en règle ; id. de la classe, bonne. Propreté et discipline, bien.

2° Enseignement, très bon en général. Capacité et zèle, très bien. Résultats obtenus, satisfaisants.

3° Moralité et tenue de l'instituteur, ses rapports avec les autorités et les familles, considération dont il jouit : très bons renseignements pour tous ces points.

4° Etat matériel de l'école : état matériel bon, archives et jardin, bien tenus.

Observation et conclusions : Maître capable et zélé et dont l'école est bonne à tous points de vue.

L'Inspecteur de l'Instruction primaire, Rayer

Mme Cornec, 1ère institutrice

Mme Cornec, née Amélie Goujon, est l'épouse de Denis Cornec. En 1873, elle commence à s'occuper des travaux d'aiguille, mais elle rencontre une grande indifférence de la part des parents. Elle est nommée institutrice provisoire pour les filles le 10/6/1874, cependant comme on le voit plus bas elle enseignait bien avant qu'elle soit nommée.

Rapport du 30/5/1874 : Mme Cornec a 19,5 ans, mariée, 1 enfant, années de service : 14 mois.

Nombre d'élèves :
 - Inscrits :filles43 
 - Présents :filles41

1° Registres proprement tenus. Tenue générale et discipline assez satisfaisantes. Propreté généralement passable.

2° Enseignement : Mme Cornec paraît capable. Une grossesse l'a empêché de se présenter aux examens mais elle se présentera prochainement. Le conseil municipal sollicite la nomination provisoire de Mme Cornec comme institutrice communale de La Roche.
La classe marche assez bien et promet de donner des résultats assez satisfaisants.

3° Moralité et tenue de l'instituteur. Ses rapports avec les autorités et les familles. Considération dont il jouit : bien sous tous ces rapports.

4° Etat matériel de l'école : la classe provisoire des filles est dans un grenier où l'air est insuffisant et où il fait une chaleur dangereuse, surtout l'après-midi. J'ai fortement engagé à trouver un autre local le plus tôt possible, et, en attendant, de faire la classe (sauf l'écriture) sous les arbres de la cour de récréation, toutes les fois que le temps le permettra.

Observation et conclusions. Même en attendant que Mme Cornec soit brevetée, et qu'elle ait l'âge légal, il y a lieu de donner satisfaction aux autorités locales qui sollicitent vivement un titre provisoire qui permette au percepteur-receveur municipal de payer les sommes votées au budget. M. le Sous-Préfet et M. le Préfet ont promis l'un et l'autre un bienveillant accueil à la demande de Mme Cornec.

Rapport du 30/7/1875 : Mme Cornec, née Goujon, a 21 ans, mariée, 1 enfant, années de service : 1 an.

Classe :
  Longueur 8 m.
  Largeur 4 m.
  Hauteur 2 m.
Nombre d'élèves :
 - Inscrits :filles45 
 - Présents :filles37

1° Tenue des registres, en règle. Tenue de la classe, bonne. Propreté et discipline, bien.

2° Enseignement : Classification : bonne. Enseignement : bien, en ce qui concerne la lecture et l'écriture, les seules matières qu'on a pu encore jusqu'ici avec le catéchisme.

3° Moralité et tenue de l'instituteur. Ses rapports avec les autorités et les familles. Considération dont il jouit : très bons renseignements sur tous ces points.

4° Etat matériel de l'école : L'école est établie dans une sorte de grenier non mansardé, et est ainsi fort exposé à la chaleur et au froid. Les archives n'existent pas encore.

Observation et conclusions. La plupart des enfants de cette école, récemment ouverte, lisent et écrivent assez bien.

En 1876, quand son mari est nommé à Riec, elle le suit et arrête d'enseigner.

Justin Marec

 Justin MAREC, né le 8 août 1854, Bourg, Plouescat, décédé le 9 mars 1926, Morlaix (à 71 ans), instituteur.
Marié le 14 septembre 1879, Châteauneuf-du-Faou, avec Louise BALAY, née le 8 janvier 1862, Le Conquet, décédée le 22 septembre 1936, Villemomble (à 74 ans), dont

Justin Marec est né à Plouescat le 8 août 1854, et sa carrière peut être retracée ainsi :

 LieuxFonctionDate de début  |  LieuxFonctionDate de début
 Rennes et Quimper Elève Maître à 18 ans   8 août 1872  |  La Roche    Instituteur titulaire  11 septembre 1881

Il a fait valoir ses
droits à la retraite
le 30 septembre 1912.

