blason de Brezal

Le culte religieux à Pont-Christ au 19è siècle

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S O M M A I R E


Particularités du culte et événements au cours du siècle
Annexe I - Biens et revenus de la fabrique de Pont-Christ au 19è siècle
Annexe I bis - Propriétés de la fabrique vendues comme biens nationaux à la Révolution
Annexe II - Ecclésiastiques de La Roche-Maurice
Annexe III - Maires de La Roche-Maurice
Annexe IV - Sources des informations

 
Particularités du culte et événements au cours du siècle

 

Pendant les siècles qui ont précédé la Révolution, le culte catholique et la gestion de l'église se faisaient, à Pont-Christ, dans le cadre de cette trève de Ploudiry : elle avait son curé dédié, assisté souvent d'un autre prêtre, pour le service spirituel, tandis que les affaires matérielles et financières concernant l'église étaient gérées par le corps politique, lui aussi propre à la trève.

Après la Révolution, la situation va changer considérablement. Pont-Christ sera rattaché à La Roche : du point de vue administratif, le village sera intégré dans la commune de La Roche, après une courte période d'autonomie avec son maire Pierre Cochart ; du point de vue religieux, il fera partie de la paroisse de La Roche. Concernant cet aspect religieux, il gardera cependant une certaine spécificité du fait même du maintien de l'église. C'est ce que nous allons montrer ci-après.

 

De 1789 à 1803 :

 

Le dernier curé (ou vicaire) de la trève de Pont-Christ a été Bernard Marie Caroff, qui succéda à Ursin Le Gall, en mai 1791. Celui-ci venait d'être nommé à la chaire de philosopie du collège de Quimper, poste qu'il avait préféré à celui de recteur de Ploudiry qui lui avait aussi été proposé.

Bernard Caroff était né le 24 janvier 1749 à Pont-Christ, à Gorrequer plus précisément. A la différence de son prédécesseur, il refusa de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé, et fut donc poursuivi.
Arrêté par la gendarmerie à Saint-Servais en septembre 1792, il entrait au château du Taureau le 3 de ce mois. Il allait être déporté à Brème en Hanovre, le 17 avril 1793, lorsqu'une très grave maladie le retint à l'hôpital de Morlaix. Détenu aux Capucins de Landerneau, il connut la vie des pontons de Rochefort. Le 3 ventôse an VII (21 février 1799) il avait obtenu un passeport pour l'étranger, mais le voici encore arrêté, et conduit le 26 mars de la même année à la citadelle de Ré, où il mourut le 29 décembre 1800.

 

Y eut-il des prêtres à Pont-Christ pour le remplacer après son arrestation ? On peut supposer que non dans cette période troublée.

On sait aussi que beaucoup de paroisses ont manqué de prêtres à cette époque. Et de plus les objets du culte étaient parfois vendus par les révolutionnaires. Le 6 mai 1793, le conseil municipal de Ploudiry envoie au district de Landerneau pour être livrés à l'état, venant de Pont-Christ : un encensoir en argent et une croix d'argent.

"Plusieurs paroisses du canton de Ploudiry ne furent pas si favorisées que la Martyre et devront rester longtemps sans prêtre. En 1801, les baptêmes et mariages de La Roche, Pont-Christ, Loc-Eguiner et Pencran se faisaient à La Martyre. Il en fut de même en 1802 et 1803, excepté Pencran".

Le 25 brumaire an XII (17/11/1803), le maire de La Roche, Roch Amelant, réclame à l'évêque de Quimper un desservant pour La Roche : "Dépositaires de l'autorité et interprètes de nos concitoyens dans la commune de La Roche, nous avons l'honneur de vous exposer que, depuis un grand nombre d'années, nous manquons absolument de services spirituels. ... La succursale de Pont-Christ réunie à celle de La Roche peut porter notre population à près de 800 âmes. Nous ne pouvons croire que notre respectable prélat puisse laisser sans secours spirituels une pareille population. Il y avait autrefois deux prêtres à La Roche et depuis bien des années nous n'en avons aucun".

 

Pont-Christ de son côté ne reste pas inactif, car les habitants demandent également un prêtre et proposent un nom, Guillaume Helies. La demande passe par le curé de Ploudiry, Guillaume Scouarnec, qui écrit à l'évêque, le 21/2/1804, une lettre contenant l'extrait suivant : "Les habitants de la cy-devant trève de Pont-Christ m'ont fait dimanche dernier une députation pour me demander Monsieur Helies dont vous m'avez parlé à Quimper, à laquelle j'ai souscrit sous votre bon plaisir. biographie de Guillaume Helies Il y dira la messe et verra les malades, et y sera entretenu à frais des habitants du lieu."

Ce "Monsieur Helies" était un prêtre un peu particulier et c'est sans doute pour cela que l'abbé Scouarnec n'a souscrit à l'idée que pour le bon plaisir de l'évêque.

 

Guillaume Hélies, né à Sizun, le 12 Décembre 1734, prêtre à Tréguier en septembre 1768, vicaire à Saint-Jean-Queran le 1er janvier 1791. Insermenté. Il se retira à l'Ile de Batz, puis à Cléder. Il fut arrêté à Landivisiau, le 1er janvier 1793, conduit à Landerneau, au château du Taureau, à Quimper, enfin aux Capucins à Landerneau, d'où il s'évada dans la nuit du 26 au 27 novembre 1793, et se cacha à Cléder. En l'an VI, il fut déclaré insoumis. Curé d'office de Lanneuffret en 1801, il s'y signala par ses excentricités, qui le firent interdire par M. de Troérin, vicaire général. Il prêta serment de fidélité au gouvernement, devant le Préfet du Finistère, le 21 juin 1802.

 

A propos de ses excentricités, le vicaire général s'exprime ainsi : "J'ai été chargé, il y a bien des années, de lui notifier un interdit pour conduite au moins indécente. Elle fut suivie d'originalité. Le dimanche suivant de son interdit, il établit, dans le porche de l'église de Guimiliau, dont il était prêtre habitué, une boutique de lassets, de scapulaires et de chapelets. J'aime à croire que sa conduite est différente aujourd'hui, puisque Dieu lui a fait la grâce de souffrir beaucoup pour la bonne cause, pendant la Révolution, et que mes confrères Henry et Péron l'ont employé pendant une partie de ce tems. Ils l'avaient envoyé à Lanneuffret, où il s'est bien conduit. Si vous vouliez l'employer au ministère, il serait essentiel de l'avertir de s'habiller plus décemment, car sa malpropreté l'expose tous les jours à la risée publique... On vient de me dire que le bonhomme Héliès, malgré son air de mendiant, est fort riche ; il a été longtemps au séminaire, avant la Révolution ; mais malgré cela, il gagnait toujours de l'argent, en qualité de marchand de boeufs".

M. Troerin pense que Guillaume Hélies "n'est guère en état d'être employé, ni du côté du corps, ni de celui de l'esprit. Non seulement il est minus habens, mais je crains qu'il n'ait continué à boire".

 

M. Péron est encore plus sévère sur son compte. Il écrit, le 27 février 1804 : "Vous avez connu cet original, à Sizun. Il est toujours le même homme, ignorant, cupide, insubordonné. Mon collègue crut pouvoir l'approuver, dans un temps de grande disette d'ouvriers. Il a été longtemps à l'île de Batz, à Plouescat... Toujours dans mon voisinage, il m'a causé à lui seul plus de peine et d'embarras que tout le reste du diocèse ensemble. Le seul respect pour l'approbation accordée par mon confrère, m'a empêché de l'interdire, j'avais obtenu son interdit de ce respectable collègue, mais un tems de tribulation et de trouble me fit différer de le lui notifier, et dans le besoin, on l'a depuis fort employé dans la petite paroisse de Lanneuffret, où il a désolé tous ses voisins, comme il le faisait lorsqu'il était à Plouescat. Je pense que l'oratoire de Pont-Christ lui suffit, et qu'on lui fait encore grâce".

C'est Troerin qui lui fait la grâce de lui confier l'oratoire de Pont-Christ, mais il lui fait sentir qu'il n'a pas besoin d'une suivante : "il est toujours accompagné de sa domestique qui est fort jeune".

Il sera donc nommé à Pont-Christ... combien de temps y exerça-t-il ?

Il mourut à Landerneau, le 18 novembre 1816 à l'âge de 81 ans.

D'après des sources diverses dont "Clergé, religion et société en Basse Bretagne", par un collectif
"Le clergé séculier dans le Finistère en 1790", par Daniel Bernard
et le site "infobretagne.com" sur Lanneufret.

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La demande sera satisfaite, et très rapidement.

