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Familles morlaisiennes

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Ces familles riches et célèbres de Morlaix sont liées à la famille Le Roux de Brezal dans la mesure où Guillaume fonda, en 1845, avec Charles Homon et Joseph Desloges de Morlaix, ainsi que d'autres négociants de Landerneau, la "Société Linière du Finistère".

Elles sont liées aussi par le fait qu'Albert Le Roux, fils de Guillaume, épousa Zoé Puyo, la petite-fille de Charles Homon. Albert, sa femme et ses deux filles, sont inhumés dans la chapelle funéraire de la famille Homon, au cimetière Saint Augustin de Morlaix.

 

A - Les familles

 

Famille Homon
 
 Famille Puyo
 
Charles Louis HOMON, né le 14/10/1800, Morlaix, décédé le 6/2/1879, Quai de Léon, Morlaix (à 78 ans), négociant, l'un des fondateurs de la Société Linière, et directeur de l'hospice civil de Morlaix.
Marié le 25/11/1822, Brest, avec Zoé Gabrielle Pétronille Joséphine BERTHOME, née le 7/1/1803, Lannion, décédée le 7/1/1863, Morlaix, enterrée au cimetière St-Augustin (à 60 ans), dont
  • Marie Caroline Zoé HOMON, née le 7/9/1823, Morlaix, décédée le 26/2/1902, Morlaix (à 78 ans).
    Mariée le 29/2/1848 avec Edouard PUYO, né le 2/8/1821, Morlaix, décédé le 28/8/1901, enterré au cimetière St-Augustin (à 80 ans), polytechnicien, officier d'artillerie, architecte, artiste, dont
    • Zoé PUYO, née le 28/12/1848, Rennes, décédée le 4/3/1879, Rue de la Villeneuve, Morlaix, enterrée au cimetière St-Augustin, Morlaix (à 30 ans).
      Mariée le 18/6/1866, Morlaix, avec Albert LE ROUX, né le 22/5/1839, Landivisiau, décédé le 11/9/1912, Château de Brezal, Plouneventer (à 73 ans).
  • Charles François Joseph HOMON, né le 11/11/1825, Morlaix, décédé le 17/6/1908, Morlaix (à 82 ans), négociant.
    Marié le 5/5/1854, Morlaix, avec Céline Henriette ALEXANDRE, née le 18/4/1837, Morlaix, décédée le 5/11/1892, Manoir de Penanrue, Ploujean (à 55 ans).
  • Amélie HOMON, née le 20/11/1833, Morlaix.
    Mariée le 23/5/1857, Morlaix, avec Victor FENOUX, né le 5/2/1831, Boulogne-sur-Mer, décédé le 9/9/1895, Morlaix.
  Joachim PUYO, né le 9/4/1792, Vertou (44), décédé le 15/5/1868, Manoir de Coat Congar, Ploujean (à 76 ans), négociant, président du tribunal de commerce.
Marié le 11/9/1820, Morlaix, avec Marie Emilie HOMON KERDANIEL, née le 8/4/1803, Morlaix, décédée le 6/5/1879, Quai de Léon, Morlaix (à 76 ans), dont
  • Edouard PUYO, marié avec Marie Caroline Zoé HOMON, dont
    • Zoé PUYO, mariée avec Albert LE ROUX.
  • Marie Emilie PUYO, née le 7/11/1822, Grande Place, Morlaix.
    Mariée le 25/9/1839, Morlaix, avec Jacques Marie LE BRIS, né le 27/12/1790, Brest.
  • Angélique PUYO, née le 3/12/1826, Place de la Poissonnerie, Morlaix, décédée le 17/6/1891, Château de Roc'h ar Brini, Ploujean (à 64 ans).
    Mariée le 9/4/1844, Morlaix, avec Edouard CORBIERE, né le 1/4/1793, Brest, décédé le 27/10/1875, Morlaix (à 82 ans), dont
    • Tristan CORBIERE, né le 18/7/1845, Manoir de Coat Congar, Ploujean, décédé le 1/3/1875, Morlaix (à 29 ans).
  • Edmond PUYO, né le 29/4/1828, Place de la Poissonnerie, Morlaix, décédé en 1916.
    Marié le 2/2/1857, Pont-L'Abbé, avec Constance LE BLEIS, décédée le 18/11/1857, dont
    • Constant PUYO, né le 12/11/1857, Quai de Tréguier, Morlaix, décédé en 1933 (à 76 ans), photographe.
    Marié le 9/6/1859, Morlaix, avec Louise MILLET, dont
    • Louise PUYO, née le 18/8/1860, Ploujean.
  • Marie Augustine PUYO, née le 25/8/1831, Morlaix.
    Mariée le 19/7/1852, Morlaix, avec Jules Louis CHENANTAIS, né le 23/4/1820, La Chapelle Blanche sur Loire (Indre et Loire).

