blason de Brezal

La fortune des Le Roux de Brezal

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La fin de l'ancien régime n'a pas supprimé les grands propriétaires terriens. Si les successeurs des seigneurs de Brezal, de Kersauson et de Tinteniac, à Brezal au 19è siècle, ne possèdent pas autant de propriétés que les familles nobles d'autrefois, loin de là (cf les possessions des seigneurs de Brezal), leurs domaines restent cependant assez impressionnants. C'est ce que nous allons voir ici.

Après divers propriétaires des lieux au début du 19è siècle (voir le chapitre sur le château de Brezal), arrêtons-nous en 1847 sur la famille Le Roux et, plus tard, sur leurs héritiers à Brezal, les Huon de Penanster.

La fortune de la famille Le Roux

La fortune des Le Roux est devenue conséquente par les activités de Guillaume Le Roux (né en 1794 à Landivisiau, décédé en 1868 à Brezal), fabricant et marchand de toiles, puis co-fondateur de la Société linière de Landerneau en 1845. On le voit, plus bas, par l'acte de donation-partage fait en 1881 à l'initiative de sa veuve, Clara Bazil, et au profit de leurs trois enfants, Léon, Albert et Claire.


Léon Le Roux, sa femme Julia et leur 3 enfants en 1905.

Albert Le Roux
 

On y dénombre :

Le tout estimé à une valeur de 1.296.000,00 francs. Il n'est pas facile de se rendre compte de ce que cela représente aujourd'hui. Mais, sachant que la terre de Brezal, définie comme : "la métairie du manoir de Brezal, la grande métairie de Brezal, la métairie de Brezalou, le château et la réserve de Brezal avec les bois, le moulin à eau de Brezal et la distillerie, la métairie de Goarem Kertanguy, la métairie de Penhoat Bian", est estimée à 280.719,22 francs, on voit que la fortune des Le Roux est égale à 4,6 fois la valeur de la terre de Brezal.

L'un des trois enfants, Albert (né en 1839 à Landivisiau, décédé en 1912 à Brezal) va encore accroître cette fortune. Et ceci, par ses activités de banquier à Morlaix, de gérant de la Société linière de Landerneau et d'administrateur des biens reçus de sa mère, dont l'exploitation des bois de Brezal.

" Toute sa vie, Albert, fait prospérer ses affaires, et accroît son patrimoine, malgré ses générosités (*). Il procède à des acquisitions foncières, selon les occasions. Ainsi sont entrées dans la famille les îles autour d'Ouessant : Béniguet, Trielen, Balanec et Bannec. C'était une occason à saisir : il a acheté le lot pour 165.000 francs à la vente judiciaire du 22/5/1883 qui a eu lieu au Cosquer en Guipavas, Lorin, notaire, liquidant les biens après faillite du manufacturier Albert Mazé-Launay. Les quatre îles font partie de la commune de Ploumoguer. Beniguet comporte 81 ha 41 a 76 ca. Trielen, 27 ha 10 a 01 ca. Balanec, 18 ha 16 a 09 ca et Bannec 11 ha 39 a 66 ca. Elles sont louées à des goémoniers. Ils brûlent le varech, et les cendres sont dites "soude brute". Béniguet peut en produire 500 tonneaux de 1000 kg, Trielen, 400, Balanec et Bannec, ensemble, 100. La soude est payée au titre établi par le chimiste de l'usine du Conquet à raison de 10 francs le kg d'iode. Par exemple, une tonne contenant 5 kg d'iode est payée 50 francs. L'innovation apportée par Albert Le Roux est que toute la soude est fabriquée par incinération dans des fours Pellieux. L'affaire est compliquée mais rentable. Ces îles resteront dans la famille une quarantaine d'années " (source Vincent Huon de Penanster).

(*) Il se dévoue pour les bonnes oeuvres, il aide les pauvres de toutes les paroisses environnantes et il soutient le monastère bénédictin de Kerbeneat. Lorsque les notables de Landivisiau décident d'y créer une Ecole Chrétienne, il devient le principal actionnaire de la société (et aussi, soit dit en passant, le président du Conseil d'Administration). Il lui fera des dons réguliers qui atteindront 30 % de capital social.

Albert a, aussi, acquis des biens au village de Kergavan en Plougoulm, où il a fait construire une maison et une écurie vers 1896-98 (source AML 9 S 53).
Pour connaître toute la fortune des Le Roux, il faudrait connaître toutes les autres acquisitions d'Albert, et rechercher les actes de sa succession après 1912. (à suivre)

Autant Albert et sa soeur Claire (voir plus bas) se sont montrés dynamiques en affaire et ont fait fructifier leur fortune, autant leur frère aîné Léon Guillaume l'a dépensé dans sa passion pour l'élevage du cheval breton. "Léon a des goûts de grandeur, de vastes idées, mais sans les moyens concrets pour les mener à bien. Il va notamment se ruiner dans sa tentative d'améliorer la race des chevaux de trait bretons, alors que l'élevage est florissant" (vhdp). Il est significatif que, dans la donation-partage dont on parle ici, il ne demande que des valeurs mobilières.

Transmission à la famille Huon de Penanster


Claire Le Roux et son époux, Charles Huon de Penanster en 1898

La fortune d'Albert Le Roux et de sa soeur Claire va devenir la propriété de la famille Huon de Penanster. En effet,

  1. au décès d'Albert en 1912, c'est sa soeur Claire Le Roux, Mme Huon de Penanster, qui hérite du domaine de Brezal et des fermes environnantes.
  2. au décès de Mme Huon de Penanster en 1927, l'héritage passe à l'un de ses petit-fils, Charles Joseph Huon de Penanster (1904-1972). Charles Joseph n'est autre que le père de Vincent Huon de Penanster, futur résident du château de Brezal en 1970 et maire de Plouneventer en 1971.

Le 8/7/1920, Claire Le Roux avait établi un testament chez Me Henry Danguy des Déserts, notaire à Landerneau. Ce testament respectait les volontés de son frère Albert et désignait Charles Marie Albert, le seul garçon de Claire comme légataire.

Mais, celui étant décédé en 1923, Mme de Penanster désigna en cette même année par un codicille son petit fils Charles Joseph, fils du précédent, comme légataire. Ce codicille laisse entendre qu'Albert Le Roux avait des exigences assez précises pour le choix de ses héritiers et indique qu'il "serait regrettable de morceler cette propriété".

Voir la famille de Penanster sous couvert du petit livre vert

Sur la photo, en 1898, Claire Le Roux (1849-1927) et son époux, Charles Huon de Penanster (1832-1901). Conseiller général des Côtes-du-Nord pour le canton de Plestin-les-Grèves en 1861. Député en 1871. Sénateur en 1886, réélu jusqu'à son décès. Maire de Lannion de 1888 à 1892.

Outre son action comme élu, sa vie est marquée par deux réalisations de grande envergure : l'acquisition et la restauration du château de Kergrist ; la prise en main et le spectaculaire développement d'un hebdomadaire destiné à un public familial, le Petit Echo de la Mode. Oeuvre dans laquelle la puissante personnalité de son épouse a pris une part aussi discrète que décisive.

Après le décès de son mari en 1901, c'est Claire Le Roux qui poursuit l'aventure de cette maison d'édition, avec son fils Charles-Albert et ses filles Marie et Claire, qui détiennent avec elle la moitié du capital de la société. En 1921, ils créent "Lisette", hebdomadaire pour les petites filles, puis suivra "Pierrot", hebdomadaire pour les jeunes garçons. Pour les détails, on pourra lire, plus bas, l'excellent article de Vincent de Penanster sur son arrière-grand-mère.

FERMER X Charles HUON de PENANSTER, né le 11 août 1832, Lannion, Côtes-d'Armor, décédé le 31 mai 1901, Runfao, Ploubezre, Côtes-d'Armor, enterré - Runfao, Ploubezre, Côtes-d'Armor (à 68 ans), propriétaire, sénateur des Côtes-du-Nord.
Marié le 17 juin 1867, Plouneventer, avec Claire LE ROUX, née le 25 avril 1849, Rue de l'église, Landivisiau, décédée le 9 juin 1927, Paris (à 78 ans), dont

Donation-partage par la veuve de Guillaume Le Roux en 1881

Dans l'acte de donation-partage qui suit il y a quelques pointillés : je n'ai pas transcrit toute
la description des biens qui se trouvaient loin de Brezal.

Donation-partage Le Roux, notaire Bourgeois Morlaix - 19/1/1881 (ADQ 4 E 133/287)

Par devant Me Eugène Bourgeois et Me Le Gac de Lansalut, notaires à Morlaix, Finistère, soussignés, fut présente
Madame Marie Gabrielle Claire Bazil, veuve de M. Guillaume Le Roux, propriétaire sans profession, demeurant à Morlaix, quai de Léon, N° 42, laquelle, voulant donner satisfaction au désir exprimé par son fils aîné M. Léon Guillaume Le Roux, a par ces présentes déclaré faire donation entre vifs et abandon à titre de partage anticipé des biens meubles et immeubles ci-après désignés, à ses trois enfants savoir :
1° M. Léon Ernest Marie Guillaume Le Roux, propriétaire, demeurant à Landivisiau,
2° M. Albert Pierre Edouard Guillaume Le Roux, veuf de dame Marie Marguerite Zoé Puyo, banquier, demeurant à Morlaix, rue de la Villeneuve,
3° Mme Léonie Marie Anne Claire Le Roux, épouse de M. Charles Marie Pierre Huon de Penanster, propriétaire, demeurant au château de Kergrist en la commune de Ploubezre (Côtes-du-Nord),
Tous présents et acceptant, Mme Huon de Penanster sous l'autorisation de son mari.