 

En 1804 :

 

Quelques semaines après la demande à l'évêque Guillaume Helies était donc en place et écrivait un peu plus tard, le 3/4/1804, au vicaire général, la lettre qui suit (la transcription respecte la graphie de son auteur) :

A Monsieur l'abbé Larchanter, vicaire général en la ville de Quimper.

Monsieur, j'ay l'honneur de vous saluer et de vous souhaiter une bonne santé et en même temps de vous supplier de m'accorder le pouvoir d'accorder à Filius (?) la permition d'exiger de son épouse debitum conjucale  qu'il a perdu en commetant plusieurs adultaires avec plusieurs femmes et plusieurs filles ; idem pour la malheureuse Jacquette qui se trouve dans les mêmes cas, j'ay les renvoyer trouver un écclésiastique et ils m'ont dit qu'ils ne s'adresseront point qu'à moy. Aussy Mr si vous m'accordez cette grâce et la permission de les absoudre de leur crimes, je les absoudray, en leur faisant connaître les normités de leurs fautes et en leur donnant une pénitence proporsionée à ce qu'il méritent. D'ailleurs, je voudray savoir si le mariage fait par un intérêt est valide comme sacrement et bon. Sinon vous aurez la bonté de m'accorder la permition de reabiliter le mariage de Pierre et Isabelle en leur donnant la bénédiction nuptiale.

Ce jour 3 avril 1804. Je suis avec tous les respects et la soumission possible, monsieur, votre très humble et très serviteur, G: Heliez, ptre desservant à Pont-Christ.

"Debitum conjugale" = "le devoir conjugal". Fermer X

 

Il y a donc de nouveau un desservant à Pont-Christ. Mais ce pasteur semble avoir beaucoup à faire avec ses brebis égarées. Sans doute ont-elles été abandonnées pendant trop d'années ?

 

En 1809 :

 

Une citation laconique : "Pont-Christ - Ancienne trève de Ploudiry, aujourd'hui en La Roche ; église du XVIè siècle où l'on disait encore en 1809 une messe matinale" (source BSAF 1909 p. 45-46).

Etait-ce toujours Guillaume Hélies qui en était le desservant ? A cette époque, il avait 74 ans. Il mourra à Landerneau, le 18 novembre 1816 à l'âge de 81 ans.

 

En 1813 :

 

Lettre de Joseph-Marie Bouroullec, curé de Ploudiry, à l'évêque le 16/11/1813 : "... vous ignorez, peut-être la difficulté de la desserte. Elle est très pénible, par l'éloignement des villages qui se trouvent presque tous à une grande distance du bourg, sans parler de La Roche, de Pont-Christ et de Trélévénez. Tout ce peuple n'a de messe matinale qu'à Landerneau ou à Sizun. Aussi, tous les dimanches, grand nombre est sans messe".

 

Il semble donc qu'il y ait toujours un office, la grand-messe, le dimanche à Pont-Christ. Mais pour la messe matinale, les fidèles doivent se déplacer dans les paroisses voisines.

 

En 1822 :

 

A cette époque, l'église de Pont-Christ s'est considérablement dégradée, au point qu'il n'y a plus d'office religieux. Il faut notamment réparer la toiture. Mais le conseil de fabrique de La Roche, qui gère Pont-Christ, s'y oppose. D'où la lettre du même curé de Ploudiry à l'évêque le 20/11/1822 :

 

Les habitants de la trève de Pont-Christ ont l'honneur de supplier humblement Monseigneur l'évêque de vouloir bien prendre en considération la peine qu'ils ont à se rendre le dimanche à l'église qui leur est désignée et de laquelle ils sont éloignés et séparés par des chemins qui dans cette saison surtout sont des abîmes ; ils représentent que leur église est presque détruite faute de réparations ; elle possède pourtant un revenu assez considérable pour suffire à son entretien. (Suit la liste des revenus de l'église. Pour en savoir plus sur les ressources de la fabrique voir Annexe I)

Si toutes ces ressources ne suffisent pas, les habitans qui sont attachés plus qu'on ne peut le dire à leur église s'offrent à fournir le surplus, il n'y a pas de sacrifice qu'ils ne soient disposés à faire pour réparer et conserver le temple où les plus anciens d'entre eux ont été baptisés et le seul où les vieillards et les enfants puissent se rassembler pour prier Dieu, quand l'intempérie de l'hiver les empêche absolument d'aller au loin.

C'est ce qui me fait approuver la demande que vous font les habitans de Pont-Christ de conserver leur église, en y faisant faire les réparations seulement de la couverture. Chose facile : un mot de votre part, Monseigneur, mettroit ordre à tout et La Roche continueroit toujours à y gagner beaucoup. Je suis, Monseigneur, avec les sentiments les plus respectueux et dans l'espérance que vous empêcherez l'église de Pont-Christ de tomber.

 

Comme on le voit la situation est grave...

 

En 1826 :

 

... malheureusement, la demande de 1822 n'a pas aboutit, car le 26/8/1826 le nouveau recteur de La Roche, Yves Calvez, fait la constatation suivante dans une lettre adressée à l'évêque de Quimper :

"J'ai l'honneur de saluer votre grandeur et de lui exposer la situation déplorable où j'ai trouvé l'église de Pont-Christ, elle ressemble à une mazure, les croisées entrouvertes. Et cependant l'on m'a dit qu'elle a 150 # de rente, somme à ce que je crois si elle était bien employée devrait au moins la tenir en état de décence. Mais quel usage en fait-on ? C'est ce que j'ignore. Il n'y a pas de trésorier".

 

En 1827 :

 

Le recteur de La Roche, Yves Calvez, aurait-il pu faire réaliser quelques travaux ? Oui, car le 9 février 1827 il écrit à l'évêché une lettre dont voici un extrait plus bas. Le budget de la fabrique de La Roche pour 1828 le confirme : la toiture vient d'être refaite et on prévoit de mettre des vitres aux croisées dans l'année qui vient.

 

La Roche, le 9 février 1827

Mon cher Monsieur Marzin,

Comme j'ai affaire à un peuple très ignorant et qui ne veut pas beaucoup se gêner pour s'instruire, je voudrais lui en faciliter le moyen. J'ai un quartier de ma succursale très éloigné du bourg. Ses habitans sont des gens nec deo fidei  qui ne venaient presque jamais à vêpres à la paroisse, j'ai permis ad duritum cordis,  de chanter vêpres à Pont-Christ pendant l'hiver. Mais à présent que les jours s'allongent, le beau temps et le st temps du Carême vont venir, je désire, si sa Grandeur m'autorise, chanter la Messe à 9 h 1/2 et les vêpres à 2 h 1/2. (L'usage était auparavant de chanter la Grand'Messe à 10 h et les vêpres à 2 h). Mais alors les habitants n'avaient le temps de venir au catéchisme.

"Nec deo fidei" = "n'ayant plus la foi en Dieu". Fermer X
"Ad duritum cordis" = "pour la dureté du coeur" ???. Il y a longtemps que j'ai perdu mon latin. Merci à un latinisme de m'aider. ==> croguennec.amt@orange.fr Fermer X

 

Budget de la fabrique de l'église paroissiale de La Roche pour l'année 1828
 
Eglise de La Roche
... ... ...
Chapelle de Pont-Christ
  Note.
Cette chapelle est en si mauvais état que ses biens ne suffiront pas pour la réparer en six ans.

L'année dernière on l'a couverte, le trésorier a fait une avance de 86 #.

Cette année on espère fermer les croisées.
Produit des biens et rentes ...150 # 00
... des quêtes et offrandes ...45 # 00
... de 4 sapins et des pierres vendus ...228 # 00
Total de la recette ...423 # 00
Dépenses présumées
Pour contribution foncière ...23 # 50
Pour cierges ...12 # 00
Pour réparations à faire aux maisons
appartenantes à la chapelle ...
30 # 00
Pour réparer les croisées de la
chapelle qui sont toutes sans vitres ...
300 # 00
Total de la dépense ...365 # 50
Résultats en excédent ...57 # 50

Eglise de Lanneuffret
... ... ...
Vu et arrêté le 13 avril, par nous membres du conseil de la fabrique, la recette du présent budget à la somme de 579 # et la dépense à celle de 516 # 25 centimes. Signé au registre des délibérations. Louis Perramant - Y: Lagadec - J: rognant - y: Bescont - La Marque, maire - Yves Landren - Calvez, desst.

