blason de Brezal

Le costume à Pont-Christ

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Les costumes présentés ici étaient portés dans une période que l'on peut situer entre la fin du 19è siècle et le début du 20è.
Ils sont un élément de réponse à la question que nous nous posions à propos du dessin de Léon-Augustin Lhermitte.
 

coiffe d'hiver
Carte postale avec la légende : "Coiffe
d'hiver du pays de Léon, Landerneau - Landivisiau"
habitants de Pont-Christ en 1900
Habitants de Pont-Christ vers 1900 : la coiffe de la femme est semblable à celle de la photo de droite.
 

au bord de l'Elorn
Au bord de l'Elorn : à 50 mètres à l'ouest de la chapelle.
 

Les messieurs sont certainement des touristes en provenance d'une ville voisine. La dame porte la coiffe "Tintaman" ou "n° 8" typique du pays. Evidemment le manque de netteté de ce zoom sur une carte postale ancienne ne la met pas en valeur. Elle est mieux représentée sur les autres CPA plus bas. Cette coiffe est appelée parfois "n° 8" parce que ses bardes, épinglées (sauf en cas de deuil) au milieu de la tête, semblent former le chiffre huit.
 



Dans le cimetière de Pont-Christ
Dans le cimetière de Pont-Christ.
 
Dans le cimetière de Pont-Christ
Dans le cimetière de Pont-Christ.
 

La coiffe portée par la femme au centre de la photo ne me semble pas être une coiffe typique de Pont-Christ, mais plutôt une "chikoloden" sans les barbes, mais avec les deux petites "cornes" bien visibles et la "liette" sous le menton.

La "chikoloden" était portée dans les cantons de Plouescat, Plouzévédé et Saint-Pol. Coiffe, dont le fond non empesé est pourvu de deux petites cornes, et maintenue serrée par une liette (rosaren). Les barbes se sont élargies. Elles se nouent où s'épinglent assez bas sous le menton. On les laisse pendre pour entrer à l'église, on les relève pour manger. Coiffe sans prétention, un peu sévère, mais facile et pratique en somme. D'origine artisanale. (source Bretagne : coiffes et costumes - Per-Jaker Helias - 11/1998)

Il n'est pas étonnant de rencontrer cette coiffe ici quand on sait que le meunier qui venait de s'installer au moulin de Brezal en 1904 arrivait de Plouvorn (situé dans le canton de Plouzévédé). Françoise Tanguy, sa femme, et Anne-Marie Menez, sa fille, portaient la coiffe "chikoloden" (on peut le constater sur une photo publiée dans Le Télégramme du 28/11/1949) et non la "tintaman" ou "n° 8". Elles avaient donc gardé en arrivant chez nous la coiffe de leur paroisse d'origine, ce qui était assez classique à l'époque. La femme présente sur la carte postale pourrait être Anne-Marie Menez, née en 1885.



vieille maison et costumes
Légende de la carte postale : "Vieille maison du XIVè siècle - Etude de costume du Léon".
 

On y reconnaît bien une coiffe Tintaman spécifique du pays "Chelgen" (portée par la femme la plus à gauche sur le palier), la coiffe d'hiver que porte la femme à la quenouille, les bonnets blancs des enfants que nous avons déjà vus plus haut, ainsi que le type de châle, court et croisé sur la poitrine.

S'il y a un doute au sujet de la localisation cette maison à Pont-Christ (voir la remarque plus bas), il n'y en a point quant à l'attribution de ces costumes à notre village : de La Roche à St-Thegonnec, on est bien en pays "Chelgen". La cohabitation des coiffes de fêtes ou du dimanche (Tintaman) et de travail, d'hiver (noire) ou d'été (blanche), sur la même prise de vue est sans doute due à une demande du photographe.
 

plan de maison à Pont-Christ Remarque très importante : Cette photo, présente sur une carte postale éditée par "Unvaniez Post ar Bed Holl" n° 1188, est associée, sur cette carte, à celle d'une jeune fille portant le costume de St-Thegonnec.

On la retrouve, toujours sous cette forme de carte postale, dans le fonds de l'abbé Soreau avec les photos qu'il a prises à Pont-Christ entre 1885 et 1905, et concernant la maison il l'identifie comme "vieille maison de Pont-Christ". Peut-on se fier à cette affirmation ? Il a voyagé dans toute la Bretagne, a-t-il affecté la carte postale au lieu exact ?

Si oui, il pourrait s'agir de la maison détruite avant 1950 et qui porte sur le plan cadastral ancien le n° 451 de la section A (en jaune ci-contre), car cette maison possédait un escalier extérieur de ce type, qu'on voit bien sur le plan. Mais, la prudence reste de mise.
 
 

 

coiffe de La Roche

La photo de gauche permet de se rendre mieux compte de la coiffe que portait, plus haut devant la maison, la femme au "boutog" de linge.