Masse des biens abandonnés

§ I - Immeubles

Art. 1    La métairie de Rhu Pencoat Meur en la commune de Landivisiau, figurant au cadastre de ladite commune section B sous les numéros 419, ... ... ... Cette propriété a été acquise par M. Guillaume Le Roux aux termes de procès-verbal d'adjudication volontaire reçu le 20/11/1845, Cozanet, notaire à Landivisiau, de Laurent Pouliquen.   1.510,00
Art. 2 Le vieux château de Coatmeur en la commune de Landivisiau, portant au cadastre, section B, les N° 936, 938, 995, 996, 997, 998 bis, 1000, 1001, 1002, 1003, pour une contenance de 1 ha 80 a 6 ca. Cette propriété est affermée aux Sieurs Auffret et Dumine aux termes de bail du 4/11/1874, Gourmelon, notaire à Landivisiau, expirant le 29/9/1885, pour payer par an 150 francs et des charges évaluées une fois payé, 20 francs dont le neuvième est de 2,22 francs, ensemble 152,22 francs. Cette propriété a été acquise des consorts Gueguen, aux termes d'un acte reçu par Me Queinnec, notaire à Landivisiau, le 25/4/1861. 152,22
Art. 3 Un pré au bas du bois de Coatmeur ... le bail est actuellement fixé à ... 345,00
Art. 4 Le bois de Coatmeur figurant au cadastre section B comme portion des n° 715 et 951 pour une contenance de 124 ha environ. Ce bois n'est point affermé, il est ici évalué à un revenu brut annuel de 2.400 francs. Cet article a été acheté par M. Guillaume Le Roux des consorts Smith aux termes d'un contrat de vente reçu par Me Le Clech, notaire à Lesneven, le 4/3/1882. 2.400,00
Art. 5 Deux champs terre labourable ... Le champ n° 1056 est affermé ... 70,00
Le champ n° 169 est loué 75,00
175,00
Art. 6 Champ et pré en la commune de Landivisiau... Ces terres sont louées ... 128,00
Art. 7 Un pré au terroir de St Guenal en la commune de Landivisiau, ... Ce pré est affermé verbalement ... 12,00
Art. 8 Deux champs au terroir de Kerom en la commune de Landivisiau ... Ces champs sont affermés ... 150,00
Art. 9 La métairie de Kerseac'h en la commune de Plouneventer ... pour une contenance totale de 16 ha 45 ares 94 ca. Cette métairie est affermée ... 480,00
Art. 10 Terres à Runpoulzic en la commune de Plouneventer portant au cadastre section F les n° 316 et 332 bis pour une contenance de 38 ares 20 ca. Ces terres sont affermées avec l'article 11 ci-après.
Art. 11 Une maison et une parcelle de terre à Runpoulzic en la commune de Plouneventer, portant au cadastre section F, les numéros 284 et 318, pour une contenance de 80 ares 60 ca. Cet article avec le précédent est loué à Charles Le Ven pour payer par an ... 75,00
Art. 12 Une métairie à Runpoulzic en la commune de Plouneventer, portant au cadastre section F, 262 à 270, 271 (portion), 275, 276, 282 (portion) 285, 310, 312, 317, 319, 320, 326 à 329, 334, 338 et 342, pour une contenance totale de 9 ha 75 a 56 ca. Cette métairie est affermée, avec l'article 10 ci-dessus, jusqu'au 29/9/1886 aux termes de bail du 4/12/1873, Larreur notaire à Plouguerneau, aux époux François Péron, pour payer par an 500 francs, outre acquitter les impôts évalués 50 francs et des charges évaluées 2 francs, ensemble 552 francs. 552,00
Art. 13 Une autre métairie au même lieu de Runpoulzic en la commune de Plouneventer, portant au cadastre section F les n° 311, 336, 337, 39, 340 et 341, pour une contenance de 1 ha 24 ares 12 ca. Cette propriété est affermée par bail du 3/11/1880, Guirriec notaire, expirant le 29/9/1889, à Paul Velly pour payer par an brut 150 francs. 150,00
Les 4 derniers articles, formant l'ensemble de la propriété de Runpoulzic, avaient été acquis par feu M. Guillaume Le Roux, constant la communauté et savoir :
  • Partie de M. et Mme de Lhot aux termes de contrat de vente par adjudication reçu par Me Robert notaire Landerneau le 26/2/1850.
  • Autre partie des consorts Le Bras, aux termes d'adjudication sur licitation judiciaire reçue par Me Cozanet, notaire à Landivisiau, le 6/6/1850.
  • Autre partie des consorts Cessou aux termes d'acte de vente reçu par Me Cozanet le 27/3/1856
  • Et enfin pour une petite partie aux termes de déclaration d'acquisition de terrain vague par voie de préamption passée le 9/3/1865 devant Queinnec notaire à Landivisiau et d'un acte de partage reçu par Me Cozanet notaire à Landivisiau le 29/10/1862.
Art. 14 La métairie du manoir de Brezal, située dans les communes de Plouneventer et de St-Servais, portant aux cadastres commune de Plouneventer, section F, le n° 344, 345, 362 (portion), 364, 365, 366 (portion), 374 à 377, 391, 578, 583 et 605 (portion) et commune de St-Servais, section B, n° 1079 et 1080, le tout pour une contenance de 4 ha 15 a 10 ca.
Cette propriété est affermée aux termes du bail du 29/5/1868, Cozanet, notaire à Landivisiau, prenant fin le 29/9/1881, pour payer par an de prix de ferme...
1.000,00
Art. 15 La grande métairie de Brezal en la commune de Plouneventer, portant au cadastre section E, les n° 710 et 711 et section F, les n° 190, 191, 192, 194 à 201, 211 à 217, 220 à 223, 225 à 227, 232, 235 à 238, 514, 515, 519 et 581, pour une contenance de 22 ha 49 a 50 ca. Cette propriété est affermée par bail au 7/1/1872 au rapport de Cozanet, notaire à Landivisiau, prenant fin le 29/9/1884 aux époux Boulch et Péron, pour payer par an la somme de 1.000 francs et acquitter les impôts évalués 125 francs. Par ce même bail, il est affermé un portion de prairie moyennant le prix de 50 francs, plus les impôts évalués 6 francs. Ce qui donne un fermage total de 1.180 francs. Un nouveau bail des deux tiers de ladite métairie a été consenti aux époux Boulch par acte du 26/11/1879, Guirriec, notaire à Landivisiau, pour payer par an 850 francs. 1.180,00
Art. 16 La métairie de Brezalou en la commune de Plouneventer portant au cadastre section F, les n° 88, 202, 203, 205 à 214, 218, 219, 511, 516 à 523, 558, 565 à 576, 599, 600, 601, 618 à 624, 633, 634 et 635, pour une contenance de 29 ha 92 ares 69 ca. Cette propriété est affermée aux consorts Galliou aux termes de bail du 4/12/1872, au rapport de Me Larreur, notaire à Plouguerneau, expirant le 29/9/1886, pour payer par an 1.250 francs, l'acquit des impôts évalués à 100 francs et les charges évaluées 10 francs, ensemble ... 1.360,00
Art. 17 Le château et la réserve de Brezal en les communes de Plouneventer et St-Servais, portant aux cadastres communes de Plouneventer, section E le n° 712 et section F les n° 363, 366 (portion), 367, 392 à 395, 577, 582, 584 à 590, 590 bis, 591 à 598, 602 à 604, 605 (portion), 606 à 617, 625 à 628, 630, 631 et 632, et commune de St-Servais, section B, n° 1076, 1077 (portion) et 1078, pour une contenance de 57 ha 54 a 78 ca.
Cet article n'est point loué et il est évalué en revenu brut, savoir
- le château et ses dépendances : 1.500 francs
- les terres en culture et les bois 2.500 francs, ensemble ...
4.000,00
Art. 18 Le moulin à eau de Brezal et l'ancienne distillerie situés dans les communes de Plouneventer et St-Servais, portant aux cadastres commune de Plouneventer, section F, les n° 368 à 372 et commune de St-Servais, section B, les n° 959 à 961 et 1077 (portion) pour une contenance de 8 ha 48 a 44 ca. Le moulin de Brezal et ses dépendances est affermé par bail du 7/11/1874, au rapport de Me Larreur, notaire à Plouguerneau, à Yves Guevel, jusqu'au 29/9/1885, moyennant le prix de ferme de 660 francs, les contributions évaluées 60 francs et les charges secondaires évaluées 2 francs, ensemble 722 francs. Il existe sur le moulin une souche de 1.545 francs à rendre par le fermier.
De plus, Mme Le Roux loue à la commune de Plouneventer, les édifices de la distillerie pour l'usage de l'administration des haras, moyennant 170 francs par an, et l'abandon du fumier produit par les chevaux avantage évalué 50 francs par an, ensemble 220 francs.
722,00