 

Mais il n'y a toujours pas de messe matinale à Pont-Christ le dimanche. C'est ce qu'on peut déduire de la lettre du même Yves Calvez, curé de La Roche, adressée le 29 septembre 1827 à l'évêché :

" J'ai un côté de ma paroisse, le côté de Pont-Christ à 5 quarts de lieues ou une lieue et demi de Ploudiry, l'endroit le plus proche pour la messe matinale : mauvaises routes en hyver, les jeunes gens de différent sexe obligés d'aller avant le jour exposés à bien des dangers. Je demande si ces inconvénients peuvent dispenser d'entendre la messe ceux qui sont de garde ? "

 

En 1832 :

 

Les choses se sont un peu arrangées à Pont-Christ depuis 1827-28, mais il n'y a toujours pas de prêtre à résidence, ni de messe matinale le dimanche, et les habitants manquent d'instruction religieuse. De plus, ils voudraient "faire paroisse à part". Le curé de La Roche, J.M. Le Guern, expose la situation à l'évêque dans sa lettre du 16 décembre 32 :

Le 16 xbre 32

Monseigneur,

Je vous prie de m'excuser. Je ne puis répondre que très imparfaitement aux renseignements que vous me faites l'honneur de me demander. Je suis absolument étranger à l'affaire dont il s'agit relativement à Pont-Christ, section de La Roche. Personne, notable ni autre ne m'en a parlé. Tout ce que je sais c'est que ces bonnes gens de Pont-Christ désirent depuis longtemps faire paroisse à part, et ont l'air de se voir avec peine attachés à La Roche. Il serait peut-être à désirer qu'il y eût un prêtre à résidence, surtout pour les instruire, car une majeure partie de ces pauvres gens se regardant à peu près indépendants de toute autre paroisse va chacun de son bord et se trouve par la même privée d'instruction. Pont-Christ est à une petite lieue de distance de La Roche. Aujourd'hui qu'il n'y a qu'un prêtre à St-Servais, paroisse voisine, Pont-Christ se trouve encore éloignée de la messe matinale à peu près à une lieue de distance. Je doute fort que Pont-Christ puisse par elle-même fournir à un prêtre qui y résiderait les moyens nécessaires à une honnête subsistance. Dans les petites visites que j'y ai faites depuis mon arrivée à La Roche, j'y ai trouvé peut-être quatre ou cinq fermes passablement à l'aise. Les autres m'ont paru assez pauvres. Quant au presbytère, je ne le connais pas et s'il est dans le bourg il doit être bien triste. Le bâtiment de l'église prête beaucoup à ??? ??? pour l'intérieur, les lambris, les autels, les fenêtres, la sacristie, les ornements, tout cela est bien délabré. Les vases sacrés, je ne puis en rien dire, je ne les connais pas et n'en ai pas même entendu parler.

P.S. Que faire en cas de maladie, surtout pour la communion,
1° relativement à Jean et à Marie qui exercent publiquement le métier de devin ou de sorcier ?
2° relativement à Pierre qui a fait trois faillites que le public regarde comme frauduleuses, qui pouvant jusqu'à un certain point rembourser ses créanciers refuse de le faire ?
3° relativement aux domestiques de ce même Pierre habitués à faire gras les jours maigres et à travailler les dimanches et fêtes ?

Recevez, Monseigneur, mes hommages respectueux. Votre serviteur très humble j. m. Le Guern, dsst de La Roche.

 

En 1846 :

 

Du temps d'Elie Combot, recteur à La Roche, voici ce qu'on apprend dans sa lettre du 5 août 1846 à l'évêque :

La procession, présentée ici sur la photo, s'est déroulée lors du pardon de Pont-Christ du 15/8/1981. Les bannières du 20è siècle sont des bannières des paroisses proches de Pont-Christ et n'ont visiblement rien à voir avec celles dont parle le recteur Elie Combot en 1846.

 

Quelles étaient les bannières que possèdait Pont-Christ à cette époque ?
D'après un inventaire des biens de l'église du 25 janvier 1706, il y avait "une bannière de damas rouge avec ses garnitures luisantes d'or et d'argent". Et, en 1718, une "grande bannière" avait été achetée "à la grande foire de La Martyre pour la somme de 300 livres des deniers de la fabrique par Hervé Abgrall de K/faven lors fabrique". Il est probable que ce sont celles-là dont parle Elie Combot car on sait que beaucoup de bannières conservées aujourd'hui dans nos paroisses datent parfois de la fin du 17è siècle.

- la procession du dimanche à Pont-Christ connaît un succès perturbateur,
- le marguillier a des vélléités d'indépendance.

La Roche, le 5 août 1846

Monseigneur,

Depuis le concordat les deux bannières de Pont-Christ, dont l'une est la plus lourde du pays, ne viennent à La Roche que pour les fêtes de Pâques, le Pardon et la Fête-Dieu. A ma connoissance bien des jeunes gens viennent des paroisses voisines essayer leur force avec cette pesante bannière les dimanches et fêtes. Cette liberté qu'on leur a donnée de la prendre est indubitablement pour eux un empêchement d'assister parfois aux offices divins dans leur paroisse respective. Elle l'est pareillement pour bien des personnes qui les accompagnent comme pour rendre témoignage de la force de chaque individu et pour les personnes voisines de la chapelle qui attirées par la curiosité s'oublient aussi probablement parfois. Vous savez bien mieux que moi que la t?? ne se borne pas à un essai. Ainsi je ne m'arrêterai pas ici à vous faire un portrait des autres inconvénients qui arrivent plus ou moins dans ces cas. J'ai manifesté aux hommes chargés de la chapelle le désir que j'avois de voir les bannières pendant toute l'année à La Roche, sans explication ultérieure de ma pensée, excepté le jour du Pardon de la chapelle. Ils m'ont tous annoncé qu'ils s'y opposoient formellement. Je leur ai répondu que ayant la loi pour moi je ne devois plus tolérer cet abus, et que je les ferai prendre ??? à ma réponse j'ai envoyé les marguilliers de La Roche exécuter mes ordres tout en leur disant de les laisser dans la chapelle plutôt que d'avoir des altercations avec eux et que plus tard elles arriveroient sans bruit à l'église paroissiale. Le prétendu trésorier de la section croyant m'intimider dans ma résolution a donné sa démission. D'accord avec le conseil de l'église, je l'ai acceptée.

Conformément à la consultation que j'ai demandée il y a quatre ans à votre Grandeur, le marguillier vient rendre ses comptes tous les ans devant le conseil de La Roche mais toujours en tergiversant. Monsieur le maire, le seul du conseil de fabrique à connoître toute la portée de la loi sur cet article en voyant chaque année la tergiversation dans la reddition de ses comptes m'a, plus d'une fois et vivement, témoigné son désir de voir le marguillier verser son reliquat tous les ans dans le coffre-fort comme le fait le trésorier de La Roche.

J'ai toujours usé de patience mais maintenant après une autre épreuve de la conduite que je lui crois tracée par les autres hommes de la section, je suis dans la résolution de faire percevoir, conformément au désir du conseil et surtout à celui de Monsieur le Maire, et selon la loi, les rentes de la chapelle par le trésorier de La Roche. Je crois même pouvoir vous dire qu'une nouvelle tolérance de notre part seroit à l'avenir très pénible et très embarrasante pour nous et nos successeurs.

En m'honorant, Monseigneur, d'une réponse comme réitération de l'expression de votre volonté sur ce point d'administration, vous me ferez un bien sensible plaisir. Elle me servira à leur faire connoître que notre conduite à leur égard n'est ni déplacée ni arbitraire, mais outre qu'elle est légale, elle est aussi sage et prudente à la fois. Pont-Christ fait partie de la commune de La Roche.

Recevez, Monseigneur, [..] avec lesquels je suis de votre Grandeur le très humble et très obéissant serviteur, Elie Combot, Dt de La Roche.

 

En 1856 :

 

Toujours sous le règne d'Elie Combot, les choses ont dû s'améliorer considérablement sur le plan matériel car le conseil de fabrique de La Roche accepte de voter le budget pour la refonte de la cloche de Pont-Christ. On n'est plus dans le strictement indispensable, on arrive dans le confort.

personnel de la fabrique de La Roche  

Par ailleurs, les relations entre la fabrique de La Roche et le marguillier de Pont-Christ se sont sûrement arrangées car le marguillier est Yves Coloigner, "de Pont-Christ, trésorier-adjoint pour la chapelle", le cousin germain d'autre Yves Coloigner, du Guilloc, trésorier de la fabrique (source ADQ 192 V DEPOT 1 - 23/4/1854, voir ci-contre, cf aussi le chapitre sur la cloche de Pont-Christ).

 

En 1858 :

 

Jusqu'en 1858, Yves Coloigner garde une certaine indépendance par rapport à la fabrique de La Roche : il signe les baux collectifs concernant les biens toujours attribués à la "fabrique de Pont-Christ".

