blason de Brezal

Le dictionnaire manuscrit de Brezal

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S O M M A I R E

  1. Introduction : les dictionnaires de la langue bretonne
  2. Le dictionnaire de Brezal : extraits
  3. L'intérêt de l'ouvrage
  4. Histoire du dictionnaire jusqu'à sa découverte par F. Vallée
  5. Son utilisation par les linguistes du 20è siècle
  6. Autre dictionnaire élaboré à Plouneventer par Guillaume Roussel
  7. Quelques autres dictionnaires bretons
  8. Sources des informations

 

Introduction : les dictionnaires de la langue bretonne

 

Du "Catholicon", célèbre dictionnaire latin-breton-français de Jehan Lagadeuc, écrit au milieu du 15è siècle, le plus ancien dictionnaire français et le premier dictionnaire trilingue du monde, jusqu'à nos riches ouvrages du 21è siècle, la route fut longue et les écrits nombreux pour recueillir tous les mots utilisés par les bretonnants.

On peut rappeler brièvement quelques étapes et auteurs remarquables au fil des siècles : le père Maunoir en 1659 ; Dom Louis Le Pelletier, bénédictin de Landevennec au début du 18è siècle ; Le Gonidec au 19è siècle, puis Frañsez Vallée, Roparzh Hemon, Francis Favereau au 20è siècle et le beau dictionnaire illustré "An here", ouvrage collectif, réédité en 2001 dans une version très enrichie. Cette liste, trop courte, n'est qu'un raccourci, nous en dirons davantage plus bas.

Dans cette contribution à la formalisation écrite de notre chère langue bretonne, nous sommes heureux de dire que notre village de Pont-Christ Brezal apporta sa pierre à l'édifice. Il s'agit de l'oeuvre de J.M. Le Thomas, communément appelée "Dictionnaire Manuscrit de Brezal".

Si Gwennole Le Menn le cite dans sa Contribution à l'étude de l'histoire des dictionnaires bretons, il n'en dit rien de plus. Il est donc tout à fait opportun d'en parler ici.

 

Le dictionnaire de Brezal : extraits

 

Ce dictionnaire, comme le précise son auteur plus bas, se composait de deux parties : français-breton et breton-francais. Malheureusement seule la première partie a été sauvegardée et seulement jusqu'au mot "presqu'île". On peut la consulter à la bibliothèque Universitaire de Rennes 1, où elle se présente sous la forme d'un carnet de 74 feuillets, dont les dimensions sont 170 sur 132 millimètres.

Précautions de lecture : cet ouvrage est un précurseur par rapport à nos ouvrages du 20è siècle. L'orthographe n'était pas encore standardisée. D'ailleurs l'orthographe de l'auteur varie parfois d'un mot à l'autre et parfois aussi pour un même mot. Les mutations ne sont pas toujours écrites. Mais, en prêtant attention à ces petites libertés, nous en apprenons beaucoup sur l'auteur et ses contemporains bretonnants.

 

page de garde du dictionnaire de Brezal

Dictionnaire français-celtique et celtique-français des arts et métiers
ou "Le Cultivateur expert"
à l'usage des cultivateurs et priseurs,
par J.M. Le Thomas, bachelier-es-lettres, officier de la garde nationale, commencé au château de Brésal, commune de Plouneventer, canton de Landivisiau, département du Finistère, le 13 avril 1814, sortant de garnison de Brest.


Préface

Retiré au fond de la campagne, loin du fracas des villes, je me suis occupé à faire un petit recueil des noms de tous les objets substantifs qui composent un ménage et surtout de la campagne. J'ai donné à ce recueil le nom de dictionnaire, comme j'y ai placé tous les mots par ordre alphabétique en suivant le modèle du dictionnaie Français-Latin de M. Lallemant. J'ai placé à la tête de cet ouvrage qui est en quelque sorte double ; le dictionnaire Français-Celtique ou Breton et ensuite le dictionnaire Celtique-Français.

