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Chateaux et manoirs de La Roche

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Châteaux et manoirs

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Le Roc'h Morvan

A tout seigneur tout honneur, le plus grand et le plus vieux de tous.
Le Roc'h Morvan est un roc'h, un rocher en breton, qui surplombe de 70 mètres la rivière Elorn. Ce promontoire escarpé procure naturellement un lieu de défense et une assise idéale pour une forteresse. Bâti et modifié par ses propriétaires successifs, il entre dans la catégorie des sites fortifiés de hauteur.

La présence d'une éminence rocheuse a dispensé ses constructeurs d'édifier un tertre de terre artificiel, une motte. Cependant, ils ont dû aplanir le sommet du rocher, combler des multiples anfractuosités par des murs de pierre et fortifier toutes les arêtes rocheuses par des murailles afin d'en renforcer les défenses naturelles.

Au XIè siècle, un dénommé Morvan, vicomte de Cornouaille, y érigea un château auquel il donna son nom. Le rocher a d'abord été nivelé pour servir de carrière de pierre. Puis, un premier château est édifié à l'emplacement de l'actuelle tour nord. Morvan cherche ainsi à protéger la Cornouaille des invasions des vicomtes de Léon, lesquels finiront, tout de même, par s'emparer de la place forte.

Les vicomtes de Léon s'en emparèrent vers le XIIè siècle ; un cadet de cette famille, Hervé Ier de Léon en fit alors la résidence des seigneurs de Léon, vers 1180. Au XIVè siècle, le château fut transmis par alliance aux vicomtes de Rohan qui y effectuèrent d'importants travaux avant de le délaisser au XVIè siècle. En 1987, un de leurs descendants, Josselin de Rohan, céda le château en ruine au département du Finistère. L'édifice a été inscrit au titre des Monuments Historiques en 1926.

Le manoir de Keraoul

La première mention que l'on trouve à son propos apparaît dans la réformation des fouages de 1426 : à "Ker Raoul, le demeurant en l'hôtel Robert Kerraoul exempt et tient terres de féage du sire de Rohan qu'il a baillées à ceux de La Roche à labourer". L'ancien manoir est connu pour avoir été la propriété des "Le Gac de Keraoul" et sans doute construit par eux.

C’étaient autrefois de riches seigneurs qui possédaient des terres jusqu’à Guipavas, Dirinon, Plouneventer, ... etc. Dès 1474, ils avaient une chapelle privative, dédiée à Saint-Jérôme, dans l'ancienne église Saint-Houardon de Landerneau. Ils blasonnaient « D'azur au dextrochère armé d'argent, tenant cinq flèches d'or en pal, ferrées et empennées d'argent » avec la devise : « Virtus unita et Sicut sagittae in manu potentis ». ("La vertu unie" et "Comme les flèches dans la main du puissant"). Sur l’ancien manoir, on pouvait voir les armes des Le Gac en alliance avec celles de la famille de Keranguen « D’argent à trois tourteaux de gueules », sur une pierre qui a été intégrée au nouveau château. François Le Gac de Keraoul et Françoise de Keranguen vivaient au tout début du 17è siècle. C’était la belle époque mais au 18è siècle la fortune de la famille périclite à tel point qu’après 1758, les seigneurs du lieu, Marc-Antoine Le Gac de Keraoul et Anne de Kerven, son épouse, quitteront leur manoir pour aller habiter chez leur fils, César Auguste, recteur de Pluguffan.

Le domaine resta dans la famille proche quelques années encore, puis il fut acheté en 1802 par Isidore Joseph François Marie Ollivier (1766-1843), agent d’affaires à Landerneau. C'est son petit-neveu Yves Isidore Marie Ollivier qui fera construire le nouveau château sur l'emplacement de l'ancien manoir, probablement en 1871.

Il appartiendra ensuite à Ernest Désiré Robert, notaire à Landerneau, à Fernand Aubert de Vincelles, et puis à Louis Berthelot, négociant de Brest. Ce dernier vendra le domaine en 1945 à l’association don Bosco, qui a vu le jour cette année-là en novembre. Elle fût créée par différentes personnalités du département du Finistère. Son principal fondateur fut l'abbé Marcel Le Vey, pionnier de l’Enfance Inadaptée. Parmi les autres fondateurs, on peut citer aussi Pierre Branellec, négociant de Brest et trésorier de l'Association, qui joua un rôle efficace dans la collecte des fonds et la négociation avec le vendeur du château de Keraoul.

A ses débuts, l'Association abritait les jeunes victimes de la guerre et les « cas sociaux ». C’est en juin 1946 que les premiers enfants arrivèrent à Keraoul. L'inauguration officielle eut lieu le 11 octobre, en présence de nombreuses personnalités civiles et religieuses. Aujourd’hui l’association héberge des personnes en situation de handicap, jeunes comme adultes.