 


"Boutog" (ou "bouteg"), au pluriel "boutegi" ou "boutegoù" :
Sorte de panier réalisé le plus souvent avec de l'osier, qui sert de récipient pour les travaux à la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Voici maintenant, plus bas, toute une série de coiffes Tintaman : on reconnaît bien le huit dessiné par les bardes.


Rappelons, au sujet de la localisation de ces cartes postales à "Plouneventer" et à "La Roche-Maurice", que l'ancienne trève de Pont-Christ s'étendait sur une partie de ces deux communes actuelles.

 
Jeune fille de La Roche-Maurice
Jeune fille de La Roche-Maurice.
Jeunes filles de Plouneventer
Jeunes filles de Plouneventer en coiffes Tintaman

 

Auguste Soubigou, maire de Plouneventer de 1902 à 1910, a écrit, à cette époque, une histoire de sa commune qui est restée manuscrite. Il y parle, bien sûr, du costume local et de nos coiffes : la coiffe Tintaman (sans la nommée précisément, mais c'est bien d'elle dont il s'agit), la coiffe ordinaire et la coiffe de travail pour l'hiver. Voici ce qu'il en dit :


Evolution de la coiffe Tintaman depuis le milieu du 19è siècle :

costumes et coiffes
En 1859 à Lampaul-Guimiliau - photo de John Jephson, Augustus Reeve, Henry Taylor. Narrative of a walking tour in Brittany:
Les deux jeunes filles, dans le porche, portent la coiffe du style de l'époque valable aussi pour Plouneventer et Pont-Christ. On reconnait les "deux grands trous de chaque côté de la tête jusqu'à l'extérieur des épaules".

" La coiffe a été modifiée bien des fois dans le cours du 19è siècle... La coiffe jusque vers 1850 était formée d'une large bande de toile adaptée à un fond qui recouvrait la tête, mais la bande était large d'environ 12 centimètres et n'était pas très longue. Lorsqu'elle était relevée sur le sommet de la tête en arrière, elle ne laissait presque pas de vide entre la tête et la bande. Les femmes portaient en dessous un serre-tête et un bonnet noir qui ne laissait point voir les cheveux. De 1850 à 1870, la mode exigea peu à peu le rétrécissement de la bande à 7 ou 8 centimètres, en même temps que son allongement, et la toile fut remplacée par la percale, la dentelle, etc... et les bandes étaient relevées sur la tête formant deux grands trous de chaque côté de celle-ci jusqu'à l'extérieur des épaules. C'était le bon ton.

Vers 1880, la mode exigea encore le rétrécissement de la bande et aujourd'hui elle ne dépasse pas cinq centimètres et quelquefois quatre, puis la longueur fut considérablement diminuée, de sorte que les deux vides créés par les bandes relevées sont minimes et n'atteignent pas quelquefois cinq centimètres. On supprima serre-tête et bonnet pour peigner les cheveux en bandeau sur le front."


Coiffe ordinaire et coiffe d'hiver :

" En hiver la coiffe de travail est faite en drap noir et elle est de même coupe que la coiffe ordinaire afin d'affronter la pluie sans avoir aussi souvent besoin de repasser. Toutefois les coiffes n'ont pas de bandes relevées sur la tête, elles sont coupées, une tresse de velours en recouvre quelquefois le bord. "


Mouchoir et châle :

" Après la Révolution on n'entend plus parler de brassières, les jupes et corselets de couleur disparaissent aussi en 1830 et l'étoffe noire remplace les couleurs variées. Le mouchoir porté très court en pointe sur le dos tend à être remplacé par des mouchoirs plus larges, espèce de châle, dont la mode s'introduisait dans le monde sous le Premier Empire, et qui a disparu des villes, mais est fermement implanté dans les campagnes où les personnes coquettes ou riches portent le châle très long en pointe sur le dos jusqu'à toucher le sol à l'extrémité de la pointe, et est très souvent brodé sur franges de soie. "


Tablier :

" Le tablier qui était jusque vers 1880 accompagné d'une piècette très grande couvrant presque toute la poitrine est aujourd'hui muni d'une piècette de dimension très réduite permettant de laisser voir une guimpe blanche qu'on appelle à tort une modestie et qui est agrémentée de broderies ou verroteries, ce que l'ancienne piécette aurait empêché de laisser voir.

 

Le châle et le tablier sont de couleurs variées et le châle toujours en mérinos et le tablier en soie. "
 

groupe de jeunes filles de La Roche-Maurice
Groupe de jeunes filles à La Roche-Maurice en coiffes Tintaman.



Le costume masculin... ce sera pour plus tard.

 



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 A. Croguennec - Page créée le 30/6/2013, màj le 12/9/2014.