On y trouve les noms de tous les ustanciles du ménage et des instruments du labourage divisés dans leurs parties. Ainsi, si vous voulez, par exemple, connaître toutes les parties qui composent une charrette, une charrue, etc... cherchez charrette, etc. Enfin tous les objets qui ont des parties, je les ai divisé autant que possible en donnant à ces parties mêmes les noms qu'on leur donne le plus généralement. Mais, comme les noms ne sont pas les mêmes partout, ni parmi les Français ni parmi les Bretons, surtout pour ce qui regarde l'agriculture, après avoir feuilleté plusieurs dictionnaire et lu tout ce que j'ai pu me procurer de partages, d'inventaires et de prisages, je me suis adressé à des hommes expérimentés et très connaisseurs dans leur état, dont je voulois connaître les noms des outils. Après avoir ainsi recueilli le plus que j'ai pu de noms, surtout dans le pays de Léon que j'ai parcouru à plusieurs reprises pendant toute une année que j'y ai demeuré, je me suis encore adressé à des notaires, à des priseurs et à un avocat célèbre, tant pour le français que pour le breton. J'ai pris des notes, à Re???, sur deux prisages de moulin, trois prisages de pressoir et sur un procès-verbal d'une maison, et le tout en détail. A Château-Laudrin, j'ai pris encore des notes sur le procès-verbal fait des moulins de la ville par un notaire très célèbre dans le pays. J'ai ainsi réuni les différents noms que l'on donne, dans ces divers cantons pour lesquels je veux rendre cet ouvrage utile à tous les ustancils d'un ménage.

La différence des idiomes que l'on parle d'une manière différante dans presque toutes les communes mêmes de la Bas-Bretagne et la liaison que les Bas-Bretons ont avec les Hauts-Bretons qui ne parlent plus que français, embarassent très souvent les personnes mêmes instruites qui se trouvent à changer de canton pour des affaires. En outre, chaque notaire ayant ses expressions particulières qui très souvent ne sont ni françaises ni bretonnes, il se présente encore d'autres difficultés non moins gênantes que les premières. Mais je laisse à chacun de les aplanir, en s'appliquant du mieux qu'il pourra à connaître l'une et l'autre de ces deux langues.

Je me suis proposé, par ce petit ouvrage, sinon de faire disparaître les difficultés qu'apporte la différence des idiomes, du moins de donner du secours à ceux qui s'y trouveroient embarrassés.

Cependant comme la difference de ces idiomes consiste en partie dans la terminaison des mots et la prononciation de trois lettres, je dois en dire quelque chose en passant.

La terminaison des noms singuliers qui se termine en Léon en eur (barneur) se termine en Tréguier, en St-Brieuc et en Bas-Cornouaile, en er (barner). En la Haute-Cornouaille et en Vannes, en our (barnour).

Tous les noms pour ainsi dire qui ont le singulier terminé en r ont leur pluriel en yen (bareuryen).

Les noms terminés en ou en Léon, en Bas-Cornouaille se terminent en o en Tréguier, en St-Brieuc et en au dans la Haute-Cornouaille et en éü dans Vannes. Exemples : Léon, Bas-Cornouaille parcqou, St-Brieuc Tréguier parcqo Haute-Cornouaille parcqau Vannes parcqéü.

L'U se prononce en Léon presque partout comme en français et en Tréguier il se prononce toujours en ou quand il est précédé d'un g ou d'un a. Exemples : güerc'hes, avel en Léon se prononcent à Tréguier comme s'il y avait gouërc'hes, aouël.

La lettre h, précédée d'un c et d'un apostrophe, s'aspire doublement (marc'h, moc'h) et doit se prononcer ck qu'elle remplace.

G se prononce aussi fortement que K et le remplace presque toujours dans cet ouvrage (genta, autrefois kenta). J'écris toujours le g sans qu'il soit suivi d'un u.

L'accent circonflexe se met sur les â et les ê. Exemples : amâ, gentâ, ên douar, ên eê. L'accent circonflexe sur ñ cette lettre ne se prononce qu'à demi. Exemples : amañ, iñgal, iñtañv.

L'accent grave sur un e fait baisser la voix en le prononçant (madélès).

La lettre é avec un accent aigu doit être prononcée d'une manière claire (me garré).