 BrestInstituteur adjoint1er septembre 1874  |  Plougastel-Daoulas  Directeur17 septembre 1888  
 Saint-Sauveur    Instituteur titulaire16 avril 1879  |  Ile MolèneInstituteur titulaire16 avril 1909
 MespaulInstituteur titulaire6 avril 1880  |  TremaouezanInstituteur titulaire1er janvier 1911

Justin Marec a donc commencé son activité d'instituteur à La Roche en 1881. En plus de son rôle d'instituteur, il sera également secrétaire de la mairie. Nous n'avons pas d'information particulière sur son travail, sinon qu'il était apprécié "de la plus grande partie de la population" ("tout le monde s'accorde à dire que Mr Marec est estimé à La Roche"). Mais nous savons que ses relations avec le maire, Léon d'Audibert de Lavillasse, et le conseil municipal vont se gâter sérieusement à partir de 1886 :

Le détail complémentaire de l'affaire apparaît dans les deux lettres qui suivent... Puis, la presse locale nous apprend que l'instituteur restera encore une année à La Roche et sera muté ensuite à Plougastel-Daoulas. Il semble que l'inspecteur primaire ait tout fait pour ménager les deux parties, ainsi qu'il le laissait entendre à la fin de sa lettre.

Lettre du maire Léon de Lavillasse au sous-préfet le 29/7/1887.

Monsieur le sous-préfet,
Je sors de la sous-préfecture. Mr Gras vient de m'apprendre que avant 4 ou 5 heures je ne puis avoir l'honneur de vous voir. Je n'ai pas eu non plus l'honneur de vous être présenté ni au tirage au sort ni au conseil de révision étant à ces deux époques cloué au lit par la goutte. Le but de ma visite, Mr le Sous-Préfet, était de vous demander une ligne de conduite sur différents points et je ne sais si par écrit je puis me faire suffisamment comprendre.

Il m'a toujours semblé jusqu'à présent que le maire du commune (j'ai l'honneur de l'être depuis 25 ans, c'est vous dire, et j'en suis fier, que je n'ai pas démérité l'administration départementale ni de mes concitoyens), il m'a toujours semblé, dis-je, qu'un maire doit être respecté, du moins quand il est respectable, par l'instituteur communal.

Or cet employé a-t-il le droit de se moquer, d'insulter le maire ou les conseillers municipaux d'une commune, alors qu'ils n'ont d'autres torts, vis à vis de lui, que de ne pas l'avoir conservé comme secrétaire de la mairie et qu'à ce moment on a épuisé à l'égard de l'instituteur tous les moyens de persuasion et de conciliation.

Voici, Mr le Sous-Préfet, les points que je désire éclaircir et je vous serai reconnaissant de vouloir bien m'en écrire à ce sujet :

  1. Un instituteur doit-il au maire dans l'exercice de ses fonctions : le salut ?
  2. Le doit-il aux conseillers municipaux ?
  3. A-t-il le droit aussi, cet instituteur, d'ouvrir une classe nouvelle sans l'autorisation préfectorale transmise au maire ?
  4. Peut-il, sans s'entendre avec le maire qui depuis 25 ans donne la plus grande pompe possible à une distribution des prix, peut-il donner, pour ainsi dire à huis clos, les prix aux enfants, ces prix étant fournis par la commune et dans le but inavoué mais certain de se moquer de l'administration communale.
  5. Enfin, peut-il se faire que les classes des filles et des garçons n'aient pas les mêmes congés, en un mot que la classe puisse ne pas se faire à la volonté d'un instituteur sans qu'au préalable les motifs ne soient pas connus du maire.

Voilà, Mr Le Sous-Préfet, laissant de côté les insultes personnelles qu'a essuyées mon fils, jeune homme de 25 ans, au su et au vu de tout le monde, homme bien élevé, voilà dis-je, les points sur lesquels je désire être fixés. Mr Gras vous dira du reste que je ne veux point nuire à un père de famille, que je souhaiterai qu'il puisse réussir, mais si l'administration désire le maintenir quand même dans une localité où il n'a aucune sympathie, je voudrais que vous soyez assez bon, Mr le Sous-Préfet pour m'indiquer ce que j'ai à faire.

Agréez, Mr le Sous-Préfet, l'assurance de ma parfaite considération. D'Audibert de Lavillasse, maire de La Roche-Maurice.

