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L'école de La Roche-Maurice

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Remarque préalable : En parcourant les archives à la recherche de l'histoire de Pont-Christ, le hasard m'a fait découvrir quelques documents relatifs à l'école de La Roche. Comme ce n'était pas une recherche ciblée, les informations collectées sont évidemment très parcellaires et resteront à complèter. Mais, malgré tout, en attendant de futurs ajouts, j'ai voulu faire profiter mes lecteurs de quelques perles.

Ecole de La Roche

 

Les débuts de l'école

 

1835  Initialisation des projets et des travaux de construction de l'école
1838 Nomination du premier instituteur : Nicolas Marie Cornec
1867 Loi du 10 avril 1867  sur l'instruction primaire, dite Loi Duruy.
Ses conséquences examinées par le conseil municipal flèche

La loi du 10 avril 1867 sur l'enseignement primaire dite Loi Duruy (du nom du ministre de l'Instruction publique Victor Duruy) fait partie des grandes étapes législatives ayant permis la généralisation de la scolarisation en France, avec les lois Guizot (1833), Falloux (1850), et Ferry (1881 et 1882). Elle a notamment permis, 15 ans avant la législation républicaine, de développer l'enseignement primaire féminin, la fréquentation des écoles et leur gratuité (source wikipedia). Fermer X

1869 Projet de construction d'une école de filles
1873 Nicolas Cornec fait prévaloir ses droits à la retraite
1873 Denis Cornec, précédemment à Clohars-Fouesnant, remplace Nicolas Cornec. Denis, à l'état civil "Yves Marie Denis" n'est autre que le fils du précédent.
Amélie, l'épouse de Denis, née Goujon, prend en charge une partie des élèves
1876 Remplacement du couple Cornec par Joseph Jan et Mlle Anna André
1878 Guillaume Carré remplace Joseph Jan
1879 Agrandissement de l'école des garçons
18xx ... à suivre...

Délibération du conseil municipal du 11/8/1867

... Le maire a exposé ce qui suit : "M. le préfet nous engage à faire tous nos efforts pour arriver le plus promptement possible à mettre à exécution la loi du 10 avril 1867. Vu la population et la topographie de notre commune voici ce sur quoi nous avons à délibérer :

  1. sur la création d'une école de filles et la dépense de son entretien
  2. sur la création, peut-être, d'une école de hameau à Pont-Christ, et entretien
  3. sur l'indemnité à accorder au Directeur ou la directrice de cours d'adultes

En conséquence, j'engage le conseil à délibérer sur ces trois propositions et sur les moyens de les exécuter pour le 1er janvier prochain.
Le conseil municipal après avoir mûrement délibéré, tout en reconnaissant, pour la commune, l'utilité des nouvelles créations que la loi lui demande et en avouant même que, dans un temps bien rapproché, si les enfants continuent à affluer dans son école, elle se verra forcée d'ouvrir une école spéciale pour les filles. Considérant que non seulement ses ressources sont bien restreintes, mais qu'elle a encore des dettes à payer, émet unanimement le voeu qu'il plaise à l'autorité supérieure d'ajourner, au moins d'un an, toutes ces nouvelles créations et de nous permettre de nous contenter encore de l'école mixte que nous avons. Quant aux cours d'adultes, le conseil renouvelle la promesse qu'il a faite dans sa délibération du 5 août 1866 de voter postérieurement les fonds nécessaires pour défrayer de son déboursé son instituteur, s'il peut réussir à établir des cours de ce genre.


N.B. - Si les points 1 et 3 paraissent avoir été examinés avec sérieux, il n'y aucune conclusion sur le point 2. Serait-il passé à la trappe ?

Années1858 1859 1867 1870 1871 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 
Garçons  13132744475155525139253240
Filles782525232636363835343236
Total20215269707791888974596476

Les quelques documents que j'ai en ma possession actuellement ne me permettent pas de déterminer le nombre d'élèves présents dans l'école à cette époque, mais seulement ceux qui y accédaient gratuitement. Ceci pour raison de la faiblesse des revenus des parents, voire de la reconnaissance de leur statut d'indigents flèche

Ces listes étaient établies par le maire et le recteur (bel exemple de collaboration quand on sait la guerre scolaire qui sévira plus tard ailleurs !) et validées par le conseil municipal. Voici, par exemple, celle élaborée pour 1858 :
Délibération du conseil municipal N° 58 - Liste des élèves gratuits pour 1858 : L'an 1857, le 8 février à 5 heures du soir, le Conseil Municipal, après le vote des dépenses obligatoires de l'enseignement primaire, a approuvé la liste des enfants à admettre gratuitement à l'école en 1858 et dont la teneur suit :