 

Abaquem.s.tocq, toquenla partie supérieure du chapiteau de la colonne
Abattages.m.discar-coad, discar
Abat-jourstalaf-grilespèce de trellis que l'on met aux fenêtres pour abattre le grand jour et laisser entrer l'air
Abat-vents.m.stalaf-prenest a syavespetit toit en forme d'appentis
Abayel.s.abaty pl. abatiou
Abreuvoirs.m.dourlec'h, abeurouër
Abeille s.f.guénanen pl. guénan
Abricots.m.abriques, abricot
Abricotiers.m.guézen-abricot
Acierm.s.dir
Affinoirs.m.cribin-fin, cribin-bian pl. cribino-bian
Affûts.m.affut-canon pl. affutou-canonaffût de canon
Agneaum.s.oan pl. oaned
Agraffef.s.cloched pl. clochedou
Aigrettef.s.plumacheu pl. plumachenou
Ails.m.quingnen, qingnenplant
Aiguillef.s.noadé
Aiguillettef.s.accuilletten pl. accuillettenoucordon ferré aux deux bouts
Airains.m.arm
Aires.f.leur pl. leuriouplace pour battre le bled
Aiss.m.planqen pl. plenc'h
Aissellef.s.cazel pl. qezelcavite sous le bras
Alambicm.s.lambic pl. lambigouvas à distiler
Albâtres.m.alabastrmarpre precieux
Alcovef.s.cuz-guélé, alcovce dernier ne se dit que dans les villes
Alènef.s.minaouëd, minaouëdo
Alevins.m.munuspoisson propre à multiplier
Alguef.s.felu, bizinherbe marine
Alibis.m.digaréterme de barreau
Alléef.s.allépromenade
Allumettef.s.elumetezen, elumetez
Aloyaus.m.craouën-virvinde boeuf
Amadous.m.tondpour allumer du feu
Amasbern, blocqad
Annits.m.goël ar belec, annidlinge d'église que le prêtre met sur la tête avant de prendre l'aube
Amidons.m.ampéz
Ampoulettef.s.trézouerhorloge à sable
Anches.f.can-bian, hauchenpetit conduit par lequel la farine coule ans la huche du moulin
Ancres.f.ancr, hervr pl. hervriopour tenir les vaiseaux
Angars.m.voyez appentis
Anilles.m.flac'hpotence d'estropié
Anneaus.m.organel pl. organelocercle pour attacher
Annelets.m.ailleden, lagaden pl. lagedeno
Anses.f.dorguen, scouarn, dournd'un pot
Ansegoalesen ur pod houarnd'une marmite
Ansepleg-morpetit golfe
Antennef.s.délézverge d'un navire
Antichambref.s.camp-a-ziarauqon dit aussi quelques fois en breton : antichampr
Antidotem.f.contrépoézon
Antimoinem.f.antimoanminéral purgatif
Antiquailless.f.pl.cozquilhézpièces antiques et de peu de valeur
Antres.m.cavern-natur
Apanages.m.partag ar cadet, pennaich ar yaoüaer, heritagterres que les souverains donnent à leur puînés pour leur partage
Les maladies sont l'apanage de la vieillesse : ar clevet a so partag ar cozni
Appentiss.m.apanteiz pl. apanteizou, lapp pl. lappou, apateiztoit appliqué contre un mur
Appuis.m.souten, difen, harp, zintr, scoazelappui d'un mur
Aqueducs.m.san pl. sanyo, can-dour, sanalcanal pour conduire l'eau
Arbrem.s.güen pl. guéz, guézen, guéz
Arbrisseaus.m.brug, brusguezen pl. brusguez
Arbustem.s.ragot pl. ragoto
Arcm.s.goarec, plegen
Arc-boutantm.s.scoazel-blec
Arcadef.s.bols goarec
Archef.s.bols ur pondd'un pont