220,00
Art. 19 La métairie de Goarem Kertanguy, située dans les communes de Plouneventer et St-Servais, portant au cadastre commune de Plouneventer, section F, le numéro 361 et portion de 362, et commune de St-Servais, section B, n° 1081, 1082 et 1083, pour une contenance de 11 ha 83 a et 20 ca. Cette propriété est affermée à Guillaume Tanguy et consorts par bail du 24/3/1880, Guirriec, notaire à Landivisiau, prenant fin le 29/9/1889, moyennant 450 francs de prix de ferme, les impôts évalués 40 francs et des charges évaluées 2 francs, ensemble 492 francs. 492,00
Art. 20 La métairie de Penhoat Bian en la commune de St-Servais portant au cadastre, section B, les n° 1048 à 1056, 1058 à 1064 et 1066 à 1073, pour une contenance de 9 ha 94 a 64 ca. Cet article est affermé par bail du 27/11/1876, Pochart, notaire à Lesneven, expirant le 29/9/1888, aux époux Christophe Quellennec. Ce bail contient en outre location d'une pièce de terre dite Goarem Vras cadastre n° 97 pour 12 années expirant également le 29/9/1888. Le tout moyennant un prix de fermage de 625 francs, les contributions évaluées 60 francs et les charges évaluées 12 francs, ensemble 697 francs. 697,00
Les sept derniers articles (14 à 20 inclus) formant l'ensemble de la terre de Brezal ont été acquis par un même acte de vente au rapport de Me Cozanet, notaire à Landivisiau, en date du 24/10/1847, de M. Louis Désiré Véron.
Une petite parcelle de terrain vague a en outre été acquise par déclaration de préemption reçue par Me Queinnec, notaire à Landivisiau, le 10/1/1855.
Art. 21 La métairie et le vieux moulin de Kerivin en la commune de St-Servais ... 700,00
Art. 22 Une petite portion de la métairie de Trefascoët en la commune de Loc-Eguiner ... 240,00
Art. 23 Terres au Quinquis Nivirit près le moulin de Penguilly en la commune de Bodilis, ... 363,00
Art. 24 La métairie de Nivirit Bras ou Grand Nivirit, située en la commune de Bodilis portant au cadastre ... 601,00
Art. 25 Trois pièces de terre nouvellement closes, situées sur la commune de Bodilis, section C, n° ... 10,00
Art. 26 Le bois taillis de Coat Christ en la commune de Bodilis, portant au cadastre section C, le n° 314 (portion) pour une contenance de 5 ha 30 a 10 ca. Ce bois n'est pas loué, il est évalué au revenu brut de ... 100,00
Art. 27 La métairie du Frout en la commune de La Roche-Maurice, portant au cadastre section A les n° 475, 477, 478 (portion), 482 (portion), 483 (portion), 487 à 489, 491, 492, 494 à 497, 539, 541, 724 à 728, 743, 746, 748,749, 808 à 811, pour une contenance de 14 ha 40 a 92 ca. Le lieu est affermé par bail du 13/10/1875 au rapport de M. Karuel de Merey, notaire à Lannilis, expirant le 29/9/1887, à Guillaume Le Meur pour payer par an 650 francs, les impôts évalués 60 francs et des charges évaluées 3 francs, ensemble 713 francs. 713,00
Art. 28 Autre métairie du Frout en la commune de La Roche-Maurice, portant au cadastre section A les n° 479 (portion), 480 (portion), 481, 484 (portion), 485, 486, 486 bis, 490, 493, 499 (portion), 533, 536, 537, 538, 540, 720, 721, 722, 723, 734 (portion), 739, 740, 741, 742, 744, 745, 747, 812, 813, 815, 814, 816 (portion) 817 et 818, le tout d'une contenance de 13 ha 75 a 37 ca. Cette métairie est affermée par bail du 13/12/1872 au rapport de Me Larreur, notaire à Plouguerneau, expirant le 29/9/1886 aux époux Hervé Clech pour payer par an 450 francs, les impôts évalués 45 francs et des charges évaluées 5 francs, ensemble 500 francs. 500,00
Art. 29 Deux moulins à eau et dépendances au Frout en la commune de La Roche-Maurice, portant au cadastre section A, les n° 498, 500, 500 bis, 501 (portion), 528 (portion), 529 à 532, 534 et 535. Ce lieu est présentement affermé par bail du 19/10/1880 au rapport de Me Guirriec, notaire à Landivisiau, expirant le 29/9/1889, pour payer par an 270 francs, les contributions évaluées 38 francs et charges 2 francs, ensemble 310 francs. 310,00
Ces 3 articles, qui forment la propriété du Frout ont été acquis par M. Le Roux partie d'Yves Le Hir aux termes de contrat du 5/2/1850, Cozanet, notaire à Landivisiau
Partie de la veuve Abgrall, aux termes de contrat du 20/1/1858 au rapport du même Cozanet.
Autre partie du sieur Le Hir aux termes de contrat du 31/3/1861, rapport de Boucher, notaire à Landerneau
Et enfin autre partie des consorts Le Hir aux termes de procès-verbal d'adjudication reçu par Me Mallejacq.
Art. 30 La métairie de Pont-Christ en la commune de La Roche-Maurice portée au cadastre section A sous les n° 407, 408, 409 (portion), 410, 411 (portion), 412, 413 (portion), 414 (portion), 426 (portion), 427, 428, 429 (portion), 430 à 432, 460 (portion), 461 (portion), 462, 464 (portion), 470 (portion), 476, 664, 666 (portion), 668 à 671, 673 à 676, 677 (portion), 678 (portion), 681, 683, 684, 784 à 789, 820, 821 (portion) et 845, pour une contenance totale de 41 ha 18 a 99 ca. Cette métairie est affermée aux époux Coloigner pour payer par an de prix de ferme 1.050 francs, acquitter les impôts évalués 100 francs et des charges évaluées 2 francs, ensemble 1.152 francs. 1.152,00
Art. 31 Un taillis à Judée en la commune de La Roche-Maurice ... 10,00
Art. 32 La métairie de Kervingant en la commune de Plounevez-Lochrist, ... 635,00
Art. 33 La métairie de Perinquin en la commune de Pleyben, ... 800,00
Art. 34 La métairie de Perennou en la commune de Pleyben, ... 1.050,00
Art. 35 Cinq taillis précédemment réservés et actuellement loués avec les propriétés de Perinquin et de Perennou en la commune de Pleyben, ... 0,00
Art. 36 La métairie de Rosveguen en la commune de Loqueffret, ... 770,00
Art. 37 La métairie de Ploenez en la commune de Loqueffret, ... 283,00
Art. 38 Une autre métairie de Ploenez en la commune de Loqueffret, ... 578,00
Art. 39 Une troisième métairie de Ploenez en la commune de Loqueffret, ... 213,00
Art. 40 Deux pièces de terre sous lande, autrefois réservées, à Ploenez en la commune de Loqueffret, ... 30,00
Total en revenu brut des valeurs immobilières données ...  24.866,22

Tous ces immeubles à l'exception de Kervingant (article 32) et Perinquin (article 33) qui sont des propres de Mme Le Roux dépendaient de la communauté qui a existé entr'elle et ledit feu M. Guillaume Le Roux et lui ont été attribués pour la totalité et pour la remplir de ses droits dans ladite communauté aux termes d'un acte de liquidation de cette communauté reçu par Me Hardy, notaire à Lesneven, le 5/4/1869.

Déclarent les comparants que les immeubles susdécrits sont tous des immeubles ruraux à l'exception toutefois du château de Brezal et de ses dépendances immédiates en formant la réserve, lequel est estimé valoir en revenu brut 1.500 francs.

§ II - Valeurs mobilières

Art. 42   Fermages, arrérages dus par divers ...   8.084,90
Art. 43    Solde de compte de M. Léon Guillaume Le Roux pour sommes à lui versées par la mère en avancement d'hoirie ...       214.774,31
Art. 44   Solde de compte dû par Mme Huon de Penanster pour sommes à elle versées par sa mère en avancement d'hoirie ... 95.000,00
Art. 45   Argent comptant aux mains de Mme Le Roux ...109.792,53
Art. 46   Trois actions de la Société linière n° 1695, 1756 et 1759 à raison de 900 francs l'une ... 2.700,00
Art. 47   Dix-huit actions du comptoir du Finistère n° 602 à 619 inclusivement à raison de 1.100 francs l'une ... 19.800,00
Total des valeurs mobilières   450.151,74

Charges et conditions

La présente donation est faite par Mme Le Roux à ses enfants aux charges, clauses et conditions ci-après exprimées acceptées par eux.

  1. Les donataires joindront aux biens donnés ci-dessus les biens immeubles provenant de la succession de M. Guillaume Le Roux et qu'ils possèdent encore en indivis ; pour le tout être définitivement partagé entre eux par le présent acte.
  2. Les donataires fourniront conjointement et solidairement à la donatrice une rente annuelle et viagère de 30.000 francs dans les proportions qui seront ci-après indiquées. Ladite rente payable au domicile de la donatrice semestriellement le 19 janvier et le 19 juillet de chaque année à compter du 19 janvier présent mois, premier paiement à faire le 19 juillet prochain.
  3. Usant la faculté qui lui est accordée par la loi et avec l'agrément de M. Léon Guillaume Le Roux, Mme Le Roux donatrice déclare faire donation par preciput et hors part à M. Albert Le Roux et à Mme Huon de Penanster et par moitié entre eux du quart de la part revenant héréditairement à M. Léon Guillaume Le Roux dans la masse des biens donnés, soit un douzième de cette masse ; mais à la charge par les préciputaires de servir, toujours par moitié entr'eux :
    1 - A M. Leon Guillaume Le Roux, leur frère, une rente annuelle et viagère de 5.500 francs payable trimestriellement les 19 avril, juillet, octobre et janvier de chaque année à compter du 19 janvier présent mois, premier paiement à en faire le 19 avril prochain ; avec stipulation expresse que cette rente sera non rapportable, incessible et insaisissable sauf deux exceptions qui seront prévues ci-après.
    2 - A Mme Le Roux donatrice elle-même une somme de 3.426,75 francs de rente annuelle et viagère faisant partie de la rente ci-dessus indiquée à la deuxième condition, en dégrèvement du tiers qui incombait héréditairement à M. Léon Guillaume Le Roux dans le service de la rente 30.000 francs imposée par cette condition.
    En sorte que cette rente sera aux termes du présent acte à la charge de :
    - M. Léon Guillaume Le Roux pour 6.573,25 francs
    - M. Albert Le Roux pour 11.713,87 francs
    - Mme Huon de Penanster pour 11.713,88 francs.
    Le tout formellement accepté par tous les donataires. Le service de ces rentes sera garanti par une inscription prise lors de la transcription du présent acte, soit :
    En ce qui concerne M. Albert Le Roux, la métairie du Fagot en la commune de Guiclan, telle qu'elle sera ci-après désignée; la métairie de Kervingant en la commune de Plounevez-Lochrist, ci-dessus désignée ; et les terres de Prajen ar C'had en la commune de Loc-Eguiner, ci-après décrites.
    En ce qui concerne Mme Huon de Penanster, le lieu de Coatmeur avec les terres et prés qui en faisaient partie et qui ont été défrichées en la commune de Landivisiau.
    Etant entendu que l'hypothèque sera limitée à ces biens, Mme Le Roux, donatrice, et M. Guillaume Le Roux déclarant dispenser expressément M.M. les co-donataires de prendre inscription sur le surplus des immeubles et renonçant à tous privilèges et hypothèques sur ces derniers biens.
    Expliquent la réserve faite ci-dessus à l'incessibilité et à l'insaisissabilité de la rente constituée au profit de M. Léon Guillaume Le Roux, il est dit expressément par Mme Le Roux, donatrice, que cette rente perdra ses caractères dans les deux cas suivants seulement et dans la limite de l'exigence de leur éventualité :
    1° Le cas où M. Leon Guillaume Le Roux deviendrait débiteur de la Société linière ayant son siège à Landerneau en raison du cautionnment en garantie qu'il a consenti en faveur de M. Derrien de Landivisiau
    2° Et le cas où par suite de l'exécution de l'acte convenu entre les parties et qui sera signé ce jour même entre M. Léon Le Roux d'une part et M. Albert Le Roux et M. et Mme Huon de Penanster d'autre part, M. Léon Le Roux resterait débiteur envers ces derniers après règlement définitif des opérations qui doivent être en conséquence de cet acte. Dans cette hypothèse la rente se trouvera diminuée au profit de M. Albert Le Roux et de M. et Mme Huon de Penanster d'une somme égale au revenu du capital dont M. Léon Le Roux serait définitivement constater débiteur, calculée au taux de 7,67 %.
  4. Les revenus des biens donnés sont acquis à la donatrice jusqu'à ce jour et appartiendront à chacun des donataires à compter de ce jour.
  5. Les frais des présentes seront supportés par tiers entre les donataires.