 

B - La famille Homon

 

La famille Homon s'enrichit dans le négoce de produits divers (en 1791, ils font venir des caisses de savon de Marseille qu'ils déchargent sur le quai de Léon à Morlaix) et se lancent ensuite dans la fabrication des toiles. Mais outre, cette activité lucrative de négociant, cette famille est aussi connue pour ses oeuvres sociales.

 

Charles Louis HOMON : Au début du 19è siècle, avec la fammile Puyo, il exploite une fabrique de toile près de Pontrieux. Plus tard, c'est lui qui s'associe aux Le Roux et Desloges, ainsi qu'aux négociants de Landerneau, Poisson, Goury, Radiguet et Heuzé, pour fonder la Société Linière. On manque d'informations sur la vie de Charles Louis, cependant l'écriture de son testament nous révèle un homme "bon et croyant".

Marie Caroline Zoé HOMON

Marie Caroline Zoé HOMON, fille de Charles Louis : Dans son mémoire d'histoire, Emmanuel Daniélou relate le parcours de cette femme, épouse d'Édouard Puyo et belle-soeur d'Edmond Puyo, maire de Morlaix de 1871 à 1878. "En 1877, Zoé Puyo, née Homon, ouvre, rue de la Villeneuve, avec des amies, une crèche. Le destin de cette demeure est de garder les enfants des manufacturières employées à Morlaix pour leur permettre de conserver leur emploi". Une avant-gardiste qui, pour mener son projet à bien, sollicitera une subvention à la municipalité. "On imagine difficilement le conseil refuser de participer à une fondation de la belle-soeur du maire", note Emmanuel Daniélou. Qui poursuit : "Cette crèche dirigée par la bourgeoisie féminine morlaisienne entend manifester une solidarité envers les milieux ouvriers". Zoé Puyo obtient donc la subvention demandée.
Quarante berceaux : En plus des dons et loteries, l'aide publique à l'action "des dames patronnesses", (c'est le terme employé par le maire) est bienvenue. Le 23 janvier 1877, le principe d'une subvention de 300 F est accordé pour un an. Sauf que les élus oublient de passer au vote. Un an plus tard, alors que le maire tente de "réparer l'omission", M. Rouilly (conseiller anticlérical attaché à la cause républicaine) demandera des comptes sur les finances de l'institution avant de prendre une décision. "La crèche se porte bien, de neuf berceaux au départ, c'est bientôt une quarantaine qui garnissent la maisonnée". Cette même année, Edmond Puyo, qui vient de subir une défaite électorale, "jette l'éponge". Les républicains (Armand Cloarec, Rouilly...) prennent les affaires municipales en main. La crèche fonctionne grâce aux soeurs de la Charité de l'Institut Saint-Vincent de Paul [...]. "Il n'en fallait pas davantage pour tenter de saborder une institution dirigée par des catholiques, quelle que soit la cause de l'oeuvre". La "guerre" est déclarée autour de la crèche. En 1887, la ville met à disposition des parents, des salles d'asile (maternelles) et déplace la subvention de la crèche (privée) au profit des nouvelles structures (publiques). Bientôt les robinets financiers seront coupés par la ville. Du point de vue de l'historien, cela aura donné l'occasion à certains conseillers municipaux de "bouffer du curé". (source Ouest-France du 15/2/2010. Merci Olivier M-V).