Archetm.s.arched, archedodu violon
Archipelarchipelmer
Architravef.s.trézouérsablière
............
............
Charnières.f.charneür, charnielldeux pièces qui s'enclavent l'une dans l'autre
Charpentes.f.coadaich, fram, coad-tyouvrage de charpentier
Charpentiers.m.calvez 
Charretées.f.carrad, qarg, qarradcharge d'une charette
Charrettes.f.qarr pl. qirry 
Charrette ferréeqarr-houarnet 
Charrette non ferréeqarr-pren 
Chatilles.m.castell pl. qestel 
Roues.f.rod, rogeou, moullou 
Une paire de rouesur moullou-qarr 
Timongoalen-qarr 
Limon-timonleur-qarr 
Guesseux (?)corf, gorf pl. gorfyou-qarr 
Haichess.f.pl.réngen pl.réngeou v. ridelles
Saumois (?)s.m.mastin pl. mastinou 
Jantes ou courbescamed, camegeou 
Rais ou rayonsempren, emprou, squin 
Moyeumouell pl. moellou, bendell 
Boîte de ferqib pl. qibou 
Fretes ou cercles de ferfreten, fretou 
Essieuahel, ahelou 
Lien de ferliam 
Bandes de ferhouarn-qarr 
Elinguesrilhen, rilhennou 
Erress.guiber pl. guiberou 
Barres en boiscleren, clered 
Charroiv. charriage
Charrons.m.qarrer pl. qarreryen 
Charrues.f.ara, ere, alar, eler 
Latte ou gaulelaz-arazrflech age
Queue de la charruegravacz, lost 
Mancheronm.s.bau, postel 
Le grand manchear bau bras, postel-brascaquetoire
Le petit manchebau-bian, postel-bian 
Mauvels.m.scouarnaileron
Cerfs.m.coazé 
Cées.m.goarecq pl. goareyer 
Socsouc'h pl. souc'hyoula partie de la charrue qui entre dans le sol (emprinnadur)
Coutres.m.contell, coultr pl. coultrou 
Chariot de la charruequilhoron 
Timon ou fourcel du chariotfourcel, peller pl. pellerou 
Pied-mars.m.pluecq, pleyer 
Harpincasprenvoyez harpin
Chariot ou chevaletmarc'h-arazc, chariodqui sert à porter la charrue dans les chemins
Faltous (?)s.m.pl.palorou da haret 
Chartier ou charretiers.m.chareter 
Chasses.f.arched, archedou 
Chassiss.m.stern, stearnd'un tableau
Chasubles.f.casulornement d'église
Chats.m.caçz, qaz pl. qizyer 
Chataigneraies.f.quistinecq pl. quistineyerlieu planté de chataignier
Chataigniers.m.guëzen-qistin 
Chateaus.m.qastell, qestell 
Chaudieres.f.cauter pl. cauteryou 
Chaudrons.m.chaudouren, chaudouron 
Chauffages.m.quened-tan, coad-tan, qeuneud-tanbois à brûler
............
............
Morceaus.m.tamm pl. tammou
Morss.m.morz, morzoude bride
Mortaises.f.mortéz pl. mortézou
Mortiers.m.mortier, pilonz
Mottes.f.mouden pl. moudet, glen
Mouchettess.f.pl.mouchétézou
Mouchoirs.m.mouchouër
Moulins.m.milin
Moulin à ventmilin avel  
Moulin à eaumilin dour 
Moulin de mermilin mor 
Moulin à bledmilin ed 
Moulin à papiermilin paper 
Moulin à huilemilin eol 
Moulin à poudremilin boultr 
Moulin à foulonmilin foul. comm 
Moulin à tanmilin couez 
La cages.f.an ty milin 
Roue à aileronss.f.rod-a-elloach 
Roue à jantillesrod-a-palyou, a elloaich 
Roue à alichon, à bacquetsrod-gand-baraçzou 