La lettre suivante répond aux questions du maire
et amène la conclusion de l'affaire.

Lettre de l'inspecteur primaire à l'inspecteur d'académie le 5/8/1887.

Landerneau, le 5 août 1887.

Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
j'ai l'honneur de vous communiquer une lettre de Mr Marec, instituteur à La Roche. Le plaignant indique que le fils du maire s'est montré insolent. D'un autre côté le Maire écrit, à la même date, une lettre à la sous-préfecture : Mr d'Audibert de Lavillasse a bien des griefs contre son instituteur, du reste ce n'est pas la première fois qu'il les fait valoir.

En présence de ses affirmations contradictoires, je me suis rendu à La Roche pour procéder à une enquête que Mr le Sous-Préfet me recommandait.

Mr le Maire que j'ai vu pendant près d'une demi-heure, prétend que son garçon est trop bien élevé pour se livrer à des insultes envers qui que ce soit. Je le crois ; mais dans une dispute on n'est pas toujours maître de soi. Le mot de voyou aurait été prononcé par Mr Marec ou son beau-père s'adressant au jeune homme.

Mr le Maire demande à être salué par l'Instituteur, surtout quand il est dans l'exercice de ses fonctions. En cela, il a raison, car tout fonctionnaire doit se montrer respectueux de l'autorité communale. Je ne crois pas que ce salut est dû aux conseillers municipaux.

Mr Marec a ouvert la nouvelle classe sur mon avis, après la réception des travaux dont le procès-verbal a été envoyé à Quimper. Du reste j'ai prévenu Mr l'Inspecteur d'Academie en lui disant que j'accordais l'autorisation mais que je me réservais le droit d'intervenir s'il y avait quelque inconvénient à faire classe dans la nouvelle école.

Quant aux prix, Mr Marec n'a pas voulu faire de distribution solennelle parce que l'année dernière Mr Le Maire avait présidé la cérémonie sans prendre le soin de revêtir un habit. Il y a eu là un manque de tact de la part de l'instituteur ; mais cependant si la municipalité voulait faire une distribution solennelle, le Maire aurait dû solliciter la présidence près de l'administration préfectorale.

Tous les congés pris par Mr Marec étaient autorisés ; mais il aurait dû en informer Mr le Maire ainsi que le recommande l'art. 23 du règlement modèle.

Quant à la dispute racontée dans la lettre de Mr Marec, elle provient de ce que Mr le Maire voulait faire déposer des pièces d'artifices dans la nouvelle classe qui est commise à la garde de l'instituteur. Ce fait renouvelé l'année dernière prouve jusqu'à l'évidence que l'instituteur était dans son droit.

Toutes les personnes que j'ai consultées et qui ont entendu la discussion, affirment que Mr Marec n'a rien dit et que sa femme pleurait ; Mr Balay aurait prononcé à plusieurs reptises les mots de "sale individu" ; tout le monde a entendu crier ces messieurs à l'intérieur de la mairie, mais personne ne pouvait distinguer les paroles.

Enfin tout le monde s'accorde à dire que Mr Marec est estimé à La Roche. Telles sont les affirmations de M.Mes Grall, Corvé, Guédon, Gralle, André et sa fille, Gueguen, Josèphe, etc. M.M. Gouvès et Le Bihan, les témoins de M. de Lavillasse n'ont rien entendu.

De tout cela, il résulte pour moi que les premiers torts viennent de la part du fils du Maire qui n'avait aucun droit sur l'instituteur. Mr Berthelot, que j'ai proposé pour être délégué cantonal, conseiller municipal de La Roche, m'a dit : "Si vous changez Mr Marec, vous donnerez raison au Maire, et cependant si vous êtes au courant de ce qui s'est passé l'année dernière, vous comprendrez facilement que Mr de Lavillasse tienne à faire partir un instituteur qui nous plaît".

En résumé, l'animosité qui existe depuis un an entre Mr le Maire et Mr Marec ne veut pas se calmer de si tôt. C'est pourquoi j'émets l'avis que Mr Marec ait un changement avantageux, si cela est possible, et sans que sa nouvelle résidence l'éloigne beaucoup. Dans ce cas, sur un mot de Mr l'Inspecteur, je proposerai un mouvement.

Si on ne trouve rien pour Mr Marec, son séjour à La Roche sera certainement goûté de la plus grande partie de la population. Je me réserve alors le droit d'aller trouver l'instituteur pour lui tracer sa ligne de conduite envers le Maire.