 

Le manoir du Pontois

Le manoir du Pontois, ainsi que la chapelle Saint Guillaume, toute proche dans les bois, a été construit par Guillaume Le Pontois (+1663), sieur du Pontois et du Beauchesnay (ou de Boischêne), procureur fiscal de Landivisiau, et sa dame Catherine Mahieu (+1690 ca), qu’il avait épousée en 1632. Ils blasonnaient D'azur à la fasce d'or, surmontée de deux croissants de même et possédaient aussi des maisons à Landerneau et des terres et manoirs sur Plouedern.

Le manoir fut ensuite la propriété de la famille Le Roy de Parcjean, notables de Landerneau.

Marie Anne Geneviève Le Roy de Parcjean ayant épousé Louis Guillaume du Parscau du Plessix, la propriété échut à sa fille, Anne-Louise du Parscau du Plessis, née au manoir de Keryvon en Saint-Derrien, bien connue pour ses écrits lors de la révolution.

En 1802, elle épousa Denis Marie Guymar de Coatidreux (1754-1825), célèbre chouan, maire de La Roche de 1808 à 1810, puis haut fonctionnaire successivement au tribunal de Quimper et à la cour royale de Rennes, de 1811 à 1825. Pendant cette période le château du Pontois sera loué à Jean-Baptiste Lamarque (1755-1839), ancien militaire et maire de La Roche de de 1818 à 1838.

Quelques années après la mort de son mari, en 1831, Anne-Louise vendit le domaine du Pontois, qui lui appartenait en propre, à son gendre Joseph d'Audibert de Lavillasse.

Le second fils de Joseph de Lavillasse, Paul, fit construire le château de Kernevez et s’y installa.

L’aîné, Léon, résida au Pontois, fut maire de La Roche de 1867 à 1891, fit l’acquisition de nombreuses propriétés et se lança dans l’industrie : création des forges de Brezal, exploitation de la minoterie de La Roche Blanche. Malheureusement, en 1890, il fit faillite et dut vendre tous ses biens, y compris son château du Pontois.

C’est la demi-soeur de Léon, Stéphanie de Lavillasse, qui l’acheta en 1890, pour sauvegarder le bien auquel son frère tenait le plus et où il résidait. Par malheur, Stéphanie, riche en biens mais très endettée, ne put le conserver et le céda l'année suivante à un certain Eugène Belin, originaire de Roannes, général de brigade.

En 1895, Gabriel de Kermenguy de Cléder et son épouse Blanche de Bernon deviennent acquéreurs du Pontois et de la métairie du Morbic. Ils étaient déjà locataires du manoir depuis le 1er mai 1894.

En 1913, après le décès de Gabriel de Kermenguy, c’est un agriculteur de Kerlouan, Yves Bernard, qui se porte acquéreur du domaine du Pontois. Yves Bernard était l’arrière-grand-père des propriétaires actuels.

 

Le manoir de Kerlys

Le manoir de Kerigeant, futur Kerlys, a été construit par les meuniers et propriétaires du moulin de Kerigeant, les frères Lacaze, après qu’ils aient acheté le moulin, en 1861. Le manoir restera propriété de la famille, en l’occurrence le beau-père d’Auguste Lacaze, jusqu’en 1891.

Cette année-là Stéphanie de Lavillasse cherchait une demeure pour héberger la famille de son demi-frère Léon qui avait fait faillite et perdu son château du Pontois. Elle fit donc l’acquisition du manoir de Kerigeant, qu’on n’appelait pas encore Kerlys. Stéphanie décéda en 1895 à Landerneau et le manoir finit par échoir dans la succession de Pedro d’Audibert de Lavillasse, fils de Léon, qui avait épousé en 1902 Marie-Louise Minguy.

Marie-Louise Minguy était une femme assez extraordinaire. De condition modeste (son père, d’origine paysanne, était mendiant quand il mourut en 1889), Marie-Louise avait monté à Lorient avec ses frères et soeurs « un fonds de commerce de blanc, lingerie, dentelles et costumes pour dames et enfants ». En 1903, elle achète à Brest un fonds de commerce de gants et d'articles divers, dont l'enseigne est "Au Lys", 26 rue de Siam. Puis, en 1912, elle ouvre un atelier et un magasin de haute couture, qu'elle appelle "A Trianon". Un nom qui évoque le luxe. A côté des tailleurs, des jupes et manteaux, on trouvera beaucoup de fourrures. Il était situé place du Champ-de-Bataille, aujourd’hui Place Wilson (29, rue Jean Macé), près de "La Dépêche de Brest".