Roue de dehorsrod a ziavez 
Jantilles ou ailerons de la roueelloaich, palyou, loayou ar rodv. aube, coyaux
Les courbes de la roueflouraich ar rod 
Bacquets, alichons de la rouebarazou ar rod 
Coujauss.m.brancoñou 
Embrasuress.f.pl.divrac'h an tournant 
Aissieu ou marbrear marbr 
Tourillonss.m.pl.güiber, güyberou 
Plumeauxs.m.pl.pluecq pl. pluéyerles deux bois qui tient les deux traversiers
Cailless.f.pl.consinet 
Les glands ou braiesguëntle, guëntleyer 
Paliers.m.ar gaçsecq 
Coquillear votéz, ar croguenn 
Paquetdidan, paqet 
La hersear gravas, ar plougenn 
Pont à farinepond ar bleud 
Gouvernailar gouarnercomposé d'un montant, d'un balancier, d'un contre-balancier, d'un contre-poids et d'une petite corde
Montants.m.ar montand 
Balanciers.m.ar balancer 
Contre-balanciers.m.ar contrebalancer 
Contrepoids.m.ar contrépoéz 
Cordes.far gorden 
La fossear poull-rod 
La petite rouerod an arassonou, rod-vian 
Terson s.m.araçzon pl. araçzonnouv. alluchon
Ploquierpaignonou 
Les fuseauxguërzidy 
Fer du ploquerhouarn brasou grand fer
Gohet ou colierar collier 
La croixar groas 
Madriers.m.streut 
L'auge à farinecern ar bleud, néau 
La grande trémieker, néau an ed 
La petite trémiekern vian, néau bianvoyez auget
La canelle ou claquetcannell, kraqerés 
Civièrear gravas 
L'évêquean éscop 
Les carcans carc'halyouou cartrons, archures, couverseau
Plate-formeplaté-form 
Enchevêtruresbrijou 
Les supots de l'enchevêtruresupot ar brijou 
Meule courantemaen-red, maen huellan 
Meule gisantemaen diasez, maen izellan 
Le chapeauan tocq 
Le croqan és 
La billear vill 
Les boittesa kibou 
Le cercle à charnièrear clerc'h-bras 
Les jumellesar jumellou 
La gruerod-vras an travouilla grande roue pour lever la meule
Virvotar hcar (?) 
Le poitrinauar belecq 
Pont à bledpont an ed 
L'étangar stang 
La bondesclotouër, sclotur 
La vanne ou la palepal, tal, palyou, talyou 
Le canalar c'han, caniouv. auge
Moyeus.m.moëll pl. moëllou pendell car 
Muemuz pl. muzoulieu où l'on enferme la volaille pour l'engraisser
Mur ou murailles.m.mur, moguer, muraillvoir plus haut à Maison
Muselières.f.musalyervo. assise. parquin
Nacelles.f.baguicq 
Nacres.m.croguenn-pélès 
Nappes.f.toubyer, touzyer
............
............
Poulaillervoir juchoir
Poulains.m.heubeul pl. heubeulien 
Poulardes.f.poularden 
Poulets.m.poncin 
Poulettes.f.polés 
Pouliches.f.heubeulés 
Poulies.f.polé pl. poléou, polyésenn 
Poupes.f.déadré ul lestrd'un vaisseau
Pourceaus.m.porhel 
Poutres.f.treust pl. treuchou, treustou 
Poutrelles.f.gour-dreust, hanter-dreust 
Prairies.f.prat pl. prajou, pragéyër 
Prés.m.prad pl. prageou, pragéyër 
Petit-prépradenn, pradicq 
Preaus.m.pradennicq 
Prémicess.f.pl.preuveudy 
Presbytères.f.presbytal 
Presqu'îles.f.gour enès 
Fin du premier volume
Où sont les autres ? Mystère !