Veuillez agréer, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, l'assurance de mon plus profond dévouement. L'Inspecteur primaire. ...

Un rapport d'inspection des classes à La Roche

Rapport du 13/1/1888 : Justin Marec a 33 ans.

Nombre d'élèves :
 
 - Inscrits :garçons et filles 85 
 - Présents :garçons et filles77
Classe :
  Longueur  9 - 8
  Largeur  7 - 6
  Hauteur  4 - 3,25

1° Registres : très bien ; tenue générale de la classe : bonne ; propreté : médiocre. Dans la nouvelle classe, je trouve un bureau mal rangé et couvert de poussière. La seconde classe paraît mal propre à cause des murs dégradés. La commune refuse même de fournir des balais aux instituteurs et institutrices. Discipline : bonne. La cour est un véritable cloaque ; il est impossible d'arriver aux cabinets sans passer dans l'eau.

2° Enseignement : Les élèves sont répartis en deux classes. M. Marec et sa femme font tous leurs efforts pour contenter l'administration afin d'obtenir un changement avantageux.
Dans les deux classes, les cahiers mensuels sont très propres et parfaitement annotés à l'encre rouge. Les cahiers uniques sont assez bien tenus et corrigés régulièrement. Toutes les pièces règlementaires sont affichées et le programme se trouve suivi de point en point.
La note très bien est méritée en géographie, car les élèves répondent bien et tracent vivement des cartes au tableau noir.
Le dessin et le chant ne me donnent aucune satisfaction ; il est vrai que le tout est enseigné, mais avec de mauvais procédés qui vont disparaître sur ma recommandation. Toutes les autres matières du programme sont satisfaisantes.

M. Marec obtient de bons résultats ; cette année 4 élèves sur 5 présentés ont réussi aux examens du certificat d'études. Malheureusement ces jeunes gens se découragent, ils croient être mal vus de l'administration. A Mme Marec qui pleurait, j'ai promis un bon changement lorsque cela sera possible.

Une Caisse d'épargne est créée, mais elle ne donne que de médiocres résultats.

Les leçons sont préparées sur des registres spéciaux.

3° M. et Mme Marec sont estimés à La Roche, mais ils sont très mal vus du Maire qui cherchera toujours à leur nuire.

4° Etat matériel de l'école : la seconde classe a besoin d'être blanchie. Il serait nécessaire de faire l'acquisition de quelques cartes géographiques. Bibliothèque : néant. Jardin : bien.
Nota - L'entrepreneur n'a pas encore fourni la tête de loup et les brosses prévues au devis de la nouvelle classe. Il serait nécessaire de lui écrire pour qu'il répare immédiatement les cabinets d'aisance qui ne reçoivent plus les eaux. - Un mot à M. Carré, architecte, de la part de M. le Préfet serait suffisant, je crois.

Observation et conclusions : En résumé, je suis très content de mon inspection et je voudrais trouver partout un travail aussi consciencieux.

L'Inspecteur de l'Instruction primaire, ????

 

Olivier Rolland

 Olivier ROLLAND, né le 11 janvier 1858, Plourin-les-Morlaix, décédé le 6 mai 1936, Bordeaux (à 78 ans), instituteur, puis conseiller municipal et adjoint au maire à Landerneau.
Marié le 15 février 1882, Landerneau, avec Françoise BARON, née le 4 juin 1861, Landerneau, dont

Sa carrière d'instituteur peut être retracée ainsi :

 LieuxFonctionDate de début  |  LieuxFonctionDate de début
 Plougasnou Instituteur adjoint   4 novembre 1876  |  Treflevenez    Instituteur titulaire  27 avril 1881

Il a fait valoir ses
droits à la retraite
le 24 septembre 1916.

 LanderneauInstituteur adjoint15 avril 1877  |  Kerlouan  Instituteur titulaire27 août 1887  
 MorlaixInstituteur adjoint5 septembre 1877  |  La Roche-Maurice    Instituteur titulaire25 janvier 1895
 St-Ségal (Pont-de-Buis)    Instituteur titulaire26 août 1880  |  GuissenyDirecteur1er octobre 1910    

Sources des informations

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper
AML = Archives Municipales de Landerneau


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 André J. Croguennec - Page créée le 15/8/2020, mise à jour le 7/9/2021.

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