 

En 1861 :

 

Lors de leur renouvellement, les baux collectifs portent la mention "Fabrique de La Roche".

Notons aussi que la vente des biens de la fabrique en 1860 et 1865 (voir Tableau n° 2 en annexe I) sera orchestrée par les trésoriers de la fabrique de La Roche, Jean-Marie Abgrall en 1860 et François-Marie Elleouet de Pesmarc'h en 1865.

 

En 1864 :

 

Que s'est-il passé depuis 1856, il semble que la situation se soit déteriorée ? Le 20/10/1864, Guillaume Le Roux, le nouveau propriétaire de Brezal se fait le réprésentant des habitants de Pont-Christ pour réclamer à l'évêque un chapelain. Il propose même une contribution financière de sa part. Il joint à sa lettre la pétition des habitants de Pont-Christ :

 

Monseigneur,

J'ai l'honneur de vous adresser la pétition des principaux habitants des environs de Pont-Christ, signée par tous ceux qui savent écrire. Le besoin d'une messe le dimanche se fait bien sentir par tous les fidèles et, tous réunis, nous venons vous prier avec la plus grande instance de vous rendre à nos voeux. Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire lorsque vous avez eu la bonté de me recevoir, je m'engage à attacher à la chapelle de Pont-Christ l'obligation d'une messe perpétuelle par semaine.

Daignez agréer, Monseigneur, l'expression des sentiments les plus respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre bien dévoué serviteur. Gme Le Roux.

 

Les soussignés ont l'honneur d'exposer respectueusement à Monseigneur Le Sergent, évêque de Quimper et de Léon, la situation très fâcheuse dans laquelle ils se trouvent pour l'accomplissement de leur devoirs religieux étant éloignés à des distances de trois à six kilomètres de leurs paroisses ; il est impossible que le jour fériés ils puissent tous entendre la messe.

Les soussignés, pleins de confiance et comptant sur la bonté de Monseigneur Le Sergent, viennent renouveler à leur seigneurie la demande qu'ils ont déjà eu l'honneur de lui faire, de vouloir bien ériger l'ancienne église tréviale de Pont-Christ en chapelle de secours.

En accédant à leurs instances, monseigneur acquerra de nouveaux droits à la reconnaissance d'une nombreuse population qui le prie instamment de se rendre à sa prière et de daigner recevoir l'hommage de ses sentiments les plus respectueux.

Galliou - Guivarch - Pouliquen jean marie - menn le jean - Gme Le Roux - Le hir - Cornili - Calves - Cleach - Goavec -
henry françois - yves coloigner - H FUr - Guevel - Gme Blons - Christophe quélennec - qulennec - yves Marie - yioni - léon -
qulenec jean - Péran françois - charles grall - corre auguste - Guy Cessou - Ascornec J - Galliou - jean François C??? -
jean mari creff - P:ICURUST - quélénnec - perramant - Dantec Auguste - Goavec louvres - ??? - periou jean yves - Dantec yves -
Guillaume Donval - guy donval.

Pont-Christ le 15 octobre 1864.

dessin de Felix Benoist 

En 1865 :

 

Felix Benoist dessine une vue de Pont-Christ avec l'église, celle-ci semble en bon état sur le dessin.

 

Après avoir vendu, en 1860, à l'administration des maisons et des terrains, pour permettre le passage de chemin de fer, la fabrique de Pont-Christ vend en 1865, sept maisons qui lui appartenaient. L'ensemble de ces deux opérations aura permis de recolter 4.806,55 francs. Ce n'est pas une petite somme à l'époque.

 

En 1867 :

La Roche-Maurice, le 5 mars 1867

Monsieur le Vicaire Général,

Je viens de vous demander l'autorisation de réunir extraordinairement mon conseil de fabrique à l'effet de remplir les formalités légales pour le fermage des terres de l'église.

Je sais que Monseigneur est absent dans ce moment. J'ai un besoin urgent de m'entretenir avec lui relativement à la messe matinale que Mr Le Roux de Brézale veut établir dans ma chapelle de Pont-Christ. Nous sommes cinq recteurs opposés à ce que cette messe soit établie. Elle serait au détriment du lieu et un sujet des plus grands désordres. Je compte sur votre obligeance à m'informer du retour de Monseigneur à Quimper.

Je suis, Monsieur le Vicaire général, votre très humble serviteur, Le Moigne, recteur.

esquisse de Lhermitte 

En 1876 :

 

Léon-Augustin Lhermitte représente sur une esquisse l'intérieur de l'église. Tout paraît en ordre.

On y voit le fameux Christ en robe sur le mur du transept ; un banc à queue, souvenir des droits honorifiques de la seigneurie de Brezal.

Les croisées du choeur sont garnies de vitraux, mais ceux-ci sont très simples et seulement constitués de petits carreaux réguliers sans teinte. Voilà donc la restauration qui avait été budgétée de 1828.

Il est fort problable, qu'avant la révolution, les vitraux intégraient des blasons aux armes des seigneurs de Brezal et de leurs alliés, un peu comme ceux des Ducs de Rohan dans l'église de La Roche. Mais la folie révolutionnaire les a fait disparaître comme à Plouneventer. C'est peut-être cela qui a hâté la dégradation des croisées et de l'édifice, dégradation signalée plus haut en 1822 et 1827.

 

En 1882 :

 

La dernière inhumation dans le cimetière de Pont-Christ s'est faite cette année-là. Une des dernières personnes inhumée fut Jacques Crenn, décédé le 3 avril 1861. On voyait encore sa tombe dans le cimetière vers les années 1960. Il faudra donc rechercher le dernier enterrement !

 

La dernière fête patronale (le Pardon) eut lieu à Pont-Christ en 1882 (source André Berthou dans l'Ouest-Eclair). Dans les comptes de la fabrique de La Roche que l'on a conservé pour les années 1847 à 1907, on trouve tous les ans et jusqu'à 1881 des offrandes reçues lors de la fête patronale.

Ce qui n'empêche pas la fête patronale d'avoir était célébrée avant 1847. En effet, on sait que "selon l'antique coutume, il y avait une grande fête religieuse le dimanche le plus rapproché du 24 juillet, jour de la Sainte-Christine. On y disait la messe, on y chantait les vêpres puis, bannières en tête, une procession s'organisait. Pour la circonstance des boutiques en toile s'édifiaient tout alentour. On y vendait toute la bimbeloterie qu'il est de coutume de présenter aux fêtes campagnardes" (source La Dépêche de Brest du 21/05/1935). On sait aussi que "le quatrième dimanche de juillet faisant le 24è jour dudit mois en 1718, François Le Roux, jeune homme du bourg de Pont-Christ en Ploudiry, a porté pour la première fois la grande bannière dudit Pont-Christ" (source BMS de 1718). Le fait que l'on ait sorti pour la première fois la grande bannière le 24 juillet, jour de la Sainte-Christine, ne semble pas un hasard. C'était certainement le jour de la fête patronale. Celle-ci est donc célébrée au moins depuis 1718... et l'était probablement avant.

 

En 1890 (ou 1889) :

 

C'est l'effondrement de la toiture de l'église. Ite missa est !
Etait-ce en 1890, comme semble le dire un article de l'Ouest-France, ou en 1889, la dernière année où une somme importante est affectée à des travaux dans l'église de Pont-Christ, travaux qui pourraient être l'enlèvement des éléments de la toiture.

 

Le bon état apparent de l'église, sur les dessins de Benoist et de Lhermitte, n'était qu'illusion. L'édifice avait besoin de réparations importantes et urgentes. Il y en eut, c'est vrai : dans les comptes de la fabrique de La Roche, on note environ 620,00 francs de travaux et de gros entretien depuis 1865, ce qui correspond a peu près aux revenus de Pont-Christ pendant cette période (quêtes et dons, locations).

 

Pourquoi une partie des revenus des ventes de 1860 et 1865, soit 4.806,55 f (voir annexe I), n'a-t-elle pas été utilisée ? Une bonne partie aurait-elle été prélévée par l'évêché ? Une autre par la fabrique de La Roche, qui en avait beaucoup besoin pour entretenir son église ?

On sait que la fabrique de La Roche a aussi mis aux enchères, le 10 septembre 1873, quelques 25 ou 26 lots de biens qui lui appartenaient directement, et non par l'intermédiaire de la fabrique de Pont-Christ. Cette vente avait lieu pour le financement de la réfection de l'église paroissiale en 1874 et 1875.

Voilà sans doute pourquoi Pont-Christ a été délaissé. Mais il aurait suffi de peu de choses pour que notre église soit encore, aujourd'hui, aussi belle que dans son passé glorieux.

