blason de Brezal

Gabriel de Brezal sur la Marie-Cordelière

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Le combat de la flotte bretonne contre les Anglais, le 10 août 1512, devant la rade de Brest, est célèbre. On a même la liste partielle des Bretons qui se trouvaient à bord de la Marie-Cordelière. Parmi ceux-ci apparaît le nom de Gabriel de Brezal.

Ceci n'est pas un hasard. En effet, Hervé de Portzmoguer et Gabriel de Brezal étaient cousins, par l'alliance avec la famille de Coetmenec'h, comme nous allons le mettre en évidence dans les lignes qui suivent.

Les sources incontournables

Il s'agit d'un mémorial 1 de la maison du Louet de Coatjunval avec ses alliances. La généalogie y domine et en est le principal objet, mais il s'y trouve des mentions ou des relations de faits historiques d'un intérêt plus général. Ainsi dès le début, on trouve une relation du combat que se livrèrent la caraque bretonne la "Cordelière et la caraque anglaise le Régent. Ce document est d'autant plus intéressant que les renseignements authentiques sur cette célèbre rencontre sont assez rares.

Le jour de la Saint Laurens 1512, mourut Prigent de Coetmenech, en la Cordelière ; il étoit expectant 2 de Coatjunval et marié à Jeanne de Leheuc, laquelle demeura veuve et grosse, et le 19è jour d'octobre en suivant, en l'an que dessus, eut Jacques de Coetmenech et le dit Jacques ne vécut que trois ans et mourut à Léheuc.

Le jour de Saint-Laurens et l'an que dessus s'entrerencontrèrent la caraque de Bretagne nommée la Cordelière et la caraque d'Angleterre nommée la Régente, bien prez du Raz de Saint Mahé et combatirent jusqu'à la nuit, de sorte qu'ils s'entrebrûlèrent tous deux, et tous ceux qui dedans estoient moururent, sinon bien peu qui s'eschappèrent à force de nager. Il y avoit une autre nef d'Anglois que Porzmoguer mit sous l'eau à grands coups d'artillerie, et estime-t-on qu'il en mourut d'Anglois environ 1.300 personnes et de bretons environ 500 : entre lesquels mourut
- capitaine Porzmoguer 3,
- Prigent Coetmenec'h, expectant de Coatjunval 4,
- Maurice Kerasquer, expectant de Quillimadec 5,
- François Le Baillif, sieur de Coatjunval 6,
- Tanguy Kerleroux,
- Martin Le Nault, maître de la caraque 7,
- Jean Le Saint,
- Christophe de l'Isle,
- Gabriel Brezal,
- Ollivier et Yvon Nuz 8,
- Yvon Kerdreu,
- Jean Bouteville,
- Maudez Quiniou,
- Jean Tanguy,
- ...
- Dolou,
- Yvon Le Digouris,
- Guillaume Marrec,
- Jean Kermelec,
et plusieurs autres gentilshommes mariniers et autres. En marge est écrit : Ceux-cy estoient cousins germains, ou alliés de bien prez. Et le sieur de Coatjunval y fut brûlé qui avoit nom Hervé. Le capitaine Porzmoguer étoit marié à la veuve de l'Estang qui étoit fille de Coatjunval.

1 La copie de ce mémorial, découverte et retranscrite par F.M. Luzel, porte le titre : " Extrait d'un cahier appartenant à Hamon du Louet, sieur de Kerlouan et de Penanrun, le nom duquel est écrit au dedans de la couverture d'icelui, touchant les alliances de Coatjunval, Kerancoet, Penanrun, Le Plessix et autres bonnes maisons".

2 Expectant = futur héritier.

3 Le capitaine de la Marie-Cordelière était donc Hervé de Portzmoguer. Mais il convient de préciser qu'au XVè siècle les capitaines des bâtiments de guerre ne se mêlaient pas de navigation : la conduite d'un navire était assurée par le "maître". De Porztmoguer avait été nommé capitaine de la caraque en 1505, par la reine Anne de Bretagne. Auparavant le capitaine était Jacques Guiné.

4 Coatjunval autrefois en Ploudaniel, maintenant en Le Folgoët. Dans l'église de Ploudaniel, le vitrail du bas-côté nord portait les armoiries de Coatjunval. On y trouvait aussi la chapelle des Quillimadec et celle des Coatjunval.