Au décès de son mari, en 1940, Marie-Louise hérite du manoir qu’elle avait appelé Kerlys, en souvenir de son premier magasin à Brest. N’ayant pas elle-même d’héritiers, en 1949, elle décide de léguer Kerlys à l’évêché. Mais, l’évêché était plus intéressé par une résidence que les soeurs du Saint-Esprit possédaient à Morlaix. L’évêque fit le nécessaire pour que l’échange ait lieu. Voilà pourquoi les religieuses se retrouvèrent à Kerlys, avec le devoir contractuel de veiller au bien-être de Marie-Louise Minguy, jusqu’à sa mort qui arriva le 12 novembre 1952.

Marie-Louise Minguy se faisait appeler « la marquise de Lavillasse ». Si elle n’était pas marquise par ses origines, comme on l’a vu, elle l’était par son mari qui descendait directement de Joseph Hyacinthe Siffrein d’Audibert de Lavillasse, né le 22 mai 1746 à Carpentras, assassiné le 14 avril 1791 dans son château de La Villasse à Vaison-la-Romaine (Vaucluse), à l'âge de 44 ans. Il était vraiment « marquis », mais il fit quelques erreurs graves dans les conflits qui se produisirent lors de la suppression du comtat venaissin qui appartenait au pape. Il fut assez méprisant pour le peuple, et de plus, il s’était rangé du côté du « parti français » alors qu’il habitait une campagne complétement « papiste ». Il en est mort.

 

Le château de Kernevez

Il a été construit, entre 1858 et 1860, par Paul d'Audibert de Lavillasse, qui habitait alors le manoir du Pontois, où il est né.

Une grande partie des terres de Kernevez avait déjà été achetée par ses parents, Joseph Marie François Etienne d'Audibert de Lavillasse et Louise Denise Guymar de Coatidreux, avant le décès de son père en 1846. Louise Guymar fera donation de ces terres, en avance d'hoiries, à son fils en 1860.

Mais dès 1858, Paul de Lavillasse, qui exploitait les terres de Kernevez en tant qu'agriculteur, avait acheté d'autres parcelles en ce lieu. Et notamment la parcelle où il construisit son château.

En 1861, le "manoir de Kernevez" apparaît, pour la première fois, dans les recensements de La Roche. A cette date, le résident est, bien sûr, Paul de Lavillasse, 22 ans, agriculteur. Une "fille de confiance" et 3 domestiques habitent avec lui.

En 1866, on va y retrouver le même Paul Marie de Lavillasse, propriétaire, avec son épouse Nathalie Belhommet, et 6 domestiques. Le couple et ses deux filles y sera présent jusqu'au recensement suivant en 1872.

En 1872, Paul de Lavillasse vend son domaine à Paul de Dieuleveult, qui venait de Tréguier. Dans l’acte, le vendeur est qualifié de négociant, son changement de profession explique, sans doute, la vente du domaine de Kernevez.

Le domaine de Kernevez reste dans la famille de Dieuleveult ou alliée jusqu’en 1921, date à laquelle il est acheté par le vice-amiral Charles Berthelot (1874-1949). Puis, son fils Jean Berthelot (1906-1992) hérite du domaine qui sera revendu en 1995.

 

Le manoir de Kerfaven

Ce manoir n’existe plus aujourd’hui, il existait encore en 1864 comme on peut le voir sur un plan élaboré à cette date. La construction du chemin de fer n’a pas entraîné sa démolition, mais seulement celle du kanndi.

C’était un manoir caractéristique de notre architecture léonarde où les édifices délimitent une cour carrée presque close, tel qu’on pouvait encore le constater sur le cadastre napoléonien de 1811 et sur le plan de 1864.

Ce manoir remonte au moins au début du 15è siècle, on en trouve mention dans la "réformation des fouages de 1426" : il y est dit "à Ploudiry, fief du vicomte de Rohan, au manoir de Kerfaven un métayer à Jehan Le Moyne".

Plus tard le 24 novembre 1466, Jehan Le Moyne épousa Margot de Brezal, fille de la famille voisine. C'est ainsi que Kerfaven entra dans le fief des seigneurs de Brezal. Si bien, que plus tard, le manuscrit de la réformation du domaine, daté du 9/6/1681 pour Ploudiry, constate « Le manoir et lieu noble de Kerfaven possédé par ledit seigneur de Brezal consistant en maison couvertes d'ardoises et autres dependances tenu en ferme par Allain Abgrall et Guillaume Perramant ».

Les édifices de la ferme au milieu du 20è siècle reproduisaient la configuration ancienne. Sur la façade sud du bâtiment le plus au nord, parallèle à l'Elorn, on pouvait encore voir, dans les années 1960, un superbe cadran solaire.

 

Le manoir de Keramer Voir quelques informations sous couvert du chapitre dédié au moulin de Keramer ou de Pont-Croix (étude à complèter)

 

Source des informations

Cette page de synthèse a été créée le 10/1/2021 à partir des études détaillées publiées depuis longtemps sur ce site.



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 André Croguennec - Page créée le 10/1/2021 à partir des études détaillées publiées depuis longtemps sur ce site.

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