Elle est marraine d'une des 4 cloches de Saint-Martin à Morlaix. Celle qui a un diamètre de 139 cm, elle pèse 1317 kg. Il y est écrit sur quatre anneaux :
FONDUE EN 1896 POUR L'EGLISE ST-MARTIN DE MORLAIX S.S. LEON XIII ETANT PAPE MGR HENRI VALLEAU EVEQUE DE QUIMPER
ET MR LOUIS AIME LEGOFF LICENCIE EN THEOLOGIE DE ROME RECTEUR DE ST-MARTIN
J'AI ETE BENITE PAR MGR HENRI VALLEAU LE 26 JUILLET 1896 JE M'APPELLE ZOE MARTHE YVONNE DE ST-MARTIN
J'AI EU POUR PARRAIN MR YVES LE HIRE ANCIEN AVOUE ET POUR MARRAINE MME ZOE EDOUARD PUYO NON RECUSO LABOREM
La note est gravée MI b Et au bas de la cloche FERDINAND FARNIER FONDEUR A ROBECOURT (VOSGES)

Zoé PUYO, fille de Marie Caroline Zoé HOMON et épouse d'Albert Le Roux, suivra la voie tracée par sa mère dans ses qualités de charité et l'aide des familles pauvres de Morlaix, cf cet article nécrologique paru dans le journal local :
Nécrologie. Madame Albert LEROUX. La Mort, cette moissonneuse aveugle et sans pitié, vient de frapper un nouveau coup. Mais cette fois son choix est si cruel, sa victime si aimée, qu'à travers nos larmes, voyant le grand malheur, nous ne parvenons pas encore à en mesurer l'étendue. Madame Leroux n'est plus; la ville en deuil l'a suivie ce matin à sa dernière demeure. Elle a succombé sous les douloureuses étreintes d'une maladie terrible supportée avèc une admirable douceur, une résignation toute chrétienne. Hélas ! il était dans les décrets incompréhensibles de Dieu d'abréger cette existence précieuse, d'enlever cette jeune mère à l'amour d'une famille dont elle fut justement l'idole, et de séparer à jamais nos malheureux de leur soeur de charité. Elevée dans un milieu où l'intelligence a toujours été une force mise au service du bien, Madame Leroux avait acquis par l'exemple les nobles principes qui furent l'honneur de sa vie. On lui avait appris, dès son enfance, que les devoirs grandissent avec la situation. Cette grande et belle vérité l'avait saisie, et bien vite la mission sociale de la femme chrétienne lui était apparue dans toute sa beauté. Elle l'accepta sans réserve, et la mansarde du pauvre, le lit de l'orphelin, tant de misères secourues, pourraient nous raconter éloquemment ce que devient une grande fortune dans des mains comme les siennes, ce que le dévouement de l'ange de charité est capable d'accomplir. Elle fut la force de toutes les bonnes oeuvres, elle a passé en faisant le bien et elle meurt, laissant derrière elle comme un sillon lumineux tracé par sa bienfaisance. Inclinons nous profondément devant sa tombe, et saluons avec respect la mémoire de cette sainte femme, si digne des récompenses de Dieu. La charité restera sans doute le plus beau fleuron de sa couronne ; mais nous qui l'avons connue et approchée, pourrons-nous jamais oublier celte jeune femme sympathique et charmante, aimée de tous et si universellement regrettée. Nous la perdons à trente ans, dans l'épanouissement de sa grâce et de sa bonté ; du moins son souvenir restera ineffaçable au milieu de ce monde dont elle fut l'ornement, mais avant tout, le modèle. Amélie Homon Puisse ce dernier adieu écrit avec des larmes, adoucir l'immense douleur d'une famille désolée, à laquelle nous sommes fiers d'être unis par d'anciennes et cordiales relations, mais plus encore par tant de pensées et d'espérances communes. Aussi, certain d'être compris, nous nous permettrons de jeter ce dernier cri : « espérance et courage à vous tous, qui croyez aux récompenses éternelles, et qui conservez un soutien plus fort encore que votre douleur : Votre confiance en Dieu ! »
H. DULONG DE ROSNAY.
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Une nouvelle douleur vient de frapper la famille Puyo. Madame Puyo a succombé à la maladie dont elle était atteinte depuis quelques semaines. Ses obsèques ont eu lieu hier. L'honorable famille Puyo, si sympathique à Morlaix, est bien éprouvée : en six semaines, elle a vu mourir quatre de ses membres M. Homon, M. Bienvenue, Madame Leroux et Madame Puyo. Nous prenons part à sa profonde douleur. (source Ar Wirionez du samedi 8/3/1879)
 