Et immédiatement les trois enfants Le Roux ont établi comme suit l'état des immeubles indivis entre eux provenant de la succession de M. Guillaume Le Roux et qu'ils doivent ainsi qu'il est dit joindre à ceux donnés.

Art. 1   Terres sur la route de St Pol de Léon en la commune de Landivisiau portant au cadastre section A les n°1084, 1085, 1086 (portion), 1087 (portion), 1088 (portion), 1093 (portion) et 1682 ; telles que ces terres sont présentement louées ... ... pour payer par an de fermage annuel 330 francs. Cette propriété provenant à M. Guillaume Le Roux de la succession de sa mère.   330,00
Art. 2   La métairie de Tynevez en la commune de Landivisiau et Bodilis ... affermée ...  575,00
Art. 3   Edifices et terres à Cazuguel en Landivisiau ... affermés ...  700,00
Art. 4   Maisons et dépendances en la ville de Landivisiau, portant au cadastre de cette commune, section C, les numéros 368 et 393, pour une contenance de 6 ares 59 ca. Ces biens sont loués partie aux enfants Pinvidic aux termes de bail du 31/5/1870, Breton notaire à Landivisiau, expirant le 29/9/1884 pour payer par an 550 francs. Et les autres parties verbalement savoir :
- Magasins rez-de-chaussée, bout au levant ... évalués, 150 francs
- Etienne Gueguen, cordonnier, 4 appartements et un grenier, 165 francs
- Herve Le Gall, cordonnier, appartement au 2è, 40 francs
- Mahé, minotier, magasin bout couchant, 180 francs ...
  1.085,00
Art. 5   La métairie du Fagot en la commune de Guiclan ....   2.000,00
Art. 6   Deux champs à Kerom en la commune de Landivisiau  150,00
Art. 7   La métairie de Trefascoet en la commune de Loc-Eguiner  750,00
Art. 8   La métairie du Spernot en la commune de Sizun ...  800,00
Art. 9   Terres à Prajen ar c'had en la commune de Loc-Eguiner ... 140 + 110 + 136,10 + 50 =   336,10

Pour parvenir au partage des biens évalués dont est cas les comparants en ont établi la masse générale avec l'estimation qu'ils ont fixée pour les immeubes le tout de la manière suivante :

Art. 1   La métairie de Rhu Pencoat Meur en la commune de Landivisiau article premier des biens donnés estimé en capital ...  35.290,75
Art. 2   Le vieux château de Coat Meur en Landivisiau, art. 2 ...   3.991,66
Art. 3   Le bois de Coatmeur avec le pré au bas de ce bois en Landivisiau, art. 3 et 4 ...  96.545,00
Art. 4   Deux champs terre labourable en Landivisiau sect. B 1056 et C 169, art. 5 ...  3.064,41
Art. 5   Champs et pré en Landivisiau section C 121 à 123, art. 6 ...  2.839,25
Art. 6   Un pré au terroir de St Guénal en la commune de Landivisiau, art. 7 ...   390,00
Art. 7   Deux champs au terroir de Kerroux en Landivisiau, art. 8 ...  3.734,91
Art. 8   La métairie de Kerseac'h en Plouneventer, art. 9 ...   12.445,25
Art. 9   La propriété de Rhun Poulzic en Plouneventer, art. 10, 11, 12 et 13 ...  19.925,16
Art. 10   La métairie du manoir de Brezal, la grande métairie de Brezal, la métairie de Brezalou, le château et la réserve de Brezal avec les bois, le moulin à eau de Brezal et la distillerie, la métairie de Goarem Kertanguy, la métairie de Penhoat Bian, le tout formant ensemble la terre de Brezal, située en la commune de Plouneventer et St-Servais, art. 14, 15, 16, 17, 18, 19 et 20 ...  280.719,22
Art. 11   La métairie et le vieux moulin de Kerivin en la commune de St-Servais, art. 21...  19.565,33
Art. 12   Portion de la métairie de Trefascoet en la commune de Loc-Eguiner, art. 22 ...  7.492,95
Art. 13   La métairie de Nivirit Bras, les terres louées séparément au Quinquis Nivirit et la maison acquise récemment, le tout en la commune de Bodilis, art. 23, 24 et 41 ...   22.079,66
Art. 14   Trois pièces de terre nouvellement closes en la commune de Bodilis, art. 25 ...  290,00
Art. 15   Le bois taillis de Coat Christ en Bodilis, art. 26 ...   3.548,50
Art. 16   Les deux métairies et ls moulins du Frout en La Roche-Maurice, art. 27, 28 et 29 ...   47.540,41
Art. 17   La métairie de Pont-Christ en La Roche-Maurice, art. 30 ...   25.723,25
Art. 18   Un taillis à Judée en La Roche-Maurice, art. 21 ...278,33
Art. 19   La métairie de Kervingant en Plounevez-Lochrist, art. 32 ...19.270,25
Art. 20   La métairie de Perinquin en Pleyben, art. 33 ...21.101,16
Art. 21   La métairie de Perennou en Pleyben avec les taillis réservés des dépendances de Perinquin et Perennou, art. 34 et 35 ... 25.543,71
Art. 22   La métairie de Rosveguen en Loqueffret, art. 36 ...18.663,25
Art. 23   Les trois métairies de Ploenez en Loqueffret avec les terres réservées au même lieu, art. 37, 38, 39 et 40 ...23.307,41
Art. 24   Fermages, arrérages, art. 42 ...8.084,90
Art. 25   Sommes avancées à M. Léon Guillaume Le Roux, art. 43 ... 214.774,31
Art. 26   Sommes avancées à Mme Huon de Penanster, art. 4495.000,00
Art. 27   Argent comptant, art. 45 ...109.792,53
Art. 28   Trois actions de la société linière, art. 46 ...2.700,00
Art. 29   Dix-huit actions du Comptoir du Finistère, art. 47 ... 19.800,00
Total de la valeur des biens donnés 1.142.531,56
Art. 30   Terres de la route de St-Pol-de-Léon en Landivisiau, art. 1er des biens indivis ... 8.177,33
Art. 31   La métairie de Tynevez en Landivisiau et Bodilis, art. 2 ... 16.115,83
Art. 32   Propriété de Cazuguel en Landivisiau, art. 3 ... 8.622,25
Art. 33   Maisons rue de La Trinité à Landivisiau, art. 4 ... 14.000,00
Art. 34   La métairie du Fagot en Guiclan, art. 5 ... 47.514,83
Art. 35   La métairie de Spernot en Sizun, art. 8 ... 24.333,58
Art. 36   Terres à Prajen ar C'had en Loc-Eguiner, art. 9 ...15.183,33
Art. 37   Deux champs à Kerom en Landivisiau, art. 6 ... 3.598,83
Art. 38   La métairie de Trefascoet, sauf petite partie figurant ci-dessus, art. 7 ... 15.922,46
Ensemble pour les biens indivis 153.468,44
Ensemble pour la masse des biens à partager 1.296.000,00
De ce qui précède il résulte que cette masse doit appartenir savoir :
1° à M. Léon Guillaume Le Roux, pour le tiers des biens donnés 380.843,85
Moins le quart donné par preciput à son frère et à sa soeur 95.210,95
Soit 285.632,90
Plus le tiers de la valeur des biens indivis 51.156,15
Total de l'afférent à M. Léon Le Roux 336.789,05
2° à M. Albert Le Roux :
Un tiers des biens donnés380.843,85
Plus la moitié du preciput 47.605,47
Plus le tiers des biens indivis 51.156,15
Total de l'afférent à M. Albert Le Roux479.605,47
à Mme Huon de Penanster, afférent pareil à celui de M. Albert Le Roux 479.605,48
Total égal à la masse à partager 1.296.000,00

Avant de procéder au lotissement par attributions M. Léon Guillaume Le Roux déclare qu'il serait à sa convenance, s'il plaît à ses co-partageants, que son lot fut exclusivement composé de valeurs mobilières.

M. Albert Le Roux et Mme Huon de Penanster déclarent adhérer à ce désir appréciant, ainsi que M. Léon Guillaume Le Roux, que étant donné qu'ils sont tous majeurs et maîtres absolus de leurs droits les dispositions prohibitives des articles 826 et 832 du Code Civil ne peuvent avoir d'application dans l'espèce.