 

Annexe I - Biens et revenus de la fabrique de Pont-Christ au 19è siècle

 

On a vu, plus haut, une lettre du curé de Ploudiry de 1822, qui évoque les ressources de la fabrique de Pont-Christ. En voici le texte précis :

"Elle possède pourtant un revenu assez considérable pour suffire à son entretien en rente foncière, 140 francs, en outre deux bois taillis que monsieur Le Hir, ancien maire, lui a fait recouvrer dans le tems qu'il était en charge, dont un a produit pour la dernière coupe 111 francs il y a six ans, l'autre 160 francs qui sont encore à recevoir, ainsi que 30 francs pour une année de loyer pour la maison à four échue à la Saint-Michel dernière et 36 francs pour une année d'avance pour la même maison et que le fabrique en charge de l'église de La Roche a reçu et qu'il doit avoir encore entre les mains. De plus Hervé Le Fur reste à devoir à la fabrique de Pont-Christ 160 francs pour le compte de son défunt fils. Il y a aussi dans cimetière de vieux arbres de sapins que l'on pourrait abattre et que l'on se propose de remplacer par des jeunes."

 

Le cadastre de 1811 nous apprend que la fabrique possède des terrains et des maisons à Pont-Christ (voir le tableau N° 2 plus bas). Notons qu'à cette époque, le propriétaire est bien identifié comme étant la "fabrique de Pont-Christ" et non "la fabrique de La Roche".

Des baux collectifs, signés le 4 mai 1842, le 23 janvier 1849, le 30 août 1858 par Yves Coloigner, le marguillier de Pont-Christ, au nom de "la fabrique de Pont-Christ" ; et le 1er octobre 1861 par la fabrique de La Roche (on voit ici le changement de responsabilité) nous apprennent qu'elle possèdait aussi des terrains à :
 

LieuNatureLocataire en 1842... en 1849... en 1858... en 1861
Près de Penhoat en St-Servais & joignant des terres à Richard de Penhoatchamp de terre labourableHervé Le FurJean Map, de PenhoatJean MapHervé Le Roux, de Kerelle
A Bodilis, sur l'ancien grand chemin qui conduit au Quinquisune garenne terre froideHervé Le FurJean Map, de PenhoatJean Map?
A Pont-Christ, deux petites prairies dites "fouenneyer ar besqueterez"prairiesJean Corcuff, charbonnierJean CorcuffLaurent CleachLaurent Cleach

 

Tableau N° 2 - Biens situés à Pont-Christ et loués par la fabrique en 1862 - Durée des baux : commencement à la St-Michel 1862, expiration à la St-Michel 1868
 

Possessions de la fabrique en 1811 ...... louées encore en 1862... vendues
Nom des parcellesNatureContenance
(ha.a.ca)
Revenu
cadastral
Noms des fermiers
(P=principal, S=sous-locataire)
année + acheteurprix
A417Foennec an ilispré0.40.6420,16 f.Le Fur Hervé  
A420Coat parc bras
(en plus / 1811)
pré1860 Administration374,25 f. (1)
A424Parc brasterre0.58.0515,96 f.Le Fur1860 Administration774,00 f.
A425Parc bianterre0.39.228,39 f.Le Fur1860 Administration562,50 f. (2)
A434Foennec an ty fornpré0.12.136,12 f.Le Gall Barthelemy  
A437 Pont-Christsol 0.01.000,10 f.Le Hideux Auguste1865 Alain Pervez, ép. Marie-Caroline Legoas, maître boulanger, demeurant à Landerneau610,00 f.
A437 bisPont-Christmaison  6,50 f.Le Hideux Auguste (P)
Veuve Caer (S)
A437 ter Maison en ardoises0.00.006,00 f.Le Fur Hervé
A437 ter Sol id.0.00.380,28 f.Le Fur Hervé
A438(maison en 1811)Sol et dépendances0.00.720,22 f.Le Gall Barthelemy (P)
petite maison : veuve Bougaron (S)
maison à four : Pierre Madec (S)
1865 : Alain Pervez 320,00 f.
A439 Maison0.00.1013,52 f.Le Gall Barthelemy1865 : Yves Coloigner, de Pont-Christ240,00 f.
A439 Sol et dépendances0.00.880,24 f.Le Gall Barthelemy
A443 Maison0.00.1013,58 f.Cleac'h Laurent1865 Laurent Cleac'h310,00 f.
A443 Sol et dépendances0.00.720,20 f.Cleac'h Laurent
A445DépendancesDépendances0.00.350,10 f.Cleac'h Laurent
A450Ar gambr
Liorz Ty Alan
(en plus / 1811)
Maison1860 Administration
- maison
- jardin
 
500,00 f.
198,00 f.
A455(ruine en 1811)Maison (avant 1862)0.00.003,00 f.Quéré François1865 Olivier Coz, du Frout 85,00 f.
A456Ar c'hlozicSol et dépendances0.00.440,12 f.Quéré François1860 Administration546,80 f. (3)
A472Foennec an hostaliry goz  pré0.10.583,74 f.Le Fur  
A473id.taillis0.04.350,83 f.Cleac'h Laurent  
A474id.pré0.30.556,48 f.Cleac'h Laurent  
A680Parc an tyterre0.26.787,36 f.Le Fur - Le Hideux  
A682Coadic St Christtaillis0.27.006,89 f.Le Fur - Le Hideux  
A695Liors St Christcourtil0.04.871,34 f.Cleac'h Laurent  
A689Ruines 0.00.400,00 f.Administration du chemin de fer  
A688Al liorz QuereCourtil0.00.870,22 f.Quéré François1860 Administration247,00 f. (4)
A733(en plus / 1811)Pâtures au Frout1860 Administration 39,00 f. (5)
Notes(1) dont taillis, terre labourable, clôture à faire, barrière, chêne
(2) dont clôture à faire et barrière
(3) maison à couverture en ardoises : 498,80 f. et terre labourable : 48 f.
(4) terre labourable : 160 f. + frênes à enlever
(5) dont "arbres à enlever ensemble" : 25 fr.
TOTAL4.806,55 f.
bourg et gorrequer

 

Description des 7 maisons vendues 1865 :

 

4371 - petite maison sans cheminée, couverte en genêts, occupée par la femme Caer, sous-locataire de Mr Le Hideux, locataire principal ;
2 - joignant la précédente, une maison couverte en ardoises avec une petite crèche couverte en genêts, au bout de la crèche une petite issue ou emplacement de maison ; le tout occupé par Hervé Le Fur

Longère perpendiculaire à la maison à four, sur le plan de 1860 ci-contre.
plan de 1860
4383 - petite maison, sans cheminée, couverte en genêts, occupée par la veuve Bougaran, sous-locataire de Barthelemy Le Gall, locataire principal
4 - maison, joignant la précédente, couverte en ardoises ayant four dans son pignon nord, occupée par Pierre Madec, sous-locataire de Barthélémy Le Gall, locataire principal
4395 - maison couverte en ardoises, une crèche en appentis, adossée à la maison, couverte en genêts ; issues au nord et au midi de la maison ; le tout occupé par Barthélémy Le Gall ou son sous-locataire

Maison perpendiculaire à la longère et parallèle à la maison à four, sur le plan de 1860.
443 et 4456 - maison, couverte en ardoises, ayant au-dessus du rez-de-chaussée une chambre, vis à vis de ladite maison, séparée d'icelle par le chemin, une crèche, couverte en genêts, le tout occupé par Laurent Cleach
4557 - maison couverte en genêts, entre une maison à Mr Le Hideux et une autre maison à Mr de K/sauson ; au midi de cette maison et y joignant un morceau de terrain ; cette maison est occupée par François Quere.
L'identification de cette maison est confirmée par un plan réalisé en 1860 pour la construction du chemin de fer. La maison de M. de Kersauson porte le n° 454 sur le cadaste napoléonien, tandis que celle de M. Le Hideux a été construite postérieurement à l'élaboration du plan cadastral de 1811, au sud du terrain le n° 453. Fermer X

 

Il est certain qu'en 1865 les maisons n'avaient ni la qualité ni le confort d'aujourd'hui. C'est un peu trivial de le dire. Sur les 7 maisons, il n'y en a que 4 couvertes d'ardoises, les autres sont couvertes de genêts. Deux d'entre elles sont sans cheminées et elles font partie des maisons couvertes de genêts. On peut déduire que celles-ci sont des logements très pauvres.