5 Quillimadec en Ploudaniel.

6 François Le Baillif, héritier du manoir du Petit-Coatjunval, dont la mère était une Coetmenech

7 Le maître de navigation de la Marie-Cordelière était un fin manoeuvrier du nom de Martin Le Nault.

8 Yvon Nuz, de Penvern en St-Servais, qui a épousé en 1483 Anne de Brezal, fille de Guillaume et Isabelle de Kerazret. (voir la famille Nuz, plus bas).

Gabriel de Brezal et ses "cousins"

1 - Identification de Gabriel de Brezal :

On identifie ce Gabriel de Brezal par les preuves de noblesse déposées par Guy de Brezal 1, dans le cadre de la réformation de 1668 :
" 7 aoust 1511 : Contrat de mariage et de partaige de damoiselle Ysabelle de Bresal 2, fille de feu noble homme Yves de Bresal sieur en son temps dudit lieu et Marguerite Offroy d'une part et noble ... François du Com, sieur de G/engar dans lequel acte a parlé ladite Offroy et Guillaume de Bresal seigneur dudit lieu son frère aisné & Allain & Gabriel de Bresal, ses juveigneurs".

D'où on peut placer Gabriel de Brezal dans la généalogie que nous avons élaborée par ailleurs :


1 Guy de Brezal est le petit-fils de Guillaume et Jacquette du Louet de Coatjunval.

2 Isabelle de Brezal, mariée en 1511 avec François du Com de Kerangar

3 Le grand-père d'Yvon de Brezal, qui avait pour nom Derrien de Brezal, avait épousé Marguerite de La Roche, dame de Coetmenec'h. Ceci confirme bien que plusieurs passagers de la caraque "estoient cousins germains".

4 Guillaume de Brezal et Marguerite Le Senechal, bâtisseurs de l'église de Pont-Christ et du moulin de Brezal.

5 Comme on le voit plus bas, après le décès d'Olivier de Brezal, Jeanne de Nevet épousa François du Louet de Coatjunval. Et puis, les deux enfants d'Olivier de Jeanne épousèrent leurs beau-frère et belle-soeur.
Yvon de BREZAL 3, né vers 1450, décédé en 1502 (à 52 ans), capitaine des Francs Archers de l'Evêché de Léon en 1479, Capitaine aux Compagnies d'Ordonnance du Duc de Bretagne en 1481.
Marié avec Marguerite AUFFRAY, dont

2 - Les alliés de Brezal :

 Quand Pierre du Louet, fils de Jean du Louet et de Françoise de la Lande, épousa Marguerite de Coetmenec'h, dame héritière de Coatjunval, il prit ses armes, fascé de gueules et de vair.

C'est ainsi que l'on pouvait voir, en 1700, cet écu dans les vitraux de l'église de Ploudiry en association avec les armes de Brezal.

 Hervé de Portzmoguer est né vers 1474, au manoir familial, sis dans la vallée de Portzmoguer en la paroisse de Plouarzel. Son père, Jean de Portzmoguer, ramage de Malestroit, de petite mais ancienne noblesse bretonne, était seigneur de Kerdeniel, paroisse de Plouarzel, de Kermarc'har, de Kerbriand, de Keronvel, de la Villeneuve, et du Treffmeur. Il arborait un blason de geules à 8 besants d'or, 3, 3, 2 (comme Malestroit), une coquille de même en abyme ... Sa devise était : Youl Doue, sell pa ri (Volonté de Dieu, prends garde à ce que tu feras) et aussi : War vor ha war zouar (Par mer et par terre).
Gilbert Siou.
Prigent de COETMENEC'H, décédé le 26 janvier 1512, Daoulas, Sr de Coatjunval.
Marié avec Perrine de ROSNYVINEN, dont
Hervé de PORTZMOGUER  . Marié avec Jeanne du MESGOUEZ, dont
Fermer X PORZMOGUER (DE) (ramage de Malestroit), sr dudit lieu et de Kerdéniel, par. de Plouarzel, - de Kermarc'har, par. de Ploumoguer, - de Kerbriand,
- de Keronvel, - de la Villeneuve, - du Treffmeur.
Anc. ext., réf. 1670, sept gén., ; réf. et montres de 1427 à 1503, par. de Plouarzel, év. de Léon.
De gueules à huit besants d'or, 3. 3. et 2, comme Malestroit, une coquille d'azur et accomp. de six besants d'or (G. le B.), comme le Borgne et Saint-Goueznou. Devise : Ioul Doué, sel pé ri. (La volonté de Dieu, prends garde à ce que tu feras). Et aussi : Var vor ha var zouar. (Sur terre et sur mer).
Hervé, vivant en 1452, épouse Jeanne du Mesgouez, dont Jean, vivant en 1471, marié à Marguerite Calvez, père et mère de 1° Hervé, capitaine de la Cordelière, tué au combat naval de Saint-Mathieu en 1512 ; 2° Guillaume, époux d'Amice de Kermorvan, qui a continué la filiation (Fondu dans Rodellec).