Lotissement par attributions

Premier lot - Le premier lot qui est attribué à M. Léon Guillaume Le Roux sera composé comme suit :
1° Les sommes reçues par lui en avance d'hoirie art. 43 de la masse générale
214.774,31
2° Une action nommée 1695 de la Société linière à prendre à l'art. 46 de la masse générale 900,00
3° Six actions du comptoir du Finistère à prendre à l'art. 47 de la masse générale (n° 602 à 607) 6.600,00
4° La totalité de l'argent comptant art. 45 de la masse générale 109.792,53
5° Enfin une soulte à payer par M. Albert Le Roux de 4.722,21
Total égal à son afférent  336.789,05
Deuxième lot - Le deuxième lot qui est attribué à M. Albert Le Roux sera composé de
1° Une somme de 2.270 francs à prendre sur les revenus arrérages, art. 42 de la masse générale.
   Cette somme se décompose comme suit :
   - Manoir de Brezal500,00
   - Ancienne distillerie215,00
   - Goarem Kertanguy450,00
   - Penhoat225,00
   - Prajen ar C'had240,00
   - Kerivin630,00
   - Keroms10,00
2.270,00
2° Une action n° 1756 de la Société linière, art. 46 de la masse générale900,00
3° Cinq actions du Comptoir du Finistère à prendre à l'art. 47 de la masse générale6.600,00
4° La propriété de Rhun Poulzic en Plouneventer, art. 9 de la masse générale19.925,16
5° La terre de Brezal en les communes de Plouneventer et St-Servais, art. 10 de la masse générale280.719,22
6° La métairie et le vieux moulin de Kerivin, art. 11 de la masse générale19.565,33
7° Goarem Bodilis en Bodilis, art. 14 de la masse générale290,00
8° Les métairies et moulins du Frout en la commune de La Roche-Maurice, art. 16 de la masse générale47.540,41
9° La métairie de Pont-Christ en La Roche-Maurice, art. 17 de la masse générale25.723,25
10° Un taillis à Judée en La Roche-Maurice, art. 18 de la masse générale278,33
11° La métairie de Kervingant en la commune de Plounevez-Lochrist, art. 19 de la masse générale19.270,25
12° La métairie de Fagot en la commune de Guiclan, art. 34 de la masse générale47.574,83
13° Terres à Prajen ar C'had en la commune de Loc-Eguiner, art. 36 de la masse générale15.183,33
Total du lot de M. Albert Le Roux  485.840,11
Mais il paiera à son frère la somme de  4.722,21
et à sa soeur celle de   1.512,43
Ce qui réduit son lot à une valeur égale à son afférent  479.605,47
Troisième lot - Le troisième lot qui est attribué à Mme Huon de Penanster sera composé de :
1° Une somme de 5.814,90 francs à prendre sur les revenus arrérages, art. 42 de la masse générale.
   Cette somme se décompose comme suit :
   - Terres route de St-Pol640,00
   - Kerseac'h857,50
   - Trefascoet870,00
   - Grand Nivirit315,00
   - Rosveguen900,00
   - Spernot800,00
   - Perennou970,00
   - Maisons rue de la Trinité40,00
   - Paul Miossec422,40
Egalité 5.814,90
2° La somme reçue par elle en avancement d'hoirie, art. 44 de la masse générale95.000,00
3° Une action n° 1959 de la Société Linière, art. 46 de la masse générale900,00
4° Six actions du Comptoir du Finistère, art. 47 de la masse générale6.600,00
5° La métairie de Rupen Coat-meur en Landivisiau, art. 1er de la masse générale35.290,75
5° bis Vieux château de Coat-meur en Landivisiau, art. 2 de la masse générale3.991,66
6° Le bois de Coat-meur en Landivisiau, art. 3 de la masse générale96.545,00
7° Deux champs terre labourable à Landivisiau, art. 4 de la masse générale3.064,41
8° Champs et prés en Landivisiau, art. 5 de la masse générale2.839,25
9° Un pré à St-Guénal en Landivisiau, art. 6 de la masse générale390,00
10° Deux champs au terroir de Kerom en Landivisiau, art. 7 de la masse générale3.734,91
11° La métairie de Kerseac'h en Plouneventer, art. 8 de la masse générale13.475,21
12° La métairie de Trefascoet en Loc-Eguiner, art. 12 de la masse générale23.415,41
13° La propriété de Nivirit, art. 13 de la masse générale en Bodilis22.079,66
14° Le bois taillis de Coat Christ en Bodilis, art. 15 de la masse générale3.548,50
15° La métairie de Perinquin en Pleyben, art. 20 de la masse générale21.101,16
16° La métairie de Perennou en Pleyben, art. 21 de la masse générale25.548,71
17° La métairie de Rosveguen en la commune de Loqueffret, art. 22 de la masse générale16.663,25
18° Terres sur la route de St-Pol-de-Léon en Landivisiau, art. 30 de la masse générale8.177,33
19° Les trois métairies de Ploenez en Loqueffret, art. 23 de la masse générale23.307,41
20° La métairie de Tynevez en Landivisiau et Bodilis, art. 31 de la masse générale16.115,83
21° Propriété de Cazuguel en Landivisiau, art. 32 de la masse générale8.622,25
22° Maison rue de la Trinité à Landivisiau, art. 21 de la masse générale14.000,00
23° Métairie du Spernot en Sizun, art. 35 de la masse générale24.333,58
24° Deux champs à Kerom en Landivisiau, art. 37 de la masse générale3.538,83
25° Une soulte de 1.512,43 à recevoir de M. Albert Le Roux1.512,43
Total égal à son afférent  479.605,48

Conditions de partage

1° Le présent partage est fait sous les garanties ordinaires en matière de partage.
2° Chacun des co-partageants prendra les biens à lui attribués dans l'état où ils se trouvent actuellement. Il est ici expliqué que les indications cadastrales et les origines de propriété ne sont portées qu'à titre de renseignements, les propriétés étant attribuées telles qu'elles se poursuivent et comportent ; ils se donnent à cet égard toutes décharges.
3° Les valeurs mobilières sont garnies des coupons en cours.
4° L'argent comptant sera remis ce jour à M. Léon Guillaume Le Roux auquel il est attribué hors la présence des notaires dont décharge.
5° Pour l'exécution des présentes les partis font élection de domicile en leur demeure.

Lecture a été donnée aux parties des articles 12 et 13 de la loi des 23 et 21 août 1871.

Dont acte

Fait et passé à Morlaix en la demeure de Mme Le Roux, quai de Léon, n° 42, l'an 1881, le 19 janvier.
Et ont les parties signé avec les notaires après lecture. La lecture du présent acte par Me Bourgeois et la signature pour les parties ont eu lieu en la présence réelle de Me Le Gac de Lansalut, notaire en second.

C Le Roux née Bazil - Léon Gme Le Roux - aleroux - C Huon de Penanster - Huon de Penanster - ...

Biographie de Claire Le Roux, Mme de Penanster (1849-1927), selon Vincent Huon de Penanster

Revenons au 3è enfant de Guillaume et Clara, notre arrière-grand-mère, 1849-1927. Elle a 12 et 10 ans de moins que ses frères, et l'on peut supposer qu'elle a été la petite chérie de la maisonnée. Pourtant elle n'a rien d'une enfant gâtée.

Claire Le Roux est née en 1849, non à Brezal où le futur manoir est encore en construction, mais à Landivisiau. Elle passe néanmoins toute son enfance à Brezal, et s'y mariera en juin 1867. C'est le moment où toute la butte est violette : un hectare de rhododendrons mauves s'y épanouissent. C'est l'apogée du domaine. Guillaume Le Roux peut mourir en paix, un an plus tard.

C'est incontestablement une puissante personnalité. Elevée dans un milieu de traditions et de convictions, petite-fille de guillotiné dont la Convention avait, comme pour tous les condamnés politiques, rayé d'un trait de plume tous les biens en les confisquant "au profit de la nation", elle est fille d'un homme né presque posthume, qui a passé sa vie à reconstruire avec sa mère Marguerite Bras ou Le Bras la position sociale que la famille occupait au 18è siècle, parmi ceux qu'on appelait les "juloded". On travaillait dur, on vivait petitement, on avait des responsabiltés et on y faisait face. C'est à la fois la fierté et l'efficacité des Léonards. Claire est typiquement le produit de toute une race, et sans en avoir conscience, elle fait honneur à cette race. Et pourtant elle se contente d'assumer les charges devant lesquelles la Providence l'a placée. Car tout cela se déroule dans une foi chrétienne qui ne perd jamais sa place, la première.

A Kergrist, elle assiste son mari jusqu'à sa mort en 1901. Elle mène les pourparlers de mariage du seul fils qui lui reste, Charles-Marie-Albert (1871-1923). On a cherché pour lui une fille de tradition chrétienne irréprochable, qui ait une foi de roc et une santé suffisante pour faire, si Dieu le veut, une progéniture nombreuse et pour l'élever. Les relais de l'épiscopat, qui ont un oeil à la fois protecteur et affectueux sur cette famille, ont trouvé la perle rare : elle n'est pas bretonne, mais peu importe. Elle a des attaches vendéennes, et c'est par celles-ci qu'on est allé la repérer à Limoges. Christine-Marie-Noémie-Blanche Nicard des Rieux épouse Charles Huon de Penanster à Limoges le 22 février 1902. A son tour et dans une manière toute différente, c'est aussi une grande figure qui entre dans la lumière.

On a dit de Claire Le Roux que dans une maison sans homme, elle avait été l'homme de la famille. L'histoire façon macho, injuste pour les femmes, ne se résume pas à un combat de sexes, encore moins à une domination masculine. Certes, Claire a perdu son père à 19 ans - et je ne parle pas de ses grands-pères, disparus 50 et 20 ans avant sa naissance. Elle a perdu son mari à 52 ans, elle a vu disparaître ses fils avant elle, dont le seul devenu adulte. Alors elle a toujours fait face. Elle avait un tempérament de chef, elle l'a assumé en toutes occasions, et elle l'a laissé en veilleuse pendant 33 ans au service d'un mari qui l'avait aussi, ce n'est pas rien. Elle a toujours appliqué la maxime que son mari et elle aimaient : "Le bruit ne fait pas de bien. Le bien ne fait pas de bruit".

Charles Huon de Penanster (1832-1901) n'a pas l'expérience de la presse. Sur le conseil de son épouse (née Claire Le Roux, 1849-1827) il prend le risque de l'aventure industrielle, et l'acquisition est signée en janvier 1880. Certes il faudra ne pas perdre d'argent, et si possible en gagner. Mais le but est d'abord d'altruisme et d'éducation.

Après la défaite de 1871, les temps sont durs pour les budgets des maîtresses de maison. Un magazine féminin et familial, formule qui n'existe pas encore, peut les guider. La mode constitue un prétexte honorable pour les aider à s'habiller, la gastronomie pour cuisiner à frais réduits. Des conseils pour la tenue de maison, la beauté et la santé complète la partie pratique. Plus des pages culturelles.

Le succès est rapide. Le tirage est de 19.000 exemplaires en 1881. En 1887 vient le roman à épisodes, supplément détachable paginé comme un livre, offrant de réunir au bout d'un an l'équivalent de sept romans complets. Le tirage monte à 100.000. Il passe à 210.000 en 1893, grâce à l'encartage dans chaque numéro d'un patron de couture découpé et gratuit permettant de couper une robe présentée dans le numéro. Mme Charles Huon de Penanster est l'âme de ces innovations. Elle veille au choix des romans.

Le tirage a dépassé 300.000 quand Charles Huon de Penanster meurt en 1901. L'affaire est alors mise en société. Le capital de 1.280.000 francs appartient pour moitié à sa veuve et leurs descendants : leur fils Charles-Albert, leur fille Marie, comtesse de Gouzillon de Bélizal, et leur fille Claire qui reste célibataire. L'autre moitié en gros, revient à Emmanuel Ferré qui est nommé président.