 

Un mot sur les intervenants :

 

Yves ColoignerCultivateur, marguillier de Pont-Christ, il deviendra conseiller municipal de La Roche à partir d'août 1865.
Il demeure à la métairie de Pont-Christ (n° 429 sur le plan) et achète donc, en 1865, l'ensemble N° 439, la maison et la crèche, qui correspond à l'ancien presbytère (pour plus de détails sur le presbytère, voir ici).
Yves COLOIGNER, né le 16 février 1799, Quilbignon, Ploudiry, décédé le 1er janvier 1867, Veloury, Pont-Christ, enterré - cimetière de Pont-Christ (à l'âge de 67 ans), cultivateur, marguillier et trésorier de la fabrique de Pont-Christ, conseiller municipal de La Roche.
Marié le 23 février 1824, Ploudiry, avec Anne BOUCHER, née le 5 février 1797, Lanneufret, décédée le 16 octobre 1854, Pont-Christ, enterrée - cimetière de Pont-Christ (à l'âge de 57 ans), dont
  • Marie-Jeanne COLOIGNER, née le 1er septembre 1825, Pont-Christ, décédée le 26 septembre 1825, Pont-Christ.
  • Marie-Anne COLOIGNER, née le 5 novembre 1826, Pont-Christ, décédée le 16 juin 1828, Pont-Christ (à l'âge de 19 mois).
  • Marie COLOIGNER, née le 17 février 1829, Pont-Christ, décédée le 13 juillet 1861, Pont-Christ (à l'âge de 32 ans).
    Mariée le 2 février 1855, La Roche-Maurice, avec Jean-François GALLIOU, né le 14 juin 1831, Lanneufret, décédé le 16 avril 1897, Kerfaven, St-Servais (à l'âge de 65 ans).
  • Marie-Anne COLOIGNER, née le 13 mars 1832, Bourg, Pont-Christ, décédée le 26 avril 1870, Creach-Miloc, Plouneventer (à l'âge de 38 ans). Mariée le 20 janvier 1856, La Roche-Maurice, avec Herve PERSON, né le 21 septembre 1832, Plouneventer.
  • Jeanne COLOIGNER, née le 10 mars 1834, Pont-Christ, décédée le 20 juin 1834, Pont-Christ, (à l'âge de 3 mois).
  • Alain François Marie COLOIGNER, né le 27 décembre 1836, Pont-Christ, décédé le 11 janvier 1921 (à l'âge de 84 ans), cultivateur, conseiller municipal.
    Marié le 13 juillet 1865, Plouneventer, avec Marie-Jeanne CORRE, née le 3 janvier 1837, Plouneventer, décédée le 14 octobre 1906, La Roche-Maurice (à l'âge de 69 ans).
  • Jeanne Ursule COLOIGNER, née le 21 octobre 1841, Pont-Christ, décédée le 11 février 1845, Pont-Christ (à l'âge de 3 ans).
Voir aussi ICI pour des informations complémentaires. Fermer X
Auguste Le HideuxPapetier au moulin à papier de Brezal. Nicolas Philibert Auguste à l'état civil, il succéda à sa tante Marie-Françoise Le Hideux, Mme Pichard, qui elle-même avait continué cette activité après le décès de son frère Michel. C'est lui qui sera le dernier patron du moulin. Après son décès, le moulin sera vendu pour devenir "la fonderie de Brezal". Voir la famille Le Hideux sur une page consacrée au moulin à papier de Brezal.
Barthélémy Le GallMeunier au moulin de Brezal. Sa femme, Marguerite Guevel, était la fille de Jean Guevel, précédent meunier du moulin de Brezal.
Barthélémy LE GALL, né le 28 mars 1825, Pleyber-Christ, décédé le 1er janvier 1916, Lesveoc, St-Derrien (à l'âge de 90 ans), meunier au moulin de Brézal.
Marié le 22 novembre 1851, Plouneventer, avec Marguerite GUEVEL, née le 21 janvier 1829, Moulin de Brezal, Pont-Christ, décédée vers 1908, Pont-Christ (à l'âge de peut-être 79 ans), meunière, dont
  • Gabriel LE GALL, né le 28 août 1852, Moulin de Brezal, Pont-Christ, décédé le 4 décembre 1897, Pont-Christ (à l'âge de 45 ans).
    Marié le 21 septembre 1878, Landerneau, avec Louise MEUDEC, née le 20 septembre 1852, St-Servais, décédée le 17 juin 1889, Landerneau (à l'âge de 36 ans), tisserand.
  • Jean-Marie LE GALL, né le 25 février 1856, Moulin de Brezal, Pont-Christ, décédé le 10 novembre 1858, Moulin de Brezal, Pont-Christ (à l'âge de 2 ans).
  • Marie-Jeanne LE GALL, née le 13 janvier 1858, Moulin de Brezal, Pont-Christ.
    Mariée le 27 janvier 1884, La Roche-Maurice, avec François GALLIOU, né le 6 mars 1858, La Roche-Maurice, décédé le 25 octobre 1885, Pont-Christ (à l'âge de 27 ans).
  • Marie-Yvonne LE GALL, née le 18 juillet 1862, Moulin de Brezal, Pont-Christ, décédée le 7 janvier 1875, Pont-Christ (à l'âge de 12 ans).
  • Marie-Josèphe LE GALL, née le 3 février 1868, Moulin du Frout, La Roche-Maurice, décédée le 18 janvier 1894, Bourg, La Roche-Maurice (à l'âge de 25 ans), aubergiste.
    Mariée le 19 mai 1889, La Roche-Maurice, avec Jean-François DIVERRES, né le 11 janvier 1858, La Roche-Maurice.
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La femme Caer?
Pierre Madec?
La veuve Bougaron La veuve Bougaron était, en fait, Marie-Josèphe Calvez, la fille de François Calvez, meunier au moulin de Brezal avant Barthelemy Le Gall.
François CALVEZ, né le 12 avril 1801, Lanneufret, décédé le 3 juillet 1852, Pont-Christ, La Roche-Maurice (à l'âge de 51 ans), meunier.
Marié le 10 février 1828, Plouneventer, avec Marie GUEVEL, née le 21 mars 1807, Milin Hus, St-Servais, décédée le 28 septembre 1864, Moulin du Frout, La Roche-Maurice (à l'âge de 57 ans), meunière, dont
  • Marie-Josèphe CALVEZ, née le 24 décembre 1829, Moulin de Brezal, Pont-Christ, décédée le 20 mars 1899, Bourg, La Roche-Maurice (à l'âge de 69 ans).
    Mariée le 7 juin 1856, La Roche-Maurice, avec Yves BOUGARON, né le 21 juin 1822, St-Meen, décédé le 16 septembre 1863, Pont-Christ, La Roche-Maurice (à l'âge de 41 ans), journalier, bourrelier, dont
    • Marie-Yvonne BOUGARON, née le 7 mai 1857, Pont-Christ, La Roche-Maurice.
    • Yves BOUGARON, né le 16 décembre 1859, Pont-Christ, La Roche-Maurice.
    • Barthélémy BOUGARON, né le 12 avril 1862, Pont-Christ, La Roche-Maurice.
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Laurent CleachCharbonnier.
Laurent CLEACH, né le 20 juin 1806, Plouneventer, décédé le 17 février 1883, Pont-Christ (à l'âge de 76 ans), charbonnier.
Marié le 22 novembre 1834, La Roche-Maurice, avec Marie-Françoise CORCUFF, née le 3 février 1809, Pont-Christ, décédée le 3 février 1880, Pont-Christ (à l'âge de 71 ans), dont
  • Catherine CLEACH, née le 30 décembre 1835, Pont-Christ, décédée le 27 mars 1839, Pont-Christ (à l'âge de 3 ans).
  • Yves CLEACH, né le 11 février 1838, Pont-Christ, décédé le 4 décembre 1892, Pont-Christ (à l'âge de 54 ans), journalier sur le chemin de fer, charbonnier.
    Marié le 21 octobre 1860, La Roche-Maurice, avec Marie-Anne GUEVEL, née le 16 février 1835, Moulin de Brezal, Pont-Christ.
  • Yves CLEACH, né le 8 juin 1840, Pont-Christ, décédé le 10 janvier 1841, Pont-Christ (à l'âge de 7 mois).
  • Perrine CLEACH, née le 29 décembre 1841, Pont-Christ, décédée le 8 août 1908, Pont-Christ, La Roche-Maurice (à l'âge de 66 ans).
    Mariée le 15 novembre 1862, La Roche-Maurice, avec Jean-Marie CAER, né le 26 février 1839, Ploudiry, journalier, cheminot (premier poseur).
  • François-Marie CLEACH, né le 10 février 1845, Pont-Christ, charbonnier.
    Marié le 6 octobre 1872, La Roche-Maurice, avec Marguerite CAER, née le 12 novembre 1849, Ploudiry, couturière.
  • Marie-Jeanne CLEACH, née le 9 octobre 1848, Pont-Christ.
    Mariée le 9 octobre 1871, La Roche-Maurice, avec Claude DEREDEC, né le 1er juin 1849, Dirinon.
  • Julien François Marie CLEACH, né le 27 juin 1852, Pont-Christ, décédé le 5 septembre 1852, Pont-Christ (à l'âge de 2 mois).
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Hervé Le FurHerve Le Fur était le gendre de Jacques Larras, signataire du cahier de doléances de Pont-Christ et délégué à la sénéchaussée de Lesneven.
Herve LE FUR, né le 10 octobre 1789, Bourg, Pont-Christ, baptisé - Pont-Christ, décédé le 10 janvier 1871, Bourg, La Roche-Maurice (à l'âge de 81 ans), cultivateur, conseiller municipal.
Marié le 4 novembre 1811, La Martyre, avec Marguerite ROLLAND, née le 1er juillet 1791, Commana, décédée le 5 juin 1863, Pont-Christ (à l'âge de 71 ans), dont
  • Marie LE FUR, née le 14 septembre 1812, Pont-Christ, décédée le 3 mai 1852, Pont-Christ (à l'âge de 39 ans).
    Mariée le 12 novembre 1831, La Roche-Maurice, avec Bernard GOAVEC, né le 8 mars 1802, Pont-Christ.
  • Alain LE FUR, né le 27 juin 1814, Pont-Christ, décédé le 18 octobre 1814, Pont-Christ (à l'âge de 3 mois).
  • Vincent LE FUR, né le 8 juillet 1816, Pont-Christ, décédé le 14 décembre 1837, Pont-Christ (à l'âge de 21 ans).
  • Anne LE FUR, née le 29 avril 1819, Pont-Christ, meunière, aubergiste.
    Mariée le 23 février 1840, La Roche-Maurice, avec Michel GUEVEL, né le 2 janvier 1805, Milin Hus, St-Servais, décédé le 31 décembre 1879, Moulin de Brezal, Pont-Christ (à l'âge de 74 ans), meunier au moulin de Brézal, aubergiste.
  • Catherine LE FUR, née le 11 mai 1822, Pont-Christ.
    Mariée le 4 octobre 1846, Ploudiry, avec Yves CAER, né le 13 octobre 1803, La Forêt-Landerneau, décédé le 28 juillet 1875, Restancaroff, Commana (à l'âge de 71 ans), meunier.
  • Michèle LE FUR, née le 20 avril 1826, Pont-Christ, décédée le 22 mars 1860, Moulin de Pen-ar-Fers, Ploudiry (à l'âge de 33 ans).
    Mariée le 29 novembre 1848, La Roche-Maurice, avec Jean-Marie LE HIR, né le 27 avril 1813, Le Frout, La Roche-Maurice, décédé le 23 juin 1879, Bourg, La Roche-Maurice (à l'âge de 66 ans), meunier.
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François QuereCultivateur, journalier à Pont-Christ.
François QUERE, né au Folgoët, décédé le 11 février 1893, Bourg, La Roche-Maurice, cultivateur, journalier.
Marié avec Françoise QUEAU, née vers 1808, Plouvorn, décédée le 16 mai 1867, Bourg, La Roche-Maurice (à l'âge de peut-être 59 ans), dont
  • Marie-Françoise QUERE, née le 17 avril 1840, Pont-Christ.
    Mariée le 30 mai 1858, La Roche-Maurice, avec Pierre MEUDEC, né le 28 avril 1829, Plouneventer.
  • Marie-Jeanne QUERE, née le 4 octobre 1842, Pont-Christ.
    Mariée le 26 juillet 1868, La Roche-Maurice, avec Yves CALVEZ, né le 20 juin 1846, Penhoat, St-Servais. Yves Calvez était le fils de François Calvez, meunier au moulin de Brezal, déjà cité.
  • François Marie QUERE, né le 21 juin 1845, Pont-Christ, décédé le 11 janvier 1847, Pont-Christ (à l'âge de 18 mois).
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Olivier CozCultivateur au Frout Bras.
Olivier François Marie LE COZ, né le 20 avril 1828, Ploudiry, décédé le 21 mai 1870, Le Frout, La Roche-Maurice (à l'âge de 42 ans), cultivateur.
Marié le 28 janvier 1855, La Roche-Maurice, avec Marie-Françoise LE MENN, née le 1er juillet 1833, Spernot, La Martyre, dont
  • Jean-Marie LE COZ, né le 16 novembre 1855, Le Frout Bras, La Roche-Maurice, décédé le 24 janvier 1862, Le Frout Bras (à l'âge de 6 ans).
  • Jean-Joseph LE COZ, né le 29 juin 1857, Le Frout Bras, La Roche-Maurice, décédé le 3 février 1862, Le Frout Bras (à l'âge de 4 ans).
  • Marie-Jeanne LE COZ, née le 7 mai 1859, Le Frout Bras, La Roche-Maurice, décédée le 28 janvier 1862, Le Frout Bras (à l'âge de 2 ans).
  • Herve-Marie LE COZ, né le 8 mai 1861, Le Frout Bras, La Roche-Maurice, décédé le 2 février 1862, Le Frout Bras (à l'âge de 8 mois).
  • Marie-Anne LE COZ, née le 26 novembre 1862, Le Frout Bras, décédée le 25 septembre 1945, St-Renan (à l'âge de 82 ans).
  • Joseph Marie LE COZ, né le 1er octobre 1864, Le Frout Bras, La Roche-Maurice.
  • Jean-Marie LE COZ, né le 30 mai 1866, Le Frout Bras, La Roche-Maurice.
  • Jean-François Marie LE COZ, né le 31 janvier 1868, Le Frout Bras, La Roche-Maurice, décédé le 6 février 1868, Le Frout Bras.
  • Guillaume Marie LE COZ, né le 1er avril 1869, Le Frout Bras, La Roche-Maurice.
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Annexe I bis - Propriétés de la fabrique de Pont-Christ vendues comme biens nationaux à la Révolution