Numéro
d'ordre
Noms et Prénoms
des enfants
Noms, Prénoms et Demeures
des Parents
Profession
des Parents
Motifs de
l'admission gratuite
Observations    
 Garçons    
1Autret JacquesAutret Françoise, au BourgMénagèrel'indigence 
2Begot YvesFrançois et Quillien Françoise, au Bourg Aide-meunier id. 
3Buzaré PaulJean et Bégot Mie Françoise, au Bas-BourgJournalierid. 
4Calvez YvesFrançois et Guevel Marie, à Pont-ChristJournalierid. 
5Coroller YvesYves et Le Roux Anne, au Bas-BourgJournalierid. 
6Manac'h Jean-MarieYves et Roignant Jeanne, au Bas-BourgJournalierid. 
7Maurizur Yves-MarieJean et Mazé Marie, au BourgJournalièreid. 
8Messager Jn FrançoisJean-Allain et Arzur Jeanne, au Bas-BourgForgeron journalier   id. 
9Le Fur Pierre-Marie  Pierre et Laour Mie-Anne, à Pont-Christ  Charbonnierid. 
10Le Meur Guillaume Guillaume et Bescond Marie-Jeanne, à Pennarun    Cultivateurs le grand nombre d'enfants     
11K/jean Nicolas-MarieJn Marie et Guevel Françoise, au Bas-BourgCantonnierl'indigence 
12Parc Jean-MariePaul et Gueguen Mie Jeanne, au BourgTailleurid. 
13Roignant LouisJoseph et Segalen Françoise, à PennarunJournalier id. 
 Filles    
14Abgrall PerrineAbgrall Renée, au BourgJournalièreid. 
15Broudin NicoleYves et Paugam Mie Jeanne, au BourgJournalierid. 
16Bégot JeannieLouis et Colliot Eliza, au Bas-BourgMaquignonid. 
17Guillot FrançoiseGabriel et Arzur Marie, au Bas-BourgJournalièreid. 
18Penduff Mie YvonneJean et Madec Françoise, au Bas-BourgJournalierid. 
19Prigent Mie AnneYves et Moal Mie Jeanne, à K/nevezJournalierid. 
20Roux FrançoiseAllain et Le Bris Marie, au BourgBourrelierid. 

 

Nicolas Cornec, le premier instituteur

 

Nicolas Marie CORNEC, né le 7 juillet 1803, Landerneau, décédé le 31 mars 1885, Bourg, Taulé (à l'âge de 81 ans), instituteur communal à La Roche.
Marié le 11 août 1835, Daoulas, avec Marie Jeanne Céleste BERGOT, née le 21 mai 1807, Lesneven dont
Emploi du temps des 3 classes
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Nicolas Marie Cornec est né le 7 juillet 1803 à Landerneau, de Nicolas, cultivateur, et de Constance Madec.
Il commençe sa carrière d'instituteur public en 1827.
En 1835 il est domicilié et enseigne à Dirinon.
Le 11/08/1835, à Daoulas, alors âgé de 32 ans, il épouse Marie Jeanne Céleste Bergot, âgée de 28 ans, originaire de Lesneven, fille de Yves Marie, greffier, et de Marie Françoise Jacquette Roire.
Il continuera à enseigner à Dirinon jusqu'à sa nomination à La Roche.

En 1838, le 11 décembre, le maire de La Roche reçoit une lettre de la sous-préfecture de Brest, signée "le sous-préfet Cocagne", lui annonçant que "le sieur Cornec [a] été nommé aux fonctions d'instituteur communal à La Roche par le comité supérieur de l'arrondissement".

Et, de ce fait, le conseil municipal est convié à "déterminer par une délibération pour l'année scolaire 1838 à 1839, le taux de la rétribution mensuelle à payer par les élèves" et à "établir en même tems l'état des enfans qui devront être admis à l'école gratuitement pendant ladite année". Tout ceci en suivant les instructions que le sous-préfet a décrites dans son mémorial n° 185 et celui portant le n° 162.

Monsieur Cornec sera donc ainsi instituteur et directeur de l'école de La Roche. Et ne tardera pas à devoir s'occuper à lui tout seul de trois classes. Il explique, dans la note ci-contre (cliquer sur + pour agrandir), comment il procède pour diriger ces trois groupes d'élèves. Autant dire qu'il fait cela de main de "maître".

On constate, en outre, que chaque session du matin et du soir commence et se termine par la "prière". Il y a même un temps réservé au "catéchisme". Ces deux points peuvent surprendre aujourd'hui dans une école publique. Mais nous sommes avant la vague de laïcisation de 1886, avant la guerre scolaire qui la suivit et avant la séparation de l'église et de l'état de 1905. C'était l'époque bénie où il n'y avait pas encore de laïcards forcenés ni de religieux extrémistes.

Et puis, il y avait la remise des prix... Voici, plus bas, un exemple de l'année scolaire 1840-1841.

Après une carrière si bien remplie, en menant de front trois classes de niveaux différents, et, peut-être en s'occupant le soir de la formation des adultes, Nicolas Cornec, fit donc valoir ses droits à la retraite pour ancienneté de service. Par décret du président de la République Française du 10 avril 1873, publié dans le Bulletin des lois de la Republique Francaise Nicolas Marie Cornec, né le 7 juillet 1803 à Landerneau, instituteur public, durée des services : 45 ans et 4 mois, obtient une pension de 236 F. avec une prise d'effet le 1/1/1873.

Par la suite, il se retire à Taulé où son fils continuait sa carrière d'instituteur.

 
Distribution des prix 1840-41 - page 1
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Distribution des prix 1840-41 - page 1
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(A SUIVRE...)

 

 

Sources des informations

 


ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper


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