KERGOULOUARN (DE), sr dudit lieu, de Kerlavan et du Rosmeur, par. de Plouvorn.
Réf. et montres de 1448 à 1503, dite paroisse, év. de Léon. D'argent à trois fusées de gueules.
La branche aînée fondue dans Simon, puis Le Rouge.
Moderne : Alain de la Marre, puis Berthou et la Bourdonnaye-Montluc.
Source Nobiliaire et armorial de Bretagne par Pol Potier de Courcy.

Les Nuz, seigneurs de Penvern en St-Servais ... blason Nuz

La caraque bretonne

Description

Ce navire est l'un des fleurons de la flotte bretonne de l'époque. Construit sur ordre d'Anne de Bretagne dans le chantier naval de Dourduff-en-mer, près de Morlaix, en 1498, par le célèbre Nicolas Coëtanlem, ses dimensions sont impressionnantes pour l'architecture navale de la fin du XVè siècle : 600 tonneaux, 40 mètres de long, 12 mètres de large. Equipé sur ses flancs de modernes sabords pour l'artillerie embarquée, armé probablement de 200 pièces d'artillerie, grandes et petites, et doté d'un équipage maritime et militaire qui pouvait compter jusqu'à un millier d'hommes. Il avait coûté une fortune : 22.500 livres et Anne l'avait baptisé la Marie-Cordelière, pour attirer sur lui la protection de la Vierge et de saint François.

Définition du terme "caraque"

La caraque ou nef est un grand navire, de la fin du Moyen Âge, caractérisé par sa coque arrondie et ses deux hauts châteaux avant et arrière. Elle fut l'un des premiers types de navires européens à pouvoir s'aventurer en haute mer. Les Espagnols l'appelaient nao (navire) et les Portugais nau : elle fut, avec la caravelle, le navire des grands explorateurs de ces pays.

Son histoire

En plus de la protection constante des côtes bretonnes, la Duchesse Anne prêta par deux fois la flotte bretonne au roi de France pour des campagnes militaires de grande envergure. La première fois dès la fin de la construction du navire, la flotte bretonne (Marie-Cordelière en tête) fit merveilles en Méditerranée lors de « La grande aventure du recouvrement des deux Siciles ».

La seconde fois, 14 nefs bretonnes conduites par la Marie-Cordelière livrèrent une bataille terrible aux Turcs de Mytilène. L'escadre bretonne se joignit à des escadres de France, de Gênes et de Venise pour aller, le 13 octobre 1501, attaquer l'île turque. La lutte fut chaude et nos Bretons firent merveille. Jacques Guiné, le capitaine, planta lui-même le pavillon herminé de la Marie-Cordelière sur les remparts de la forteresse. Malgré leurs efforts, les Turcs ne parvinrent pas à s'emparer du glorieux emblème qui fut ramené à bord troué et déchiqueté par la mitraille.

Par la suite sous un nouveau commandement, celui d'Hervé de Portzmoguer, la caraque bretonne poursuivit ses hauts faits. Croisant, voiles hautes, au large des côtes, présent partout à la fois, accourant dès qu'un Anglais montrait le nez, de Portzmoguer sut intimider assez les ennemis pour les faire hésiter à lancer des attaques sur les côtes de l'Atlantique.

Seulement un jour, la Marie-Cordelière fut envoyée en mission, avec d'autres bateaux bretons, dans le golfe de Gascogne. Bien renseigné, l'amiral anglais Howard en profita pour débarquer avec plus de trois mille hommes sur les côtes du Conquet et de Crozon. Il poussa même le goût de la plaisanterie jusqu'à aller incendier le manoir de Portzmoguer, à Plouarzel. Dès qu'il en fut averti, Louis XII dépêcha à Brest une escadre sous le commandement de l'amiral de Clermont. De son côté, la reine Anne donna l'ordre à Portzmoguer de rallier le port breton et de se joindre à cette escadre.