 

L'intérêt de l'ouvrage

 

Outre, la valeur historique de cette oeuvre et sa spécificité au niveau du vocabulaire, un intérêt tout particulier est d'avoir regroupé des mots s'appliquant, comme on l'a vu, à un objet précis : exemples, la charrette, la charrue, le moulin à farine.

Son apport sera un plus pour compléter les lexiques déjà élaborés par les érudits en meunerie, mais qui restent pour l'instant incomplets. Il nous permettra ainsi de décrire efficacement le moulin à farine de Brezal à partir de plusieurs états des lieux que nous avons collectés en dévoilant le sens de quelques mots qui nous apparaissaient encore un peu énigmatiques.

 

 

Histoire du dictionnaire jusqu'à sa découverte par F. Vallée

 

portrait du dictionnaire de Brezal

Ce dictionnaire manuscrit a donc été écrit par J.M. Le Thomas à partir de 1814 au château de Brezal. Qui était J.M. Le Thomas ? Il nous indique lui-même qu'avant d'arriver à Brezal il était officier dans la garde nationale à Brest.

Dans les archives de la garde nationale de Brest au 20 frimaire an 11 (11/12/1802), on trouve mention d'un Thomas Jean-Marie, 40 ans, charpentier, résidant 33 rue Basse-ville. S'il s'agit bien de lui, il serait donc né vers 1762. Mais nous ne pouvons le confirmer. Etait-il charpentier avant d'entrer dans la garde nationale ? Il a sans doute été invité à s'installer à Brezal par l'ancien maire de Brest, Jean-Maurice Pouliquen, qui avait acquis le domaine dès 1802 (ou son successeur le lieutenant de vaisseau Joseph Malin ?).

Après Brest et Brezal, notre lexicographe continue vraisemblablement ses pérégrinations vers les Côtes-du-Nord, en l'occurence vers Châtelaudren (qu'il appelle Château-Laudrin, son ancien nom).

Le dictionnaire se retrouvera un jour sur les bords de la Rance, car Frañsez Vallée a écrit : "il m'a été offert gracieusement par M. l'abbé E. Brébel, de Pleudihen, qui le tenait d'un parent".

Il est curieux de constater que l'une des premières pages du dictionnaire comporte sur toute sa surface, écrit en grandes lettres, le nom de Cotiniaux Jean-Marie. Or, ce patronyme a été porté à Pleudihen. Est-ce le nom du parent de l'abbé Brébel ? Pourquoi ce nom est-il écrit ainsi en pleine page. Serait-ce le copiste de l'ouvrage original ?

On trouve aussi dessiné dans les premières pages un portrait, une caricature ? (voir ci-contre). Le copiste s'est-il amusé ou a-t-il voulu mémoriser les traits les plus saillants de l'auteur, J.M. Le Thomas ?

 

 

L'utilisation du dictionnaire de Brezal par les linguistes du 20è siècle

 

dictionnaire de Brezal - 2è version

Le dictionnaire original a été "recopié et soigneusement complèté par notre dévoué collaborateur M. l'abbé Caer, recteur de Gouezec, pour le Haut-Léon, et MM. les élèves du Grand Séminaire de Quimper pour la Cornouaille et le Bas-Léon" nous apprend Frañsez Vallée. Il dit encore qu'il a été "enrichi de notes sur les formes dialectales du Léon par MM. les abbés Caer, Cozannet, Mével et Biler".

C'est donc sur cette version enrichie que travaillera Emile Ernault pour ses Notes d'étymologie bretonne" car il indique à propos du mot DRAM et de ses dérivés : "Le dictionnaire manuscrit de Brezal, dont je dois la connaissance à une très obligeante communication de M. F. Vallée, donne au pluriel drammoù et drimmier ; sur quoi M. l'abbé Caer, recteur de Gouezec, a noté que drammou est du Haut-Léon ; et la Breuriez Vreiz de Quimper, société de séminaristes qui travaillent leur langue avec un zèle éclairé, remarque qu'on dit qu'on dit en Bas-Léon dremmen ..."

C'est, entre autres, de cette 2è version du dictionnaire de Brezal que se servira aussi Frañsez Vallée pour élaborer son Dictionnaire en 1931.

 

Finalement, cette version réapparaitra un jour, le 19 août 2013, en vente sur "Le Bon coin" pour la somme de 1.000 EUR. Nous ne savons pas qui en a fait l'acquisition. Nous ne pouvons qu'espérer que ce soit une bibliothèque et qu'ainsi sa lecture restera permise à un grand public ??!!