Madame de Penanster, administrateur, exerce son mandat avec compétence et méthode. Elle embauche un jeune avocat breton, Jean des Cognets, qui deviendra directeur. Elle a l'oeil sur les décisions importantes à prendre, et il y en a. A cette époque, l'entreprise emploie 500 personnes. Le "Petit Echo de la Mode", 16 pages, 400.000 exemplaires, compte aussi, en France et à l'étranger, 3.000 correspondants directs chargés de sa diffusion. Les ateliers comportent : imprimerie, brochure, clicherie, construction mécanique, générateurs à vapeur et à électricité, découpe de patrons, magasins à papier, écuries et sellerie.

En 1920, auprès du président sont nommés deux administrateurs : Charles-Albert de Penanster, fils du sénateur, et Léon Berteaux, directeur honoraire de la Maison de la Bonne Presse. Ils créent en 1921 "Lisette", hebdomadaire pour les petites filles. Puis suivra "Pierrot", hebdomadaire pour les jeunes garçons. Claire Le Roux participe de manière pointilleuse à la ligne rédactionnelle.

En 1922, la firme réalise une première décentralisation. C'est l'acquisition d'une imprimerie en province, à Châtelaudren. Mais Charles-Albert de Penanster, l'auteur de la réalisation, ne la verra pas longtemps. Il meurt prématurément le 28 février 1923.

C'est un drame pour tous. Il laisse orphelins 15 enfants dont le plus jeune a 10 jours. L'aîné, Pierre, a 20 ans ; le deuxième, Charles-Marie, 18 ans et demi. Dans le conseil de famille siègent évidemment sa veuve et sa mère, Claire Le Roux, maintenant âgée de 74 ans et parfaitement vaillante et énergique. On décide que Pierre assurera la continuité bretonne à Kergrist et que Charles-Marie, qui prépare l'Agro en vue d'entrer aux Eaux et Forêts, interrompra ses études et fera du droit pour devenir administrateur du "Petit Echo de la Mode" à Paris. Cela se réalise.

En 1925, Emmanuel Ferré meurt. La présidence est exercée pendant deux ans par Mme Charles de Penanster, veuve du fondateur. Une femme PDG, en 1925, quelle aventure ! Mais non, pour elle, c'est une situation de plus à laquelle il faut faire face, voilà tout. Elle va se tuer à la tâche, mais elle l'accomplit parfaitement. Elle décède à Paris en juin 1927, écrasée par une voiture sur un passage clouté. L'administrateur Léon Berteaux devient président. Il forme le petit-fils de Claire, Charles Joseph Huon de Penanster (1904-1972) : très vite celui-ci montre des dispositions qui vont permettre la continuité de l'affaire familiale.

Charles Joseph Marie Huon de Penanster

 Le premier numéro de Rustica en 1928.

"Charles-Joseph-Marie, né en 1904, a 19 ans lorsque son père meurt, laissant une veuve et quinze enfants, âgés de vingt ans à quelques semaines. Il est le deuxième de cette fratrie, qui grandit dans le superbe cadre du château de Kergrist, avec une vie spartiate et des valeurs chrétiennes. Charles est un produit de la vie rurale, il est notamment connaisseur en chevaux (cavalier énergique, il en prend en pension pour redresser leurs vices), et il envisage une carrière dans les haras. Ses études sont brillantes, et il est en première année d’Agro quand son destin bascule. Le conseil de famille décide que l’aîné, Pierre, restera à Kergrist pour gérer le domaine, et que c’est Charles qui entrera à Montsouris (à Paris, pour devenir administrateur du "Petit Echo de la Mode").

Il découvre un univers inconnu, mais ce bourreau de travail apprend vite, et sera titularisé directeur général après quelques mois. Parmi les publications qu’il trouve dans son nouveau métier, campagnard obligé de vivre en ville, il ressent en profondeur une lacune : un magazine pour le monde rural. Il a des idées fort précises sur ce qu’attendent les familles qu’il a vu vivre, quand il parcourait les Côtes d’Armor (alors Côtes-du-Nord) avec son père, conseiller général de Lannion.

Rustica, né en 1928, en est la traduction concrète, tout est là. Il n’a pas pour cette revue une préférence sentimentale, mais elle le relie à son enfance et à ce qu’il a connu le mieux. Cependant il ne veut pas en faire un magazine paysan de type professionnel : il en existe de fort bons, le positionnement est davantage pour les semi-urbains, les passionnés de jardinage ou de culture qui sont contraints d’avoir un autre gagnepain."

Par Vincent Huon de Penanster

A sa création, le magazine était consacré à la campagne  , c'était la « Revue universelle de la campagne ». Il est devenu un magazine de référence dans le domaine du jardinage, en gardant une place aux autres fondamentaux de la revue : les animaux domestiques, la cuisine, la maison au sens large, le bien-être et le tourisme.

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Programme de Rustica, n°1, 8 avril 1928

« Rustica a pour seule ambition de rendre plus agréable la vie à la campagne, en y apportant une distraction saine, et en y aidant le progrès. Que les heures soient plus douces et plus heureuses pour tous ceux qui restent fidèles à notre terre de France, que le travail leur soit de moins en moins pénible grâce au secours de la force électrique et de l’outillage moderne, que leur logis soit de plus en plus confortable, et les plaisirs honnêtes de plus en plus à leur portée, tel est le voeu de Rustica.

Nous ne prétendons pas régenter les cultivateurs de notre sol, ni leur apprendre ce qu’ils savent mieux que nous, mais seulement les distraire en les renseignant. Nous analyserons pour eux les cours et les tendances des marchés, afin qu’ils vendent leurs produits à meilleur escient. Ces cours sont souvent peu lisibles dans les journaux, à cause de leur abondance, des abréviations et des petits caractères. Nous les mettrons très au clair pour nos lecteurs.

De même nous leur fournirons (ce qui est introuvable partout ailleurs) les cours normaux des denrées d’alimentation courante qu’ils achètent afin de leur permettre de contrôler les prix qui leur sont faits dans le commerce.

En outre, nous leur donnerons mille renseignements utiles de jardinage, de bricolage, de petit élevage, d’art vétérinaire, de chasse, de pêche, etc... Le tout sans préjudice d’une lecture variée et de beaucoup de pages très amusantes.

Rustica amusera, intéressera, instruira toute le monde - père, mère, fils et fille - dans toutes les familles habitant la province, la campagne et la banlieue. Aimez Rustica et recommandez-le autour de vous. »

Il a été racheté par la maison d'édition Dargaud, elle-même rachetée par Média participations en 1988. Rustica est toujours le seul magazine hebdomadaire français de jardinage.

En 1965, les Éditions de Montsouris publiaient encore, et avec un grand succès, des revues comme : l'Écho de la Mode, Rustica, Mon Ouvrage Madame, Lisette, Pierrot, 4 saisons, Mes romans et Coq Hardi.

 Charles-Joseph-Marie Huon de Penanster en compagnie de deux
de ses neuf soeurs, Claire et Louise vers 1960.
Charles HUON de PENANSTER (1832-1901), sénateur des Côtes-du-Nord, maire de Lannion, fondateur du Petit Echo de la Mode.
Marié en 1867 à Plouneventer, avec Claire LE ROUX (1849, Landivisiau - 1927, Paris), administrateur du Petit Echo de la Mode et autres revues, dont

Pour une vue d'ensemble de la famille de Penanster, voir plus haut.

Vincent Huon de Penanster

Vie personnelle :

Vincent Huon de Penanster est né le 19/7/1938 à St-Quay-Portrieux, est le 7è des 14 enfants de Jacqueline de Pluvié (1909-2000) et de Charles Huon de Penanster (1904-1972). Lui-même 2è des 15 enfants de Charles Huon de Penanster (1871-1923) et de Christine Nicard des Rieux (1882-1958).

En 1967, Vincent épouse Marie-Christine Bonnet, fille de Christian Bonnet, futur ministre de l'agriculture et de l'intérieur. De cette union naîtront quatre enfants : Tugdual né en 1968, Nolwenn née en 1970, Efflam né en 1972 et décédé le 29 mai 1993, en Somalie à 21 ans, casque bleu en service, et puis Aziliz née en 1974.

Plus tard, en 1997, il épousera Ghislaine Boreau de Roincé.

Au décès de son père, Vincent hérite des propriétés de Brezal qui lui avait été affectées en partage. Le cadastre rénové de Plouneventer le désigne, en 1972, comme propriétaire de la Grande et la Petite Métairie, de Brezalou, de Runpoulzic, du château et du moulin de Brezal.

Mais c'est son frère Jean-Marie qui obtient les fermes de Pont-Christ et du Frout (cad. rénové de La Roche, propriétés bâties, compte 833, maisons A444 et A535).

Cependant, déjà dès 1970, Vincent qui vivait avec sa famille à Paris (15è) au 92 avenue Suffren, vient s'installer au château de Brezal : "J'aménageais, écrit-il, de fond en comble ce « château » inhabité depuis plus de cinquante ans, où le champignon avait pourri toutes les structures de bois".

Pendant qu'il est pris par ses activités professionnelles et politiques, il faut gérer le moulin de Brezal (restaurant et canotage sur l'étang), cette activité est prise en charge par Mme de Penanster. Elle embauche Arsène Héliez, qui fera ses débuts au moulin comme "chef de cuisine" salarié, le 1/9/1972, selon le contrat daté du 26/7/1972.

La famille de Penanster restera à Brezal jusqu'en 1979. Puis elle habitera à Carnac, et ensuite à Port Pesquet, près de La Trinité-sur-Mer, propriété achetée après la vente du château de Brezal, en 1982. Plus tard, on retrouvera Vincent à Nantes.

C'est à Nantes qu'il publiera à compte d'auteur, en 2017, son mémoire Les Huon et Huon de Penanster à partir de recherches qu'il avait commencées quarante ans auparavant. Il m'écrivait à cette occasion, le 16/10/2017, évoquant ses soucis de santé : "ma vie quotidienne est pleine de petites misères : qu'importe je suis heureux d'avoir mener à bien ce vieux projet."

Vincent Huon de Penanster est décédé à Nantes, le 10/11/2018, à l'âge de 80 ans.

Vie professionnelle :

Comme on le voit, Vincent de Penanster poursuit dans sa vie professionnelle le type d'activité, le journalisme, qui avait été l'aspect le plus marquant de sa famille depuis Claire Le Roux.

Il fut aussi journaliste à Point de vue Images du monde.