La définition du mode de fonctionnement de ces flottes ensemble fut pas facile malgré la bonne volonté des deux amiraux, de Portzmoguer et de Clermont. Après des mois de travail, on organisa une réception pour fêter la réussite. Ce jour là, il y avait 950 hommes d'équipage et 300 invités à bord de la Marie-Cordelière, soit un total de 1.250 Bretons environs. Parmi ces 300 invités, toute la famille du capitaine était présente, ainsi que beaucoup de seigneurs bretons du Léon. C'était le 10 août 1512...

Son dernier combat

Reconstitution du combat du 10 août 1512 - maquette en la Tour Tanguy de Brest

Le 10 août 1512, la flotte britto-française composée de 22 vaisseaux est au mouillage dans l'anse de Camaret. La flotte anglaise composée de 25 navires de guerre, commandés par l'amiral anglais Howard, arrive par surprise. En plus des 25 navires de guerre, la flotte anglaise compte également 26 navires marchands flamands capturés par les anglais remplit de troupes et de munitions, ces navires sont sans aucune valeur militaire, mais de loin c'est une flotte de plus de 50 navires qui arrive dans la surprise la plus générale pour attaquer la flotte britto-française.

Devant son infériorité, la flotte franco-bretonne n'a pas d'autre choix que de fuir pour trouver abri à Brest. Instantanément, de Portzmoguer choisit d'engager le combat pour couvrir la fuite du reste de la flotte afin d'en sauver le plus possible. La Cordelière est rejoint par le vaisseau amiral français, la Louise, ainsi qu'un intrépide bâtiment, la Nef de Dieppe, dont le capitaine refuse de laisser les deux chefs se battrent seuls.

A bord de la Cordelière, de Portzmoguer a toujours 300 invités, les femmes et les enfants vont se mettre en sécurité dans les quartiers des officiers, pendant que les hommes se voient confier des sabres de marine en vue du combat. Les deux plus gros navires anglais, le Regent et le Sovereign, se jettent sur la Cordelière, accompagnés d'une nef imposante le Mary James. Pendant ce temps là, le navire amiral français la Louise est attaqué par son homologue anglais, le Mary Rose, qui décapite dès les premiers coups de canons le mât du navire français, l'obligeant à fuir et à laisser les bretons seuls face à l'armada anglaise.

Assailli par plusieurs navires, ils lui tiennent tête longtemps grâce à leur puissante artillerie. La Nef de Dieppe attaque intrépidement les navires anglais deux fois plus gros qu'elle, et leur fait de cruelles avaries en cherchant à soulager quelque peu la Cordelière. De Portzmoguer réussit à faucher toute la mâture du Mary James en une seule attaque et à le couler.

C'est ensuite le tour du deuxième plus gros vaisseau anglais de se faire trancher et couler par les canons bretons de la Cordelière. Mais il reste le Regent, et la Marie-Cordelière a déjà subit des dégâts considérables.

Pendant que le combat continue, les Anglais hésitent, et c'est de Portzmoguer qui va ordonner l'abordage du Regent, les deux navires sont maintenant liés et le resteront jusqu'à la fin. Les Bretons se battent contre les Anglais, mais malgré le renfort des 300 invités, les Anglais sont supérieurs en nombre. Ils rassemblent les pelotons envoyés des autres navires, et c'est en colonne de 400 combattants tout frais qu'ils se lancent à l'assault de la Cordelière. Les deux bâtiments sont en loque et ne sont plus qu'un charnier de morts, de mourants, et de blessés.

Et c'est là qu'arrive l'explosion, alors que les Anglais continuent d'aborder la Marie-Cordelière, une formidable explosion fait jaillir en milliers de débris le navire breton et le navire anglais qui lui était attaché, tuant ainsi la quasi totalité des Bretons qui n'étaient pas encore morts au combat, ainsi que plusieurs centaines d'Anglais dont le chiffre exact n'est pas connu (700 hommes d'équipage sur le Regent plus les centaines de soldats venant des autres navires).

La légende veut que, voyant la partie perdue, Portzmoguer fit mettre le feu à la Sainte-Barbe de son vaisseau. La Cordelière explose, entraînant le Regent dans son naufrage.

Le chagrin de la Reine

Un homme et son bateau. Qui moururent ensemble. De cette mort, notre Duchesse-Reine Anne, publiquement, pleura - c'était son capitaine, c'étaient ses marins, c'était son navire.