Victor FENOUX : Victor Marie Alexandre Joseph Fénoux (1831-1895) est un ingénieur des ponts et chaussées, qui concevra notamment le viaduc de Morlaix et le phare de la Vieille.
Il est né le 5 février 1831 à Boulogne-sur-Mer. Avec l'ingénieur en chef Planchat, il conçoit et dirige la construction du viaduc de Morlaix, un important ouvrage d'art de la section de Rennes à Brest de la ligne Paris - Brest.
C'est en 1876 qu'il devient ingénieur en chef et va participer à la conception et diriger la construction de plusieurs phares importants, notamment Ar-Men, Les Pierres Noires ou encore La Vieille. En 1885 il part à Paris où il a été nommé Inspecteur Général. Ce séjour à la capitale sera de courte durée, puisque dès 1886 il est nommé inspecteur général des départements bretons. Malade, il meurt à Morlaix le 9 septembre 1895. Il est enterré au cimetière d'Audierne. (source wikipedia)

Ci-contre, un portrait de sa femme, Amélie Homon, par Louis Baader.


 

C - La famille Puyo

 

Edouard Puyo
Edouard Puyo (1821-1901) Edmond Puyo
Edmond Puyo (1828-1916) Constant Puyo
Constant Puyo (1857-1933) Edouard Corbière
Edouard Corbière (1793-1875) Tristan Corbière
Tristan Corbière (1845-1875)

Installés depuis le début du XIXème à Morlaix, les Puyo sont négociants de père en fils. C'est une famille entreprenante et artiste :
- Edmond Puyo est peintre, maire de Morlaix (1871-1878) et fondateur du Musée.
- Edouard Corbière est écrivain maritime, Le Négrier (1832)
- Tristan Corbière est un poète célèbre, Les amours jaunes (1873)
- Edouard Puyo est dessinateur et peintre renommé.
- Constant Puyo est un photographe renommé.

 