Diplômé de l'ESSEC (promotion 1961) et de l'université de Cambridge, il devient journaliste à Paris, avant de venir résider à Brezal en 1970.

A partir de cette date, il commence une carrière de dirigeant au Crédit Mutuel de Landerneau.

En 1976, il est dit économiste et journaliste agricole, rédacteur en chef de Paysan breton. Il est délégué régional de la presse agricole auprès de la Fédération nationale et administrateur de cette Fédération (coupure de presse - ADB 152 J 41). Il est aussi Président du syndicat intercommunal des eaux de Pont-an-Ilis (Plouzévédé et ses communes environnantes), et Vice-président du SIVOM de Landivisiau.

Quelle fut son activité professionnelle après 1979 ? Il semble qu'il ait eu un rôle auprès du parlement européen, à la faveur d'une recommandation de son beau-père. (à vérifier)

Vie politique :

" En revenant de Paris à l'été 1970, écrit-il dans son mémoire, et reprenant cette demeure inhabitée depuis longtemps - sauf le séjour des Carmélites de Brest pendant la guerre - j'ai été pris de court par l'arrivée des élections municipales, sept mois après, en mars 1971, trop tôt pour moi qui souhaitais m'impliquer dans la vie locale, mais étais totalement inconnu sur place.

" Le maire sortant ne voulait pas se représenter, mais je mesurais mon manque d'expérience et ne visais absolument pas de brûler les étapes. Deux éléments en ont décidé autrement. D'une part, les fermiers voisins ont effectué une solide campagne en ma faveur. Et comme me l'a résumé un vieux malin qui ne me connaissait pas, "sûr, vous êtes un bon, car jamais on a vu les locataires faire voter pour leur propriétaire ". Je rappelle que le propriétaire, c'était Papa, Charles Huon de Penanster 1904-1972, et que je recueillais là le fruit de sa gestion, je n'y avais nul mérite. D'autre part, le souvenir d'Albert Le Roux n'était pas éteint, bien des familles étaient contentes de voter pour lui, on s'acquittait d'une dette, je l'ai compris ensuite. En tout cas, j'ignorais tout de l'action sociale de l'oncle Albert - et puis c'était si loin."

" J'ai contacté les sortants pour demander à figurer sur leur liste : de faux-fuyants en hypocrisie ("c'est pas moi qui décide, c'est les autres", en faisant bien sonner les ôtt...) ma douzaine de visites n'a rien donné. Agacé par cet état d'esprit, j'ai donc décidé de me présenter hors les deux listes, sur bulletin individuel. Dépasser les 50 % au premier tour est déjà rare à Plouneventer. Inconnu sur cette commune où je n'habitais que depuis sept mois, j'ai été élu avec 78 % des voix, record historique sans précédent, qui montre que ce n'est pas mon mérite personnel qui a joué. Mais, du coup, la population a obligé les conseillers à me confier le fauteuil de maire, ascension prématurée qu'ils m'ont fait payer cher ensuite pendant neuf ans".

 La mairie-poste : une réalisation de la municipalité de Plouneventer, effectuée
pendant les mandats et sous la houlette de Vincent Huon de Penanster.

Il sera donc maire de Plounéventer de 1972 à 1979. Initiateur de la nouvelle mairie-poste de la commune, il a un mandat particulièrement mouvementé, ayant dû démissionner en pleine élection de la présidence de la République (qui amènera en 1974 Giscard d’Estaing à l’Elysée), mais pour une affaire ... d’adduction d’eau.

Le 16 juin 1974, il sera cependant réélu très largement à l’élection municipale qui s’en suivra et confirmé dans son mandat.

Huon de Penanster sera mis dans l’impossibilité de procéder à l’inauguration de "sa" mairie-poste du fait d’émeutes paysannes fomentées dans tout le canton de Landivisiau et même au-delà par les éleveurs de porcs. C’est son fils Tugdual, 5 ans, qui coupera le ruban tricolore symbolique. (d'après J. Le Bras et plus)

En mars 1977, il est de nouveau réélu, pour un 3è mandat de maire. Et il décide aussi de présenter sa candidature aux élections législatives dans la circonscription de Morlaix.

En février 1979, il démissionne de son poste de maire.

Quelques difficultés rencontrées :

1 ... professionnellement, les dirigeants de l’Office central voyaient d’un fort mauvais oeil ma prise de fonction de maire d’une commune. Et pendant ce temps les ambitions déçues qui visaient le poste de maire ont entrepris le travail de sape pour m’évincer. [J'étais] pris entre des difficultés professionnelles croissantes et un complot municipal permanent ... (source correspondance personnelle)

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Le maire de Plouneventer, M. Huon de Penanster, démissionnaire
Article de presse du 7/2/1979 (ADIV 29204 DOC 1)

Lors de la dernière réunion du conseil municipal, dimanche, M. Huon de Penanster a annoncé publiquement son intention de démissionner de son poste de maire.

Concluant la présentation des projets en cours (voirie, urbanisme, équipements sportif) M. de Penanster a déclaré : "Pour tout cela il faudra des moyens. La réflexion est ouverte dès maintenant. La décision sera prise au moment du budget primitif. Il est souhaitable que la personne qui vous présentera le budget soit la même chargée de l'appliquer.

Mes absences fréquentes, mes charges professionnelles ne me laissent plus assez de temps pour m'occuper suffisamment de la mairie. Vous qui m'avez élu président du conseil municipal, je crois de mon devoir de remettre entre vos mains ce mandat que je ne peux plus assumer.

  

Je resterai donc maire jusqu'à ce que le préfet ait accepter ma démission, mais je vous demanderai de trouver, parmi nous, quelqu'un d'autre pour présenter le budget et prendre en main les affaires de la commune".

Il semble que "la passation de pouvoir" se fasse prochainement, dans les semaines à venir probablement. A noter que, dans ses remerciements, M. de Penanster ne s'est pas adressé à ses seuls colistiers d'il y a deux ans, mais à l'ensemble du conseil municipal, ce qui dénote le chemin parcouru dans les esprits en matière de coopération. Un indice qui ouvre largement l'éventail des hypothèses pour sa succession.

2 La crise de 1973  qui aboutit à la décision de l'autorité de tutelle de dissoudre la municipalité en raison d'irrégularités administratives dans la gestion communale, et à organiser des nouvelles élections en 1974.

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Crise municipale à Plouneventer, mais le maire ne veut pas démissionner seul
Ouest-France du 6/11/1973 (ADIV 29204 DOC 1)

Par 10 voix contre 2, le compte administratif présenté par le maire a été rejeté à deux reprises par le Conseil Municipal : la 3ème fois c'est la crise.
Retiré dans sa propriété de Brézal, au nord de la R.N. 12, M. Huon de Penanster, 35 ans, à qui ses conseillers reprochent moins sa jeunesse que ses méthodes de gestion, n'entend pas pour autant quitter le bateau dont il demeure encore le capitaine au seuil du naufrage.

La première fois, on lui a proposé de démissionner ; la seconde fois, il a pris ses conseillers au mot, leur proposant à son tour de le suivre dans cette voie. Finalement, chacun est resté sur ses positions, d'où l'intervention imminente de l'autorité de tutelle (c'est-à-dire la préfecture) chargée en pareil cas de trancher le conflit en prononçant elle-même la dissolution du Conseil.

Des lacunes dans la gestion ? "Soit, répond le maire, mais à qui la faute".

Les conseillers municipaux ligués contre le maire lui reprochent notamment d'avoir ajourné un certain nommbre de dossiers importants : le parking de l'école attendu depuis deux ans, l'aménagement de la V.C. 10, et la construction du pont sur la voie express.

Etayées par un certain nombre d'observations, ces objections ne semblent pas dénuées de fondement et le maire le reconnait. Son système de défense tient en peu de mots : "Je refuse, dit-il, d'endosser l'entière responsabilité de ces retards. Il y a des problèmes que l'on ne peut règler qu'en équipe. Or commen travailler dans ce perpétuel climat de dissension ?"

Pour ce qui est de la gestion communale on lui a reproché d'être un débutant. "En ce sens, c'est vrai, dit-il, puisque j'ai été élu pour la première fois en mars 1971, à la tête de la commune. Mais mon passage par un cabinet ministériel m'avait tout de même familiarisé avec les problèmes de gestion..."

   

Autre reproche : son isolement. Rédacteur en chef par intérim de notre confrère Le Paysan Breton dont le siège est à St-Brieuc, M. Huon de Penanster a renoncé à la vie parisienne pour partager précisément une vie qu'il espérait possible avec les siens dans sa propriété de Brézal. "Tous les lundis, dit-il simplement, je tiens une permanence à la mairie."
Quant aux écriteaux placés à l'entrée de sa propriété, ils sont surtout destinés à en interdire l'accès aux visiteurs qui viennent nombreux le dimanche, au bord de l'étang de Brézal situé en contrebas de sa propriété.

D'ailleurs, ajoute-il, on m'a prêté des intentions que je n'avais pas : celle par exemple de me présenter aux élections législatives. J'ai suffisamment apprécié le calme du Palais Bourbon lorsque j'étais à Paris pour renoncer définitivement à cette vie-là..."

En conclusion, le maire solitaire déclare : "Je ne veux pas rouvrir le débat en public ni répondre par voie de presse aux calomnies. La parole doit maintenant appartenir aux électeurs. J'ai proposé aux conseillers de démissionner avec moi. Ils ont préféré refuser et retarder volontairement cette échéance. Si pourtant ils étaient sûrs d'avoir raison, ils devraient avoir hâte que les élections dénouent la crise. Un proverbe eabe dit : "Le chien aboie, la caravane passe..." Ce qui importe avant tout, c'est que le fonctionnement de la commune sit assuré et qu'il n'a déjà que trop souffert. Je continuerai à faire le maximum pour que cette affaire soir règlée au plus vite".