 

A la lecture de l'annexe précédente et notamment du tableau qui relate la vente des biens de la fabrique au 19è siècle, un ami Rochois me disait "sa surprise de constater que les terres et biens cités ne débordaient pas sur les paroisses voisines, mis à part Saint-Servais".

Sa surprise est tout à fait pertinente et c'est pourquoi je vais essayer d'y répondre le plus précisément possible :
- dans l'ancien régime : quand on parcourt le chapitre sur le rôle de la fabrique de Pont-Christ avant le 19è siècle on peut déduire, par les actions que les fabriques ont engagées, l'existence d'un certain nombre de biens présents sur les paroisses avoisinantes. Ces possessions sont connues car la fabrique devait fournir aveu aux nobles propriétaires des fiefs sur lesquels celles-ci étaient situées. De plus, La fabrique faisait, bien entendu, souscrire des baux aux locataires.
- à la révolution : les révolutionnaires ont vendu, comme "biens nationaux", beaucoup de propriétés qu'ils avaient confisquées aux fabriques, comme aux nobles d'ailleurs. Ceci explique que certaines possessions anciennes de la fabrique de Pont-Christ sur d'autres paroisses n'existaient plus au 19è siècle.

 

1 - Inventaire non exhaustif des biens sous l'ancien régime :

 

J'ai mentionné le nom du fief duquel dépendait le bien. En effet, le fait pour la fabrique de Pont-Christ de posséder des biens sur le fief en question l'obligeait à payer des droits seigneuriaux au seigneur dudit fief.

La liste n'est bien sûr pas exhaustive. Je possède quelques documents qui me permettrait de la complèter, mais de toutes façons sans en atteindre l'exhaustivité. Cependant, l'intérêt serait sans doute mimine, les exemples donnés ne suffisent-ils pas ?
 