Edouard PUYO : Edouard Puyo, le fusiniste, est né à Morlaix en 1821, il y décéda en 1901, après une vie bien remplie de polytechnicien, d'architecte et d'artiste. Bien qu'il ne semble pas avoir pratiqué la photographie, son rôle dans le développement de cet art en Bretagne exige de lui donner ici la place qu'il mérite.
Il suivi d'abord une carrière militaire qu'il abandonna en 1852 pour s'établir comme architecte à Morlaix. On lui doit, entre autres, la construction d'un pont métallique tournant sur la rivière de Morlaix, pont aujourd'hui détruit, et l'édification de la chapelle St-Joseph de Morlaix, décoré par son ami Yan' Dargent.
Sa carrière artistique, bien que modeste, mérite une attention particulière. En effet, il exposa régulièrement dans les salons parisiens des beaux arts. En 1848, il fit éditer à Paris un album lithographique intitulé Etudes à la plume qui comportait des sujets bretons et militaires. En 1852, L'Echo de Morlaix publia une de ses lithographies représentant une scène bretonne, tandis que paraissait dans L'Illustration, sous son nom, un article sur la ville de Morlaix illustré de plusieurs de ses dessins.
Edouard Puyo, qui affectionnait le dessin à la plume et le fusain, réalisa dans un esprit romantique ou fantastique des paysages inspirés de la région de Huelgoat. Ce sont des oeuvres surprenantes et inattendues, souvent de grand format, composées d'eau, d'ombre et de lumière, de personnages mystérieux le tout dans un enchevêtrement végétal grandiose, tous éléments qui deviendront source d'inspiration pour quelques photographes morlaisiens de la fin du XIXè siècle. Nous ne saurions dire si Edouard Puyo a pratiqué la photographie, faute de preuve. Cependant le nom de Puyo est familier à tous les membres des cercles pictorialistes mondiaux. En effet, son neveu, le commandant Constant Puyo, fut, avec Robert Demachy, l'un des principaux pionniers de la photographie artistique française des années 1890-1914. (source Photographes au XIXè siècle - Les nouveaux imagiers de la Bretagne - Corinne Jeaneau et Gérard Berthelom - Coop Breizh - 2006)


Edmond PUYO : A l'état-civil, Gabriel Edmond Puyo. De 1871 à 1878, il fut maire de Morlaix, puis, en 1878, président du tribunal de commerce de la ville et président de la chambre de commerce de Morlaix de 1881 à 1911. Comme maire, il fit créer la bibliothèque municipale en 1873. Il fut à l'origine de l'école municipale d'art en 1882 et du musée des Jacobins (musée des Beaux-Arts), en 1885, dont il fut le conservateur jusqu'à son décès.


Constant PUYO : Le photographe. Émile Joachim Constant Puyo, dit Commandant Puyo (1857-1933).
Fils du maire de Morlaix et fondateur du musée de cette même ville, cousin du poète Tristan Corbière et du journaliste Edouard Corbière, Constant Puyo bénéficie d'un éveil culturel précoce. Il s'intéresse à la peinture et au dessin, et très tôt, il ponctue ses écrits d images diverses. Après sa sortie de l'Ecole Polytechnique, il entre à l'Ecole de l'artillerie, et devient jeune officier. Il ne délaisse pas pour autant la plume, le pinceau ou le livre. Il découvre la photographie vers 1882, pendant un séjour en Afrique du Nord. La photographie est d'abord un outil de reproduction de ses dessins et croquis. Puis elle devient le moyen de garder trace de ses impressions de voyage. Pendant 10 ans, il est un amateur qui se familiarise à la technique, et aiguise son regard. Cette pratique n'est cependant pas anecdotique. Son intérêt va grandissant, ses nombreuses correspondances en témoignent. Il développe dès lors une réflexion sur "l'art photographique". Finalement, il mènera différentes pratiques photographiques de front : photographie de souvenir, photographie documentaire et photographie artistique. Il deviendra une personnalité importante du courant pictorialiste et ses écrits théoriques trouveront un certain retentissement.
Il fut le théoricien de l'école pictorialiste française. Dans Comment composer un paysage, ouvrage paru en 1925, il revendiqua explicitement la filiation entre les fusinistes et les artistes photographiques : "A ses débuts, le photographe pictorial, n'ayant pas comme les peintres de racines et de références artistiques antérieures, prit pour modèle et pour genre l'oeuvre des dessinateurs au crayon et au fusain..." A notre sens, il faisait là, sans le dire, référence à ses propres racines familiales. En effet, il était né dans une famille d'artistes. Son père Edmond et son oncle Edouard s'adonnaient avant lui, à la peinture et au dessin.
En 1889, Constant Puyo acheta son premier appareil de photo à l'Exposition universelle, à Paris. Jusque-là, il avait pratiqué le dessin comme élève de son oncle Edouard. Il devint membre du Photo-Club de Paris à partir de 1894, participa activement aux expositions organisées par le club, et s'imposa comme l'un des photographes les plus influents de l'école pictorialiste française. On note cependant que la Bretagne est peu représentée dans son oeuvre.
Les années 1900 virent paraître de nombreuses revues consacrées à la photographie. Parmi les Français, le nom de Constant Puyo est un de ceux qui reviennent le plus souvent, à l'égal de Demachy. Il figure aujourd'hui en bonne place dans l'histoire mondiale de la photographie.
 