 

Un ancien marin de la Cordelière écrivit un poème pour mémoriser cet événement tragique sur un cahier de treize feuilles de parchemin enluminé qu'il offrit à la reine - cahier sur lequel ont coulé les larmes d'Anne de Bretagne : ne serait-ce point leurs traces qui, par endroits, apparaissent encore aujourd'hui aux pages de ce parchemin ? Sur Portzmoguer et sa Cordelière, sur l'homme et sur son bateau on pourra, prose ou vers, écrire tout ce que l'on voudra... il n'y aura jamais rien d'aussi rare, d'aussi précieux, d'aussi bouleversant que ces larmes tombées en silence des yeux de notre Duchesse aux Sabots de Bois.

D'après G.G. Toudouze.

Les recherches de la "Cordelière"

En 1997 et en 2001, des campagnes d'archéologie sous-marine  ont eu lieu afin de tenter de retrouver la Cordelière et le Régent, mais sans succès. On croyait, à l'époque, que la flotte était ancrée en baie de Bertheaume et que le combat avait entraîné les navires vers la pointe Saint Mathieu.

Conduites par Max Guérout, auteur du Dernier Combat de la Cordelière (Editions Le Télégramme, 2012), et l'association Groupe de recherches en archéologie navale (GRAN), les cinq campagnes de prospection totalisant 106 jours et 385 plongées, menées entre Bertheaume et le goulet n'ont malheureusement pas permis de retrouver les deux navires mais elles ont permis de découvrir trois épaves, non répertoriées à l'époque, datant du XVII-XIXe siècle. Ces investigations ont également conduit à dresser un premier inventaire de la documentation disponible, notamment dans les archives françaises, et ont offert de ce fait une base de réflexion non négligeable pour organiser de nouvelles recherches. X

Fin juin et début juillet 2018, pendant trois semaines, la Région et le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines)  ont mené une campagne de recherches sous-marines, avec de puissants moyens technologiques à l'entrée de la rade de Brest. Les études historiques complémentaires avaient, en effet, conclu que la flotte britto-française était ancrée, non pas à Bertheaume, mais dans l'anse de Camaret et qu'un fort vent de sud avait poussé les bateaux vers l'entrée du goulet.

Cette prospection avait été prévue dans une aire dite "de haute probabilité" : cf sur la carte l'aire étendue de 27 km2 et l'aire restreinte de 10,4 km2. Cette première campagne, du 25 juin au 13 juillet, a ainsi permis de prospecter 6 km2 sur une zone totale de recherche de 27 km2 identifiée.

Cette fois, le résultat fut plus beaucoup intéressant : les équipes des archéologues, Michel L'Hour et Olivia Hulot, y ont découvert une dizaine d'ancres, mais surtout, une épave en bois d'un très ancien navire commercial, baptisé pour l'heure "Sud Minou 1", qui pourrait avoir sombré entre les 14e et 15e siècles, mais... pas de Cordelière ni de Regent.

Les recherches doivent se poursuivre en 2019 avec, à nouveau, des plongées archéologiques et la mise en oeuvre de robots. Cette deuxième campagne de recherche va s'ouvrir à la mi-juin 2019 à l'entrée du goulet de Brest, pour retrouver les épaves des deux principaux bâtiments du combat de 1512 et pour examiner de plus près le 3è navire découvert en 2018.

(A SUIVRE)

Ces investigations sont dirigées par les archéologues, Michel L'Hour, directeur du DRASSM, et Olivia Hulot, co-directrice du Projet Cordelière, et sont menées par le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) avec son navire de recherche, l'André Malraux, en partenariat avec la Région Bretagne.

Elles sollicitent de nombreuses collaborations : Ifremer (l'Institut de recherche pour l'exploitation de la mer), le Shom (cartographie marine), l'Ensta (école d'ingénieurs de Brest), LIRMM (laboratoire de robotique de Montpellier). Ces recherches en archéologies sous-marines ont pour objectif de faire progresser les connaissances historiques sur cette période, mais elles permettent encore de stimuler la recherche technologique et robotique dans ces domaines de prospection sous-marines.

Parallèlement des recherches historiques et archivistiques sont poursuivies des deux côtés de la Manche, dans le but de mieux connaître les circonstances du combat et les caractéristiques des navires. X

Sources des informations

BSAF = Bulletin de la Société Archéologique du Finistère


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 André Croguennec - Page créée le 5/2/2019, mise à jour le 7/2/2019.

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