ParoisseLieuBien FiefSource et commentaire
BodilisLambezreLambezre, seigneur de Goasven1778 - nomination d'un homme-lay (ADQ 213 G 4)
BodilisPlessixquart d'un bois taillis nommé Coat CreisLambezre, seigneur de Goasven 1778 - nomination d'un homme-lay (ADQ 213 G 4)
BodilisNivirit Bihanle lieu du Nivirit BihanLeslem, dame de Montaudoin1732 - procédure d'impunissement (213 G 11)
BodilisLanventerresLeslem, dame de Montaudoin1732 - procédure d'impunissement (213 G 11)
La RocheRoc'h Platle lieu de Roc'h PlatBrezal1623 - donation par la famille Helleouet de biens à Roc'h Plat (213 G 9)
1747 - aveu à "puissante Dame Marie Angélique Bonnaventure Julienne de Bresal" (213 G 8)
Locmelar (Sizun)Loquelloule quart d'un bois taillisKerjean Barbier1659 - inventaire des biens en paroisse de Sizun (213 G 7)
Locmelar (Sizun)Loquelloupartie d'un "parc de terre chaude"Provosté de Brezal1659 - inventaire des biens en paroisse de Sizun (213 G 7)
Locmelar (Sizun)Loquelloule quart d'un bois taillisProvosté de Brezal1659 - inventaire des biens en paroisse de Sizun (213 G 7)
Locmelar (Sizun)Kerouigantmaison, jardin, champ, pré...Provosté de Brezal1659 - inventaire des biens en paroisse de Sizun (213 G 7)
SizunK???garenne de terre froide, journal de terre Provosté de Brezal1659 - inventaire des biens en paroisse de Sizun (213 G 7)
PloudiryKerdevezmaison et autres héritagesPoulbroch, seigneur de Penfeunteunio de Lisle1758 - procédure (213 G 11)
PloudiryPenanguermaison et autres héritagesPoulbroch, seigneur de Penfeunteunio de Lisle1758 - procédure (213 G 11)
PloudiryLesleachhéritages légués par missire Jacques Chappallain ptre de Pont-Christ 1669 - aveu à la principauté de Landerneau (213 G 8)
PlougarKerevingarenne, appelée "Goarem an Autrou Christ"Mesarnou, dame Gabrielle Henriette Euphrasie Barbier, héritière de Françoise de Parcevaux1699 - aveu (213 G 8)
PlougarKerevingarenne, appelée "Goarem Pont-Christ"1734 - bail (213 G 10)
PlouneventerRunpoulzic1782 - vente d'arbres au terroir de Runpoulsic près Penarhoat (213 G 6)
PlouneventerInizibienBrezal1753 - aveu à "puissante Dame Marie Angélique Bonnaventure Julienne de Bresal" (213 G 8)
PlouneventerBrezalouBrezal1753 - même aveu (213 G 8)
PlouneventerVeuleury Vihanla métairieBrezal1753 - même aveu (213 G 8)
PlouneventerRunpoulzicBrezal1753 - même aveu (213 G 8)
PlouneventerAnodelanune garenne et une maisonKerouartz, Messire Paul François Xavier de K/ouartz, seigneur dudit lieu... etc 1671 - aveux et titres (213 G 3)
PlouneventerKerdonnarsun parc appelé "Atil an Courz"1632 - titres de propriété (213 G 9)
St-ServaisPenvern "héritages au fief de Penvern"Penvern1787 - nomination d'un homme-lays (ADQ 213 G 6)
St-ServaisBrignennec1784 - procès contre Bodenes (ADQ 213 G 6)
1783 - ferme de Brignennec louée à Noël Merret (213 G 6)
St-ServaisLeslem1778 - nomination d'un homme-lays (213 G 4)
Pont-ChristBourg8 maisonsBrezal1753 - aveu à "puissante Dame Marie Angélique Bonnaventure Julienne de Bresal" (213 G 8)
Pont-ChristGorrequermaison, deux petites crêches, jardin,
... etc. Donation de Vincent de Brezal
Chef-de-Bois, messire Joseph Hyacinthe de K/sulguen, seigneur de K/lorec, Chef de Bois, ...1698 - aveu (213 G 8)
Pont-ChristLe Froutune maison et jardin, don de Jacques Castel, Jacques Cam et Rolland Sizun1756 - décision de faire réparer la maison (213 G 5)

 

Ces biens ont appartenu à la fabrique de Pont-Christ à un moment donné au fil des siècles. Cela ne veut pas dire qu'ils ont été conservés de façon permanente. Certains ont été vendus ou échangés, et n'étaient plus la possession de la fabrique au moment de la Révolution.

 

2 - Vente des biens à la Révolution :

 

Paroisse Bien venduNom du propriétaireNom des acheteursDatePrix de vente
Bodilis Parc an autrou Christ au terroir de Kerellé Fabrique de Pont-ChristLouis, Bellet, Musset (compagnie)25 floreal an VII
BodilisUne moitié de bois taillis du Plessix ou QuinquisFabrique de Pont-ChristMermet, Allain Pouliquen5 thermidor an VI
La Roche Une maison et dépendance au bourg de Pont-ChristFabrique de Pont-ChristJean Yoni18 thermidor an IV627# 00 s.
Locmelar (Sizun) Les héritages dépendants de la ...Fabrique de Pont-ChristJean Coloigner, Autret, Mazé28 messidor an IV
Locmelar (Sizun) KerogantFabrique de Pont-ChristDurivaux24 floréal an VI
Locmelar (Sizun) Lieu de KeroignantFabrique de Pont-ChristGuillaume Auffret14 messidor an IV827# 20 s.
Plouneventer Un champ à Brezalou Chapellenie de Pont-ChristGuenegant30 juin 1808
PlouneventerChamp à KermoalChapellenie de Pont-ChristUrbain le Bescont Coatpont31 décembre 1810
PlouneventerTerres au terroir de Pen ar HoatChapellenie de Pont-ChristYves Berthelo15 juin 1807
PlouneventerPetit lieu à TreguernéChapellenie de Pont-ChristRené Poulpiquet Coatlez30 juin 1808
Pont-ChristPresbytère de Pont-Christ ou maison curialeFabrique de Pont-ChristGuillaume Josse24 messidor an IV552# 00 s.
St-Servais Le petit lieu à BrignennecChapellenie de Pont-ChristLouis Poulpiquet Coatlez30 juin 1808
St-ServaisGarennes au ManèsChapellenie de Pont-ChristYves Picard30 juin 1808

 

On peut noter que tous les biens de la fabrique de Pont-Christ n'ont pas été vendus par les Révolutionnaires. Par exemple le presbytère (n° 440 sur le plan cadastral plus haut) a été vendu, cependant que la "maison du second prêtre" (n° 439) était toujours en possession de la fabrique en 1865. Quel a été le critère de sélection des biens vendus ? Le montant de la valeur marchande ? Le presbytère a été vendu 552 livres à la Révolution, tandis que la maison du second prêtre n'a été vendue, corrélativement, que 240 francs en 1865.

NB - A la Révolution, la valeur en livres et en francs, était la même, et on peut sans doute compter une légère inflation pour se retrouver en 1865.

 

Il serait intéressant de rechercher le prix de vente de tous les biens ou de leur revenu locatif pour connaître le montant dont la fabrique a dû se passer pour entretenir son église au cours du 19è siècle.

Et l'on comprend la phrase de J.F. Brousmiche qui écrivait dans Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831 : "... la jolie chapelle de Pont-Christ, qui s'écroulera bientôt faute d'entretien. Il en sera ainsi d'une foule d'autres constructions dans le Finistère, les fabriques, spoliées de leurs revenus, n'ayant plus les ressources suffisantes pour faire face aux dépenses que nécessite la vétusté de nos monuments religieux échappés au marteau destructeur de nos modernes vandales".

 

 

Annexe II - Ecclésiastiques de La Roche-Maurice

 

Rappel
La liste des ecclésiastiques de Pont-Christ, avant le 19è siècle, est présente sur une page spécifique.

Pont-Christ dépendait donc de La Roche au 19è siècle et ensuite. De plus, on vient de voir des interventions des recteurs et du conseil de fabrique de La Roche au cours de ce siècle, il nous paraissait important de situer ces personnes dans une liste chronologique.

L'église de La Roche dédiée à St Yves fut érigée en trève l'an 1641 : Messire Robert Cupif, lors évêque de Léon, M. Yves Kerriou, recteur de Ploudiry. Bien sûr, l'église existait avant cette date : "Un testament d'Hervé VIII de Léon en 1363 indique la fondation d´une chapellenie dans la chapelle. On ignore s'il s'agit de l'église actuelle. Les vicomtes de Rohan financent la construction de l'église actuelle entre 1539 et 1589 ; l'ossuaire fut construit entre 1639 et 1640" (source wikipedia).

 

Voir la liste des ecclésiastiques de La Roche par ce lien. On y trouvera des précisions sur chaque personne, ainsi que quelques photos.

 

Annexe III - Maires de La Roche-Maurice

 

Si les écclésiastiques de La Roche sont intervenus auprès de l'église de Pont-Christ, les maires s'en sont préoccupés également de par leur fonction. Nous ne les oublions pas !

Voir la liste des maires de La Roche par ce lien. Comme pour les ecclésiastiques, on y trouvera des précisions sur chaque personne et aussi quelques photos.

 

 

Annexe IV - Sources des informations

 


ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper


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