 

Edouard CORBIERE : Jean Antoine René Édouard Corbière est né à Morlaix le 1er avril 1793, marié en 1844, alors qu'il avait 51 ans, avec une jeune fille de 17 ans et est mort en 1875, à l'âge de 82 ans, quelques mois après son fils Tristan. Destin curieux que celui d'Edouard Corbière, père de la littérature maritime, dont l'oeuvre sombra sans bruit et que la célébrité de son fils Tristan Corbière éclipsa totalement tel le retour du balancier de la fortune. La fin de l'Empire fait de lui un ex-officier de marine amer. Repris par le démon de la mer, il est second sur un brick à destination de l'Afrique. Après 20 ans de marine, en 1828, il pose son sac à terre. Provocateur, dédaigneux, il reproche à certains auteurs à succès tel Eugène Sue, leur manque d'authenticité. On lui renvoie à la face sa participation, réelle ou supposée, à la traite des noirs. En moins de 6 ans, il publie avec un grand succès plus de dix romans, dont Le Négrier, roman en quatre volumes, édité au début des années 1830, qui fera de lui, sans aucun doute, le véritable créateur de ce qui va devenir un genre littéraire à part entière : le roman maritime. Ces romans le sacrent "maître du genre".

 

Le Négrier est considéré comme l'un des plus grands romans d'aventure maritime et amoureuse de la littérature française. Ce récit, violent et coloré, nous fait vivre avec ces rudes héros à la fois corsaires et négriers. L'auteur les peint comme ils sont, les fait parler comme ils parlent et penser comme ils pensent. Nous participons à leurs navigations, à leurs abordages, à leurs passions sommaires, à leurs dangers, à leurs sauvageries, à leurs orgies et à leur héroïsme. Nous sillonnons avec eux des mers proches et lointaines, nous les accompagnons, des abjectes prisons anglaises, aux brûlantes Antilles et parmi les nègres de la côte d'Afrique. Le lecteur quittera cette histoire en ayant beaucoup appris, car tout est vrai. Il aura vécu passionnément de la première à la dernière page. (Quatrième de couverture de l'édition du 21 mars 2002 chez "Ancre de marine").    


 

Tristan CORBIERE : Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, est un poète, proche du symbolisme, figure du "poète maudit". Auteur d'un unique recueil poétique, Les Amours jaunes, et de quelques fragments en prose, Tristan mène une vie marginale et miséreuse, nourrie de deux grands échecs dus à sa maladie osseuse et sa "laideur" presque imaginaire qu'il se complaît à accuser, celui de sa vie sentimentale (il aima non-réciproquement une seule femme, Marcelle), et celui de sa passion pour la mer (il rêvait de devenir marin, comme son père). Sa poésie porte en elle ces deux grandes blessures qui l'amèneront à choisir un style très cynique et incisif, envers lui-même autant qu'envers la vie et le monde qui l'entoure.