3 On lui reprocha aussi d'être le gendre du ministre de l'agriculture (1976).

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Le gendre du ministre de l'Agriculture se fâche : "Gendre, oui ; au garde-à-vous, non !"
Article de presse du 5/10/1976

Nous recevons de M. Vincent de Penanster, maire de Plouneventer, gendre de M. Bonnet, ministre de l'Agriculture, le texte suivant avec prière de l'insérer :

"Ma femme et moi-même avons reçu une série d'appels téléphoniques nocturnes aussi orduriers que menaçants. Je n'aurais pas répondu publiquement si des personnes de bonne foi que je rencontre ne me disaient souvent : "Vous êtes le gendre du ministre, vous avez de l'influence à cause de votre métier, donc vous êtes responsable". Malgré ma discrétion naturelle, je suis amené à faire une mise au point :

I. - Gendre de M. Christian Bonnet, oui, j'en suis fier. C'est un homme d'une qualité et d'une valeur morale de très haut niveau. J'ai pour lui affection et estime. Et pour lui comme pour moi la famille c'est sacré. Changez de gouvernement si vous voulez, je ne changerai pas de beau-père, ni nos quatre enfants de grand-père.

II. - Nous sommes assez souvent d'accord. Pas toujours : mais je ne vais pas ameuter l'opinion à chaque fois. Et cela n'empêche pas que nous discutions volontiers - et sérieusement - des affaires publiques, et je rappelle à cet égard que j'avais travaillé dans les sphères officielles longtemps avant que mon beau-père soit nommé au gouvernement. En dehors de lui, d'ailleurs, j'y ai gardé des amitiés et des estimes.

III. Nous ne sommes pas en régime nazi, où l'on faisait payer aux enfants les "crimes" des parents. Il y a de la lâcheté à insulter la nuit par téléphone une femme qui n'y est pour rien. Il y a aussi de la bêtise, car ceux-là ne rendent pas service à leur propre cause.

IV. - Il arrive à mon beau-père de me demander mon opinion, mais jamais sur ce qui relève du secret gouvernemental. Or, le plan Barre était secret. Je suis donc très à l'aise pour répondre à ceux qui m'en veulent solidaire. J'ai de sérieuses réserves à formuler à la fois sur son contenu et sur l'esprit qui l'inspire. Je ne les développerai pas ici, pour ne pas abuser de l'hospitalité de ces colonnes. Juste deux exemples : je considère que l'aumentation des carburants est un mauvais coup pour la Bretagne, déjà handicapée par les frais de transport de ses productions ; j'estime que la taxe spéciale sur le chiffre d'affaire des éleveurs est une mesure démagogique et maladroite.

  

V. - On me dira : "Vous êtes vous-même rédacteur en chef d'un hebdomadaire agricole : pourquoi ne pas utiliser vos propres colonnes ?". Parce que ce journal n'est pas le mien, mais celui de ses lecteurs. Gendre du ministre, soit, mais mon honneur professionnel est d'y faire abstraction de mes sentiments personnels. selon que je dirais du bien ou du mal de gouvernement, on m'accuserait de "lécher les bottes" ou de "cracher dans la soupe". Et si simplement j'étais honnête ? Je le suis. Il y a beaucoup de gens qui le savent. Et les journalistes consciencieux comprendront mon scrupule.

VI. - J'ai reçu aussi des insultes à propos de "la noblesse qui habite les châteaux". Certes, j'habite un "château", et à notre époque c'est plus une charge qu'autre chose. Je ne me sens pas meilleur pour autant ou supérieur à qui que ce soit. Quant à la noblesse, je ne renie pas mes ancêtres, au contraire, je suis d'une race qui a toujours estimé avoir plus de devoirs que de droits. Je continuerai. Mais il n'y a pas besoin d'être noble pour avoir des ancêtres et être fier d'eux.

Ce qui compte, c'est qu'ils soient fiers de vous. Nous sommes au XXè siècle : la noblesse n'est pas à la naissance, elle est dans ce qu'on fait, de ce qu'on est. Je connais des gens issus de l'assistance publique qui ont de la noblesse de coeur à revendre.

VII. - Notre époque a permis une égalité plus vraie des hommes, et, c'est bien ainsi. Mais ce faisant, elle a introduit de nouvelles injustices. Mon but est de les combattre. et de se battre pour cette Bretagne dont j'ai la passion, et à commencer par ma commune. De ce point de vue, les liens de famille ne vienne que loin derrière. Nous n'avons pas trop de tous les moyens à notre disposition pour améliorer les choses dans notre Bretagne. Un ministre ne peut pas tout, son gendre encore moins. Mais ce que chacun peut à sa place, il a le devoir de le faire.

C'est le sens de la décision que j'ai prise, de tenir une permanence exceptionnelle à la mairie de Plounéventer, toute la journée du dimanche 17 octobre, où je revevrai tous ceux qui viendront dans le calme et de bonne foi m'exposer leurs soucis. On m'a tapé sur les doigts ? Je tends les deux mains. Elles sont propres. Je souhaite qu'elles restent efficaces.

Vincent de PENANSTER.

Annexe : Dans la presse

1880. Quand le Petit Écho faisait la mode
publié dans Le Télégramme du 25 septembre 2011

Le Petit Écho de la Mode, créé en 1880, est le précurseur de la presse féminine. Une idée de génie, une réussite fulgurante et une chute non moins rapide, qui sont autant de témoignages de l'Histoire d'une époque, et d'une société. Retour sur une épopée de la presse qui trouve son âme en Bretagne.

La société française, sous le Second Empire, a considérablement évolué. Industrialisation, nouvelles techniques, nouveaux besoins... C'est dans ce terreau fertile que le Petit Écho de la Mode puise ses racines. Le Petit Journal de la Mode, fondé en 1879, périclite. Racheté par Charles Huon de Penanster et son ami, Emmanuel Ferré, l'idée est d'en faire un journal qui s'adresserait aux mères de famille (lire ci-dessous). Mais l'âme de ce journal est une femme, la «baronne de Clessy». Une rédactrice en chef «virtuelle», au nom d'emprunt «garant de bon goût et de sérieux» et incarnée par Claire LeRoux, la femme de Charles, une Morlaisienne dont la famille a fait fortune dans le lin, puis dans la banque et que la «bienséance» empêche de travailler.

Un empire sort de terre

Claire Le Roux, depuis son château de Kergrist, à Ploubezre, apporte au Petit Écho plusieurs innovations : un roman-feuilleton qui, détachable et reliable, fidélise ses lectrices. Le tirage passe de 5.000 à 100.000 exemplaires. En 1893, avec le premier patron détachable et gratuit, on en compte 200.000 ! Le siège des éditions Montsouris à Paris, devient vite trop petit. Au début du XXesiècle, l'entreprise compte 480employés, et tire à 400.000 exemplaires. Passés les troubles de la Première Guerre mondiale, le fils du défunt fondateur, Charles-Albert de Penanster, va solidifier les liens du Petit Écho et de la Bretagne, en y implantant «son imprimerie». Marqué par les problèmes de 14-18, il cherche un site qui permette aux presses d'être autonomes : chose faite avec l'imprimerie de Châtelaudren, située au bord d'un étang qui assure, via sa turbine, une autosuffisance en énergie. Le Petit Écho devient, avant la moitié du XXe siècle, l'Écho de la Mode, et détient l'un des tirages les plus importants de la presse française. À la mort de Charles-Albert, en 1923, les partages sont faits. L'aîné de ses fils, Pierre, assure la continuité en Bretagne, avec la gestion de Kergrist et de ses terres. Charles-Marie, le second, reçoit l'Écho de la Mode. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'hebdomadaire devient «mensuel» face aux restrictions d'approvisionnement de pâte à papier. «Souvent un alibi pour ne pas avoir à publier la propagande allemande», précise Corentin Huon de Penanster, premier de la branche aînée de la famille, actuellement en charge du développement culturel et touristique du château de Kergrist. Dans les années 60, à la pointe du progrès, Charles-Marie conçoit les imprimeries offset toutes neuves de Massy-Palaiseau. En 1963, les actions sont même introduites en bourse. Car les éditions Montsouris, c'est non seulement L'Écho de la Mode, mais aussi des périodiques comme Rustica, Mon ouvrage Madame, Lisette, Pierrot, les 4saisons, Mes romans, Coq Hardi... sans parler des patrons de vêtements, produits par Châtelaudren, pour lesquels la société est, de loin, la première en France. En 1965, elle propose pas moins de 600 modèles par an ! À la même époque, les recettes publicitaires représentent 37% du chiffre d'affaires, soit 30 MF.

La fin d'une époque

Ce véritable empire va pourtant connaître un déclin soudain. Les éditions Montsouris se trouvent alors à la croisée des chemins, face à trois évolutions majeures. D'une part, le progrès technique. Pour que la maison reste familiale, Charles-Marie ne veut pas faire entrer les banques au capital, et paye tout en fonds propres. Or, à court de trésorerie, les investissements deviennent de moins en moins envisageables. Au détriment de Châtelaudren, aux machines obsolètes. Ensuite l'avènement de la télévision, qui rafle la publicité à partir de la fin de 1968. Enfin, la même année, l'évolution sociale, avec les accords de Grenelle, qui statuent sur une revalorisation des salaires. Un prix de vente qui augmente, le prêt-à-porter qui se développe, une clientèle qui se détourne d'un journal devenu vieillot... «Je pense simplement qu'il n'a pas su évoluer. Il était pionnier en 1880, mais a perdu sa ligne novatrice. Il ne s'est peut-être pas assez remis en question. Et face à cette certitude de "faire les bons choix", l'arrivée de la télévision a été le point de départ d'une chute très rapide», analyse Corentin Huon de Penanster.

Un siècle de gloire

Deux ans avant la mort, en 1972, de Charles-Marie, l'Écho de la Mode est vendu aux éditions Uniede. En 1976, devant la similitude de l'Écho de la Mode et de Femme d'aujourd'hui, les deux parutions fusionnent et, en 1984, la mention Écho de la Mode disparaît de la couverture du magazine. Créé en 1880, mort en 1984, le dernier vestige du Petit Écho de la Mode est l'imprimerie désaffectée de Châtelaudren. Elle abrite un musée (*) à la gloire de cette épopée bretonne qui a conquis Paris, ainsi que l'ensemble des collections reliées offertes il y a trois ans par le château de Kergrist, berceau familial des Huon de Penanster.

* À découvrir l'exposition «Le Petit Écho de la Mode : 100 ans de mode, de presse et de vélo», les samedis et dimanches jusqu'au 2 octobre, de 15h à 19h. 02.96.74.20.74. www.petit-echo-de-la-mode.fr

Sources des informations

ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper
ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
AML = Archives Municipales de Landerneau
ADIV = Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine


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 André J. Croguennec - Page créée le 25/1/2019, mise à jour le 8/4/2022

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