Voici ce que disait l'annonce accompagnée de la photo ci-contre : "Pièce unique : Vends Dictionnaire manuscrit original dit "de Brézal" rédigé en 1912 par le lexicographe breton François VALLÉE (1860-1949). Il s'agit d'un cahier relié (dos et coins cuir ; 23 x 17,5 cm) de 200 feuilles à petits carreaux dont seul le recto des 120 premières pages est rédigé. Chaque entrée est traitée sur trois colonnes : l'entrée en français, les traductions proposées par deux sources (BV : Breuriez Vreiz, et Cr : abbé Caer, recteur de Gouézec) et les indications occasionnelles de l'auteur. Le Dictionnaire manuscrit est achevé jusqu'à la lettre "P" (dernière entrée : "presqu'île"). En fin de volume est adjoint un texte de 60 pages (en breton) extrait de la revue "l'Association Bretonne". Les quatre dernières pages de gardes sont entièrement rédigées d'annotations de François Vallée. Ce travail constitue l'ébauche de son Grand dictionnaire français-breton publié entre 1931 et 1933".

 

Un petit mot sur l'abbé Guy Marie Caer. Avant d'être recteur de Gouezec, il fut recteur de La Roche-Maurice, en charge donc de Pont-Christ. Comme on le voit l'histoire s'amuse à créer de multiples raccourcis. Voir la biographie de l'abbé Caer sur la page concernant les recteurs de La Roche.

 

Autre dictionnaire élaboré à Plouneventer par Guillaume Roussel

 

Guillaume Roussel est né à Roscoff le 8 juin 1647. Il fut recteur de Plouneour-Trez, puis recteur de Plouneventer à partir du 22 janvier 1687 jusqu'à sa mort le 11 décembre 1707 à l'âge de 60 ans.

Il écrivit lui aussi un dictionnaire manuscrit, dont un exemplaire se trouve à Poitiers et un autre à la Bibliothèque Universitaire de Rennes 1.
Exemplaire de Rennes : Ms 192-194. Roussel, dictionnaire breton en 3 volumes, XIXè siècle :
I. lettres C à E. - 42 feuillets, 162 sur 140 millimètres.
II. lettres E à R. - 54 feuillets, 162 sur 140 millimètres.
III. lettres R à Z. - 22 feuillets. 228 sur 179 millimètres.

Voici ce qu'en disait Frañsez Vallée en 1901 : "Une première copie du manuscrit original, découverte à l'île de Batz en 1806, a été acquise par M. Ernault pour la bibliothèque de Poitiers. J'en ai trouvé depuis une seconde copie faite selon toute apparence sur le même manuscrit original, car elle m'a paru comporter les mêmes lacunes que l'exemplaire de M. Ernault. Mon manuscrit, d'une lecture très difficile, est en grande partie recopié ; il sera complété à l'aide de notes que me fournissent avec beaucoup de compétence et de zèle MM. les abbés Caër, Cozannet et Mével".

 

Je confirme que la lecture de ce manuscrit n'est pas très facile.

 

Guillaume Roussel a collaboré avec Dom Louis Le Pelletier (voir "quelques autres dictionnaires bretons" plus bas). En effet, dans ses écrits, le bénédictin de Landevennec, "avec une honnêteté remarquable, rend un témoignage de reconnaissance émue aux secours qu'il a reçus de M. Guillaume Roussel, recteur de Plounéventer, en Bas-Léon, et du P. Grégoire de Rostrenen, tous deux hommes fort experts en leur idiome natal et auteurs eux-mêmes de dictionnaires bretons" (source Francis Gourvil).

Le Pelletier est donc, peut-être, passé par Pont-Christ pour se rendre de Landevennec à la résidence de son ami et collaborateur de Plouneventer.

 

La famille de Guillaume Roussel :

Guillaume ROUSSEL, né vers 1607, décédé le 31 mars 1683, Roscoff (à l'âge de 76 ans).
Marié le 12 janvier 1641, St-Pol, avec Marie CALLOUCH, née vers 1616, décédée le 23 mars 1703, Plouneventer, enterrée à Plouneventer (à l'âge de 87 ans), dont

 

Quelques autres dictionnaires bretons

 

 

 

Source des informations

 

BUR1 = Bibliothèque Universitaire de Rennes 1
ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper


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 A. Croguennec - Page créée le 21/07/2015, màj le 16/3/2016.

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