À la publication en 1873 à compte d'auteur de son unique ouvre, Les Amours jaunes, il passe totalement inaperçu dans les milieux littéraires de son époque, et il faudra attendre dix ans pour que Paul Verlaine le révèle au grand public dans son essai Les Poètes maudits. Il meurt à 29 ans, peut-être tuberculeux, célibataire sans enfant et sans travail retranché dans son vieux manoir, incompris de ses contemporains (« Ah, si j'étais un peu compris ! »), et dont la poésie novatrice ne sera reconnue que bien après sa mort.
H. P. Lovecraft lui rend un bref hommage dans la préface de L'Appel de Cthulhu. Son poème Litanie du sommeil est inclus par André Breton dans l'Anthologie de l'humour noir. (source wikipedia)


 

D - Un mot sur Louis-Marie Baader, portraitiste de ces familles

 

Louis-Marie Baader

Louis-Marie Baader, né à Lannion le 20 juin 1828, était artiste-peintre. Ses thèmes d'inspirations évoluent au cours de sa carrière : après une longue période consacrée à des thèmes historiques, il pratique la peinture de genre puis la peinture régionaliste bretonne avant de revenir finalement à l'histoire militaire récente. Demeuré célibataire toute sa vie, il meurt le 2 décembre 1920 à Morlaix. Il est enterré au cimetière Saint-Charles.

 

Quelques oeuvres :

- Hero et Léandre, huile sur toile, 106 x 180 cm, 1866, Fonds national d'art contemporain, en dépôt au musée de Grenoble
- Le remords, huile sur toile, 376 x 295 cm, 1875, musée d'Orsay.
  C'est cette oeuvre qui a été restaurée au musée d'Orsay, entre novembre 2015 et février 2016 (voir plus bas).
- Cléopâtre au tombeau d'Antoine, huile sur toile, 1895.
- La Mort de Cléopâtre, reine d'Égypte, huile sur toile, 90 x 125 cm, 1899, musée des Beaux-Arts de Rennes.
- Autoportrait, huile sur toile marouflée sur carton, 40 x 32 cm, 1867, musée de Morlaix.        flèche
- Portrait d'Édouard Puyo, 37,5 x 30 cm, s.d., musée de Morlaix, voir plus haut.
- Portrait d'Edmond Puyo, voir plus haut.
- Portrait de Marie Caroline "Zoé" Homon, huile sur toile, 1875, musée de Morlaix, voir plus haut.
- Portrait d'Amélie Homon, épouse de Victor Fenoux, voir plus haut.
- Portrait de Marthe Le Roux, à 8 ans en 1875, voir ICI.
Le Remords de Louis-Marie Baader



"Le Remords" de Baader avant restauration :
 

Cette oeuvre illustre un épisode de la mythologie grecque mettant en scène Oreste, le fils du roi Agamemnon et de Clytemnestre. Quelques années après l'assassinat du roi par son épouse et son amant, Egisthe, Oreste décide de venger son père en tuant le couple. Les dieux, remplis d'horreur par son matricide, lui dépêchent les Erinyes - divinités persécutrices - pour le tourmenter.

 

Cette grande toile à sujet mythologique a été exposée au Salon de 1875 et achetée à l'artiste par l'Etat pour le musée de Dôle. Elle a été affectée au futur musée d'Orsay en 1981 en vue de son ouverture en 1986, mais les importantes dégradations subies au cours du temps n'ont pas permis sa présentation dans les salles du musée.

 

La restauration du Remords de Baader permet de découvrir l'un des fleurons de l'art académique de la IIIe République, jamais exposé à Paris depuis 1875.

Elle s'est déroulée à la vue du public en deux phases, entre novembre 2015 et février 2016, en commençant par la restauration du support (châssis et toile) suivie par celle de la couche picturale. Les déchirures de la toile ont été réparées et les déformations reprises. L'allègement des vernis oxydés et irréguliers permet de retrouver les couleurs et l'éclat d'origine du tableau.

 

E - Sources des informations

 

ADB = Archives Départementales du Finistère à Brest
ADQ = Archives Départementales du Finistère à Quimper
AML = Archives Municipales de Landerneau


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 A. Croguennec - Page créée le 23/4/2017.

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